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Une jolie fille comme ça de Alfred Hayes (Gallimard)

Je dois ce livre et cette découverte à mon ami Petite Souris, qui a l’art de trouver des lectures pas comme les autres, de celles qui passent inaperçues. Ce roman, qui date de 1958, n’est pas à proprement parler un polar. Quoique …

L’auteur :

Né à Londres, à Whitechapel, Alfred Hayes arrive aux États-Unis avec ses parents à l’âge de 3 ans. Il fait ses études à New York au City College (depuis intégré dans l’Université de la Ville de New York). Il devient ensuite journaliste pour le New York Journal-American et le New York Daily Mirror, en même temps il commence à publier ses poésies, dès les années 30, dont Joe Hill, dont la version chantée a été rendue célèbre par Joan Baez.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est affecté dans les Special Services. En 1945 à Rome, il rencontre Roberto Rossellini pour qui il travaillera au scénario de Païsa. Il sera nominé aux Oscars en tant que coscénariste. Il reçoit une autre nomination pour Teresa (1951). C’est à cette époque qu’il commence à écrire son premier roman All Thy Conquests. Il adapte son propre roman The Girl on the Via Flaminia en pièce de théâtre, qui sera adaptée en film sous le titre Un acte d’amour.

Parmi les scenarii pour lesquels il est crédité, on note The Lusty Men (1952, réalisé par Nicholas Ray) and l’adaptation de la comédie musicale de Maxwell Anderson et Kurt Weill Lost in the Stars (1974). Il a aussi écrit de nombreux scenario pour des series américaines parmi lesquelles Alfred Hitchcock Presents, The Twilight Zone, Nero Wolfe et Mannix.

(Source Wikipedia français & Anglais traduit par mes soins)

Quatrième de couverture :

Alors qu’il s’échappe de la villa où une fête hollywoodienne bat son plein, un scénariste en vogue aperçoit une jeune femme se jeter dans l’océan en contrebas. L’ayant sauvée d’une noyade assurée, lui qui regarde avec dédain les artifices et la vanité de son milieu ne tardera pourtant pas à vendre son âme, ou plutôt sa liberté, faute de savoir résister à la tentation.

S’agit-il pour lui de jouer les héros? ou d’oublier l’ennui et le naufrage de son mariage en se laissant aller à une énième liaison? Et qui est-elle vraiment, cette jolie fille à la carrière d’actrice mal engagée et dont les fêlures, notamment amoureuses, prennent une tournure menaçante?

Toutes ces questions n’empêchent pas les deux êtres de plonger dans une relation venimeuse, qui réveille les démons de chacun.

Le lecteur ne connaîtra jamais le nom des deux protagonistes de ce court roman, mais la langue de Hayes, d’une précision clinique, redoutable, les fait exister d’emblée, dans tous leurs travers, leurs faiblesses, leurs contradictions. Animé d’un désespoir existentiel évident, Hayes livre un portrait féroce de nos ambitions et de nos illusions, au sein duquel il réussit à distiller une ironie salvatrice.

Mon avis :

On entre dans ce roman, comme on entre dans un brouillard. En fait, tout se passe dans le milieu du cinéma, dans le domaine des illusions. Et finalement, quand le narrateur voit une jeune femme sauter dans la mer, il la sauve. Ou peut-être se sauve-t-il lui-même ? Il est scénariste, en panne d’inspiration et tient peut-être là un sujet … mais il ne s’en rendra qu’à la fin, après le drame.

Le monde que le narrateur dépeint est fait de désolation, de désillusion, de faux-semblants, de faux sentiments. Ce sont des gens qui doivent faire des films, créer des illusions mais ils sont incapables de ressentir quoi que ce soit. Il se contente de l’observer, elle, elle qui est en plein désespoir de devenir actrice. Même quand ils vont sortir ensemble, il la regarde comme un enfant regarde un jouet. Elle se jette à corps perdu dans cette relation, comme un noyé voit une île déserte au loin.

C’est un roman sur l’être et le paraitre, sur la futilité du moment présent, sur les espoirs perdus. Et c’est écrit avec une plume d’une rare justesse, d’une subtilité cotonneuse. Cela se délecte comme on admire les pages de Scott Fitzgerald. Et on se demande bien pourquoi ce roman n’a pas été traduit, encensé, adulé plus tôt. Ceux qui le liront en feront un roman culte, et ils auront bien raison.

Méfaits d’hiver de Philippe Georget (Jigal)

Que de chemin parcouru, depuis ma découverte de cet auteur. A l’époque, j’avais découvert Philippe Georget grâce au Prix Polar SNCF avec L’été tous les chats s’ennuient. Déjà, j’avais adoré ce personnage de Gilles Sebag, et j’avais adoré cette façon de fouiller le quotidien d’un flic comme les autres, de parler des gens communs avec un style si juste et si simple à la fois.

Après l’été, nous avions droit à un deuxième épisode, Les violents de l’automne. Là encore, sur un sujet difficile comme la guerre d’Algérie, je me rappelle encore de certaines scènes, de celles que l’on n’oubliera jamais. Il faut voir, ou plutôt lire, comment, en décrivant un simple repas, Philippe Georget nous montre avec une justesse et une sensibilité rare, la situation des anciens d’Algérie, revenus au pays, et délaissés comme de vieilles chaussettes. Avec de tels moments de lecture, comment peut-on ne pas tomber amoureux de sa prose ?

Gilles Sebag est réveillé par le bruit d’un SMS, reçu sur le portable de sa femme. Quelle idée de réveiller les gens, en pleines vacances scolaires. Le naturel curieux de son travail de lieutenant de police le pousse à aller chercher l’appareil dans le sac de sa femme. Il y voit un abime, sa perte : deux messages émanant d’un prénom qu’il ne connait pas sont arrivés. Le contenu ne laisse la place à aucun doute : elle le trompe.

Le même jour, dans un hôtel du centre ville de Perpignan. Christine vient de laisser partir Eric, son amant attentionné. Comme à chaque fois qu’elle a pris du plaisir, elle veut fumer une cigarette. Elle ouvre la fenêtre, et se délecte de ce plaisir de nicotine. Elle n’est même pas habillée, quand un homme débarque dans la chambre, et tire un coup de feu à bout portant.

Molina et Ménard attendent Gilles devant l’hôtel. Il est en retard et n’a prévenu personne. A l’Hôtel du Gecko, Le vieil homme faisant office de gardien leur indique la chambre 34, au troisième étage. Après avoir entendu le coup de feu, il a vu un homme descendre les escaliers et s’enfuir. Les deux lieutenants montent les escaliers et y retrouvent Elsa Moulin, la nouvelle responsable de la police scientifique. Pour eux trois, la piste du mari jaloux ne fait aucun doute.

C’est un sujet casse-gueule qu’a choisi Philippe Georget pour la troisième enquête de Gilles Sebag : tenir 340 pages avec un homme jaloux qui se rend compte que sa femme l’a trompé. Et je dois dire que le défi est bien relevé, et très bien réussi. Quand l’amour devient compagnie, quand compagnie devient routine, quand routine devient confiance, le couple s’ébrèche, se fissure, se casse, et s’éparpille. Quand la confiance se transforme en tromperie, en trahison, c’est bien la fierté du cocu (ou de la cocue) qui est en jeu. Et c’est ce drame que nous montre Philippe Georget dans une première partie de son roman.

Car malgré tous les dialogues, malgré toutes les assurances, Gilles Sebag ne peut plus, ne veut plus y croire. Et lui que l’on connait tenace dans ses enquêtes, jamais satisfait par des solutions trop faciles, on le retrouve incapable de faire face, de faire preuve de psychologie dans son couple, alors qu’il est si doué dans ses enquêtes. Peut-être est-ce aussi parce que l’enjeu est d’une autre taille ! Alors, nous regardons Gilles Sebag s’enfoncer, plonger dans l’alcool, incapable qu’il est à faire face à cette situation d’autant plus que les affaires dont le commissariat est chargé sont toutes liées à des maris trompés.

A part quelques passages que j’ai trouvés répétitifs, je ne peux qu’être époustouflé par la justesse, par la sensibilité dont fait preuve Philippe Georget pour décrire une situation à la fois difficile et réaliste. Tous les passages semblent vrais, vécus, ce qui montre aussi combien l’auteur a du observer, analyser ses prochains pour en tirer la quintessence et l’inspiration. Quand en plus, il nous offre une intrigue qui, petit à petit, se développe, se ramifie, jusqu’à nous proposer un dénouement d’une originalité impressionnante, cela donne un roman que beaucoup d’auteurs vont lui envier. C’est un véritable coup de force, un pari osé, un pari réussi, une fois de plus. Quel auteur, quel roman !

Ne ratez pas l’avis de l’oncle Paul

Vénéneuses de Jean-Pierre Ferrière (Éditions Campanile)

Depuis quelque temps, nous avons la possibilité de trouver les romans de Jean Pierre Ferrière en format poche, grâce aux éditions Campanile. Cet été, nous avons droit à deux sorties, Haine ma sœur Haine et Vénéneuses. Voici le sujet de ce dernier :

En ce mois de janvier, Fanny Jalmin conduit le corps de son compagnon à sa dernière demeure, au cimetière d’Antony. Vincent Giraudet a en effet succombé à une overdose. Fanny et Vincent vivaient ensemble depuis 12 ans, et avaient une fille de 11 ans Lisa. En réalité, Vincent est toujours marié à sa première femme, Michèle, riche héritière d’une entreprise de cosmétique. Mais Michèle a toujours refusé cette séparation et est toujours restée follement amoureuse de Vincent.

Cela faisait deux ans que Vincent se droguait, depuis qu’il avait été licencié de l’agence de publicité Hyperbole dans laquelle il était employé. Vincent avait décidé de quitter le domicile pour ne pas montrer à sa fille Lisa sa propre déchéance. Fanny n’avait pas de nouvelles de lui depuis quelques mois. Ses fins de mois étaient d’ailleurs très difficiles, depuis qu’elle-même avait été licenciée de son emploi de caissière au cinéma Caméra situé sur l’avenue Daumesnil.

Lors de l’enterrement, Michèle fait une entrée remarquée, digne des plus grandes actrices de théâtre. Elle découvre aussi Lisa, et voit en elle une incarnation de Vincent, son bien-aimé, l’amour de sa vie. Puis c’est Diane Forestier qui vient voir Fanny. Elle est secrétaire chez Hyperbole, et lui propose un rendez-vous pour lui fournir des informations confidentielles concernant Vincent.

A partir d’une situation classique d’un couple et de l’amant, Jean Pierre Ferrière nous fait une belle démonstration de toute sa créativité dans la mise en place d’une intrigue toujours plus surprenante. Car si on peut se demander ce que l’on peut bien inventer à partir de cette situation de départ, l’auteur nous démontre que l’on se trompe. Et tout au long de la lecture, on ne peut jamais s’imaginer comment cela peut se terminer … et pour cause.

Ce qui est remarquable dans ce roman, comme dans tous les romans de Jean Pierre Ferrière, ce sont bien les psychologies des personnages, qu’ils soient au premier plan ou juste des personnages secondaires. Les petits détails regorgent pour bien implanter ceux que nous allons côtoyer et suivre. Et quand on connait l’art de cet auteur qui a écrit plus de 75 romans, je peux vous dire que c’est un vrai plaisir de lecture, des descriptions des décors aux dialogues qui sont extraordinaires. D’ailleurs, je verrais bien ce roman adapté au cinéma, car cela donnerait un sacré numéro d’acteurs.

Ne ratez pas l’avais de l’ami Claude

Haine ma soeur haine 2

Il est à noter qu’en même temps que ce roman, sort aux éditions Campanile Haine ma sœur haine, dont voici la quatrième de couverture :

Geneviève Brunel, femme en apparence douce et prévenante, cultive en secret un amour inconditionnel pour son ex-mari, devenu une star adulée du grand écran. Celui-ci doit se remarier, mais Geneviève est prête à tout pour l’en empêcher.

Vous trouverez ici les avis de Claude, et moi-même.

Filles de Frederick Busch (Folio Policier)

Le choix de ce roman tient à deux personnes : Une amie de mon dealer de livres Coco qui n’arrêtait pas de lui demander quand je me mettrais à découvrir l’univers de cet auteur … à la limite du harcèlement littéraire ! Je lui fais tout de même de gros bisous, à Sophie, et je lui dédie ce billet. La deuxième personne est l’excellent Yan, de l’excellent blog Encoredunoir, qui a écrit un excellent billet ici.

L’auteur :

Frederick Busch est un écrivain américain né le 1er août 1941 à Brooklyn et décédé le 23 février 2006 à Manhattan.

Busch est diplômé du Muhlenberg College et obtient sa maitrise à l’Université Columbia. Il est professeur de littérature à l’Université de Colgate, à Hamilton , New York de 1966 à 2003[1].
Il remporte de nombreux prix, y compris l’American Academy of Arts and Letters Fiction Award en 1986 et le PEN / Malamud Award en 1991.

Il est le père de l’acteur Benjamin Busch .

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Parce que sa vie lui échappe, parce que sa petite fille de quelques mois est morte et que son couple se désagrège, parce qu’il va mal, Jack, ancien flic devenu vigile à l’université, accepte d’enquêter sur la disparition d’une adolescente, Janice Tanner.

Quelque temps plus tard, une autre fillette disparaît… Autour de Jack, s’étend l’interminable hiver nord-américain, la neige qui recouvre tout et étouffe tous les bruits, la terre si dure qu’on n’enterre pas les morts.

« Filles, roman d’amour, roman du désir et roman de la déliquescence, de la bassesse humaine, est un livre-choc. Ces Filles-là fouaillent nos tripes, dégraissent notre conscience. Chantent un hymne à l’amour quand il n’y a que le désamour. » Martine Laval, Télérama

Mon avis :

Quand on commence ce roman, on entre dans un univers, à la fois littéraire et psychologique. D’emblée, on est plongé dans la tête de Jack, un homme malade, dont il ne reste que quelques ruines, de par son passé que l’on va découvrir plus tard. On y retrouve une abondance de petits détails, sur tous les petits gestes qui font notre quotidien, car Jack ne vit plus, il erre comme un fantôme, essayant de sauver ce qui peut l’être dans sa misérable vie.

Jack est marié à Fanny. Depuis qu’ils ont perdu leur enfant en bas âge, leur vie n’est plus la même. S’ils continuent à survivre, ils passent leur temps à supporter leur quotidien fait de routine. Alors, Jack regarde les autres et s’intéresse à leur va et vient. La disparition de cette jeune adolescence va lui donner un objectif, et lui permettre de chercher une rédemption envers les autres, mais surtout aussi envers lui-même. De même, il regarde les femmes, les jeunes filles, et ressent du désir ; il arrive à se prouver qu’il est encore vivant, malgré le fait que son esprit soit mort en même temps que l’enterrement de sa fille.

Ce roman est littérairement impeccable, irréprochable, et c’est passionnant d’un point de vue psychologique. L’enquête n’est ici qu’un prétexte pour fouiller le mental de cet homme à la dérive, et cela pourra en rebuter certains, de la même façon que d’autres y verront un roman culte. Inutile de vous dire qu’en lisant ce roman, j’ai eu l’impression de découvrir un énorme auteur, malheureusement injustement reconnu et trop peu traduit en France. Je ne peux que vous recommander cette lecture incroyablement forte et vraie, pour peu que vous aimiez les romans psychologiques.

Oldies : Fête fatale de William Katz (Presses de la cité)

La rubrique Oldies, c’est aussi l’occasion de passer en revue des rééditions. Voici une rubrique Oldies qui va parler d’un auteur que je ne connaissais pas. Et c’est grace aux éditions des Presses de la cité et de Babelio que j’ai découvert un auteur de polar dont la grande qualité est la créativité.

Mais commençons par parler un peu de l’auteur : William Katz est l’auteur de nombreux best-sellers internationaux, dont Fête fatale est certainement le plus connu. Diplômé de l’université de Chicago et de Columbia, William Katz a, avant de devenir romancier, travaillé au New York Times Magazine ainsi que pour le gouvernement américain. Fête fatale, puisque c’est de ce roman qu’il s’agit, est sorti aux Etats Unis en 1984. Il a été publié en France en 1986, puis au Livre de poche en 1987. Ces éditions étant épuisées, Les Presses de la cité ont décidé de le ressortir. Pourquoi une telle réédition ? Mais parce que ce roman part d’une idée simple, et que sa lecture est tout simplement jouissive.

Un tueur en série regarde son œuvre, sa sixième victime qu’il va livrer au monde. C’est Spencer Cross-Wade qui la découvre, et il sait que la série ne va pas s’arrêter là. Mais Spencer n’est pas le personnage principal de ce roman. Nous entrons, dès la troisième page dans la vie de Samantha. Nous sommes à New York, en novembre 198… et le mécanisme peut se mettre en place.

Samantha est follement amoureuse de Marty, qu’elle a rencontré huit mois auparavant. Et comme Marty va avoir quarante ans le 5 décembre, elle décide de lui faire une énorme surprise. Elle va essayer de contacter ses amis d’enfance, ses anciens professeurs, pour qu’ils apportent une marque de sympathie et pourquoi pas qu’ils se déplacent pour assister à la fête. Samantha appelle donc sa meilleure amie Lynne pour l’aider à tout organiser.

Marty est à la tête d’une entreprise de publicité et a fait ses études supérieures à l’institut de journalisme de l’université de Medill. Mais quand elle appelle l’université, il s’avère que Martin Shaw n’a jamais fait partie des élèves de Medill. Quand elle contacte l’école primaire de Marty, la réponse qui lui est faite est la même. Samantha, qui va apprendre qu’elle est enceinte de deux mois, se retrouve avec une question insoluble : Mais qui est donc l’homme avec lequel elle envisage de passer sa vie ?

Comme je le disais plus haut, le début du roman est d’une simplicité géniale. Et je dois dire que j’ai lu les cent premières pages d’une traite, avec le sourire aux lèvres. Il faut dire que le personnage de Samantha est d’une gentillesse et d’une naïveté qui attire forcément la sympathie. Et avec un esprit légèrement sadique, j’ai entamé la deuxième partie, c’est-à-dire le milieu du roman.

Et là je dois dire que j’ai eu l’impression que cela tournait un peu en rond, jusqu’à la rencontre entre Samantha et Spencer, qui si elle advient après un coup du hasard irréaliste, lance allégrement la troisième partie. Et cette troisième partie est géniale, avec une fin encore une fois très originale et surprenante.

Vous l’aurez compris, outre la créativité de l’auteur, ce roman est construit de façon très mathématique, très calibrée, les chapitres faisant d’ailleurs environ 20 pages. Et le roman remplit finalement son objectif : divertir le lecteur en le tenant en haleine et en le surprenant. Parfois, les idées les plus simples sont les meilleures, mais je ne peux m’empêcher de penser que William Katz est passé à coté d’un grand thriller.

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio et les éditions Presses de la cité pour cette lecture distrayante.

L’avis de l’oncle Paul est ici : http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-william-katz-fete-fatale-113614728.html

L’été tous les chats s’ennuient de Philippe Georget (Jigal – Polar)

Ce roman aura donc été le dernier que j’aurais lu pour la sélection 2010, pour laquelle il est sélectionné pour la finale. Bien que je l’ai acheté tôt, je n’avais pas trouvé le temps de le lire. Et c’est un bon polar un peu particulier et original dans le traitement de son intrigue.

Nous sommes dans les Pyrénées Orientales, c’est le début du mois de juillet, il fait chaud et les touristes vont bientôt débarquer en masse. Robert est un ancien ouvrier à la retraite, qui vient toujours au même camping en vacances à Argelès. Comme tous les matins, il se lève à 4 heures du matin, pour uriner puis aller se promener sur la plage. Ce matin là, il découvre le corps d’une jeune femme assassinée. Au même moment, une autre jeune femme, néerlandaise aussi est portée disparue.

Au commissariat de Perpignan, les affaires ronronnent avec une régularité et une routine exemplaire. Les deux personnages principaux, Gilles Sebag et Jacques Molina gèrent les affaires courantes de vols de motos en petits larcins. Le cœur n’y est plus, et la priorité est clairement donnée à la vie personnelle, même si Molina est divorcé et Sebag heureux en ménage. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Sebag n’a jamais eu d’avancement et n’en attend plus.

Ce matin-là, Sylvie Lopez vient pour signaler la disparition de son mari, José, chauffeur de taxi. Cela fait deux jours qu’il n’est pas apparu, et même s’il lui arrive de découcher, cela fait suffisamment longtemps pour que sa femme s’inquiète. Sebag, poussé par son instinct, va mener l’enquête. Il s’avère que José a été vu en compagnie d’une jeune hollandaise avec un tatouage d’oiseau sur l’épaule droite deux jours avant de disparaître. Or, cette jeune fille n’a pas donné signe de vie à ses parents. Les coïncidences ne font que commencer et le mystère va s’épaissir.

Ce roman est épatant, d’autant plus que c’est un premier roman. Le style est fait de belles phrases explicites, d’une fluidité qui méritent le respect. C’est très agréable de lire un roman où le contexte (lété, la pression sur les policiers due aux touristes qui vont débarquer) est bien décrit, où les paysages (Perpignan et ses environs, les Pyrénées et ses montagnes à l’horizon) sont bien peints, où les personnages ont une vraie profondeur et où l’enquête est bien menée.

J’ai pris un vrai plaisir à me balader en compagnie de nos deux inspecteurs dans les environs de Perpignan, à arpenter les rues de cette petite ville où se trament de petits trafics à cause de la proximité de la frontière avec l’Espagne, d’entendre les habitants parler catalan. Et malgré une structure faite de petits chapitres, le rythme est assez lent, comme écrasé par la chaleur de l’été.

Et le gros point fort de ce roman, et son originalité réside dans la vie privée de ses personnages et en particulier de Sebag. Il me semble que c’est la première fois que je lis un personnage avec autant de détails sur sa vie privée, ses relations avec sa femme malgré le cynisme de son collègue Molina, ses sentiments envers ses enfants, de leur naissance jusqu’à l’adolescence d’aujourd’hui. Cela permet de suivre la philosophie de la vie, somme toute simple, d’un homme qui considère son travail comme alimentaire et qui a placé sa vie familiale au premier plan.

Alors, oui, le rythme est lent, l’enquête avance doucement mais n’est ce pas plus réaliste, et puis, les auteurs nordistes le font aussi. Certaines situations et dialogues sont un peu longs, mais au global, j’aurai passé un bon moment au soleil en compagnie d’une personne profondément humaine, qui veut vivre tranquillement et sereinement sa vie de famille. Je voudrais en lire beaucoup des premiers romans comme ça, et j’espère en lire beaucoup des romans de Philippe Georget.