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Chez Paradis de Sébastien Gendron

Editeur : Gallimard – Série Noire

Autant vous le dire tout de suite, je suis fan des écrits de Sébastien Gendron, depuis Le tri sélectif des ordures. Il faut s’attendre donc à de l’humour et cela commence d’ailleurs très bien : en exergue, au début du roman, Sébastien Gendron nous met en garde après un pré-générique, en écrivant : « D’après une histoire fausse. »

Maxime Dodman fait sa tournée en fourgon blindé avec Eric Ginelli et Pierre Pouton en ce vendredi 17 juin 1986. Le directeur des opérations les détourne par la zone Panhard, à cause du retard qu’ils ont pris. Soudain, ils se font arrêter par deux voitures. Coups de feu, grenades, Ginelli et Pouton à terre. Max arrive à descendre les braqueurs mais il est salement touché. Il aperçoit plus tard un passant en mobylette qui veut prendre un sac de billets et lui tire dessus, avant de s’évanouir.

Trente années ont passé. Max a ouvert un garage sur le plateau des causses. Il mène son monde à la baguette, que ce soit Denis Bihan, son apprenti ou sa femme Marie-Louise qui réserve son affection pour son chien. A coté du garage, Max loue trois chambres, qui servent de lupanar dans lesquelles The Face tourne des films pornos via sa société Juicy Media. Au passage, tout ce qui compte de respectables dans le village peut en profiter, du maire et de ses conseillers aux notables et industriels du coin.

Les grains de sable vont s’accumuler dans les rouages de cette petite mécanique bien huilée. Adrien Leoni se présente comme un producteur de cinéma. Il envisage de tourner un film ayant pour décor le garage Chez Paradis. Thomas Bonyard qui a été défiguré par la balle de Max quand il était sur sa mobylette retrouve la trace du garage et une prostituée se préparant pour un film X disparait.

Ecrit comme un film, Sébastien Gendron nous présente son scenario avec un pré-générique, le film, le générique de fin et un post générique. Cette méthode sert surtout à ne pas tout prendre au pied de la lettre, et à jouer avec les codes, où se mélangent l’art littéraire et l’art cinématographique. De la présentation des personnages au déroulement de l’intrigue, tout va aboutir dans une scène finale d’anthologie digne de Sam Peckinpah.

La galerie de personnages vaut à elle-seule le détour, l’auteur les présentant tous plus pourris les uns que les autres, tous plus dégueulasses les uns que les autres. On est plongé dans un roman noir, mais du noir extrême, presque caricatural. Mais rappelons-nous qu’il s’agit d’un film et que de nos jours, on ne fait pas dans la dentelle. L’action, les rebondissements sont incessants, le violence présente (en particulier une scène particulièrement marquante) et l’humour noir permettant d’avoir du recul intervient toujours au bon moment.

Tout le monde va en prendre pour son grade ; dans un panier de crabes, quand il n’y a plus à manger, ils se dévorent entre eux. Tous les rouages vont se gripper et déboucher sur une scène finale impressionnante, qui nous permet de se rassurer que tout cela n’est qu’une vaste comédie noire. D’ailleurs, j’ai adoré la citation finale, tirée du Cherokee de Richard Morgièvre :

« Les gens bien mis rabâchaient souvent que Shakespeare avait tout dit. Des conneries. Il n’avait rien dit. Personne ne pouvait rien dire. C’était bien pourquoi les écrivains continuaient d’écrire : pour ne rien dire. »

Et j’ajouterai juste : en le disant bien.

Couleurs de la vengeance de Maurice Attia

Editeur : Jigal

Nous bouclons donc cette semaine consacrée à Maurice Attia par le dernier roman de sa deuxième trilogie qui va nous transporter en 1980, une année où l’on sent de nombreux bouleversements au niveau mondial.

Marseille, jeudi 23 octobre 1980. Toujours obligé de réaliser ses reportages inintéressants, Paco veut remettre à l’honneur les petits cinémas de quartier, les lieux où il a connu tant d’émotions devant les films d’aventures ou d’horreur, étant jeune. Il se rend donc à la Belle de Mai pour interroger les propriétaires du Gyptis. Soudain, une camionnette s’arrête en face d’un bar, deux hommes cagoulés en sortent et tirent dans le tas. Paco note le numéro de la plaque d’immatriculation et appelle les secours. La tuerie fait une dizaine de victimes. Paco voit dans cet acte, une enquête potentielle qui va attiser son esprit d’ex-policier. Le tout va être de ne rien dire à Irène, sa femme.

François Nessim, ex-collègue de Paco et parrain de sa fille Bérénice, débarque à Quetta, au Pakistan, en vue de commencer son reportage sur l’Afghanistan et la résistance contre l’ennemi russe. Cette dernière le guidera jusqu’à Kandahar, la deuxième ville du pays. La première étape se situe à Chaman, la ville frontière. François doit faire attention à qui il parle, de nombreux pro-russes et des espions du KGB sont à l’affut d’ennemis. Dans ce cas, ce serait direction prison avec tortures associées.

Le roman débute sur une enquête tout ce qu’il y a de plus classique. On retrouve Paco et son mal-être en couple. Avide de mystères à résoudre, il se contente d’écrire des articles pour sa rubrique cinématographique. Le hasard le place devant une tuerie et Maurice Attia jalonne le déroulement de sa première partie par la recherche des origines de chaque victime. Mené de façon très classique, à base d’interrogatoires, je me suis posé des questions sur où l’auteur voulait m’emmener.

D’autant plus qu’en parallèle, nous allons suivre un journaliste de terrain, qui arrive au Pakistan pour suivre le conflit en Afghanistan. Dans ces passages, l’auteur va nous montrer l’invasion russe et le harcèlement réalisé par le KGB pour éliminer la résistance. François Nessim est reconnu dans son métier et va mettre à jour des révélations dont certaines nous sont connues aujourd’hui. Mais il est toujours bon de les rappeler.

A partir de la deuxième partie, le lien entre les victimes commence à s’établir et les pistes se dirigent vers l’Europe de l’Est, et des trafics avec l’Europe occidentale. La grande force de l’auteur, c’est de nous prendre à la gorge et de construire des toiles pour relier toutes les affaires. Et la dernière moitié du roman est tout simplement géniale, à la fois par le déroulement de son intrigue que par le rythme haletant adopté. Dans cette deuxième partie, on retrouve aussi ce qu’on a apprécié dans les précédents tomes, cette faculté d’alterner les avis de plusieurs personnages et de passer de l’un à l’autre.

Cette trilogie se repose sur le couple de Paco et Irène et ici, c’est plutôt Paco qui tient le devant de la scène. Dans ce couple en crise, il a envie d’aller voir ailleurs tout en éprouvant du remords. Il en découle une tendance à se jeter dans la gueule du loup et de se trouver dans des situations violentes. Enfin, cerise sur le gâteau, j’accorderai une mention aux deux flics Yul et Brynner et les dialogues cinglants qui m’ont bien fait rire. Ce roman clôt la trilogie par un polar jouissif comme un feu d’artifice.

Harry Bosch 5 : Le cadavre dans la Rolls de Michael Connelly

Editeur : Seuil & Calmann-Levy (Grand Format) ; Points & Livre de Poche (Format Poche)

Traducteur : Jean Esch

Après Les égouts de Los Angeles, La glace noire, La Blonde en béton, et Le dernier coyote, voici la cinquième enquête de Hieronymus Bosch, dit Harry, qui va continuer à mettre en place les personnes entourant l’inspecteur.

Après dix-huit mois de dépression, Harry Bosch revient aux affaires et se retrouve propulsé Chef de groupe, au bureau des cambriolages de la police de Hollywood, Suite à la décision de la nouvelle lieutenante Grace Billets, Bosch aura sous ses ordres Jerry Edgar et Kizmin Rider. Bosch est appelé aux alentours du Dodger stadium où se déroule la finale de football américain.

Bosch est accueilli l’agent Powers qui est chargé de surveiller la voiture, à l’intérieur de laquelle on a retrouvé un corps. Le mort s’appelle Anthony Aliso et a été abattu de deux balles dans la tête, ce qui ressemble à une exécution de la mafia. Aliso est connu pour être un producteur de films de série Z. Powers tient à prévenir Bosch et son équipe qu’il a laissé ses empreintes dans la voiture en ouvrant le coffre.

Bosch ne tient pas à prévenir l’OCID, le département chargé de la lutte anti-mafia. Mais sur l’insistance de Jerry, il les appelle et leur communique la découverte du corps. Dom Carbone qui est de permanence lui assure que l’OCID n’est pas intéressé. Bosch fait donc rapatrier la voiture avec le corps dedans pour ne pas affoler la foule. Bizarrement, rien n’a été volé, et Aliso avait loué sa voiture à Las Vegas, où il gérait ses affaires de cinéma.

Avec cet épisode, qui commence comme une banale affaire de meurtre, on sent que Michael Connelly veut faire d’Harry Bosch un personnage récurrent et qu’il veut le faire durer longtemps. Il va ainsi introduire le personnage d’Eleanor Wish, une ancienne compagne de Bosch, ex-agent du FBI qui sort tout juste de prison. Nous avons droit donc à des retrouvailles, liées à cette enquête.

L’intrigue démontre que Michael Connelly a acquis un savoir-faire et qu’il déroule les pistes, vraies ou fausses, avec le naturel du grand auteur qu’il est. Il est toujours aussi précis dans sa description des processus policiers et nous montre ici les liens de la mafia dans l’industrie cinématographique pour blanchir leur argent sale. Il nous montre aussi la main mise de Chicago sur Las Vegas malgré les purges annoncées par les politiques.

Enfin, il n’épargne pas les différents services de police, les guerres internes entre la brigade criminelle, la lutte anti-mafia et la police des polices. Bosch aura fort à faire avec des attaques venant de toutes parts, pour résoudre cette affaire dans les toutes dernières pages et pour se défendre. Il est à noter aussi le personnage de Grace Billets, la nouvelle lieutenante que Bosch apprend à connaitre et qui se place d’emblée dans son camp. Et tout cela est raconté avec un naturel, un allant et une simplicité qui forcent l’admiration, pour donner un excellent polar.

Kasso de Jacky Schwartzmann

Editeur : Seuil

Jacky Schwartzmann fait partie des auteurs que j’aime beaucoup pour ses intrigues bien trouvées mais aussi et surtout pour son style cynique qui fait preuve d’une belle lucidité. Il y ajoute ici une remarquable fluidité d’écriture.

Débarquant de Marseille, Jacky Toudic revient dans sa ville natale, Besançon, qu’il déteste presqu’autant que les gens. Car Jacky possède un don, arnaquer les gens, et un outil, sa ressemblance avec Matthieu Kassovitz. Depuis Regarde les hommes tomber, tout le monde rêve de côtoyer cet immense acteur et lui en profite pour leur emprunter (de façon définitive) des enveloppes pleines de liquide pour, soi-disant, alimenter les consommations de café lors de la réalisation d’un film imaginaire.

Son retour à Besançon est lié à sa famille : sa mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer et s’est retrouvée à insulter des jeunes en robe de chambre à deux heures du matin en pleine rue. Le docteur Paul Jeune lui annonce l’ampleur de la maladie et qu’une place en Ehpad va se libérer bientôt. Malgré le ressentiment qu’il ressent envers son prochain, il se retrouve bien obligé de régler cette affaire, ne serait-ce que pour signer les papiers.

Ses parents furent professeurs de philosophie ce qui forge un caractère pour un garçon doué en rien. Quand il se rend à l’Ehpad, il s’aperçoit que sa mère prend Nagui, en train d’animer un jeu de chanteurs, pour son fils et Jacky pour son docteur. Il retrouve son ami d’enfance, Yann, qui fait l’homme automate devant l’église Saint-Pierre. Lors d’une soirée au bar Le Gibus, il retrouve sa bande, Yann, Parrain, et Elder. Comme il doit continuer à faire tourner sa baraque, il va sur Tinder et prend rendez-vous avec une dénommée Zoé …

Jacky Schwartzmann va prendre le temps de quelques chapitres pour nous placer les décors, les personnages et son intrigue. Une fois cela fait, il peut dérouler son histoire d’arnaqueur à la petite semaine … mais attention, il y aura moult rebondissements et, pour certains bien surprenants voire renversants.

De la situation du départ, dramatique, l’auteur annonce le ton : Jacky Toudic préférerait que sa mère soit morte plutôt qu’elle subisse et fasse subir sa maladie. On entre directement dans son ton cynique noir. Comme je l’ai dit au dessus, l’avantage des auteurs comiques, c’est de voir le monde différemment et de faire preuve d’une belle lucidité ; bref, de nous faire prendre du recul par rapport à ce que nous vivons tous les jours, et arrêter de se prendre au sérieux.

Avec ce roman, Jacky Schwartzmann abandonne sa méchanceté, y insère même une dose de sentiments en créant ce personnage de sosie de Kassovitz. Malgré ce qu’il raconte, on ressent de la peine pour lui et sa situation. Mais ne vous y trompez pas, l’auteur va régler son compte à beaucoup de gens, et passer en revue nombre de professions et comportements. Des fans de stars de cinéma prêts à faire n’importe quoi pour les côtoyer, aux médecins, les notaires, le monde du cinéma, les artisans, les gilets jaunes, … tout le monde en prend pour son grade et ça flingue pas mal !

Il n’en reste pas moins que Jacky Schwartzmann fait montre d’une belle fluidité dans le style, se montre moins méchant que d’habitude ce qui donne de la force à son propos, et qu’il démontre une réelle assurance dans le déroulement de son intrigue, ce qui fait de son roman, probablement le meilleur qu’il ait écrit à ce jour … du moins c’est mon avis. Je vous garantis de passer un excellent moment avec cet auteur et avec son roman fort drôle, au second degré

Oldies : L’oiseau moqueur de Walter Tevis

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Michel Lederer

Afin de fêter ses 15 années d’existence, les chroniques Oldies de cette année seront consacrées aux éditions Gallmeister, spécialisée dans la littérature anglo-saxonne.

Je vous propose un auteur dont j’ai découvert l’existence grâce à l’excellente série télévisée Le jeu de la dame, avec un roman qui nous envoie dans un futur lointain, bigrement visionnaire.

L’auteur :

Walter Tevis, né le 28 février 1928 à San Francisco et mort le 8 août 1984 à New York, est un écrivain américain de science-fiction et de roman noir.

Bien que Walter Tevis soit né dans le comté de Madison, son père ramène sa famille au Kentucky depuis San Francisco alors que Walter est âgé de 10 ans.

Après avoir participé aux campagnes du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, Tevis obtient un diplôme à la Model High School en 1945 et est admis à l’université du Kentucky, où il décroche une maîtrise. Alors qu’il est étudiant, Tevis travaille dans une ‘Eight ball pool-room’ et publie une histoire sur le billard écrite pour le cours d’écriture de A. B. Guthrie. Après avoir reçu sa maîtrise, Tevis écrit pour la Kentucky Highway Department et enseigne à Science Hill, Hawesville, Irvine, Carlisle, ainsi qu’à l’université du Kentucky. Il est professeur de littérature à l’université de l’Ohio de 1965 à 1978, où il reçoit une MFA.

Il commence à publier des nouvelles de science-fiction en 1954, puis le premier de ses récits policiers avec The Big Hustle, paru en 1955 dans Collier’s Weekly, qui narre la lutte pour la victoire entre deux champions de billard, et The Hustler, paru en 1957, dans Playboy. Il reprend ces deux nouvelles en les étoffant dans son roman noir L’Arnaqueur (1959), qui est adapté sous le même titre au cinéma par Robert Rossen, avec Paul Newman.

Au cours de sa carrière d’écrivain, Tevis publie sept romans, dont trois sont des variations sur le même thème, et d’autres nouvelles pour des magazines, dont Cosmopolitan, Esquire, Playboy et Galaxy Science Fiction.

Pendant quelques années, Tevis disparaît du circuit littéraire, souffrant d’alcoolisme. D’ailleurs, une grande mélancolie et un goût du jeu – voire de l’alcool – marquent chacun de ses romans. Pendant cette période, il vit en donnant des cours particuliers d’écriture. Il est nommé au prix Nebula du meilleur roman en 1980 pour L’Oiseau d’Amérique (L’oiseau moqueur). Il passe sa dernière année à New York, en tant qu’écrivain à plein temps.

Walter Tevis meurt d’un cancer du poumon en 1984. Il est enterré à Richmond, dans le Kentucky.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

« Pas de questions, détends-toi ». C’est le nouveau mot d’ordre des humains, obsédés par leur confort individuel et leur tranquillité́ d’esprit, déchargés de tout travail par les robots. Livres, films et sentiments sont interdits depuis des générations. Hommes et femmes se laissent ainsi vivre en ingurgitant les tranquillisants fournis par le gouvernement. Jusqu’au jour où Paul, jeune homme solitaire, apprend à lire grâce à un vieil enregistrement. Désorienté́, il contacte le plus sophistiqué des robots jamais conçus : Spofforth, qui dirige le monde depuis l’université́ de New York. Le robot se servira-t-il de cette découverte pour aider l’humanité́ ou la perdre définitivement ?

Mon avis :

Imaginez un monde futuriste où l’humanité a créé des robots pour se faciliter la vie, un monde où les hommes ne travaillent plus, mais passent leur temps à prendre des pilules, regarder la télévision et fumer de la marijuana. Ils ont perdu l’envie de se rencontrer, de lire, de se cultiver. Alors le nombre d’humains sur Terre a diminué et les robots ont fait fonctionner le monde à leur place.

Spofforth est un robot de classe 9, le plus intelligent jamais inventé. Son rêve est de mourir. Doyen de l’université de New-York, il reçoit un appel de Paul Bentley qui lui propose d’apprendre à lire aux hommes. Spofforth lui octroie un appartement et lui demande de lire les textes de films muets. Paul découvre la joie de lire, d’élever son esprit et rencontre une femme habillée en rouge dans un zoo. Elle ne prend pas de pilules, ne fume pas, et il décide lui apprendre à lire.

Ce roman fait partie des monuments de la littérature, de ceux qui allient deux genres, la littérature dite blanche et la science-fiction. Il nous offre une ode à la littérature, à l’élévation de l’esprit par la culture et sa nécessité pour faire évoluer l’humanité. D’une plume érudite et imagée, Walter Tevis nous plonge dans un monde futuriste qui rappelle celui que l’on subit aujourd’hui, entre Netflix et Internet, cette propension à rester chez soi, à oublier la nécessité des autres.

Proche d’un 1984 de George Orwell, d’un Fahrenheit 451 de Ray Bradbury ou du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, ou même le Cycle des robots d’Isaac Asimov, ce roman nous marque d’autant plus qu’il a de fortes résonances avec ce que nous vivons aujourd’hui. D’une remarquable intelligence dans la façon d’aborder ces thèmes, le déroulement de l’intrigue peut déconcerter lors du passage en prison mais est au final hautement recommandable voire même indispensable pour tous.

Sadorski et l’ange du péché de Romain Slocombe

Editeur : Robert Laffont (Grand format) ; Points (Format poche)

Je m’étais fixé un objectif de lire, en cette année 2020, la première trilogie consacrée à Léon Sadorski (L’affaire Léon Sadorski, L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski, Sadorski et l’ange du péché) et donc voici mon avis sur le troisième tome. Pourquoi je parle de première trilogie ? Parce qu’il y aura une deuxième trilogie. La première se nomme La trilogie des collabos. La deuxième s’appelle La trilogie de la guerre civile et comprendra La Gestapo Sadorski (qui vient de sortir aux éditions Robert Laffont), L’inspecteur Sadorski libère Paris (à venir en 2021) et J’étais le collabo Léon Sadorski (prévu en 2023).

L’inspecteur principal adjoint Léon Sadorski, chef du Rayon juif à la 3ème section des Renseignements généraux et des jeux, n’en est pas à sa première bassesse. Dans son métier, traquer les juifs pour les arrêter est son quotidien. Et quand il tombe sur une vendeuse de lingerie fine à la Samaritaine, il en profite pour lui faire un chantage et lui demander de voler des dessous pour sa femme adorée Yvette.

Sauf que tout semble dérailler pour lui. Alors qu’au travail, il est chargé de trouver une jeune femme juive qui a passé la ligne de démarcation avec de l’or, il intercepte une lettre anonyme pleine de menaces envoyée à sa femme qui lui montre que Paris est en train de changer en cette année 1943. Une bonne raison pour lui de serrer la vis et de se donner à fond, tout en faisant très attention aux policiers véreux de son service.

Alors que les lettres de dénonciation se multiplient, la Gestapo montre à Léon une lettre demandant de saisir les biens des parents de Julie Odwak, la petite juive qu’il loge chez lui dans l’espoir de la séduire. Il s’arrange pour être présent lors de la perquisition et arrive à mettre la main sur le journal intime de Julie avant que les Allemands ne le prennent. Heureusement, ils ne s’intéressent qu’aux toiles peintes. Ce qu’il va y lire va le sidérer.

Troisième tome et le plus volumineux de la trilogie, ce Sadorski et l’ange du péché comporte toutes les qualités qui m’ont fait adorer les deux précédents tomes :

Le personnage tout d’abord, immonde salaud raciste qui, tel une bête traquant sa proie, n’hésite à user de toutes les bassesses et les violences pour arrêter les juifs. Plus aveuglé que jamais dans son travail, il apparait comme un combattant du Mal lancé dans une croisade personnelle aveugle, mis à mal voire dépassé par un extrémisme antisémite qui va plus loin que ses convictions. Et malgré ses contradictions, on le retrouve concerné par l’extermination des juifs, mais il faut bien dire qu’il place son bien-être et sa survie au dessus de toute autre considération. Car Sadorski est avant tout un égoïste. La complexité de ce personnage ignoble en devient fascinante.

Le contexte du Paris occupé qui est toujours reconstitué avec minutie, force détails et des descriptions d’une réalité confondante. L’immersion dans un autre temps (pourtant pas si lointain) est insérée à l’intrigue et donne un rendu véridique, d’autant plus que peu de romans ont décrit avec autant d’acuité frontale la vie des Parisiens à cette époque et leurs pensées, leurs penchants en faveur d’un écrémage contre les juifs.

Le contexte historique de cette année 1943 y joue un rôle primordial. Alors que la famine et les restrictions font rage, la vie quotidienne devient une course à la survie. Comme devant tout événement majeur, on y trouve des victimes et des profiteurs. Une des trames du roman tourne donc autour du marché noir et de toute une mafia qui se monte et qui profite de la situation. Et 1943 constitue aussi le tournant de la guerre, l’année où les Allemands subissent leurs premières défaites. Dans la tête des Parisiens, commence à s’allumer une lueur d’espoir. Enfin, ils sont persuadés que les Allemands ne sont pas là pour toujours.

L’inspecteur adjoint Sadorski, aveuglé par sa chasse aux juifs, va être confronté à plus fort que lui. Tout d’abord les tenants du marché noir, mais aussi la vérité sur la déportation des juifs. Il va recevoir des témoignages lors d’interrogatoires ou de discussions qui vont lui ouvrir les yeux et le placer face à un choix impossible à faire pour lui. Les conséquences vont engendrer une tension dans le roman et des passages violents, très violents, d’autant plus violents qu’ils sonnent justes.

Dans cette thématique, il va découvrir le Journal Intime de Julie Odwak, sa petite protégée juive. Il a réussi à le conserver en prétendant l’utiliser pour trouver des pistes sur des juifs. En réalité, alors qu’il espère des sentiments de sa protégée, il lit le calvaire, la torture que les Nazis font subir aux juifs tous les jours. Sorte de continuité du journal d’Anne Franck (en version romancée), ces longs passages sont passionnants mais ont tendance à être plus des parenthèses dans l’intrigue que des éléments la faisant avancer.

Et c’est un peu ce que j’ai ressenti lors de cette lecture. Elle est passionnante, prenante, intéressante, instructive, inédite, impressionnante mais il m’a manqué un fil directeur. A chaque tome de la trilogie, on a droit à toujours plus de pages, et je dois dire que j’y ai trouvé des longueurs, des pages qui n’apportaient rien de plus. Pas décevant, loin de là, mais trop bavard par moment.

Des poches pleines de poches

Voici le retour de cette rubrique consacrée aux livres au format poche.

Portraits cannibales de Dominique Forma

Editeur : Marest éditeur

Construit comme un recueil de nouvelles, ce livre propose trois morceaux en hommage au cinéma, comme c’était le cas dans les cinémas de quartiers qui proposaient deux films dans la même séance, entrecoupés d’un entracte.

La simpatica : Romilda est une mère exigeante envers sa fille Sofia qui n’a aucun attrait. Elle est persuadée qu’à force de volonté elle parviendra à corriger ses défauts. Après la guerre, Sofia va donc débarquer à Cinnecita et faire une rencontre dans un endroit glauque, comme une élévation vers les sommets à partir de la fange. Ecrit avec beaucoup de tendresse à partir d’une photo, Dominique Forma nous montre les dessous du décor, la laideur qui se cache derrière l’enchantement des images du 7ème art.

La grande bouffe : Présenté comme un intermède, c’est une étude intéressante sur le film de Marco Ferreri qui fut écrit pour le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques (Serious Publishing, 2011)

Le secret : Retour sur les souvenirs de Fritz Lang, génie du cinéma et sur sa jeunesse, à l’aide de flashbacks. Ecrite avec un style plus journalistique, sans effets, cette nouvelle vaut pour sa chute.

La prière du Maure d’Adlène Meddi

Editeur : Jigal

Djo est un flic à la retraite qui revient aux affaires. Pour une dette d’honneur pour son ami Zedma, on le charge de retrouver son fils qui a disparu. Depuis qu’il est revenu à Alger, Djo retrouve ses cauchemars et en perd ses nuits. Et quelques soient les personnes qu’il rencontre, il lui est fortement conseillé de laisser tomber cette affaire et de retourner à sa retraite tranquille.

Si l’intrigue est complexe et quelque peu compliquée à suivre, ce roman doit réellement faire partie de vos prochaines lectures. Car c’est une lecture qui va vous marquer, et dont vous relirez des passages, juste pour le plaisir et la poésie furieuse qu’elle dégage. C’est une intrigue simple qui s’octroie le luxe de montrer l’ascension d’un général Structure qui bâtit son empire sur le sang des autres

Le contexte est difficilement séparable du style de l’auteur, le fond de la forme. On découvre un pays formé de factions qui toutes détiennent une partie de pouvoir et une forte puissance de nuisance. Que ce soit la police, les services secrets, les troupes du ministère, les effectifs de l’armée, tous font le ménage dans une sorte de furie furieuse, comme poussés par une panique que personne ne comprend. Mais tout le monde suit la trace de poudre enflammée, emmenée par des attentats sanglants et des exécutions sommaires.

L’auteur a mis tout son cœur, toute sa passion dans cette histoire. Il nous montre comment Alger la Blanche devient Alger la Noire, et sa plume est faite de braise et de poésie rouge et noire. Il y a dans ce roman des passages fusionnels, alarmistes, défaitistes, d’une beauté et d’une pureté inimaginable. C’est un roman marquant, totalement original et totalement assumé, une dénonciation de la folie des hommes.

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio

Editeur : Slatkine & Cie (Grand Format) ; Pocket (Format Poche)

Traducteur : Elsa Damien

C’est grâce à Muriel Leroy que j’ai lu ce roman, ce pavé de 940 pages évoquant les années 20 aux Etats-Unis. Il m’aura fallu 6 jours pour me laisser emporter par ce pays et cette époque pleine d’espoirs. Un vrai grand roman populaire.

Aspromonte, Italie, 1906-1908. Cetta Luminita est née dans une famille pauvre. A 12 ans, elle travaille à la ferme. A 14 ans, elle se fait violer par le patron. Elle appelle le petit Natale et décide qu’il vivra une belle vie. Elle décide donc de fuir vers les Amériques. Vendant son corps au capitaine du bateau, elle obtient une place à bord pour elle et son fils. A Ellis Island, les douaniers ne comprenant pas ce qu’elle dit, le petit se fait appeler Christmas.

Manhattan, Etats-Unis, 1922. Christmas est un jeune adolescent qui est beau parleur. Sa mère travaille dans une maison de passe mais elle fait tout pour lui rendre la vie facile. Elle va vivre avec un vieux truand fier Sal qui ne lui dira jamais qu’il l’aime. Christmas va proposer au boucher du coin de protéger son chien en l’échange d’un peu d’argent. La protection se fera grâce à son gang, qu’il vient d’inventer, les Diamond Dogs.

Ruth est une jeune fille juive qui va faire une mauvaise rencontre : un soir, elle tombe sur Bill un jeune délinquant qui travaille comme jardinier. Un jour, Bill laisse libre cours à sa violence et la tabasse, la viole et lui coupe un doigt pour voler sa bague. Ruth est récupérée par Christmas qui va la raccompagner chez elle. A force de morgue et de demi-mensonges, Christmas va être pris en charge par le grand-père de Ruth, Saul Isaacson.

Même s’il fait plus de 900 pages, ce roman se laisse lire par la force de ses personnages, tous formidablement faits, réalistes, vrais. On va suivre les itinéraires de chacun par alternance, Christmas, Ruth et Bill en traversant les années 20, peuplées de nouveautés mais aussi de personnages secondaires tous extraordinaires. Chacun va suivre son chemin, en parallèle, ils vont se croiser, se manquer, se rater pour se retrouver puis se quitter à nouveau.

Il y a aussi le contexte, la description des Etats Unis dans les années 20, où tout peut se réaliser pourvu que l’on ait envie de le faire. Il y a la vraie vie des immigrés, pauvres hères qui tentent de survivre. Il y a les rencontres qui changent une vie, en bien ou en mal. Il y a ce pays qui fait miroiter un rêve que peu vont pouvoir toucher de la main. Il y a l’évocation de ces villes multicolores multiraciales. Il y a cette violence inhérente à un pays où le maître mot est la Liberté.

Ce roman est autant une ode à la liberté qu’une évocation de la vie des immigrés, à la fois une fantastique évocation de la construction d’une vie qu’un hymne à l’amour. Il y a du sang, des joies et des peines, des réussites et des drames. Ce roman a la saveur de la vie, la vraie, celle où on se prend des coups mais où on se relève malgré tout parce que, après tout, elle est belle. Il nous propose des personnages inoubliables et nous fait passer un excellent moment de lecture. C’est un vrai grand roman populaire, dans ce qu’il a de plus noble.

Sans lendemain de Jake Hinkson

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Sophie Aslanides

Attention, coup de cœur 

L’auteur de L’enfer de Church Street, coup de cœur black Novel, revient avec un polar une nouvelle fois formidable. De la première à la dernière ligne, le roman est prenant, parfait et put se classer sans conteste parmi les classiques du polar américain.

Eté 1947. Billie Dixon est une jeune femme qui est venue à Hollywood pour devenir scénariste. Mais elle a vite déchanté et a atterri dans Poverty Row, une rue regroupant les sociétés cinématographiques qui réalisent des films de série Z. Ayant trouvé un travail chez PRC, elle parcourt les routes des Etats Unis pour faire la promotion de leurs films dans les cinémas perdus au fin fond des campagnes américaines.

Billie arrive dans la petite bourgade de Stock Settlement, en Arkansas et se dirige vers le cinéma. Claude, le propriétaire, accepte quelques films en lui signalant que les habitants de ce village ne fréquentent guère les salles obscures, car le pasteur du village considère que les films sont néfastes à l’esprit du Bien. Elle décide donc d’aller rendre visite au pasteur, pour le faire changer d’avis.

Obadiah Henshaw est devenu pasteur après avoir fait la guerre du Pacifique. Là-bas, il a tué trois ennemis mais y a aussi perdu la vue. En revenant, il a rencontré la foi et a gardé une intransigeance envers le péché. Effectivement, le pasteur ne veut entendre les arguments de Billie quand elle vient. A la fin de l’entretien, Billie voit la femme du pasteur Amberly Henshaw et trouve qu’elle est la femme la plus belle qu’elle ait jamais vue. Le lendemain, Billie rend visite à Amberly pendant que le pasteur va faire sa tournée, et elles font l’amour. C’est le début d’une histoire d’amour …

Fascinant. Le début de ce roman est un véritable tour de force. En quelques pages, l’auteur nous présente les personnages, leur psychologie, le contexte, les décors, et finalement le drame qui va se dérouler. Pour moi, la première partie des trois qui constituent ce roman est tout simplement parfaite. Et les deux autres parties, qui déroulent l’intrigue, sont tout autant parfaites et maîtrisées.

A lire ce roman, on a l’impression de lire un roman classique, un roman noir intemporel. Jake Hinkson n’a jamais été aussi prêt des meilleurs romans de Jim Thompson, sans jamais le copier ni être ridicule. Il possède sa propre écriture, sa propre efficacité, et aborde des sujets proches. Car on y trouve une nouvelle fois un personnage de religieux, le pasteur Obadiah Henshaw qui, dans les quelques pages où il apparaît, est impressionnant tant il remplit les pages de sa présence.

L’autre personnage qui m’a marqué, c’est bien Billie Dixon. Placée au centre de l’intrigue, nous avons à faire avec une femme forte, sans concession, qui prend des décisions et qui les assume. Quitte à ne pas rester dans la légalité. Dans ce roman, Jake Hinkson montre aussi la difficulté d’être une femme en 1947, et l’impossibilité de faire sa vie quand on est femme et homosexuelle. Dans le roman, aucune femme n’a un poste d’importance (on peut citer le poste de shérif donné à un muet alors que c’est sa sœur qui fait tout le travail), ou les scénaristes qui sont tous masculins. C’est une vision de l’Amérique révoltante et je me demande si l’auteur n’a pas voulu pointer ce fait en faisant le parallèle avec la situation d’aujourd’hui. Sans être ouvertement un roman féministe, le portrait de Billie Dixon est suffisamment complexe pour ouvrir la discussion.

Franchement, un roman noir comme ça, écrit avec tant de talent d’évocation, avec cette volonté d’efficacité dans les descriptions, avec ses dialogues évidents et tout simplement brillants, cela devient un roman incontournable, proche de la perfection. On a l’impression de lire un classique de la littérature policière. C’est exactement la phrase que j’avais en tête en tournant la dernière page de ce roman : Jake Hinkson a écrit là un classique du roman noir.

Ne ratez pas les avis de Claude (Coup de cœur aussi !), Jean le Belge et Yan

Espace Jeunesse : Les petits détectives Léo et Maya de Martin Widmark et Helena Willis

Editeur : Pocket Jeunesse

Traduction : Frédéric Fourreau

C’est chez l’ami Claude que j’ai pioché cette idée de lecture, et j’ai acheté les trois premiers romans pour mon fils de 7 ans (bientôt 8 ans !). Cette série est aujourd’hui composée de 3 enquêtes alors qu’une quatrième devrait arriver en 2017 et s’intitulera Mystère au camping.

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Mystère au cinéma :

Qui enlève des chiens à Valleby, la ville de Léo et Maya ?

Les propriétaires sont au désespoir : on leur réclame une rançon de cinq cents euros en échange de leurs petites bêtes adorées. Le temps presse. Léo et Maya décident de mener l’enquête, qui les conduira dans les recoins les plus secrets du cinéma Bio-Rio…

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Mystère au terrain de football :

Le jour du match le plus important de l’année est arrivé. L’équipe de Valleby, la ville de Léo et Maya, parviendra-t-elle enfi n à gagner ? Le nouvel entraîneur, Franco Bollo, y croit dur comme fer ! La coupe en argent scintille au soleil et attend son vainqueur… Mais alors que le match bat son plein, une série de phénomènes étranges perturbent le jeu.

Quelqu’un aurait-il intérêt à saboter la rencontre ? Pour Léo et Maya, c’est le moment d’entrer dans la partie…

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Mystère au club hippique :

C’est jour de course à l’hippodrome de Valleby.

Sara, qui participe pour la première fois, est rapidement distancée par les trois jockeys professionnels. Mais bientôt les chevaux de tête perdent du terrain et se comportent bizarrement. Que se passe-t-il ? Pour Léo et Maya, ça ne fait aucun doute : la course a été truquée !

Mon avis :

Si l’écriture est simple, et les dessins nombreux, la lecture est à mon avis à réserver à des lecteurs de l’âge de 8 ans ou plus. En effet, les personnages sont nombreux, et le livre est plutôt une enquête policière faisant appel au bon sens du lecteur. Donc, ceux qui aiment les romans d’aventures en seront pour leur frais. Ceci dit, je me suis fait avoir sur l’identité du coupable dans certains cas.

L’intrigue y est logique, et les deux petits détectives apparaissent en général vers le milieu de l’histoire, car la mise en place est longue. Il faut dire que l’on a à chaque fois affaire avec 8 à 10 personnages. S’ils sont reconnaissables, leur portrait dessiné en début de livre doit aider les jeunes lecteurs.

Ce sont de véritables petits romans policiers qui vont aborder différentes façons de mener une enquête policière. Dans le premier tome, le but est de trouver comment le coupable a réussi à cacher son forfait. Dans le deuxième, la solution est plutôt à chercher du coté du mobile. Quant à la troisième, c’est une histoire retorse qui fera appel à de la ruse, comme l’aurait fait Colombo.

Bref, voilà une nouvelle série, pas forcément facile à aborder pour des enfants de moins de 8 ans, qui permettra de savoir si vos petites têtes blondes apprécient les enquêtes policières. Et je peux vous dire que les parents passeront une heure de lecture bien agréable. Ma préférence va à Mystère au terrain de football, avec son intrigue retorse.