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Par les rafales de Valentine Imhof

Editeur : Rouergue Noir

C’est indéniablement le billet de mon ami La Petite Souris qui m’a poussé vers ce roman. Quand il dit que ce roman fera partie de ses meilleures lectures de 2018, je ne peux qu’être attiré. Ce roman est incroyable à bien des égards.

4 novembre 2006, Nancy. Dans une chambre d’hôtel, ils sont nus. Elle s’appelle Alex, lui est soi-disant journaliste. Après une brève discussion dans un bar, ils finissent dans une chambre d’hôtel et jouent au jeu de la Vérité : celui qui ment enlève un vêtement. Quand elle ôte son T-shirt, il est ébahi par les innombrables runes tatouées sur son corps. Dans le lit, il veut qu’Alex serre sa cravate pour augmenter son plaisir. Alors elle serre, emplie de haine, comme pour oublier ce qu’elle a vécu dans cette petite cabane. Le cou du type craque, elle est soulagée, elle est sure qu’il était venu la buter.

4 novembre 2006, Metz. Anton entre dans le bar, demande après Alex au patron. Il lui annonce qu’elle est passée ce matin, s’est installée au fond, et a écrit son article sur le concert de Coco Robicheaux. Bien qu’il soit inquiet, il doit se faire une raison, Alex est libre de faire ce qu’elle veut, même si cela fait quelques semaines qu’ils vivent ensemble. Alex est comme sa chatte Pandora : elle disparait pendant un jour, une semaine, mais revient toujours en faisant les yeux doux. Et là, Anton ne peut résister.

4 novembre 2006, Nancy. Alex se réveille ou du moins émerge de son cauchemar couleur THC. Elle vient de tuer un homme, son troisième, lui a fracassé le visage. Elle s’habille à la hâte, descend les marches comme elle peut et attend le bus. Une bande de jeunes tentent de l’aborder, mais elle monte dans le bus en direction de la gare. Elle y débarque à 21H37, quatre minutes avant le dernier train pour Metz. Quand elle arrive, elle prend la direction du bar, se forge un regard de princesse et pousse la porte, qui souffle un air de libération pour Anton.

Pour un premier roman, Par les rafales porte bien son nom, tant il emporte tout sur son passage à la façon d’un ouragan. En prenant comme personnage central une jeune femme maltraitée et devenue paranoïaque, Valentine Imhof joue gros, au risque de lasser ses lecteurs tout au long de ses 280 pages. Et il n’en est rien. On a l’impression de lire de la grande prose, entre description de décors en perdition jusqu’aux situations stressantes, tout cela servi par une bande son de chaque instant flairant le bon, le tout bon dans tous les styles.

Tout tient dans le pari de l’auteure. Elle tente sa chance, joue son va-tout, et dévide son histoire avec passion, d’une façon tout à fait personnelle. Avec ses références culturelles, qu’elles littéraires, musicales, picturales ou cinématographiques, elle nous plonge dans son univers sans regarder en arrière. Et cette course poursuite à travers le temps, après le temps, à travers l’espace, après l’espace, s’avère un pari remarquablement réussi, tant l’écriture est addictive.

Ce roman sent la passion de partager, la rage d’écrire, la volonté de créer et Valentine Imhof nous offre là un sacré moment de roman noir, inimitable car tellement particulier et personnel, que l’on a beaucoup de mal à abandonner tant tout y est bluffant. On en vient même à regretter une fin de roman un peu trop rapide, car on aurait voulu prolonger le plaisir, qu’il ne se termine jamais.

Je pourrais citer beaucoup d’auteurs ayant essayé cet exercice de style, certains réussis, d’autres moins. Je préfère juste vous conseiller de vous jeter sur cet OVLNI (Objet Volant à Lire Non Identifié). Enorme, juste énorme ! Vous n’avez jamais lu un livre pareil !16

En plus de l’avis de la Petite Souris que j’ai inséré en début de billet, ne ratez pas les avis de Nyctalopes et Lectrice en Campagne, ainsi que l’excellente interview de mon ami le Concierge Masqué.

La reine noire de Pascal Martin

Editeur : Jigal

Bien que Pascal Martin soit connu dans le milieu du polar, je n’avais lu un de ses romans auparavant. L’erreur est maintenant réparée et j’ai découvert un super polar, exemplaire à tous points de vue.

Avec son nom qui rappelle des champs fleuris, on pourrait croire que la petite ville de Chanterelle est idyllique. Hélas, comme beaucoup de villes de l’Est de la France, elle a subi la crise économique et la fermeture de son usine principale, la raffinerie de sucre, a engagé son déclin. Le seul vestiges qui demeure est cette gigantesque cheminée qui trône sur les ruines de l’usine et que tout le monde appelle La Reine Noire, comme une malédiction, comme pour rappeler aux habitants leur malheur de tous les jours.

Un homme au volant de sa BMW débarque en conduisant comme un fou. Il est habillé tout de noir et porte des lunettes de soleil opaques à travers lesquelles on ne peut voir son regard. Il s’attable au Bar du Centre et demande une boisson. Puis, il demande à Amandine, la serveuse s’il n’y aurait pas une maison à louer dans le coin. Elle l’oriente vers une agence de Bar-Le-Duc qui lui propose une petite maison isolée que tout le monde appelle La Maison du Fada. Il n’en faut pas plus pour que les discussions aillent bon train avec l’arrivée d’un homme qui ressemble à La Faucheuse.

Le même jour, un deuxième homme, moins énigmatique mais tout aussi inconnu débarque. Il ne cherche pas une  maison à louer mais une chambre qu’il trouve à l’auberge de Joe. D’un aspect amène, il pue l’eau de toilette pour homme et se dit psychiatre, ce qui lui permet de s’intéresser à beaucoup de gens.

En réalité les deux hommes se connaissent : l’homme en noir se nomme Toto Wotjeck et est tueur à gages pour le compte d’un Indonésien. Le deuxième se nomme Michel Durand et est flic. Il est chargé de surveiller Wotjeck. Les deux ont grandi à Chanterelle avant de suivre chacun leur parcours, l’un en Indonésie, l’autre dans la police. Quand des larcins sont perpétrés et que quelques corps sont retrouvés, la ville endormie de Chanterelle se réveille.

Malgré un début que j’ai trouvé maladroit, au moins pour les deux premiers chapitres, que j’aurais aimés plus descriptif pour que l’on entre directement dans le décor, ce polar arrive à captiver par l’efficacité du style et l’économie des descriptions. Pour tout dire, dès le troisième chapitre, j’étais pris, embringué dans cette histoire où, tout du long, on se demande où l’auteur veut en venir, sans pouvoir lacher le livre, pour finalement arriver à un final renversant, formidable.

Nous allons donc suivre l’itinéraire de deux hommes, en parallèle, qui vont débarquer dans une petite ville calme en apparence, mais où règne un ressentiment fataliste envers ceux qui ont fermé la raffinerie. L’auteur arrive à nous plonger dans ce décor, arrive à nous immerger dans des discussions de bistrot, et à nous présenter les âmes de cette ville abîmées par ce drame économique. L’ambiance y est noire, triste, et tout le monde y cherche un bouc émissaire, que les alcooliques du dimanche trouvent en Wotjeck puisqu’il n’est pas comme eux.

Puis l’histoire se construit, et on découvre que les deux hommes, Wotjeck et Durand se sont connus dans leur enfance, qu’ils ont grandi ensemble, mais du même coté de la barrière. L’un était le fils du directeur de l’usine, l’autre le fils d’un ouvrier. De ces deux personnages, l’auteur image une lutte des classes sous le refrain de la vengeance est un plat qui se mange froid comme la mort. Sans vouloir donner de leçons, ni être revendicateur outre mesure, il construit en toute simplicité un roman qui, personnellement, m’a impressionné justement par son apparente simplicité.

Et c’est sans compter la fin, qui évidemment et comme le reste du livre, est étonnante et renversante, mais sans aucune esbroufe, et avec beaucoup de créativité, d’ingéniosité et de malice. Décidément, ce roman s’avère surprenant du début à la fin, à tous points de vue et se place juste à coté des romans de Pascal Garnier, auteur que j’adore.

Ne ratez pas l’avis de Claude et de l’Oncle Paul

Oldies : Drôle de pistolet de Francis Ryck

Editeur : Gallimard Série Noire (1969) ; French Pulp (2017)

Je vous avais dit que l’on reparlerait de French Pulp, cette petite maison d’édition qui édite et réédite des polars français. Parmi leurs dernières sorties, il y a le Grand Prix de la Littérature Policière de 1969. C’est un excellent polar qui claque !

L’auteur :

Après de courtes études dans un lycée parisien, ponctuées de plusieurs fugues, Yves Delville exerce plusieurs petits métiers : terrassier, carrier, ouvrier agricole, tourneur, figurant au cinéma, représentant des ventes, photographe de bébés, convoyeur de voiliers. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans la marine.

Il adopte le pseudonyme d’Yves Dieryck pour publier cinq romans chez Albin Michel : Au pied du mur, Les Barreaux de bois, La Panique, Promenade en marge et Les Importuns. Il décroche en 1964 le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour Promenade en marge. Après deux romans policiers chez Plon, signés Francis Ryck, il revient sous ce pseudonyme au roman psychologique avec deux titres, dont L’Apprentissage en 1965.

L’année suivante, il intègre la Série noire, où il fait paraître dix-huit titres qui abordent tour à tour le roman noir, le thriller et le roman d’espionnage. Ses romans policiers s’attachent à faire la critique d’une société qui perd pied et préfigurent en leur temps les événements de mai 68, tout autant que la Nouvelle Vague et Jean-Luc Godard. Lorsqu’il quitte la Série noire en 1978, le titre de son dernier roman dans cette collection, Le Testament d’Amérique, peut prendre valeur de testament personnel.

De retour chez Albin Michel au début des années 1980, il écrit encore quatre romans, notamment Le Nuage et la Foudre (1982) et Un cheval mort dans une baignoire (1986).

En 1993, Guy Debord salue l’œuvre de Francis Ryck dans son livre Cette mauvaise réputation…, en affirmant qu’il y a plus de vérité et de talent chez Ryck (notamment dans Le Compagnon indésirable) que chez Le Carré. Debord révèle la conversation, primordiale selon lui, entre Ryck et Marie-Christine de Montbrial en 1984, concernant l’assassinat de Gérard Lebovici et le rôle de Paul Barril responsable de la cellule antiterroriste sous la présidence de François Mitterrand. Le 28 janvier 1986, il décide ne plus la voir du fait de son témoignage auprès de la police et des contacts qu’elle a conservé avec Ryck.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Un jour, même les meilleurs se font avoir. Et ce jour-là, ils doivent choisir : se taire ou parler. Avec, en cas de résistance, la perspective de souffrances raffinées. Alors Yako a parlé. Il a tout donné, trahi le KGB, et en échange, on lui a rendu sa liberté. Mais combien de temps avant que le KGB ne la lui reprenne, définitivement cette fois-ci ? Adapté à l’écran en 1973 sous le titre Le Silencieux par Claude Pinoteau avec Lino Ventura avec des dialogues de Jean-Loup Dabadie, Drôle de pistolet a obtenu le Grand prix de littérature policière.

Mon avis :

S’il est étiqueté Espionnage, cela peut porter à confusion vis-à-vis des arpenteurs de linéaires des librairies. C’est mon cas, puisque j’étais en train de choisir un roman pour ma rubrique Oldies, et qu’en voyant l’étiquette, j’ai hésité. Je ne suis pas fan des romans d’espionnage, et c’est bien le bandeau qui m’a décidé : « Un chef d’œuvre adapté à l’écran ». En ce qui concerne le chef d’œuvre, je ne m’associerai pas à ce terme, mais en termes de polar introspectif, c’est un excellent roman.

Il s’agit donc d’un espion russe Yako qui est pris par les services de contre-espionnage anglais et qui va accepter le marché, en donnant ses camarades et en ayant la possibilité d’obtenir une nouvelle identité et de l’argent, ainsi qu’un pistolet. L’action se situant dans les années 60, il n’y a pas de téléphone portable ou de GPS. D’où tout l’intérêt de ce roman qui présente une course poursuite entre Yako et le KGB.

Mais il n’y a pas que cela : Le personnage de Yako, solitaire, à la durée de vie limitée, va se révéler quelqu’un de complexe et d’extrêmement réaliste. En homme traqué, il va se méfier de tout le monde. En espion chevronné, il va mettre à parti toutes les astuces pour essayer de passer entre les mailles. En tant qu’homme, il va accorder sa confiance à des gens rencontrés au hasard.

Jouant sur cette dualité et ces contradictions, Francis Ryck construit un roman quasiment sans dialogues où le but est de savoir qui est qui, qui trahit qui, qui aide qui. Aussi bien dans la forme que dans le fond, ce roman à l’écriture sèche et sans fioriture se révèle une source pour beaucoup de polars qui ont vu le jour par la suite, avec son style résolument moderne. Je ne peux que vous encourager à acquérir ce roman pour revenir aux sources du polar que vous aimez aujourd’hui. Drôle de pistolet est un polar remarquable !

La prophétie de Langley de Pierre Pouchairet

Editeur : Jigal

Depuis le temps que l’on me dit qu’il fut que je découvre Pierre Pouchairet, c’est chose faite. Avec une telle qualité d’écriture, cet auteur arrive à nous emmener dans une histoire qui fait froid dans le dos. Et portant, ça commençait tranquillement …

En effet, l’ambiance est feutrée dans la salle qui regroupe les traders du Crédit Parisien. Il faut dire que le contexte est calme. Parmi les traders les plus prometteurs, Ludovic d’Estres est issu d’une famille aisée et fait partie du Front Office, c’est-à-dire ceux qui, par leur réflexion, vont donner la marche à suivre (achats ou ventes d’actions ou d’obligations). Reda Soudami est un jeune des banlieues, de Trappes plus exactement et fait partie du Back Office, c’est-à-dire qu’il réalise les actions qu’on lui demande. Ces deux-là ne travaillent pas au même étage mais s’entendent à merveille.

Ce matin-là, Reda alerte Ludovic sur des mouvements suspects de ventes de titres d’EDF à la baisse (c’est-à-dire qu’un ou plusieurs traders dans le monde parient que l’action va baisser en valeur), alors qu’il n’y a aucune raison à cela. Ludovic ne s’inquiète pas mais demande à Réda de creuser le sujet. Réda découvre alors que ces demandes de ventes proviennent d’une banque du Moyen Orient, la First Islamic Bank. Ils décident alors de rendre visite au représentant de cette banque situé à Versailles.

L’entretien avec le directeur du bureau de représentation n’apporte rien à Ludovic et Reda. Tout juste ont-ils l’impression de l’avoir agacé. En sortant, Ludovic veut aller saluer sa tante qui habite à coté. Alors qu’il sonne à la porte, un 4×4 déboule et une fusillade éclate. Ludovic est mortellement atteint. Reda, resté dans la voiture, démarre en trombe, blessé à l’épaule. Dans la précipitation, pousuivi par le 4×4, il renverse une jeune fille. Dans sa tête, tout est clair : Etant un jeune de Trappes, il ne peut plus se rendre à la police et doit fuir.

En fait, ce roman va tellement vite que je ne sais pas où arrêter mon bref résumé. Si vous voulez connaitre la suite, vous savez ce qu’il vous reste à faire … Car ce roman, ce polar, a toutes les qualités que j’aime.

J’aime les personnages, qui sont décrits simplement, finement. Il n’y a pas besoin de s’appesantir, leurs actions en disant beaucoup plus. Dans ce domaine, ce roman est un modèle du genre, Reda étant paniqué à l’idée d’aller en prison, Johana, la commandante de police, que l’on retrouve plus loin dans le livre, et qui est chargée de l’enquête, étant d’une logique implacable et résistant aux pressions de sa hiérarchie.

J’aime apprendre des choses et c’est amplement le cas ici. Sans dévoiler toute l’intrigue, on va savoir comment travaillent les traders (des gens que j’apprécie bien peu), comment fonctionnent les mécanismes de la finance, et comment on peut les utiliser à des fins criminelles. A la fois instructif et empli d’exemples choisis avec parcimonie, il établit un scenario catastrophe qui fait froid dans le dos.

J’aime l’équilibre entre les dialogues et la narration, ce délicat mélange qui parait si naturel au lecteur et qui est si difficile à obtenir. Pour le coup, ce polar se lit d’une traite, et il y a tant de rebondissements que j’ai été fasciné par l’imagination et la créativité de l’auteur (ou des auteurs devrais-je dire, puisqu’il est indiqué sur la couverture Sur une idée et avec la collaboration de L.Gordon).

J’aime le rythme parce que ça va à 100 à l’heure. On n’a pas le temps de se reposer, on passe d’un personnage à l’autre, on court à coté d’eux pour arriver à une conclusion sur le terrorisme qui fait tout simplement froid dans le dos. En fait, ce roman est construit comme un champignon atomique : en bas, le tronc est de faible diamètre, et plus on monte, plus c’est énorme, gigantesque, avant de nous retomber dessus. La prophétie de Langley est un polar costaud, effarant, impressionnant, à ne pas rater.

Fourbi étourdi de Nick Gardel

Editeur : Editions du Caïman

Le petit dernier des éditions du Caïman fait place à un nouveau jeune auteur, Nick Gardel. C’est l’occasion de découvrir une nouvelle plume tout en humour décalé et en cynisme. A découvrir !

Jean-Edouard est un jeune homme quelque peu immature, qui vit sa vie comme elle vient. La seule chose à laquelle il croit est l’amitié. Quand son ami Paul l’appelle au secours, son sang ne fait qu’un tour : il doit voler à son secours. Doté d’un Système D développé, il arpente un parking souterrain et découvre une merveille : une DS Pallas. Pour Jed, c’est presque trop facile d’ouvrir et de démarrer la voiture. Et le voilà parti sur les routes de France comme un chevalier sauveur.

Entretenir sa foi, cela coute cher. Afin de pallier aux besoins du culte, le nouvel évêque a trouvé une bonne solution en faisant appel à une bonne âme, le député-maire René d’Orval. Avec un peu de persuasion et un soupçon de chantage, par exemple en laissant entendre que l’on soit au courant de ses détournements de fond. La somme demandée est importante et doit être apportée par les deux sbires du maire José et Gaspard … qui malheureusement pour le prêtre qui doit récupérer l’argent, font un peu de zèle. Un détail, une broutille, un grain de sable … Bref, Ils tuent le prêtre, stockent le corps du prêtre dans le coffre de la DS Pallas, et oublient le sac dans l’habitacle.

Vous l’aurez compris, nous allons assister à une course poursuite entre d’un coté un jeune homme et de l’autre deux abrutis. Lors du périple de ces deux parties, nous allons rencontrer des personnages qui valent leur pesant d’or. Et malgré le fait que l’intrigue tienne sur un post-it, le ton de ce roman, bourré d’humour, emporte l’adhésion.

En effet, Nick Gardel a pris le parti d’écrire de façon très littéraire, dans un style d’un autre temps, mais avec beaucoup d’ironie et de cynisme. C’est bien cet humour à froid, et les nombreuses situations chaudes, qui vont nous tenir en haleine, tout en nous marrant comme des baleines, alors que le sujet n’a rien à voir avec la mer.

Je ne peux que vous conseiller de rencontrer un bon nombre de personnages qui vont passer entre les pages, car cela va vous offrir de sacrés moments de rigolade. Tout cela n’est pas sérieux pour un sou, mais il laisse augurer d’un futur radieux aux cotés des romans de Frédéric Dard par exemple. En tous cas, j’attends avec impatience le prochain roman pour confirmer la bonne impression que m’a faite celui-ci.

 

Espace jeunesse : Histoire d’un chien Mapuche de Luis Sepulveda

Editeur : Métailié

Traducteur : Anne-Marie Métailié

Illustrateur : Joëlle Jolivet

L’origine de cette lecture vient des suggestions de la médiathèque de ma ville (Montgeron). J’y emmène toujours mes enfants pour qu’ils découvrent d’autres livres, d’autres auteurs et il y avait ce roman dans le cadre du mois « Roman policier jeunesse ». J’ai craqué sur la couverture et sur le titre, sans même savoir de quoi ça parlait. Retour enfance pour un roman que l’on peut raconter en histoire du soir à ses enfants.

Quatrième de couverture :

Le chien, prisonnier, affamé, guide la bande d’hommes lancée à la poursuite d’un Indien blessé dans la forêt d’Araucanie. Il sait sentir la peur et la colère dans l’odeur de ces hommes décidés à tuer. Mais il a aussi retrouvé dans la piste du fugitif l’odeur d’Aukamañ, son frère-homme, le compagnon auprès duquel il a grandi dans le village mapuche où l’a déposé le jaguar qui lui a sauvé la vie.

Dans la forêt, il retrouve les odeurs de tout ce qu’il a perdu, le bois sec, le miel, le lait qu’il a partagé avec le petit garçon, la laine que cardait le vieux chef qui racontait si bien les histoires et lui a donné son nom : Afmau, Loyal.

Le chien a vieilli mais il n’a pas oublié ce que lui ont appris les Indiens Mapuches : le respect de la nature et de toutes ses créatures. Il va tenter de sauver son frère-homme, de lui prouver sa fidélité, sa loyauté aux liens d’amitié que le temps ne peut défaire.

Avec son incomparable talent de conteur, Luis Sepúlveda célèbre la fidélité à l’amitié et le monde des Mapuches et leurs liens avec la nature.

Mon avis :

Assoyez-vous dans votre fauteuil, bien confortablement, et retrouvez votre âme d’enfant. Imaginez que Luis Sepulveda vous raconte une histoire, simple mais dure. Une troupe d’hommes poursuit un Indien et utilise pour cela « Le Chien ». L’Indien est blessé et il suffit de suivre l’odeur du sang grâce à l’odorat très développé de l’animal.

Cette histoire, qui fait une centaine de pages, peut être lue par un enfant ou par ses parents, sans aucun problème. Il y a la simplicité et la poésie des contes, et aussi la cruauté des contes pour enfants. En ce sens, je le conseillerais plutôt pour des enfants d’au moins 10 ou 12 ans.

J’ai particulièrement apprécié la puissance de l’évocation de la nature, sauvage, inhospitalière. En très peu de mots, Luis Sepulveda arrive à nous plonger dans ces contrées enneigées, à nous faire ressentir de la haine envers le groupe d’hommes et à nous esquisser le drame de la situation Mapuche. La traductrice a d’ailleurs fait un travail remarquable pour à la fois retranscrire la simplicité des mots et l’importance du vocabulaire Mapuche, ce qui nous implique encore plus dans cette histoire et dans leur histoire. A consommer sans modération.

 

Ainsi vint la nuit d’Estelle Surbranche

Editeur : La Tengo

Un premier roman permet de montrer le talent d’un auteur, ses passions, ses centres d’intérêt … mais aussi ses ambitions. Estelle Surbranche n’en manque pas, loin de là. Et je dis : Vivement le prochain !

Quatrième de couverture :

Romain Le Roux et Matthieu Manjeois mènent une vie d’étudiants normale et passent des vacances ordinaires à Biarritz… Jusqu’à ce jour de septembre où ils trouvent 7 kilos de cocaïne en surfant et gardent la marchandise. La première erreur d’une série de décisions hasardeuses qui s’avéreront fatales.

Et vous, que feriez-vous si 7 kilos de cocaïne atterrissaient entre vos mains? Matthieu et Romain, deux surfeurs étudiants, ne mettent pas longtemps à répondre à la question : monter un bizness qui rapporte une montagne de fric. Tout semble si facile… Sauf que la marchandise appartient à un gang serbe, particulièrement à cheval sur la notion de propriété et peu sourcilleux sur les méthodes de leur tueuse favorite, Nathalie. Plus dangereuse encore, Paris la nuit, ses fêtes, les paillettes des clubs et ses amours illusoires, qui corrompent l’amitié, les corps et la raison. Une seule personne peut encore arrêter le massacre : la capitaine Gabrielle Levasseur… si elle arrive à s’affranchir des fantômes qui la hantent.

Inspiré librement de faits réels qui se sont déroulés dans le sud-ouest de la France au début des années 2000, Ainsi vint la nuit raconte l’histoire de quatre vies entremêlées, des existences qui ne se rencontrent (presque) pas, mais ont chacune une influence mortelle sur les trois autres. Tout cela par la faute d’un grand big-bang provoqué par la déesse Cocaïne ! La mystérieuse Nathalie, formée à tuer pendant la guerre des Balkans – omniprésente en toile de fond – chasse férocement les deux apprentis dealers, et trouve l’impensable sur son chemin sanglant, une forme de résilience. Les péchés passés et le besoin maladif d’être aimée menacent d’engloutir la raison de Gabrielle Levasseur et lui interdisent la rédemption. Romain et Matthieu courent après le plaisir, de soirées techno en nuits de défonce, se moquant d’y laisser une part d’humanité. La noirceur gagne inexorablement les destins de chacun des personnages, recouvre leurs peurs et les pousse à se découvrir… Et le monstre le plus abject qui en surgira ne se révèlera pas forcément celui qu’on croit.

L’écriture énergique et syncopée d’Estelle Surbranche donne le rythme de ce polar en forme de tragédie moderne, s’accélérant au fur et à mesure des pages jusqu’à la délivrance finale, explosive, à l’image d’un morceau de musique techno. Apre et moite, l’ambiance de ce premier roman est aussi jouissive et dangereuse qu’une soirée en club sous MDMA.

Ainsi vint la Nuit est le premier acte d’une trilogie aux personnages récurrents.

Mon avis :

Il semblerait que les éditions La Tengo soient douées pour dénicher des auteurs de talent. Car ce roman foisonnant est une vraie réussite. Car ce roman en forme de course-poursuite enquête nous offre beaucoup de péripéties et surtout une galerie de personnages que l’on va suivre par chapitres interposés, tous aussi intéressants les uns que les autres :

Nathalie, tueuse à gages est chargée de retrouver la cargaison de drogue et c’est une tueuse sans sentiment, sans remords qui tue ses victimes en leur crevant les yeux. Romain et Mathieu sont des étudiants en vacances à Biarritz qui, en surfant, vont tomber sur deux paquets qui vont changer leur vie. Gabrielle est flic, mutée de Marseille après une affaire qui a mal tourné et qui l’a marquée à vie ; cette affaire pourrait bien être celle de la rédemption.

C’est très bien écrit, très fluide, et surtout, nous avons affaire à des personnages passionnants. De Biarritz à Paris, les rebondissements s’enchainent avec logique, les trois parties vont progresser vers un final étonnant, laissant derrière eux des cadavres sanglants. Surtout, on va avoir droit à une descente en enfer des deux jeunes, dont l’un tombe dans la paranoïa de la cocaïne, et je dois dire que ces passages sont fort bien faits.

Je vous engage donc à découvrir ce premier roman, sachant que la fin nous laisse augurer une suite haletante, en nous surprenant et en étant très loin du happy end que l’on aurait pu craindre. Ce qui est sur, en tous cas, c’est que je serai au rendez-vous du prochain roman d’Estelle Surbranche !

Angel Baby de Richard Lange

Editeur : Albin Michel en grand format. 10/18 en format poche

Traducteur : Cécile Deniard

Le trafic de drogue au Mexique et la frontière entre les Etats Unis et le Mexique permettent de stimuler l’imagination des auteurs de polars. Dans ce roman, on a plutôt droit à une course poursuite pour la survie. C’est un roman remarquablement mené.

Luz est une jeune Mexicaine qui a été kidnappée par Rolando El Principe, le chef d’un réseau de trafic de drogue. Elle a laissé derrière elle sa fille de 4 ans, Isabel, qui est élevée par sa tante Carmen, près de Los Angeles. Elle décide de rejoindre sa fille pour son anniversaire et rien ne pourra l’arrêter. L’année dernière déjà, elle avait fait une tentative mais avait été reprise par El Principe. La sanction en avait été terrible, tant elle fut tabassée et violée.

Malone est Américain. Il a perdu goût à la vie et se contente de passer la frontière avec des immigrés mexicains qui veulent rejoindre la Terre Promise des Etats Unis. Il les enferme dans son coffre et passe la douane incognito. C’est Freddy qui organise les transports, Malone se contentant de faire la route. Avec l’argent qu’il récolte, il tente d’oublier sa femme et sa fille, noie son passé dans le jeu et l’alcool.

Mike Thacker fait partie de la police des frontières. Il traque les clandestins qui traversent et en profite beaucoup. Il trouve jouissif de profiter de son pouvoir, soit en volant le peu d’argent que les Mexicains ont sur eux, soit en violant les femmes démunies. Parfois, il les relâche, parfois non. A 50 ans passés, il n’a pas grand’ chose d’autre à attendre de la vie.

Quand El Principe s’aperçoit que Luz a disparu en tuant de sang froid la femme de ménage et le garde du corps, il décide de faire évader un assassin notoire nommé Jeronimo et le lance à la poursuite de Luz. Pour être sur que Jeronimo réalisera son boulot, il prend en otage sa femme et ses fils.

Les personnages étant positionnés, la course poursuite peut commencer …

Nous allons donc suivre l’itinéraire de ces quatre personnages, qui vont se rencontrer, se bagarrer, se quitter, se rencontrer à nouveau, que ce soit au Mexique ou aux Etats Unis, mais principalement aux Etats Unis. Le but de Richard Lange n’est pas de montrer la situation du trafic de drogue (comme on pourrait le lire dans La griffe du chien) mais plutôt de s’en servir comme contexte, et de peindre un univers ultra-violent.

Si l’auteur met l’accent sur ses personnages et leur psychologie, le décor passe au second plan, mais on peut remarquer qu’il aime peindre ce qui est derrière la façade, derrière les lumières. Et on y trouve un monde noir, glauque, violent, fait de petits hôtels et de bars louches, où tout un chacun trahit son voisin pour un peu d’argent.

Le gros point fort de ce roman, ce sont donc ces personnages, qui n’attendent rien de la vie, de leur vie, qui vivent au jour le jour pour leur propre satisfaction personnelle mais avec chacun un objectif. Et peu importe le destin du voisin. Luz veut retrouver sa fille. Malone veut faire une dernière bonne action après la perte de sa femme et sa fille. Jeronimo espère retrouver sa famille. Thacker court après le gros pactole dont il rêve pour bien finir sa vie. Et cette psychologie, simple en apparence, est remarquablement décrite par leurs actions, et on se retrouve avec des personnages incapables de penser à autre chose que leurs objectifs.

L’autre point fort, c’est ce style si direct, si percutant, qu’on lit ce roman sans pouvoir s’arrêter, en étant dans une sorte d’apnée, car il en ressort une tension de chaque page, de chaque paragraphe. A chaque fois qu’on ouvre ce livre, qu’on en lit quelques lignes, le rythme cardiaque s’accélère et cette magie n’est possible que grâce au talent de l’auteur et à celui non moins important de sa traductrice. On termine ce roman sur les rotules, ce qui est diablement bon !

Ne ratez pas l’avis de l’ami Claude

Money shot de Christa Faust

Editeur : Gallmeister

Collection : Néo-Noir

Traduction : Christophe Cuq

Dans la collection Neo-Noir, jusqu’à présent, je n’ai jamais été déçu, bien que je ne les aie pas tous lus. C’est donc naturellement vers ces couvertures noires que je me tourne quand je cherche un roman noir … Voici mon avis sur l’une des dernières parutions

Après avoir été actrice dans des films pornographiques pendant une dizaine d’années, Angel Dare a créé une agence de mannequins où elle propose des prestations qui vont de l’Escort-girl jusqu’à la prostitution ou des actrices de films X. Son ami et presque mentor Sam Hammer l’appelle au téléphone. C’est en effet lui qui a travaillé à sa renommée en tant que réalisateur. Sam Insiste pour qu’elle vienne tourner une scène avec la célébrité du moment : Jesse Black. Evidemment, elle ne peut résister à l’appel d’un ami !

Arrivée sur place, elle est rapidement ligotée au lit par deux malfrats, un grand violent et un petit vicieux. Ils la frappent puis demandent à Jesse Black de la violer. Leur seule question est simple : Une jeune femme est passée dans l’après midi avec une mallette et ils veulent récupérer cette mallette. Angel se rappelle bien dune Lia qui est passée cet après-midi mais elle ne peut en dire plus.

Ils abandonnent donc Angel à Jesse qui peut donner libre cours à sa violence. Après l’avoir copieusement frappée, il finit par la laisser pour morte avec plusieurs balles dans le corps. Par chance, elle parvient à appeler un ancien flic Lalo Malloy qui lui rend parfois quelques services. Angel et Malloy viennent de mettre le doigt dans un engrenage infernal.

Ceux qui pensent qu’en lisant ce roman, ils vont avoir droit à des scènes croustillantes, vont être bien déçus. Bien que le contexte soit très clairement orienté dans le film X, les scènes sont toutes très sages. Christa Faust nous montre l’envers du décor, d’un monde souterrain, et pour le coup, Angel et Lalo vont faire le tour de tout ce qui se fait dans le monde du porno des hétéros aux homos, des SM aux acteurs ou réalisateurs sans nous asséner des scènes inutilement démonstratives.

Globalement, pour un premier roman, je trouve que c’est bien écrit, à la première personne, avec une volonté de ne pas en rajouter sur les sentiments. Ce qui fait que je n’ai ressenti ni sympathie, ni pitié pour ce qui arrive à Angel Dare. Ce qui m’a le plus gêné, c’est que l’auteure a voulu en faire trop dans son roman, surtout dans le traitement de son intrigue.

Un exemple : Angel Dare se fait tabasser, violer et finit dans un coffre de voiture avec quelques balles dans le corps. Eh bien, elle trouve la force ( !?!) d’appeler son copain flic sur son portable. Et le lendemain, elle est d’attaque pour commencer son enquête. Tout cela, n’est pas très sérieux, absolument pas crédible, alors que le sujet de fond de son roman est autrement plus sérieux. Même la fin, qui veut nous faire passer Angel pour un ange m’a paru maladroite.

Je ne vais pas vous dire que je n’ai pas éprouvé de plaisir à cette lecture, parce que c’est quand même bien écrit. Je pense surtout que Christa Faust a voulu en faire un peu trop, alors qu’elle n’en avait pas besoin. Je pense aussi qu’elle a pris un contexte scabreux et qu’elle a évité bien des écueils. Et que donc, c’est une auteure dont je vais lire le prochain roman, car je pense qu’elle a des choses importantes à nous dire. A suivre, auteure à suivre …

 

L’homme qui valait des milliards de François Darnaudet

Editeur : Wartberg

Collection : Zones noires

J’avais découvert François Darnaudet avec le formidable Autopsie d’un bouquiniste qui nous parlait d’une partie de la vie de Chester Himes. A nouveau, on retrouve tout le talent de cet auteur pour nous raconter une histoire basée sur les mathématiques, et en particulier sur les nombres premiers. Mais rassurez-vous ! il s’agit bel et bien d’un polar, d’un très bon polar même.

16 Juin 2016, Taussat. Jean-Claude Bauduer est un professeur de mathématiques de cinquante ans. Quand ses enfants avaient pris leur envol, sa femme avait aussi fait ses bagages. Il n’a pas cherché d’autre compagnie autre qu’une bouteille de Cragganmore, célèbre whisky écossais. D’un naturel agressif, bougon, limite anarchiste ses élèves du collège Bastiani vers Arcachon l’aiment bien. Alors tous les soirs, il écrit une ligne qui illustre sa journée dans un cahier qu’il a titré : Foaitrekhon.

Ce jour-là, Balthazar, le surdoué de la classe parle des sept problèmes mathématiques du Millénaire. Un milliardaire propose un million de dollars pour la résolution d’un de ces problèmes. Ce qui amuse Jean-Claude, c’est que l’un de ces problèmes fait référence à un de ses sujets de thèses. Mais c’est le problème sur les nombres premiers qui attirent son attention.

Paris. Kader est un jeune garçon doué en mathématiques et en informatique. Après être passé par France Telecom, il travaille maintenant à son compte et est payé par Euclhyde, une société qui lui demande d’espionner le Net et de lui signaler les matheux qui travaillent sur les problèmes du siècle, en les classant en trois catégories, des amateurs aux plus sérieux.

Bordeaux. Danassiev est un génie des maths, originaire d’Ukraine, promis à la médaille Fields. Il attend une livraison de la CAMIF. Quand il entend du bruit dans la rue, il va sur le balcon pour voir si c’est eux. Puis la porte sonne. Il ouvre et se retrouve face à deux gars qui le font passer par-dessus la rambarde du balcon.

Je pourrais continuer comme cela bien longtemps, puisque les chapitres se suivent à une vitesse folle, ne dépassant que rarement les 3 pages, et ajoutant sans cesse un rebondissement dans cette intrigue dingue. Et c’est amusant, car les mathématiques sont tout sauf une matière folle. Alors l’auteur va nous faire passer d’un personnage à l’autre avec une facilité qui force l’admiration pour un final sur des chapeaux de roue.

On ne s’ennuie pas, et je dirais même que l’on court avec l’auteur déguisé en professeur de mathématiques ronchon, qui nous assène des remarques fort bien vues sur l’état actuel de « l’Inéducation Nationale ». D’ailleurs, il nous précise en introduction de son roman que les nombres premiers étaient enseignés en 5ème dans les années 70 et qu’ils sont vus en spécialité mathématiques des terminales scientifiques. Avant de conclure, je cite : « Moins le savoir sera partagé et mieux se porteront les puissants ».

Avec un style simple mais efficace, avec un humour portant bien souvent sur du cynisme, ce roman s’avère très bien maitrisé et passionnant : Notre professeur va se lancer dans cette folle rechercher, résolution de problème avec une jolie collègue, avant de se rendre compte que cette solution est la base du cryptage des codes des cartes bleues. Finalement, on comprend mieux pourquoi tout le monde s’intéresse à la part du gâteau. Et François Darnaudet nous explique plein de choses sur les nombres premiers, sur les mathématiques, bien mieux que n’importe quel professeur. Cela en fait un excellent roman de divertissement mais aussi un roman intelligent qui rend intelligent.

Ne ratez pas l’excellent avis de l’oncle Paul