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Ne me quitte pas de Mary Torjussen

Editeur : Bragelonne

Traducteur : Benoit Domis

Il me semble que depuis quelque temps, les auteurs et plus particulièrement les auteures se penchent sur notre quotidien pour imaginer des intrigues dont le rebondissement apparait dans les toutes dernières pages. Et comme ces romans sont en général narrés à la première personne du singulier, rien de plus facile que de prendre le lecteur à rebours. Ce fut le cas de La fille du train de Paula Hawkins, et avant cela de Les apparences de Gillian Flynn. Plus récemment, le succès de Derrière les portes de BA.Paris, a donné lieu à plusieurs romans entrant dans la même catégorie, tels Mon amie Adèle de Sarah Pinborough, Sisters de Michelle Adams, ou Disparue de Darcey Bell. Alors, pour parler de ce roman, nous avons voulu avec Suzie, ma chroniqueuse invitée, faire une sorte de tennis du polar.

Bonjour Suzie, et bienvenue chez moi, mais tu connais déjà, n’est-ce pas ?

Bonjour chers lecteurs. Et, bonjour Pierre. Merci de m’inviter de nouveau. J’en profite pour sortir de ma chère cave et pour aller me chercher quelques provisions littéraires. Mais, surtout pour vous parler d’un nouveau bouquin que, entre nous, j’ai eu énormément de mal à lâcher. J’y pensais tout le temps et la fin …

Mais je vais laisser le maitre de maison lancer le débat.

Parlons un peu de cette nouvelle mode de situer les intrigues dans notre quotidien. D’un coté, avec un peu d’observation, il est facile de détourner des petits événements en grosses catastrophes. D’un autre coté, on risque de tourner un peu en rond. Dans le cas de ne me quitte pas de marie Torjussen, Hannah revient de Oxford où elle a réalisé une présentation remarquée. A tel point qu’on lui laisse envisager un poste de direction. Toute heureuse, elle rentre chez elle et là … Patatrac … L’homme de sa vie, Matthew a disparu. Plus fort encore, toutes ses affaires ont disparu, jusqu’aux tableaux qu’il avait accroché dans le couloir de l’entrée. Même ses mails, ses SMS ont disparu. Etonnant, non ? Cela m’inspire deux questions pour toi : Que penses-tu de cette mode ? Que penses-tu de ce début ? Et toc, retour en revers …

Je vais répondre à une question implicite qui est sous-jacente. Dans le domaine du fantastique, on peut considérer qu’un ouvrage appartient à cette catégorie lorsque le merveilleux fait une incursion dans le monde réel. En ce qui concerne les thrillers, on pourrait penser que ce type de situation est directement inspiré du fantastique. Excepté que lui substitue un événement traumatisant au lieu d’un événement fantastique. Enfin, il faut savoir qu’il existe de nombreuses disparitions pour lesquelles on n’a plus de nouvelles de la personne. Ces dernières ne sont pas aussi extrêmes que celle racontée dans cette histoire. Mais, cela reste perturbant. Je précise que je parle de disparition d’adultes.

En ce qui concerne ce que je pense de cette mode, rien n’est plus terrifiant que de se retrouver dans une situation qu’on ne pouvait pas anticiper. Et la disparition d’un membre de la famille proche voire de son compagnon ou de sa compagne entraîne un état de stress très important. D’ailleurs, le cerveau n’a plus la possibilité de se concentrer sur autre chose. Tout va donc se jouer au niveau psychologique. Pas besoin de rajouter des éléments horribles. Le cerveau les créée de manière implicite. Et, il n’y a rien de pire qu’un cerveau qui vous rend aveugle à tout le reste. Plus rien d’autre n’a d’importance? Vous passez en mode de résolution de problème avec un « pourquoi » inscrit en gros dans votre cerveau. Donc, c’est le meilleur moyen de faire peur à moindre frais. Encore faut-il savoir maîtriser cet environnement et entraîner le lecteur dans la direction choisie. Et, ça, c’est l’exercice le plus dur à faire. Tout va tenir dans le style de l’auteur.

Le début de cette histoire est assez hallucinant. On pourrait presque croire que l’auteur a poussé son personnage dans la série « la Quatrième Dimension ». La problématique est qu’elle ne retrouve aucune trace de son compagnon. Que les affaires de ce dernier est disparu, soit cela peut se comprendre. Mais que le protagoniste principal féminin ne retrouve plus de photo ou que ses affaires se situent exactement au même endroit, comme si de rien n’était, est machiavélique. Car, cela peut induire plusieurs choses : a-t-elle vécu dans un rêve éveillé pendant ces quelques années avec un traitement inapproprié ou il s’est vraiment passé quelque chose. De quoi faire tourner les lecteurs en bourrique.

Heureusement, il reste les autres personnages. D’ailleurs que penses-tu de l’héroïne et de sa meilleure amie?

Comme tu les dis, la disparition de Matthew va constituer le premier fait étrange de cette intrigue. Et Hannah va se retrouver à la recherche de repères, soit envers ses collègues de bureau, soit envers sa meilleure amie. Tous vont vouloir lui apporter leur soutien, mais à chaque fois, elle va être rattrapée par d’autres événements qui vont la perturber. Elle va en effet recevoir des SMS provenant d’un numéro inconnu qui laissent entendre que Matthew la surveille ou du moins qu’il est vivant. Cette première partie, sans vouloir dévoiler ce qui va se passer ensuite, est comme tu le dis une belle façon de faire monter le stress. Et c’est aussi un beau portrait psychologique d’une personne qui se retrouve du jour au lendemain seule. Elle perd ses ancrages envers sa vie quotidienne, ses repères. Et sa réussite professionnelle se retrouve reléguée au second plan. Une fois que Mary Torjussen a posé le décor qui entoure Hannah, elle va s’attarder sur la psychologie de Hannah qui va se renfermer sur elle-même car tout ce en quoi elle croyait vient de partir en poussière. Tu avoueras, Suzie, que ce que montre l’auteure, a de quoi effrayer, toutes ces possibilités de pirater des comptes, d’envoyer des SMS anonymes, de torturer à distance quelqu’un. Heureusement, tout ceci n’est que de la fiction …

De la fiction, de la fiction, c’est vite dit.

Si vous réfléchissez bien. Est ce que vous avez déjà vécu la situation où un mail ou un sms ont soudainement disparu de votre messagerie ou de votre téléphone? Et de vous retrouver en train de tourner en rond car vous le ne retrouvez plus? En ce qui me concerne, à chaque fois, je deviens chèvre. Et si vous élargissez cette situation à l’ensemble de votre messagerie, sms, profils de réseaux sociaux, etc, il y a de quoi devenir dingue.

En lisant l’actualité, on peut constater que le piratage est en train de devenir un danger au quotidien. A travers l’ouverture de mails ou de sms vérolés, vos données peuvent disparaître d’un seul clic, vous pouvez être pris en otage et vous ne pouvez, dans la plupart des cas, rien y faire.

En revanche, ce qui est perturbant, et qui est une forme de torture, c’est de recevoir des appels ou des sms anonymes. C’est d’ailleurs le fond de commerce de nombreux films d’horreur où le téléphone devient un ennemi visible et menaçant. On ne sait pas comment y faire face car il reste là, immobile à attendre. Une autre torture psychologique qui peut être utilisée est de vous faire douter de votre propre santé mentale par différents moyens dont le plus simple est le changement de place d’objets quotidiens. Cela vous est peut-être déjà arrivé de bouger certains objets et d’oublier par la suite de l’avoir fait. Dans certains cas, on pourra demander à un membre de la famille s’il est à l’initiative du fait. Dans d’autres cas, on ne pourra que s’accuser de posséder une mémoire de poisson rouge, voire avoir un double maléfique, une espèce de Mister Hyde si les faits persistent. De quoi douter de la réalité dans laquelle on vit.

Mais, revenons à nos lamas. Que pensez vous que mon très cher hôte pourrait vous dire sur les différentes intrigues de cette histoire?

Si nous abordons les différentes intrigues de cette histoire, je l’imagerais bien comme un arbre. Nous avons le tronc qui est le personnage de Hannah, qui sert de point central, et en cela, la forme de l’écriture est bien faite pour cela. C’est elle qui est au centre, c’est elle qui parle, c’est elle qui nous fait ressentir ses émotions. Du tronc, partent différentes branches, que l’on pourrait classer en trois catégories : Tout d’abord les amis proches Katie et son compagnon James qui sont toujours présents pour Hannah. La deuxième concerne l’environnement professionnel avec Sam, le collègue de travail ou Lucy l’assistante qui mettent inconsciemment et incontestablement une pression d’enfer. Enfin, il y a les voisins Sheila et Ray. Ce que j’ai apprécié c’est cette narration qui plonge le lecteur dans le personnage de Hannah, avec toute la subjectivité que cela implique. Comme nous ne voyons que par les yeux de Hannah, nous ne pouvons imaginer la réalité de ce qui est autour. Et d’ailleurs, je trouve que l’auteure joue beaucoup avec cette situation, jusqu’à nous concocter un final auquel nous ne pouvons pas nous y attendre. Chère Suzie, si tu devais argumenter pour que les visiteurs de mon blog se jettent dessus, quel serait ton avis ?

C’est une question dure, très cher Pierre. Bon, je vais me lancer. Revenons à la base de l’intrigue. Vous rentrez et les affaires de la personne avec qui vous vivez, ont disparu. Tout est revenu dans un état initial, comme si cette personne n’avait jamais existé que ce soit sa décoration, ses affaires proprement dites, ses photos, les SMS ou mails échangés. Plus rien n’existe. Il y a de quoi devenir fou. Ai-je tout inventé ou me joue-t-on un tour maléfique ? Avec ce postulat de départ, cela m’a tout simplement intrigué. Je me suis mise à la place de l’héroïne. Que ferais-je dans cette situation ? Qui préviendrais-je ? Déjà que lorsque j’égare un objet, c’est l’enfer pour le retrouver. Alors, si je devais me retrouver dans la même situation qu’Hannah, je n’ose même pas imaginer ma réaction. Rien que cet aspect de la quatrième de couverture intrigue. Et, si … De plus, le personnage d’Hannah comme l’expliquait notre cher hôte est l’ossature de l’intrigue : sa manière de réagir à la situation, au boulot, au stress que cela engendre. Cela est suffisamment cohérent pour s’identifier à la situation. Enfin, il y a la relation avec les autres protagonistes. On a l’impression que tout est clair, que la vie est un long fleuve tranquille. Et patatras, tout s’écroule alors qu’on pensait atteindre le sommet. Vous verrez que l’eau n’est pas aussi claire qu’on pourrait le penser. Mais, ce n’est pas tout. Il y a surtout l’ambiance psychologique et ce jeu avec la mémoire que ce soient des protagonistes ou des lecteurs. Combien de fois vous est-il arrivé de faire les choses machinalement et de ne plus vous en souvenir ? Tels que fermer la porte de votre appartement, maison ou de votre voiture, mettre ses lunettes de vue sur son nez, etc… Du coup, est-ce vous ou y a-t-il anguille sous roche ? L’auteur va vous mener par le bout du nez jusqu’au final. Et quel final inattendu. Vous ne pourriez même pas l’imaginer.

Donc pour résumer, c’est un livre à lire car il vous tiendra en haleine jusqu’au bout et il pourrait même vous surprendre. L’intrigue de départ est juste machiavélique. L’atmosphère mise en place par l’auteur risque de vous rendre dingue. Cela a été mon cas. Les protagonistes sont justes même si une fausse note devrait vous orienter. Enfin, pour la dernière phrase qui est juste à croquer.

C’est difficile de donner un avis sur ce type de roman sans vous en dévoiler trop. J’espère que j’ai suffisamment titillé votre curiosité pour que vous lisiez ce livre. Je me demande ce que donnera son prochain roman. Une chose est sûre, je le lirai.

Mais, que pense notre hôte sur le sujet ? Je lui laisse la parole. Balle de match

Je m’incline, tu as gagné notre match de tennis, chère Suzie. J’ai aussi été particulièrement impressionné par ce roman, qui exploite à fond la subjectivité des faits, en rédigeant ce roman à la première personne. Incontestablement, Hannah et donc nous lecteurs sommes intrigués et surpris par la situation. Le stress monte, les événements finissent par devenir harcèlement moral et on est en droit de se dire que quelqu’un veut la rendre folle ou bien elle l’est vraiment. C’est d’autant plus surprenant que c’est un premier roman et qu’il est remarquablement maitrisé. Je dois juste avouer que vers le milieu du roman, comme il ne se passe rien de nouveau, je l’ai trouvé un peu bavard. Mais les 100 dernières pages nous renversent comme une crêpe. Car l’auteure dévoile un final inattendu et je me suis aperçu qu’elle avait parsemé son livre d’indices que je n’avais pas vu. C’est le genre de roman où on se laisse prendre, on se laisse mener par le bout du nez, et c’est le genre de roman qu’on a envie de relire, rien que pour retrouver les indices qui sont cachés dans les pages précédentes. Et comme toi, je serai au rendez vous du prochain roman de Marie Torjussen. Je ne peux que te remercier pour ce petit match et j’espère que tu reviendras bientôt parmi nous pour parler polar stressant !

Merci très cher Pierre de m’avoir de nouveau invitée pour discuter thriller. Je m’en retourne dans ma cave lire d’autres merveilles. A bientôt.

A bientôt, Suzie. Quant à vous, lecteur fidèle ou simple visiteur occasionnel, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Et n’oubliez pas le principal, lisez !

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La chronique de Suzie : Les sanctuaires du mal de Terry Goodkind

Editeur : Bragelonne

Traducteur : Jean-Claude Mallé

Suzie est de retour ! Il faut savoir que c’est une experte en littérature Fantasy. Alors, quand j’ai appris que Terry Goodkind sortait un thriller, je ne pouvais que lui demander son avis. C’est fort gentiment qu’elle a accepté ma demande, et à cause de son avis, je vous assure que j’emmènerai le roman de Terry Goodkind en vacances !

Je lui laisse donc la parole :

Bonjour amis lecteurs,

Me voici, de nouveau, hors de ma cave pour deux raisons : tout d’abord pour m’approvisionner en bouquins, denrée importante et toujours fluctuante. Ensuite, à l’invitation de Black Novel, je vais vous parler d’un nouveau livre qui vient de sortir chez Bragelonne. Ce bouquin, c’est « Les Sanctuaires du Mal », connu également en anglais sous le nom de « Nest » paru aux Etats-Unis en novembre 2016.

La dernière fois que j’ai émergé de ma cave, j’avais pu vous parler du deuxième tome de Johanna Gustawsson « Mör ». On va continuer avec ce nouveau thriller. Pour les fans de fantasy, l’auteur n’est pas un inconnu, c’est même un phénomène. Il a écrit une des séries majeures dans le domaine : le cycle de l »Épée de Vérité » en quinze volumes auquel il faut rajouter deux préquels. Dans ce cycle, on peut y insérer son premier thriller, si l’on peut dire, dont le nom est « La Loi des Neuf » et qui reste rattaché au cycle, bien que l’histoire se passe dans un univers différent.

Mais revenons à nos moutons. Si vous lisez le synopsis de la quatrième de couverture, vous aurez l’impression de tout connaitre de l’histoire. Cela serait une erreur fatale car il y a beaucoup plus, derrière cette histoire, qu’une simple vision du mal. J’y reviendrai un peu plus tard.

Le choix de l’éditeur français est intéressant sur le choix de la couverture. Sur la version anglaise, la couverture de « Nest » tourne autour de cette vue du mal et celle-ci est illustrée par un œil, unique, grand ouvert qui a l’air de donner accès à des informations informelles ou de mettre une pression sur le potentiel lecteur. Une des impressions données, me semble-t-il, est « je te vois ». Pour la version française, on va se retrouver dans un tunnel avec, semble-t-il, une silhouette de femme qui suit ou est suivie par une deuxième ombre et qui croise une voiture, tous projecteurs allumés. Du coup, cette couverture génère une sensation d’angoisse qui est accentuée par le titre de l’ouvrage. Titre particulièrement bien choisi car l’histoire va porter sur ces sanctuaires du mal. Comment ? Ça, c’est quelque chose que je vous laisse découvrir.

Si nous nous intéressons à l’histoire, on va faire la connaissance d’une jeune femme, tranquille et sans histoires, Kate Bishop, qui va se découvrir un don à la suite du décès de son frère qui lui disait tout. Enfin, tout, pas vraiment. Suite à ce fait, elle va rencontrer un inspecteur bien sous tous rapports avec une conception pratico-pratique de la justice. Ce dernier va l’entraîner dans un monde qu’elle ne faisait qu’apercevoir jusqu’à sa rencontre avec Jack Raines.

L’histoire va se diviser en plusieurs intrigues : une qui concerne Kate, une autre Jack et une troisième sous-jacente qui lie les deux autres et s’avère être l’intrigue principale. L’auteur va faire une démonstration du monde actuel à travers un prisme assez particulier qui pourrait expliquer beaucoup de choses. Ce prisme va conditionner l’état d’esprit des protagonistes principaux et leur démontrer qu’ils n’ont qu’une seule voie pour survivre, voire vivre.

Comme souvent, dans ses livres précédents, l’auteur met ses héros face à des décisions très difficiles à prendre et qui changent totalement leur mode de pensée et de vivre. Vous allez le comprendre particulièrement avec le comportement de Kate qui, bien qu’elle ait des prédispositions et que celles-ci soient expliquées, tourne complètement casaque, une fois ces nouveaux schémas de pensées intégrées.

Fan de Fantasy, je connais (très bien !) l’auteur à travers ses livres précédents. Me faisant systématique attrapée, je le redécouvre toujours avec un grand plaisir. Lorsque j’ai su que son prochain bouquin serait un thriller complètement déconnecté de son cycle précédent, j’ai sauté de joie et je n’ai pas été déçue. Tout d’abord, impossible de lâcher l’intrigue avant la fin qui malheureusement m’a laissée sur des charbons ardents. Ensuite, le prisme que propose l’auteur pour expliquer ses différentes thèses a été renforcé par une conférence sur la sensibilité de l’information avec des exemples qui semblent hallucinants. C’est à se demander si c’est la réalité. Du coup, cela m’a plongé dans une réalité qui pourrait être possible. Juste pour dire que cette histoire m’a fascinée du début à la fin et qu’elle pousse à analyser le monde dans lequel on vit sous un autre angle. Spécialiste des scènes de tortures, il y a deux scènes qui m’ont fait un peu tiquer mais qui passent rapidement. Ah, j’allais oublier ! Le début de l’histoire semble également incompréhensible de prime abord mais c’est pour mieux nous appâter et nous retenir par la suite. Enfin, il semblerait que ce livre soit appelé à avoir une suite mais je vous laisse en juger.

Sur ces bonnes paroles, je vous abandonne et retourne m’immerger dans la cave avec mes provisions. J’espère que ce livre vous plaira. A bientôt

 

Quatrième de couverture :

Quand son frère John est brutalement assassiné, le monde de Kate Bishop s’écroule : elle a échoué à sauver cet être si sensible qui voyait le mal partout. Et si sa mort était la preuve qu’il avait raison ? Impliquée malgré elle dans l’enquête, Kate découvre qu’elle partage ce don : d’un regard, elle sait reconnaître les tueurs. Jack Raines, un spécialiste du « dark web », prétend pouvoir la protéger. Mais Kate n’a qu’une envie : fuir. Car si elle peut voir le mal, le mal la voit aussi… et les yeux de Jack Raines ne lui disent rien qui vaille.

La chronique de Suzie : Mör de Johanna Gustawsson

Editeur : Bragelonne

Sur Black Novel, on aime Johana Gustawsson … et on n’est pas les seuls. Suzie, ma chroniqueuse invitée, est de retour pour parler de Mör, son dernier en date. D’ailleurs, ça faisait un petit bout de temps que tu n’étais pas venue, hein, Miss Suzie ?

Je lui laisse la parole :

Bonjour a tous. Cela fait un moment que je ne suis pas venue vous voir avec un billet. Trop de livres à lire et pas assez de temps pour le faire, et donc entre vous écrire un billet et lire, j’ai choisi de lire. Mais, j’ai décidé de sortir de ma cave pour vous parler d’un deuxième roman.

Souvenez-vous, en octobre 2015, Bragelonne publiait le premier roman d’un auteur dont l’intrigue se promenait entre deux lieux et deux époques. D’ailleurs, nous avions fait un billet à deux sur le sujet. La voici donc de retour avec une nouvelle aventure s’intitulant « Mör ». Cette dernière vient de sortir mercredi !

Nous allons donc retrouver notre profiler préféré, Emily Roy qui doit enquêter sur l’enlèvement d’une actrice devant son domicile. Affaire qui ressemble, à se méprendre, à celle d’un tueur en série qui attend tranquillement son heure. En plus, il est responsable de la mort du compagnon de l’écrivain Alexis Castells. De quoi perturber la psyché de cette dernière ainsi que sa nouvelle relation.

Comme dans le premier opus, l’auteur mêle deux périodes temporelles différentes. Dans le premier volume, l’histoire commence en pleine Deuxième Guerre Mondiale, avec les camps de concentration et ses conséquences sur les protagonistes de l’histoire en cours. Alors que dans ce tome, l’auteur va s’intéresser au quartier de Whitechapel et à l’histoire de Jack l’Éventreur. Cette dernière aura-t-elle une incidence sur l’affaire en cours? Je vous laisse le découvrir.

Autant dans le premier tome, l’auteur nous mettait face aux faiblesses de ses héroïnes, autant dans celui-ci, elle va dévoiler un coin de l’histoire. Car, dans certains cas, il faut revenir dans le passé pour pouvoir avancer.

Le rythme ne change pas, constitué par des chapitres courts qui nous emportent d’un point à un autre de l’Histoire et nous faisant changer régulièrement de continents. Aux protagonistes du premier opus vont se rajouter des protagonistes principaux dont un personnage féminin qui devrait être récurrent. D’ailleurs, par beaucoup de points, elle ressemble à Emilie avec une personnalité qui lui est propre. Lors d’une interview via les médias, l’auteur a donné la raison du choix du titre qui, avec ou sans tréma, ne signifie pas la même chose. D’ailleurs, si vous lisez la quatrième de couverture, vous comprendrez pourquoi.

Comme beaucoup de personnes, j’avais hâte de pouvoir retrouver Alexis et Emily dans de nouvelles enquêtes. Surtout que l’auteure nous avait abandonné sur les fameuses boites noires d’Emily qui m’ont fait rager. Ayant beaucoup aimé le premier tome et étant une fan des histoires sur Jack l’Éventreur, j’ai dévoré le roman pour connaitre la fin.

La fin??? Il faut que je vous avoue une chose. Même si je ne devrais pas, j’aime connaitre la fin rapidement et suivre le cheminement jusqu’à celle-ci. Du coup, je suis allée lire quelques pages pour me faire une idée. Comme j’ai mal choisi, je ne me suis pas spoilée. J’ai découvert de nouveaux personnages dont une qui, j’espère, vous devriez aimer.

Il y a une scène que j’ai particulièrement appréciée entre Emily et une tasse de thé un peu spéciale. Sinon, je m’attendais à quelque chose dans le même style que le premier volume et je me suis retrouvée retournée comme une crêpe. Je ne m’attendais pas à ce genre de scène. Autant certains points étaient évidents, autant d’autres m’ont surprise. Et comme certains le savent déjà, un troisième tome est déjà prévu et il se déroulera dans le pays natal des parents d’Alexis : l’Espagne. Il faudra juste être patient.

Block 46 de Johana Gustawsson (Bragelonne)

Pour parler de ce roman, j’ai décidé, pardon, nous avons décidé d’innover. Comme nous sommes deux à l’avoir lu, nous avons donc décidé d’en parler à deux. Voici donc la chronique à deux.

Moi : Bonjour Suzie. Je suis heureux de t’accueillir à nouveau chez moi.

Suzie : Bonjour Pierre et amis lecteurs. Merci de me recevoir une nouvelle fois sur Black Novel. Je sens qu’on va bien s’amuser.

Moi : Bon alors, on commence comment ?

Suzie : Par le commencement, je présume c’est à dire par l’auteur et la quatrième de couverture. Je peux juste dire que c’est un livre comme je les aime : sanglant. Que peux tu nous dire sur ces deux sujets?

Moi : Sanglant, sanglant, faut pas exagérer quand même. J’ai connu pire ! Alors, l’auteure, justement. C’est son premier roman, en solo du moins puisqu’elle a écrit avec Laetitia Milot On se retrouvera, que j’ai lu d’ailleurs et chroniqué. On y retrouve d’ailleurs des similitudes à la fois dans le style très imagé mais aussi dans la force des sujets. Dans On se retrouvera, le sujet abordait la violence faite aux femmes. Dans Block 46, on prend la destination des camps de concentration. Est-ce que ça te va, comme intro ?

Suzie : Bon, je reconnais que c’est juste un peu ensanglanté avec quelques mutilations. Mais, ce que tu as oublié dans ton introduction, c’est qu’on suit une double histoire, à deux périodes différentes : dans les années 2000 et dans les années 40. Ce parallèle peut être déconcertant au début mais il intrigue. Et, toi, qu’en as tu pensé ?

Moi : Effectivement, on va alterner entre 2014 et 1943. En 2014, une styliste de bijoux retourne dans sa Suède natale et est horriblement mutilée. En 1943, Erich Ebner arrive en tant que déporté dans le camp de Buchenwald. Pour en revenir à ta question, cette alternance entre passé et présent ne m’a pas gêné. Le principe est plutôt classique et le fait de faire avancer les deux histoires en parallèles m’a fait penser à Reflex de Maud Mayeras. Il faut reconnaitre que Block 46 est redoutablement efficace, dans sa forme et dans son fond. Les phrases fusent, les chapitres sont courts et le mystère est … mystérieux. Et pour compléter mon avis, c’est plutôt au début du roman que j’ai eu un peu de mal, car j’avais un peu de mal à retrouver les personnages. Puis tout s’installe et là, c’est parti ! Qu’as-tu pensé des personnages, toi ?

Suzie : En ce qui concerne les personnages, on peut dire que notre duo de choc est vraiment de choc, s’affinant au fur et à mesure que l’intrigue avance. Cela me rappelle la complémentarité qui existe entre les deux héroïnes de Tess Gerritsen. Mais, contrairement à ces dernières, le duo sera constitué d’une profiler énigmatique et d’un écrivain français spécialisé sur les serial-killers, enfin certains. Toutes les deux sont gouvernées par leurs démons qu’on va voir apparaître plus ou moins pour l’une et pas du tout pour l’autre excepté à un moment très bref du roman. Les personnages secondaires, aussi bien du coté suédois que du coté anglais voire du coté catalan, regroupent un certain nombre de stéréotypes sans lesquels il n’y a pas d’histoire. On a le petit ami actuel voir le mari, l’ex, les amis et les personnes qui vont donner des indices voire des personnages qu’on aimerait bien sortir car ils sont extrêmement énervants. Tout ce petit monde ressemble, du moins au début, à de la glaise ou à des statues de cire vierges de tous traits. Ces derniers vont apparaître au fur et à mesure que l’histoire avance, comme si cette dernière les forgeait en plein soleil jusqu’à atteindre la nuance et les traits les plus représentatifs. En ce qui concerne Erich Ebner, il est tout en contraste. Pour ce qui est d’Erich Ebner, il est tout en contraste. Ce personnage est de mon point de vue, complètement déconcertant. Je ne sais que croire à son sujet. Mais qu’en penses-tu, toi?

Moi : Contrairement à toi, j’aurais aimé en savoir plus, un peu plus sur ces deux enquêtrices. On sent que Johana en garde sous la pédale pour les prochains numéros. Du coup, j’ai l’impression que ces deux personnages sont juste esquissés. Quant à Erich Ebner, comme tu le dis, c’est un personnage que je trouve formidablement mystérieux. Il est tout en retenue, ne pensant qu’à sauver sa peau dans ce camp de la mort. Peut-être est-ce le contexte dans lequel il survit qui me fait l’adorer. Je dois dire que ces passages à Buchenwald sont d’une rare justesse, sans descriptions gore, du moins pas trop, mais avec une vraie épaisseur. C’est terrible de vérité. Ce sont vraiment des passages qui m’ont fait vibrer, tant ils sont forts. Et si on parlait de l’écriture, justement ?

Suzie : Faut pas croire très cher que je ne veux pas en savoir plus. Au contraire, oserais-je dire. L’auteur nous en dit suffisamment pour calmer la faim tout en laissant sous-entendre des traits cachés. D’ailleurs, pour le profiler, on apprendra à un moment du roman qu’il faut se méfier des apparences car elles sont trompeuses. C’est ainsi que l’auteur m’a promené tout au long de son intrigue. De plus, au vu du sous-titre de ce roman « Une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells », on peut se douter qu’on va avoir d’autres surprises. Et, si je répondais enfin à ta question sur l’écriture de l’auteur. Son écriture est très fluide et concise utilisant plutôt un langage assez soutenu bien qu’on ait des incursions d’un langage un peu plus familier, circonstances obligent. Pour ceux que cela insupporte, le récit n’est pas à la première personne du singulier. Cela change de certains récits. L’intrigue est racontée à la troisième personne du singulier et cela fait du bien. Bien qu’on alterne les points des personnages, à chaque moment, on sait face à qui on se trouve et ce que pense le personnage comme si on se trouvait dans sa tête. Le récit est peint à touche rapide pour donner rapidement une atmosphère et un contexte sur lequel on s’appuie an tant que lecteur. Cela est accentué par le fait que les chapitres soient courts. Ainsi, on ne perd pas de vue l’action. Les phases sont également plutôt courtes, percutantes. On est dans la fluidité de l’intrigue. Cette dernière se forme sans accrocs dans notre esprit. Et toi, qu’en penses-tu???

Moi : Je tenais à te poser cette question. Car pour ma part, je suis très tatillon sur le style. Et je suis d’accord avec toi, le tout est fluide. Je trouve juste qu’il y a un écart entre les passages du passé en 1943 avec les passages contemporains. Je m’explique : Dans les scènes qui se déroulent aujourd’hui, c’est bien écrit mais pour autant pas extraordinaire. Par contre, dans les scènes au camp de concentration, on sent que c’est plus travaillé, que l’auteure y a mis toute sa passion. C’est cette passion qui a rendu ma lecture passionnante. Du coup, d’un coté j’ai trouvé ça pas mal, et de l’autre impressionnant. Cela n’enlève rien à la valeur du roman et à cette histoire qui est tout de même fort bien construite. Tout cela me fait dire que Johana Gustawsson va nous offrir de formidables polars dans les années à venir. Car on sent qu’elle a la fibre, la volonté et le talent pour nous écrire des histoires inoubliables. Mais je m’avance un peu vite. L’intrigue, Suzie, parlons enfin de l’intrigue, nom de dieu ! Tu attaques ?

Suzie : Pour revenir sur l’écriture, on pourrait décrire cette dernière comme deux bulles de savon qui se rencontrent pour n’en former plus qu’une. Une, celle de l’histoire des camps, est un peu comme un rêve que ferait un des personnages. Lequel? Mystère. Alors que la vie ordinaire, l’époque contemporaine n’a pas besoin de cette recherche. Elle semble juste plus simple, ce qui va s’avérer trompeur. Il y a quelque chose que j’ai bien apprécié dans l’écriture de l’auteur, c’est l’utilisation d’expressions étrangères. Cela dépayse radicalement et on se sent toit de suite dans l’ambiance. Même si on peut avoir des difficultés en terme de lecture. Bon, revenons aux choses sérieuses. Après avoir discuté du contexte et des personnages, le coeur de ce roman reste l’intrigue. Comme beaucoup d’entre vous, chers lecteurs, le savent, je suis une addicte des histoires avec des serial killers. Plus c’est sanglant et complexe, plus ça me plaît. Dans cette histoire, je suis en manque d’hémoglobine. Je dirais plutôt s’il n’y a pas de sang, c’est qu’on la fait disparaître, ce qui revient au même. Contrairement à ce que l’on trouve le plus souvent, l’intrigue principale se localise dans deux pays : la Suède et l’Angleterre. Le lien se fait à la base par la disparition d’une jeune styliste en joaillerie qui ne revient pas à la date prévue d’un séjour en Suède. Mais, dès le premier chapitre, on attaque par le biais d’un enterrement un peu bizarre. De plus, on va apprendre que des meurtres d’enfants ont lieu en Angleterre dans le même lapse de temps. La question qu’on va finir par se poser est quelle est la corrélation entre une disparition et ces meurtres. Tout ce que je peux dire, c’est qu’on va avoir droit à un casse tête chinois. Et en plus, on rajoute une histoire qui se passe à la fin de la seconde guerre, il y a de quoi avoir mal à la tête. Mais, tout se fait en douceur. Je vous ai encore plus embrouillée? C’est le but. Tout ce que je peux dire sur l’intrigue, c’est qu’elle vous prend dans ses filets pour vous relâcher qu’à la fin du livre. Et, encore, pas vraiment car l’auteur donne un aperçu d’un des personnages qui va vous faire criser jusqu’à sa prochaine histoire. J’en grince des dents. Alors ce résumé, plutôt énigmatique, non? Et si on donnait notre avis sur ce roman, très cher?

Moi : Ne va pas si vite ! De mon coté, pour l’intrigue, je trouve que l’auteure y met beaucoup d’application. Il y a un peu la même méthode de déroulement de l’intrigue dans Reflex de Maud Mayeras. Pour un premier roman, c’est impressionnant. L’auteure a une façon bien à elle de nous donner quelques bribes avant de nous laisser impatients à la fin d’un chapitre. Il y a un peu de perversité dans cette construction. Pour ma part, j’ai trouvé cela un peu linéaire, pour ce qui concerne l’enquête des deux femmes. Et puis, le retournement de situation final est tout de même un grand moment. Totalement bluffant. Et effectivement, il va nous falloir conclure, chère Suzie, sinon, on va y passer des heures … enfin, des pages ! Ce que je te propose, c’est de donner envie de lire ce roman en UNE phrase. D’accord ?

Suzie : En une phrase, ça risque d’être dur. Il me faut au moins un paragraphe voire deux. Mais, bon, je veux bien essayer. Si vous voulez un très bon thriller qui vous prend aux tripes avec des homicides (condition sine qua none), du mystère, un duo de choc, un voyage dans le temps, un style percutant et une fin à prendre l’auteur en otage pour qu’elle nous livre la suite, lisez Block 46 et vous comprendrez pourquoi ce livre porte ce titre. A toi, maintenant, même exercice.

Moi : Bien vu ! Moi je dirai : voici un premier roman qui balaie large, et qui va plaire à tout le monde, les fans de thriller ou de serial killers, les fans de mystère à résoudre, les fans de roman historique, et tous ceux qui font un travail de mémoire pour que les camps de concentration ne voient plus le jour, à tous les humanistes, à tous ceux qui cherchent des personnages attachants, ce livre est pour vous et comme je n’ai droit qu’à une phrase, ma foi, ce livre est pour vous tous, c’est un très bon divertissement voire plus, qui vous oblige à prendre conscience des autres, c’est un livre passionnant parce qu’écrit avec passion. Bon comme tu le vois, j’ai mis beaucoup de virgules pour que ça tienne en une phrase. Je te remercie Suzie pour cette passionnante petite discussion et à bientôt sur Black Novel.

Suzie : Merci Pierre pour cette invitation et cet échange très intéressant. Bonne lecture à ceux qui liront ce roman, je pense qu’ils ne seront pas déçus et à bientôt.

Moi : Merci à toi Suzie. Tu es ici chez toi. Chiche qu’on en refait une autre ?

Suzie : Ça serait avec plaisir, Pierre. Merci pour l’accueil toujours aussi enthousiaste. Je me suis bien amusée dans ce challenge littéraire. A bientôt amis lecteurs.

Moi : Merci à toi Suzie et à bientôt

La chronique de Suzie : La défense de Steve Cavanagh (Bragelonne)

Pour cette découverte d’un nouvel auteur, nous avons été deux à lire ce roman, Suzie et moi. Comme son avis est bien meilleur que le mien, mieux écrit, mieux argumenté, je lui ouvre tout naturellement les portes de Black Novel. Je laisse donc la parole à Suzie :

Bonjour, amis lecteur, voici mon billet sur le livre « La Défense » de Steve Cavanagh.

Ancien escroc devenu avocat, Eddie Flynn a connu les deux carrières et décidé de ne plus plaider. Le chef de la mafia russe va pourtant l’y obliger : pour le convaincre d’assurer sa défense, il a enlevé sa fille et menace de l’exécuter. Détail supplémentaire : Eddie devra se présenter devant le juge avec une ceinture d’explosifs dans le dos.

Flynn a quarante-huit heures pour gagner le procès du siècle. Le FBI scrute le moindre de ses gestes. Pour un bon avocat, c’est presque mission impossible ; un simple arnaqueur baisserait sûrement les bras.

Mais on parle d’Eddie, là. L’adrénaline, il aime ça.

En lisant la quatrième de couverture de ce livre, j’ai tout de suite pensé au synopsis d’un film avec Johnny Depp dont le titre est « Meurtres en suspens ». C’est un film qui date de 1995 où le héros voit sa fille kidnappée et, pour la sauver, il doit tuer une personne, un politicien plus précisément.

Je suis donc partie avec un à priori négatif. Le truc qui m’a convaincu de lire ce roman est l’ancien métier exercé par le héros. Ce dernier est un ancien arnaqueur et non pas un simple quidam choisi dans la foule car il empêchait un skateur d’ennuyer sa petite fille.

Le récit commence donc comme décrit et on suit les aventures d’Eddy avec ses problèmes et ses flashes-back. Car il y a des flashes-back, tout au long du récit, qui peuvent dérouter le lecteur. L’auteur explique au fur et à mesure comment le héros en est arrivé à ce stade de l’histoire, ses affinités, ses rencontres et ce qui le disposait à devenir un escroc mais également un avocat car il faut être un arnaqueur repenti pour pouvoir amener un jury à vous suivre, du moins aux États-Unis. L’autre particularité de ce récit, c’est qu’il est raconté à la première personne. Ce qui peut être dérangeant ou pas selon.

Si vous avez survécu jusque là, vous apprécierez la suite car on va commencer à entrer dans le vif du sujet. La mise en place de l’histoire est assez longue et on ne comprend pas pourquoi l’auteur ne donne pas plus d’indications. Il faut persévérer dans la lecture, jusqu’au retournement de situation où la vision du héros et par là même, celle du lecteur, va changer et comprendre des aspects qu’on avait laissé de coté, voire même pas vu. Parce que l’auteur s’est fait plaisir en semant des indices dans le récit, indices dont le lecteur peut avoir du mal à comprendre l’utilité ou les oublier rapidement. Du coup, on se rend compte que ce qui paraissait si évident ne l’est plus du tout. Et qu’on avait tout faux dès le début. Et là, j’ai commencé à être vraiment captivée par le récit. Jusqu’à ce moment de l’histoire, j’étais juste curieuse.

Tout va commencer à s’accélérer, des alliances étranges vont voir le jour, les indices prendre un véritable sens jusqu’au dénouement final … explosif ;

En allant sur le site de l’auteur, il semblerait que ce tome soit le premier d’une série dont le héros serait Eddie Flynn. De plus, il semblerait que ce soit le premier roman de cet auteur, ce qui pourrait expliquer certaines maladresses dans le récit. Je me demande bien qu’elle sera la prochaine aventure de ce héros mi-arnaqueur, mi-avocat. Bonne lecture

La chronique de Suzie : Des yeux dans la nuit de Chevy Stevens (Archipel)

Suzie est de retour pour son avis sur le dernier roman de Chevy Stevens. Je lui laisse la parole :

Nadine Lavoie, dont la fille Liza âgée d’une vingtaine d’années a fugué sans laisser de nouvelles, est psychiatre dans un hôpital de Vancouver.

Lorsqu’une patiente, Heather, lui est confiée après une tentative de suicide, Nadine commence avec elle une thérapie afin qu’elle lui raconte son histoire. Au fil des séances, Nadine apprend qu’Heather est membre d’une secte. Surtout, elle se rend compte qu’il existe de troublants parallèles entre la vie d’Heather et la sienne.

Mais, lorsqu’elle veut fouiller son propre passé, Nadine se retrouve face à un trou noir, ayant effacé de sa mémoire de nombreux souvenirs traumatisants d’adolescence. Pourquoi sa mère les a-t-elle emmenés son frère et elle vivre dans une commune isolée de l’île de Vancouver ? Pourquoi sa famille a-t-elle été détruite ? Et pourquoi le nom d’Aaron Quinn, le gourou de la secte d’Heather, lui inspire-t-il des sentiments de terreur ?

Plus Nadine avance, plus elle sent une menace peser sur elle. Elle se sent observée, le danger se rapproche. Ce sera lui ou elle.

Un thriller!! Qu’est ce que j’aime les thrillers.

« Des yeux dans la nuit » est le troisième roman de la Canadienne Chevy Stevens.

Actuellement, la totalité de ses romans sont édités chez L’Archipel (« Séquestrée » et « Il coule aussi dans tes veines »). Le prochain « That night » sortira en anglais en juin 2014.

Mais revenons à nos moutons, « Des yeux dans la nuit », tout est quasiment dit dans le titre et ce qui compte, c’est le quasiment. Ce titre est intriguant car, en lisant la quatrième de couverture, on se demande où l’auteur veut nous amener mais on la suit avec une seule question en tête : pourquoi?

Cette histoire est un thriller psychologique qui joue sur deux aspects. Le premier aspect concerne les souvenirs refoulés qui restent à la lisière de notre mémoire, de notre conscience et qui peuvent induire des comportements bizarres. L’esprit est bien fait, il ne débloque certains souvenirs que lorsqu’on est en mesure de les comprendre ou en cas d’urgence. Pourquoi bloque-t-on certains souvenirs, sont-ils vraiment nécessaire à notre vie quotidienne ou est-ce qu’on s’accommode au fur et à mesure de ne pas savoir pourquoi?

L’autre aspect de cette histoire est la vision que l’on peut avoir, extérieure et intérieure, de la vie dans certaines communautés, plus exactement les sectes. L’auteur s’en sert comme terrain pour engendrer les traumatismes de son héroïne, mais aussi pour montrer les difficultés de compréhension entre les personnes qui y résident et ceux de l’extérieur.

Notre héroïne est psychiatre et elle n’a pas été gâtée par la vie mais elle a réussi à s’en sortir, du moins sur l’aspect professionnel, car sa vie personnelle est un champ de mines. On pourrait croire que son métier lui donne plus d’ampleur pour comprendre les autres. Et, là est le problème, les autres, oui, ses proches, non. On va la voir évoluer et comprendre ses erreurs, du moins mieux les appréhender. C’est un personnage attachant, qu’on pourrait côtoyer dans notre vie de tous les jours et ne pas s’en rendre compte car très secrète.

Les interactions avec les autres personnages ont une réelle intensité, une véritable émotion. On se prend au jeu. Même si tout tourne autour de Nadine, les autres personnages ne laissent pas indifférents. Il y a des paires de claques, voire des réactions plus violentes qui peuvent émerger tellement on est pris aux tripes et qu’on aimerait réagir. Mais, je vous laisse les découvrir.

Un des problèmes que j’ai rencontré et qui peut rebuter certains lecteurs est que l’histoire est racontée à la première personne. Ce que j’ai toujours un peu de mal à appréhender mais, une fois dans la peau du personnage, je me suis tout à fait identifiée à l’héroïne et à ses problèmes. J’ai même réussi à me spoiler car je voulais connaitre la fin (comme souvent). Un autre point est que vous trouverez certaines situations convenues, que cela se voyait arriver de loin mais l’intérêt est la manière de traiter certains sujets et c’est justement parce qu’on les voit arriver que cela prend toute son ampleur (pas de spoil).

Ce roman est une bonne histoire qui vous fera réfléchir sur les sectes, les troubles de la mémoire, la confiance et la loi du silence ainsi que sur d’autres aspects que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même. Ne pas savoir est un mécanisme de protection que tout un chacun possède mais il est difficile et dangereux parfois de savoir pourquoi on a certains comportements.

Jetez-vous sur ce livre qui engendrera, peut-être, des échos au niveau de votre vécu et vous vous poserez la question « qu’aurais-je fait à sa place »? Bonne lecture, je vais me dépêcher de lire « Séquestrée » ou « Il coule aussi dans tes veines », enfin de les mettre sur le haut de la pile !

La chronique de Suzie : Broken de Karin Slaughter (Grasset)

Suzie est déjà venue nous rendre une visite sur Black Novel pour nous parler de ses lectures (nombreuses). Voici son avis sur le dernier roman de Karin Slaughter en date : Broken. Je lui laisse la parole :

Quel est le point commun entre une jeune veuve, un inspecteur alcoolique, une jeune inspectrice et un agent fédéral dyslexique? Ce sont les personnages du dernier ouvrage paru de Karin Slaughter, en attendant la sortie de son prochain livre au mois d’avril 2014 : Séduction.

N’ayant pas lu de bouquin de Karin Slaughter depuis longtemps, je me suis précipitée dessus. Le mot thriller, et en particulier, le thriller psychologique, est un de mes genres littéraires préférés.

Ce livre a deux axes de lectures différents.

Le premier est représenté par l’intrigue principale avec le présumé suicide de la jeune Allison. Présumé car il est assez difficile de se suicider en s’enfonçant un couteau dans la nuque et de le retirer pour tomber raide mort ensuite. La zombification n’étant pas le sujet du livre, on se retrouve donc confronté à un tueur et, peut-être, même à un tueur en série dont on ne comprend pas les mobiles. Cette série de meurtres va soulever une importante faille dans l’un des systèmes les plus lucratifs américains et pouvant générer des milliards de dollars.

Le second axe est relatif à une affaire s’étant déroulée plusieurs années plus tôt et qui s’est achevée par la mort du chef de police. Malgré le temps passé, les passions n’ont fait que s’exacerber entre les différents protagonistes et cela va éclater avec le retour de la veuve du défunt chef de police dans cette petite ville où elle ne voulait plus remettre les pieds. Du coup, on se retrouve face à un triangle entre la veuve, médecin légiste impliquée dans la résolution du présumé suicide, le vieil inspecteur alcoolique qui se retrouve chef de police mais qui ne veut pas de ce poste et la jeune inspectrice qui idolâtrait son défunt chef et qui est une des causes de sa mort. Par-dessus, vous rajoutez un agent fédéral qui va enquêter sur les mauvaises pratiques du poste de police tout en travaillant avec le médecin légiste et traînant derrière lui ses propres problèmes et complexes. Pour finir, vous saupoudrez d’un zeste d’un fantôme qui aurait dû pouvoir reposer en paix et d’un élément surprise. Tout ceci va mijoter, s’imbriquer et exploser en un feu d’artifice splendide et remettre les choses à leur place.

C’est une histoire très prenante aussi bien au niveau de la psychologie des personnages que de l’intrigue principale dont on comprend le dénouement à la fin, fin dont on ne pouvait pas se douter de mon point de vue. De plus, on s’attache à ces personnages, à leurs failles, leurs erreurs car ils lancent un écho dans lequel chacun d’entre nous pourrait se reconnaitre. Le pardon et la compréhension sont bien plus difficiles à accorder qu’on ne peut le penser. Enfin, le rythme du livre est assez rapide car l’intrigue ne dure que trois jours, ce qui est exceptionnel dans ce genre d’histoires. On peut même se demander si les personnages ont le temps de dormir. Mais, à la fin c’est vous qui aurez du mal à dormir car vous aurez du mal à lâcher cette histoire avant de connaitre la fin comme cela m’est arrivée. Laissez-vous enchanter par les mots de Karin Slaughter et vous évader vers cette petite ville, reine des faux-semblants. Bonne lecture.