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Noir linceul de Mikhaïl W.Ramseier (Coups de têtes)

Drôle de livre, drôle de roman ! Donc drôle de billet. En tous cas, voici le résumé de mon avis sur un roman qui m’aura laissé dubitatif.

Miquelon-Langlade : Un jeune homme Hyacinthe observe un phoque, les tripes à l’air, que viennent picorer des pygargues. La neige se met à tomber en même temps que le vent glacial se lève. Il est temps de rentrer.

Genève : Zelda cherche un emploi de graphiste dans les petites annonces.

Québec : Auguste s’ennuie et se cherche une destination qu’il pourrait embrasser et qui pourrait l’adopter.

Genève : Victorine, qui vient de se faire larguer par Patrick, se fait violer à la sortie d’une soirée alcoolisée.

Tous ces personnages, vont se retrouver à Saint Pierre et Miquelon pour trouver un sens à leur vie.

C’est un roman bien particulier, que ce Noir linceul, qui alterne le bon et le moins bon mais que j’ai lu avec plaisir. Nous avons affaire à un certain nombre de personnages qui, de par leur mal-être dans la société, vont se retrouver à Saint Pierre et Miquelon et vont, lors de leurs rencontres, avoir l’occasion de deviser sur différents sujets. Il ne faut donc pas y chercher une intrigue particulièrement prenante, mais plutôt des balades dans une région au climat changeant, qui peut connaître les 4 saisons en une journée.

Donc, nous allons assister à des rencontres entre les uns et les autres, aborder des discussions sur différents sujets. Et c’est bien le problème en ce qui me concerne, car j’ai bien du mal à dire si j’ai aimé ou pas ce roman. De rencontres en digressions, l’auteur va donner l’opinion des différents personnages et par là même détailler leur psychologie, Et je suis bluffé par le talent de l’auteur pour faire vivre des personnages aussi complexes au travers de dialogues remarquablement bien faits.

Nous allons avoir l’occasion de passer en revue un grand nombre de sujets aussi divers que la malbouffe, la propagande des gouvernements, la télévision … bref, tous les sujets de la vie quotidienne, qui justifie aussi la volontaire isolation des personnages à Saint Pierre, comme une fuite nécessaire de notre société de consommation et de communication.

Sauf que j’y ai trouvé une volonté de choquer qui m’a semblé inutile, voire qui nuit au message global. Quand un des personnages développe une stratégie sur les victimes volontaires, comme par exemple, si certaines femmes se font violer, c’est parce qu’elles le veulent bien, on se dit que par moments, on ne lit que des divagations de gosses de riches. Et donc, les passages sur le grand complot international portent moins, voire font penser aux meilleurs épisodes de Xfiles.

Je caricature bien sur, mais le roman ne s’en prive pas par moments. Reste que ce roman est fait pour faire réagir le lecteur, plus que pour le faire réfléchir, et qu’il se lit avec plaisir et je peux même vous dire que sa lecture est marquante par certains égards. Je tiens juste à signaler des scènes de sexe très explicites qui font que ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains, et à vous donner trois liens vers des billets de gens qui ont aimé ou pas. Pour moi, c’est plutôt bof ! Mais il ne tient qu’à vous de découvrir ce roman vraiment pas comme les autres.

Un avis plus que positif : http://www.unwalkers.com/raconteur-de-vie-noir-linceul-de-mikhail-w-ramseier-coup-de-coeur/

Un avis négatif : http://leblogdupolar.blogspot.fr/2013/05/noir-linceul-de-mikhail-w-ramseier-une.html

L’avis de l’oncle Paul : http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-mikhail-w-ramseier-noir-linceul-117864221.html

La grande morille de Pascal Leclercq (Coups de tête)

Et allez hop ! Un nouvel auteur à découvrir, une nouvelle maison d’édition à rajouter sur ce site, c’est le genre de lecture où on part dans le noir les yeux fermés. Et ça change des romans noirs standards !

 « L’aube se lève à peine sur les collines liégeoises. Le ciel, rose bonbon, est crotté de minuscules nuages bleu marine. Le coq chante une troisième fois et la rue Sainte-Walburge s’anime soudainement : d’un coup, la boulangerie est pleine à craquer, une file de quinze mètres se forme sur le trottoir, tout ça pour des petits pains. De l’autre côté de la chaussée, un fort gaillard de fromager lève le volet d’acier de sa boutique ; il éructe des insanités sur le monde et sur l’état du monde. Marzi, les bras encombrés d’un énorme paquet, lui fait un signe de tête. «Salut, Micheline !» Le marchand de frometon n’a pas l’air de trouver la formule à son goût ; il n’émet cependant aucune protestation verbale. »

Quand je ne sais pas comment résumer un livre, je commence par les premières phrases. C’est en fait l’histoire de Marzi et Outchj, qui sont de petits mafieux et qui n’ont pas peur de consommer des drogues ou tuer la moindre personne qui les gêne ou les énerve. Marzi est clairement un psychopathe énervé et Outchj un obsédé sexuel stressé. Leurs aventures sur 3 jours vont nous faire rencontrer des gens aussi divers et déjantés que des militaires débiles, des vieux grabataires adeptes de substances illicites ou bien des prostituées au grand cœur. Tout cela pour une chasse aux champignongnons mémorable.

Le moindre que l’on puisse dire, c’est que ce roman est drôle, hilarant pourvu que l’on accepte de rire de tout (mais pas avec tout le monde). Le but est de faire une gigantesque blague, avec le style à l’appui, avec les situations burlesques et des dialogues de mauvais aloi. Tout y est décalé, à prendre au deuxième degré, avec beaucoup d’argot, de bonnes phrases, et je dois dire que je me suis bien fendu la poire tout au long du livre.

Les personnages sont tous sans exception des décalés, des tarés, des ramollis du bulbe, des démoulés trop tôt. Ça court dans tous les sens, ça flingue à tout va et pour se calmer, on se fait un chien ou une vieille. C’est inconvenant, irrévérencieux, bourré d’humour noir crade avec juste le décalage qu’il faut que l’on rie plutôt que l’on soit effrayé.

Alors, évidemment, on pense à San Antonio pour le style imagé et délirant, mais dans le genre trash et grossier voire en dessous de la ceinture. Et c’est une belle référence, qui me semble méritée. Il faut juste savoir que les chapitres sont alternés entre le vendredi et le dimanche, et que le narrateur change ce qui peut être déstabilisant. Après, ce n’est que du bonheur, pourvu que l’on soit un peu dérangé de la tête, et ce roman s’avère un moment très divertissant.