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Il y a un ange dans le jardin de Daniel Pasquereau

Editeur : Zinedi

Voilà un recueil de nouvelles qui va vous surprendre par la façon d’aborder les événements du quotidien et les choix que l’on est amené à faire dans une vie, mais toujours avec un scénario bien mené. Daniel Pasquereau, que je ne connaissais pas, sait décrire juste ce qu’il faut et arrive à nous surprendre au détour d’une phrase. Il est des auteurs qui écrivent des scènes, Daniel Pasquereau nous propose des pans de vie où une décision fait tout basculer.

Comme des bêtes :

Le professeur Capra vient de céder son brevet du Paolian aux Bavarois. Plus tard, il cèdera la marque pour un pont d’or. Puis il rentre en train, somnolant sur le trajet qui le berce. En jetant un œil dehors, il aperçoit un accident de voiture. Est-ce une hallucination ?

Avec une volonté de rapidité, on ne sait jamais si on est dans un rêve ou dans la vraie vie. Et la chute qui est aussi surprenante que déstabilisante m’a laissé dubitatif.

Noël de plomb :

Quand il était enfant, Noël aimait Noël. De ces souvenirs perdus, il a concocté une haine envers Léon Hintjens, qui s’est installé non loin de chez lui.

Entre souvenirs et réalité, l’auteur nous écrit une histoire qui aurait mérité un format plus long, d’autant plus que la fin est très réussie, à la façon d’un Brett Easton Ellis.

Engrenage :

Paul a récupéré l’étude notariale familiale à la mort de son père, et s’est marié avec Sophie. Lors de leur voyage de noces, ils partent dans le Sud de la France et s’arrêtent dans un bois, pour faire l’amour. Ils assistent, surpris, à une exécution par balle et arrivent à fuir in extremis.

Remarquable, cette nouvelle l’est par son rythme et par son histoire fort bien contée. Les choix apparaissent sans possibilité de retour en arrière et on se demande à la fin si Sophie n’est pas allée trop loin, se trompant sur toute la ligne.

Une question de choix :

Un écrivain est gêné par un chat qui miaule, comme s’il l’appelait. Il décide de le suivre et découvre un quartier de sa ville qu’il ne connaissait pas. Le chat le conduit vers une maison, et le narrateur ne résiste pas à sonner. Une jeune femme très belle lui ouvre ; c’est Clarisse, une Anglaise.

On n’attendait pas de l’auteur une telle simplicité et une telle histoire, sorte de mélange de mystères et de romantisme. Avec un ton doucereux, on se laisse emporter en douceur dans une sorte de conte merveilleux.

Erosion du foie, de la cervelle et du reste :

Avec le temps, les relations entre le narrateur et sa femme se sont fortement dégradées. Lui, écrivain, trouve du soutien dans les verres qu’il vide, elle sort de plus en plus souvent avec ses copines. Il entame une descente aux enfers, seul.

Encore une fois, l’auteur nous offre une belle histoire, une vie de couple qui se délite, la violence et les regrets dansent sur des mots méchants et la direction que prend l’écrivain pourrait bien être la dernière et mauvaise route.

L’homme-grenouille :

Marco est l’ainé et il surnomme son frère Fiston, ce qui a le don d’énerver ce dernier. Fiston ne veut pas lui dire qu’il a rencontré Louise, une amie d’enfance.

Cette nouvelle nous offre une histoire simple, dont la fin reste à imaginer pour le lecteur.

Il y a un ange dans le garage :

Alors qu’il vient d’hériter d’une petite somme d’argent, Xavier décide d’acheter une ferme, qu’il fera retaper. Il se souvient des bons moments de son enfance, quand il jouait dans les environs. Mais sa fille Zoe, le soir, lui raconte que des bruits l’empêchent de dormir, qu’il y a un ange dans le garage.

Tout en subtilité, cette nouvelle, aux confins du fantastique, part d’une situation normale, classique, pour nous emmener dans des frontières inquiétantes. Une des plus belles réussites de ce recueil, emplie de douceur et de calme.

N’oubliez pas de lire l’avis de l’Oncle Paul.