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Oldies : La forme de l’eau de Andrea Camilleri (Pocket)

Je me rappelle parfaitement pourquoi j’avais mis ce livre dans mes lectures obligatoires de 2012. Lors de mon billet sur Meurtres aux poissons rouges, Jean Marc avait été très surpris que je n’ai jamais lu de romans de Andrea Camilleri. La forme de l’eau est en fait le premier roman de la série des enquêtes du commissaire Salvo Montalbano, un roman à lire d’urgence.

Andrea Camilleri, né le 6 septembre 1925 (87 ans) à Porto Empedocle (la Vigàta de ses romans), dans la province d’Agrigente, en Sicile, est un metteur en scène et un écrivain italien. Il connaît un énorme succès en Italie comme ailleurs, notamment grâce à ses romans mettant en scène le commissaire Montalbano. Ses livres sont entrés dans la collection des Meridiani, la « Pléiade » italienne. (Source Wikipedia)

Salvo Montalbano est un personnage de fiction récurrent de l’œuvre d’Andrea Camilleri, un commissaire de police de la bourgade (fictive) de Vigata (en fait Porto Empedocle), en Sicile. Il s’exprime dans un mélange d’italien et de sicilien, inimitable (exemple, il se présente en disant en italien Montalbano sono, litt. Montalbano, je suis, en mettant le verbe être à la fin de la phrase comme en syntaxe sicilienne). Ses colères, sa boulimie (pour les plats typiques, en particulier les arancini), son amour contrarié avec la Génoise Livia, ses enquêtes sur la mafia et sur les faits sociaux siciliens (drogue, réfugiés, faits divers) ont conquis le public italien (…) Il tirerait son nom de l’auteur espagnol Manuel Vázquez Montalbán, dont Camilleri appréciait le personnage de Pepe Carvalho. (Source Wikipedia)

Dans la préface de La forme de l’eau, Serge Quadruppani, son traducteur décrit le contexte et tout le charme de l’écriture de Camilleri : « Andrea Camilleri raconte que le jour où il a appris que son père allait bientôt mourir, il a joué toute la journée au flipper dans un état second et que c’est après qu’il a décidé d’écrire dans la langue même de son géniteur, cette langue que, spontanément, il retrouvait, quand il parlait avec lui ».

Le sujet est assez simple : un matin, à proximité de Vigata, deux balayeurs découvrent dans une BMW de luxe, le corps d’un homme. Il s’agit de l’ingénieur Luparello, célèbre homme politique local. Vraisemblablement, la cause de la mort est naturelle, puisqu’il a succombé à une crise cardiaque après un acte sexuel. Le souci, c’est que la BMW est garée à proximité du Bercail, sorte de haut lieu de la prostitution, du travestissement et de la drogue, et que plusieurs détails vont gêner le commissaire Montalbano.

Ce roman est un roman policier, un vrai de vrai. A partir d’une intrigue simple, d’une mort classique, il va montrer une partie de la vie italienne, et une grande partie de la politique sicilienne. Les pistes vont se mêler, s’emmêler, jusqu’à un dénouement plus qu’inattendu. Les fans vont être gâtés, car il y a de quoi se tordre les neurones comme un torchon à essorer pour comprendre ce qui s’est réellement passé.

Et comme c’est le premier roman d’une série, quoi de mieux qu’une excellente intrigue policière pour donner envie d’y revenir. On va assister à toute une galerie de personnages, hauts en couleurs, facilement identifiables, avec ce caractère brut de cette ile, isolée de tout, avec ses politiques véreux, et la mafia en toile de fond comme un arrière plan de tableau. Le commissaire Montalbano règne en maitre dans ce roman : à la fois bourru et humoristique, têtu et cachotier, rusé et attendrissant, charmeur et intraitable, un sacré mélange détonnant.

Andrea Camilleri ne va pas s’étendre dans des descriptions sans fin. Tout y est direct, brut de décoffrage, et les dialogues montrent tout le respect qu’il a envers ces gens simples et leur parler si particulier. D’ailleurs, la volonté du traducteur de rester dans ce ton donne des morceaux droles et bizarres parfois mais c’est pour se situer au plus prêt du texte original. Bref, la lecture de ce roman correspond exactement à ce que j’attendais, et je peux vous dire que je me suis acheté le deuxième de la série. Je ne peux que vous conseiller de plonger dans le monde de Andrea Camilleri et sa ville imaginaire de Vigata.