Archives du mot-clé Editions de la Branche

Le dernier contrat de Olivier Maulin (Éditions de La Branche)

J’avais lu les trois premiers romans de cette nouvelle collection, Vendredi 13 des éditions de La Branche. C’était Samedi 14 de Jean Bernard Pouy, L’arcane sans nom de Pierre Bordage et Close Up de Michel Quint. La seule contrainte est de situer l’intrigue un vendredi 13. Ce roman s’avère bigrement passionnant.

Jodeph Victor débarque dans un petit hôtel de province. Avec ses gestes de maniaque, il prend une chambre, se douche, et se change. Puis il sort, à la nuit tombée pour rejoindre son lieu de rendez vous. Armé de son pistolet, il pénètre dans une ferme où il découvre un cadavre, celui de Luc Mornais, assassiné d’une balle dans la tête. Il embarque une grosse liasse d’argent quand il s’aperçoit que deux hommes arrivent. Après une course poursuite, ils les abat puis retourne à Paris.

Là bas, il va fouiller l’appartement de Luc Mornais. Le pays est en proie à la révolution, après un scandale politique qui mouille toutes les strates de l’état. Le peuple suit aveuglément un mystérieux personnage qui s’appelle Frère-La-Colère, et qui diffuse à la télévision des messages haranguant la foule à se soulever. Victor fouille consciencieusement l’ordinateur et lit sur une revue le nom d’un des amis de Mornais : Esposito. A Barcelonnette, il part à la recherche de ce Esposito et se retrouve chargé d’exécuter un dernier contrat difficile par Frère-La-Colère. En tant que tueur à gage, il va donc respecter son engagement.

Ce roman commence sur des chapeaux de roue. Dès le départ, ça part à 100 à l’heure, les gestes sont minutieux, pleins de petites habitudes, comme de petites superstitions. Car Victor est certes un tueur à gages, mais il n’a jamais échoué. Agé de la quarantaine, alcoolique, il est très prudent, peu amène, parle peu sinon par des questions et très détaché vis-à-vis des gens autour de lui.

Tout est dans le style : L’auteur décrit tout ces gestes, tous les petits détails qui font que Victor est si fort. Les phrases sont saccadées, le choix des mots précautionneux, le ton est froid, et les émotions sont laissées au placard. Cela en fait un roman hyper efficace, qui ne s’éternise pas sur des descriptions qui lasseraient le lecteur, pour laisser la place au sujet du livre, au vrai sujet du livre.

La France a dépassé le bord du chaos. Olivier Maulin nous montre comment, avec une logique simple, une goutte d’eau embrase le pays. Et comment, avec quelques personnes fortes en technologie, on peut manipuler les gens. Que ce soient les scènes dans la rue, sur les barricades, ou les scènes plus simples avec la garde rapprochée de Frère-La-Colère, Olivier Maulin excelle à instiller le doute, tant tout cela semble vrai. Et le style qui paraissait froid au début devient journalistique, factuel, hallucinant devant ces scènes de destruction.

Il ne faut pas y chercher de message, ni bons ou méchants qui viendraient nous guider dans cette intrigue. J’y ai trouvé une vraie réflexion sur comment un pays peut basculer, sur pourquoi tout peut s’embraser. Et la fin, très étonnante, qui apparaît dans les toutes dernières pages, finit par nous démontrer que l’auteur, sous des couverts de divertissement, nous aura bien fait réfléchir. Cela en fait, à mon goût, bien plus qu’un bon polar divertissant.

Publicités

L’arcane sans nom de Pierre Bordage (Editions de la Branche)

Vendredi 13, épisode 3 sur Black Novel. Voici donc le troisième roman paru dans cette nouvelle collection des éditions de la Branche. C’est aussi l’occasion de découvrir un nouvel auteur.

Sahil est un jeune afghan, qui vit (ou survit) en France sans papiers. Il a déserté l’armée afghane régulière après avoir été obligé de tuer une jeune paysanne, et cherche maintenant à rejoindre l’Angleterre. En attendant, il loge chez Mephisto, un jeune homme à la tête d’un groupe de satanistes. Mephisto d’ailleurs lui fait rencontrer un homme étrange qui va lui proposer un étrange marché : en l’échange de 5000 euros et de papiers en règle, il doit assassiner une jeune femme.

Dans le parking souterrain, Sahil est embusqué. La jeune femme qu’il doit tuer est entourée de gardes du corps. Il se rend compte que s’il commet son acte criminel, il va se faire tuer. Alors il préfère s’enfuir. Poursuivi par les sbires, il va leur échapper dans une mémorable course poursuite dans les caves d’un immeuble mais va se fouler la cheville.

Son dernier espoir est Mephisto et la belle Ten, la jeune femme qui doit participer au spectacle sataniste qui doit avoir lieu au cimetière Père Lachaise le vendredi 13. La course pour sa survie ne fait que commencer et les surprises vont se succéder.

On peut lire ce roman de différentes façons. Le roman peut se lire comme un thriller, une course poursuite entre des gentils et des méchants. Et de ce point de vue là, c’est une formidable réussite. Pierre Bordage nous concocte un sacré tour de force : une course poursuite à pied avec un des personnages qui a un pied foulé (et donc qui ne peut pas courir). C’est écrit avec une telle fluidité que j’ai avalé les pages à une vitesse sidérante.

On peut aussi apprécier aussi ce roman pour ses personnages haut en couleurs, passionnants, attachants, mais aussi mystérieux. Car plus on avance dans l’intrigue, plus on se demande qui est du bon coté, et qui est du mauvais. Si on ajoute que c’est aussi un livre d’ambiances, du Paris nocturne aux caves poussiéreuses, on se met vraiment dans la peau de Sahil, qui court, qui fuit pour sa survie.

Enfin, ce roman comporte une autre dimension, plus sérieuse, plus grave aussi. C’est la vision du conflit Afghan, vu de l’intérieur que nous donne à lire Pierre Bordage. Si il évite les discours et les explications sur les sources et les pourquoi de cette guerre, il nous montre de l’intérieur la vie des soldats qui se retrouvent à traquer voire tuer leurs semblables sans forcément comprendre les tenants et les aboutissants de ce conflit. Le parallèle est très bien fait avec ce portrait d’un homme qui, finalement, est perdu dans sa vie, qu’elle soit chez lui en Afghanistan ou en France. C’est un roman très réussi à tous points de vue que je vous conseille fortement de lire.

Close-up de Michel Quint (Editions de la Branche)

Voici un nouveau roman de la collection Vendredi 13, des éditions de la Branche. Après Samedi 14 de Jean Bernard Pouy, Close-Up de Michel Quint nous offre un polar écrit avec beaucoup de style.

De nos jours, dans la banlieue lilloise, le Quolibet est un petit cabaret miteux, offrant à ses clients des numéros de bas étage. Seul le numéro de Miranda sort du lot, un numéro d’illusionniste à base de tirage de cartes, grâce auquel elle fait semblant de prédire l’avenir à ceux qui veulent bien y croire. Dans la salle, Bruno Carteret est attentif, passionné et lui propose de faire son numéro lors d’un anniversaire qui aura lieu début janvier.

Miranda connaît Bruno Carteret, c’est le PDG de Buildinvest, une société de BTP qui employait l’ancien petit ami de Miranda, Eric. Eric a eu un accident de travail et est resté handicapé. Il a refusé de profiter de son accident et a démissionné, alors que Miranda avait préparé un dossier qui lui aurait permis d’obtenir une pension.

Miranda va accepter de faire son numéro à cet anniversaire, devant une partie de la haute bourgeoise lilloise. Elle a préparé son coup, et en tirant les cartes à Bruno, elle lui prédit qu’il va mourir avant le prochain vendredi 13. Sauf que, quelques jours plus tard, Bruno débarque au Quolibet, gravement blessé. On vient de tenter de l’assassiner. Il va demander à Miranda de le protéger.

Des histoires de duos improbables (clin d’œil à Jean Marc), on en trouve des centaines dans les polars. La confrontation de deux personnages, différents par leur psychologie, leur origine, leur vie est quelque chose de bien connu. Ici, on ne déroge pas à la règle, deux mondes différents à travers deux personnages fort bien dessinés, les pauvres face aux riches. Et Michel Quint nous dénonce de façon explicite mais pour autant pas militante les marchés français et étrangers faussés par des mallettes d’argent illicites.

Mais au-delà de ce refrain que l’on connaît, l’ambiance des nuits lilloises, des banlieues glauques, des soirées richissimes est formidablement rendu par le style inimitable de l’auteur, que je connaissais pour avoir lu ses œuvres dans la collection Rivages noir. Michel Quint est un jongleur de mots, un danseur qui fait virevolter ses phrases, un équilibriste de l’expression, un peintre impressionnant de bons mots. A travers un polar noir et fort bien construit, il m’a enchanté par son style flamboyant, et m’a donné beaucoup de plaisir avec ce roman fort bien maîtrisé.

Samedi 14 de Jean Bernard Pouy (Editions de la Branche)

Je connais les éditions de la Branche pour leur collection suite noire, dirigée par Jean Bernard Pouy, qui était un hommage à la série noire d’antan, et qui comportait 36 volumes. Voici une nouvelle collection dirigée par Patrick Raynal, qui s’appelle Vendredi 13, et dont le principe est de situer un polar un vendredi 13, justement. Et quoi de mieux que de l’initialiser par Monsieur Jean Bernard Pouy lui-même ?

Maurice Lenoir est un cinquantenaire qui vit tranquillement de sa retraite dans un petit village de la Creuse. Petite maison, petit jardin, petite vie tranquille peinarde. Tout se gâte le jour où les CRS débarquent. Mais ils n’ont rien contre Maurice, ils ont été chargés de protéger ses voisins, les Kowa, dont le fils a été nommé ministre de l’intérieur la veille, un vendredi 13. Il semblerait que cette journée porte malheur à Maurice.

Les CRS donc vont sécuriser la zone proche des Kowa, et fouiller consciencieusement la maison de Maurice. Ils vont découvrir dans son jardin des plants de cannabis et vont l’emmener au poste. Mais les gendarmes oublient de fermer la cellule à clé et Maurice va rentrer chez lui, avant de prendre la poudre d’escampette par mesure de prévention.

Dormeaux, fonctionnaire de la DCRI, va assister à ce fiasco. Maurice Lenoir s’avère être en fait Maxime Gerland, le célèbre chef du groupe terroriste Van Gogh. Ce groupuscule dont deux membres sont en prison coupait une oreille à des dirigeants de grandes entreprises. Alors que Dormeaux va subir la pression de sa supérieure Yvonne Berthier, Gerland va fomenter sa vengeance.

Du grand Pouy ! Pas le meilleur, à mon avis, mais un très bon cru. Quand on demande à monsieur Pouy de partir du sujet suivant : « écrire un polar se déroulant le vendredi 13 », il écrit un polar se déroulant le samedi 14. On peut appeler cela l’esprit de contradiction, ou la volonté d’être rebelle.

Il n’empêche que le roman se lit avec beaucoup de plaisir, avec de bons mots, des tournures de phrases qui portent à sourire, et la démonstration que dans cette histoire, à partir d’un grain de sable dans les rouages, les autorités de l’état se mettent à trembler devant un paisible retraité.

Il n’y a pas de psychologie interminable, la règle étant que les actes et les paroles suffisent à décrire un personnage. Les gentils ne sont pas tous gentils, les méchants ne sont pas tous méchants, et quand tout le monde se prend une bonne claque dans la figure, j’avale les pages à la vitesse du son en me disant : Voilà un bon polar comme j’aimerai en lire souvent.

Comment L.A. de Alain Wagneur (Suite Noire 33) et Des manches et la belle de Jean Paul Nozière (Suite Noire 34)

Je rattrape mon retard car je n’ai pas abandonné ma collection Suite Noire. Il faut juste prendre le temps de les lire, ce qui est assez facile, car ils se lisent en une journée. Voici donc les deux tomes parus en janvier 2010.

Comment L.A. de Alain Wagneur raconte l’histoire d’un détective privé qui se recycle dans le recouvrement de dettes pour le compte du groupe Volkswagen Audi. Lors de la recherche d’une Touareg, ils tombent sur M.Bouteillier, le magnat des céréales. Celui ci leur paie rubis sur l’ongle la voiture que son gendre a acheté à un revendeur / truand. Puis, notre détective privé tombe sur Jackie Delorme qui n’a pas payé ses traites pour une Audi A4. Jackie exerce le métier de stripteaseuse pour vivre, sous le nom de Vanessa Champagne. Comme il a été éclairagiste pour des films dans une autre vie, il va participer à l’amélioration des numéros de scène de Vanessa Champagne. Sa vie bascule quand il tombe amoureux d’elle.

Tous les ingrédients d’un bon polar sont présents : un détective privé, une femme belle, un homme riche avec plein de vices. Vous mettez tout cela dans un mixer, et quand l’histoire est bien racontée et bien écrite, vous avez entre les mains un bon polar écrit en forme d’hommage pour tous les grands auteurs de polar. De nombreux clins d’oeil sont parsemés tout au long de cette petite histoire fort distrayante pour un grand plaisir de lecture.

Des manches et la belle de Jean Paul Nozière raconte l’histoire de DD de son vrai nom Delicious Dembele. Enfin, c’est comme ça qu’il aime se faire appeler. il souffre d’atroces migraines, qu’il soigne en dézinguant son prochain. Sa mission, cette fois-ci, est de voler deux millions d’euros en fausses coupures à deux Finlandais, sur le parking de l’Isardrome sur l’A7. Le problème, c’est que DD ne retient pas les nombres. Et qu’il se retrouve sur un parking d’autoroute (jusque là, c’est bon), qu’il rencontre deux hommes blonds conduisant un corbillard (jusque là c’est bon !), mais que dans le corbillard, il n’y a pas deux millions d’euros mais le corps d’un noir plein de cocaine.

Dès le début de l’histoire, on a droit à un festival boosté à l’adrénaline. Cela va vite et surtout, c’est loufoque. Le ton est résolument plein d’autodérision, avec l’utilisation de noms pour les différents personnages qui force à sourire. Tout n’est pas bien sérieux, mais le but est avant tout de divertir, tout en plaçant de petites remarques par ci par là, des petites critiques pour que tout le monde en prenne pour son grade. Mais cela n’est jamais méchant, je me suis marré tout au long du livre, et c’est partuclièrement agréable. Jean Paul Nozière s »est éclaté à écrire cette histoire et nous, on s’éclate à la lire.

Méfie toi, fillette de Sylvie Granotier (Suite Noire n°32)

Je continue dans cette série avec le dernier sorti en date. Sylvie Granotier est un auteur que je ne connais pas mais dont j’ai beaucoup entendu parler. D’ailleurs, j’avais acheté Tuer n’est pas jouer pour ma femme, après avoir lu d’excellentes critiques dans toutes les revues qu’elle achète. Et je n’avais pas pris le temps de le lire, vu ce qu’elle m’en a dit : « je comprends rien, c’est nul ». Bon ! je le lirai un jour, bientôt d’autant plus qu’il vient de sortir en poche ; ça m’apprendra à faire des cadeaux (je plaisante).

Jeanne est une étudiante qui tombe amoureuse d’un arabe dans le RER, qu’elle va appeler Ali. Par la même occasion, elle se rend compte qu’un borgne a une attitude douteuse et bizarre et décide de lui voler son portable. Ces deux événements font qu’elle va se retrouver au milieu d’un groupuscule musulman qui planifie un attentat. Mais son amour pour Ali va la pousser à le suivre et elle va être entraînée dans des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres.

La première chose que j’ai aimé dans ce livre est le portrait d’un jeune femme, étudiante, immature et irresponsable, mais qui ne se laisse jamais abattre. Quelque soit ce qui lui arrive, elle court après un idéal, uniquement au nom de l’amour de sa vie. Rien ne compte, rien n’est important, aucune idéologie ne peut l’arrêter. Comme quoi, l’amour est plus fort que tous les illuminés que porte cette Terre. C’est beau la jeunesse quand elle est insouciante comme ça.

La deuxième chose que j’ai aimé, c’est le rythme. Ça va vite, tellement vite que l’on se retrouve parfois à bout de souffle. Jeanne court et on court avec elle. Les phrases sont courtes, la psychologie à l’image du personnage qui ne réfléchit pas beaucoup. Sylvie Granotier nous a concocté un sprint de cent mètres … euh pardon … de cent pages.

Et le style de Sylvie Granotier est à l’avenant de ce personnage. Alerte, gai, rythmé, avec un leitmotiv, quand elle se retrouve dans une situation inextricable,  qui est : « Je dois réfléchir ». Jeanne est une jeune femme qui agit avant de réfléchir. Ça se lit en un tour de main, mais c’est aussi le principe de cette collection, ça se déguste avec un sourire au coin des lèvres, et les situations s’amoncellent, toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Mais l’humour de Jeanne m’a fait passer un bon moment.

Une lecture bien agréable, bien divertissante, sans autre volonté que de nous faire passer un bon moment. Pari réussi. Et en ce qui me concerne, il me reste à retrouver « Tuer n’est pas jouer » et à le remettre dans ma PAL pour bientôt.

Au pas des raquettes de Luc Baranger (Suite Noire n°31)

Vladimir Pichon est un militant communiste à la retraite. Il avait juré sur le lit de mort de son père qu’il ferait la peau des neuf professeurs qui lui ont mené la vie dure en 1965. En 2008, il en reste cinq, et il va tous les éliminer un par un. Alors qu’il vient d’apprendre qu’un de ses fils, trader, vient d’être poussé au suicide par un magnat de la finance, lui qui a toujours eu horreur du capitalisme décide que le chef de son fils doit mourir.

Encore un volume de cette collection Suite Noire qui vient de se faire connaitre via France 2. En effet, cet été, 8 romans ont été adaptés au format télévisuel. Je dois avouer que je n’en ai vu aucun … à cause de l’horaire tardif. Il n’empêche que je les ai tous, tous lus et donc voici l’avant dernier en date.

Je ne connais pas Luc Baranger mais je dois dire que ce livre m’a pris aux tripes, tant le rythme est rapide et l’humour omniprésent et corrosif. Faisant toujours appel à la culture, générale et contemporaine, le roman foisonne de bons mots ou d’excellentes phrases. Le personnage est bien décrit, mais un peu superficiel, et cela est seulement du au format obligé de l’exercice : 95 pages. Difficile de raconter une vie entière en si peu de pages !

La construction est faite de flash backs, mais il manque des liens (explicites ou pas) avec le moment présent. En bref, un bon petit livre qui n’est pas le meilleur de cette Suite Noire mais qui est bien agréable à lire. Et puis, la couverture est cartonnée et, franchement, j’ai vraiment l’impression de lire un vrai livre.