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Kadogos de Christian Roux (Rivages Noir)

Je continue mon périple Polar SNCF printemps 2010 avec le dernier Christian Roux. Cet auteur là n’est pas une découverte ; j’avais entre autres adoré La bannière était en noir dans la série Suite Noire. Mais kadogos m’a laissé dubitatif.

Marnie est une tueuse à gages d’un type un peu particulier. Elle exécute des contrats sur des malades en phase terminale , pour abréger leur souffrance, mais aussi pour se soigner … Cette fois-ci, elle doit abréger la vie du beau-père de Catherine Berman. Sauf que, après son méfait, le corps disparaît et que Catherine Berman est retrouvée assassinée et découpée en morceaux.

Eustache est inspecteur de police et est chargé de l’enquête sur la massacre. Il a la garde d’un enfant Tony, dont la mère a été aussi assassinée. Avec la pression de sa hiérarchie et les problèmes liés à l’éducation du petit, il se débat pour découvrir la vérité mais aussi protéger son petit.

Et puis, il y a les Kadogos, ces enfants de 8 à 15 ans, qui sont entraînés à faire la guerre, à devenir des enfants soldats. L’histoire de ce petit groupe de cinq jeunes noirs est parsemée tout au long du roman, jusqu’au dénouement final.

L’un des atouts de ce roman est sa construction. L’auteur nous propose de lire le livre tel qu’il l’a voulu, c’est une sorte de Director’s cut. Mais il nous propose aussi de pouvoir lire cette histoire de façon chronologique (en suivant la numérotation des chapitres, et de placer les chapitres liés aux personnages où on veut. Je trouve cela assez amusant, même si je l’ai suivi tel qu’il est présenté et que je n’ai pas essayé autre chose.

La deuxième qualité du roman, c’est le contexte qu’il nous décrit. Christian Roux nous montre le coté sombre de l’âme humaine. Plusieurs aspects sont décrits dans ce livre dont les Kadogos, et j’ai appris plein de choses. Je ne peux malheureusement pas vous dévoiler les autres sujets pour ne pas couper court au suspense du livre. Mais certaines révélations (si on peut dire) mériteraient d’être mis en avant sur la place publique.

Mais malgré la construction impeccable, malgré le style direct et très agréable, je suis un peu resté sur ma faim. J’ai trouvé que tout cela manquait d’émotion, que tout était esquissé, ébauché. La faute peut-être à la volonté de faire un roman court, comme un coup de poing. Du coup, les personnages paraissent superficiels. Et, malgré une histoire passionnante qui se lit très bien et très vite, on se dit qu’il aurait pu tirer de ce sujet un gros roman génial.

Alors, ce roman est à lire pour les sujets qu’il aborde, pour sa construction originale et pour son intrigue impeccablement menée. Et comme c’est un roman de poche (et donc qu’il ne coute pas cher), le plaisir est plus que rentable. Avec un arrière goût amer, parce que j’en attendais plus.

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Christian Roux : La bannière était en noir (Suite Noire N°29) & Nadine Monfils : Le bar crade de Kaskouille (Suite Noire N°30)

Suite Noire est une collection dirigée par Jean Bernard Pouy, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’acheter ces livres. Ce sont de petits livres à couverture cartonnée, superbes, comme les couvertures de la première célébrissime Série Noire. Le format imposé est de 95 pages, ce qui est assez difficile : on a affaire ni à un roman, ni à une nouvelle. La contrainte supplémentaire est de détourner un titre connu de la Série Noire. Enfin, les auteurs ont tous été publiés à la Série Noire. Un hommage qu’il faut saluer. Le prix est de 10 euros, donc voici une petite aide pour choisir les meilleurs de la série.

Le livre de Christian Roux raconte l’histoire d’un provincial qui monte à Paris. Il a une connaissance de la famille qui l’embauche « au noir » en tant que serveur. De fil en aiguille, il rencontre un groupe de nazillons et son manque de réflexion et de caractère va lui être fatal. Ce livre est exemplaire dans sa maîtrise de l’histoire sur un court format. C’est un véritable voyage au pays de la connerie. Comme dans tous ses livres, Christian Roux est passionnant. Il nous montre le quotidien de ce jeune homme, même pas raciste, juste mouton, irresponsable, dont la seule envie c’est de (sur) vivre. C’est un des meilleurs romans de la suite noire.

Le livre de Nadine Monfils raconte l’histoire d’un bar crasseux, avec ses habitudes et ses habitués. Un jour, un homme entre pour leur malheur à tous. Il s’avère que c’est un tueur à gages un peu particulier. Ce qui est frappant, ce sont les dialogues, hyper réalistes et toujours droles. Au travers de simples remarques, les personnages finissent par se découvrir. C’est tout simplement passionnant, de pouvoir fouiller la psychologie des personnages sur si peu de pages. On a l‘impression de lire (ou voir) une pièce de théâtre comico-policière. Je vous garantis un éclat de rire par page tellement les dialogues sont brillants. Une réussite.

Enfin, si cela vous tente, voici ma sélection personnelle de la suite noire :

La musique de papa de Jean Louis BOCQUET : une histoire touchante à vous tirer les larmes

Vitrage à la corde de Colin THIBERT : Comment un assassin se justifie avec logique

Sans mot dit de Patrick MOSCONI : Une histoire coup de poing bien menée

La sirène rousse de Mouloud AKKOUCHE : une histoire touchante

La reine des connes de Laurent MARTIN : Une histoire décalée

Raclée de vert de Caryl FEREY : Vous est il arrivé de ne pas lire Caryl Férey ?

Le futon de Malte de Michel EMBARECK : Agréable à lire

Les fans s’en balancent de François JOLY : Une histoire de saxo pour jazzmen

Le petit bluff de l’alcootest de Jean Bernard POUY : Du maître. C’est l’histoire d’un mec qui enquête, qui a raison, et qui finalement ne saura rien. Super.

Le débarcadère des anges de Patrick RAYNAL : De toutes façons, il faut lire tout Raynal

Quand la ville mord de Marc VILLARD : Un style direct sans concession