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Oldies : Le bikini de diamants de Charles Williams

Editeur : Gallimard (1957) sous le titre Fantasia chez les ploucs ; Gallmeister (2017)

Traducteur : Laura Derajinski

Postface de François Guérif

En introduction, on a droit à une superbe couverture décalée, juste comme il faut et un autocollant où il est inscrit : CULTE !!! J’avais ce roman dans ma liste de lecture depuis un sacré bout de temps. Je n’avais même pas pensé à l’acheter, mais je savais que je devais le lire. Coup de chance, il ressort chez l’excellente maison Gallmeister dans une nouvelle traduction. Comme dirait un de mes collègues de boulot : « ça, c’est fait ! ». Culte ? Evidemment ! Indispensable ? Bien entendu !

L’auteur :

Après ses études, il s’engage dans la marine marchande en 1929. Il quitte cette activité au bout de dix ans pour épouser Lasca Foster. Son expérience de radio dans la marine marchande lui permet de devenir technicien de maintenance en électronique pour RCA à Galveston, Texas puis pour la marine nationale américaine (Puget Sound Navy Yard dans l’État de Washington) jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il part alors, accompagné de son épouse, s’installer à Los Angeles où il travaille pour Mackay Radio.

Il publie en 1951 son premier roman, Hill Girl qui est un succès, ce qui le décide alors à devenir écrivain professionnel. Jusqu’à l’année 1973, il publie vingt-et-un autres romans et participe à la rédaction de plusieurs scénarios de cinéma, notamment ceux des Félins de René Clément (adapté du roman Joy House de Day Keene) sorti en 1964 et de The Pink Jungle, un film de Delbert Mann sorti en 1968. Le couple change souvent de résidence et passe, semble-t-il, beaucoup de temps en France, où Charles Williams jouit d’une bonne réputation.

En 1956, Peaux de bananes, version française de son roman Nothing in Her Way (1953), remporte en France le Grand prix de littérature policière.

À la mort de son épouse en 1972, il se retire en Californie, à la limite de l’Oregon, où il vit seul. Il revient à Los Angeles (quartier de Van Nuys) où il se suicide dans son appartement au début d’avril 1975. Son décès est l’objet de plusieurs versions, mais il semble avéré que les hypothèses de suicide en France et de disparition dans le golfe du Mexique ne sont que des rumeurs infondées.

(Source : Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Cette année-là, Billy passe l’été chez son oncle Sagamore. Entre les visites du shérif, persuadé que Sagamore distille de l’alcool clandestinement, et le lac où il apprend à nager, le garçon ne va pas s’ennuyer. Mais ses vacances deviennent véritablement inoubliables au moment où Choo-Choo Caroline, strip-teaseuse pourchassée par des gangsters, se réfugie dans la propriété. Lorsque celle-ci disparaît, l’oncle Sagamore décide d’orchestrer comme la plus lucrative des fêtes foraines une chasse à l’homme pour la délicieuse Caroline uniquement vêtue de son bikini de diamants.

Porté à l’écran sous le titre Fantasia chez les ploucs, Le Bikini de diamants est un monument de drôlerie et un inégalable roman noir.

Mon avis :

Billy passe son été avec son père Pop en pleine campagne, dans la maison de l’oncle Sagamore, perdue au fin fond de la campagne. Pour un gamin de la ville, cela veut dire la liberté mais aussi la découverte d’un nouveau monde, fait de cinglés, d’arnaqueurs, de démerdards et de flics incompétents. De cinglés, on retiendra le voisin qui cloue des planches sur sa maison, croyant qu’il construit la nouvelle arche de Noé. Au rayon des arnaqueurs, l’oncle et Pop se débrouillent pour tirer parti du moindre événement pour en tirer de l’argent, sans compter qu’ils fabriquent et vendent de l’alcool de contrebande. Quant aux personnages de flics, ils sont d’une connerie incommensurable.

Ce roman est tellement innovant qu’on reconnait l’inspiration qu’il a offert à de nombreux romans ou films par la suite. En particulier les films comiques qui tournent en dérision la police et ils sont légion. C’est aussi une image de l’Amérique rurale qui cherche à se débrouiller avec les moyens du bord, dans laquelle seuls qui sont intelligents arrivent à s’en sortir.

Le style de l’auteur n’a pas vieilli d’un poil, et les situations sont plus comiques les unes que les autres. C’est raconté par Billy avec l’innocence que peut avoir un enfant de sept ans, surtout quand il raconte ses baignades avec Miss Harrington. Et puis, un enfant, ça pose plein de questions. Et les réponses de Pop ou de l’oncle omettent joliment la vérité, trouvant toujours des explications logiques pour cacher au gamin le monde pourri dans lequel il vit. Quant au lecteur, il arrive à deviner la réalité sans que l’auteur ne l’aide, et ce n’en est que plus jouissif et décalé. Assurément, ce roman culte est surtout un roman comique à ne pas manquer.

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