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Témoin de la nuit de Kishwar Desai (Editions de l’Aube)

Voilà une idée originale, à saluer de faire découvrir le polar indien. C’est vrai que vu d’ici, de France, il est bien rare de parler de ce pays, et encore moins de savoir ce qui s’y passe ou même de savoir comment les Indiens vivent. Plongée donc dans l’inconnu.

Quatrième de couverture :

Violence au cœur de l’Inde. Une jeune fille de bonne famille est retrouvée, violée et battue, entourée de treize cadavres, dans une immense maison incendiée. La police locale la soupçonne d’être la responsable de cette tragédie. Simran Singh, une travailleuse sociale peu conventionnelle, décide alors d’intervenir. Pour comprendre l’histoire familiale de Durga, Simran dévoile peu à peu un monde épouvantable dans lequel chaque petite fille qui naît n’est jamais sûre de vivre bien longtemps…

« Aucun bon thriller (depuis Millenium) ne s’est révélé aussi érudit, audacieux et fascinant que Témoin de la nuit… Au cœur de ce roman à suspense captivant et complexe se trouvent deux héroïnes énigmatiques…Je vous mets au défi – que vous soyez femme, homme, les deux ou ni l’un ni l’autre – de ne pas l’adorer ! » Abigail Tarttelin, Huffington Post.

« Formidable ! » The Telegraph.

« Un conte triste et stimulant. » The Guardian.

Mon avis :

Quand j’ai commencé ce roman, j’ai oublié qu’il s’agissait d’un roman indien, qui se passe en Inde.

Du coup, j’ai pris pour de la maladresse le premier chapitre qui concerne la présentation de Simran Singh, cette assistante sociale, qui adore se battre pour les causes perdues d’avance.

Du coup, je me suis posé la question, de qui ne s’inquiéterait de la présence de 13 corps dans une maison. Puis la vérité s’est imposée à moi : Dans les pays où le nombre d’habitants est gigantesque, on fait peu de cas des vies humaines.

Du coup, j’ai été réellement surpris que l’on arrête une jeune femme, Durga, retrouvée attachée à son lit sur les lieux des meurtres. A croire qu’on l’arrête uniquement parce que c’est une femme. Et en fait, l’auteure venait de me plonger la tête entière dans son intrigue …

Ce roman est plutôt un roman psychologique qu’un roman policier, car l’intrigue est simple, trop simple pour tenir en haleine. Par contre, la forme de ce roman fait que si le décollage a été brutal (en ce qui me concerne), l’atterrissage l’a été encore plus … brutal. Chaque chapitre est formé de trois parties : L’une est la confession écrite de la jeune femme, puis vient l’enquête de Simran, basé essentiellement sur des rencontres et des interrogatoires. Puis viennent des mails entre Simran et la sœur de Durga, qui à mon avis n’apportent pas grand-chose à l’hitoire (mais ils ne dépassent pas 10 lignes).

Alors on suit cette enquête et le challenge de Simran est d’arriver à nouer un contact avec cette jeune femme emprisonnée, qui a été battue, violée, maltraitée, puis arrêtée et mis en prison par une police autant corrompue que désintéressée de la vérité. Et on finit par s’attacher pour cette jeune fille de 14 ans, qui a eu le malheur de naitre jeune fille dans un pays où les femmes ne peuvent servir à rien dans les champs. Puis, petit à petit, nous allons assister à toutes les horreurs que subissent les femmes en Inde, car il faut bien se rendre compte que leur seule utilité est de se marier pour rapporter une dot à la famille. Tout d’abord, les parents essaient de les tuer (en évitant de les nourrir par exemple). Puis elles sont maltraitées, battues, insultées, torturées, avant d’être violées dès l’adolescence ! Et comme on est devenu proche de cette jeune femme, certains passages sont écoeurants et font mal au cœur !

Voici donc un roman revendicateur, dont le fond et la forme se rejoignent pour former un tout très cohérent, qui se lit très vite. C’est un réquisitoire contre la société indienne actuelle, une histoire écoeurante, qu’il serait dommage de ne pas lire. Ce fut pour moi, en tous cas, un sacré choc !

Et si Notre Dame la nuit de Catherine Bessonart (Editions de l’Aube)

Lauréate du prix « POLAR » 2013 du Meilleur Roman Francophone de Cognac pour son premier roman Et si Notre-Dame la nuit…, Catherine Bessonart voit son roman mis en lumière, et c’est amplement mérité.

Dans un Paris qui s’embourbe dans un hiver rigoureux, en cette fin du mois d’octobre, une affaire bien étrange va surprendre les habitants et la police : On vient de décapiter neuf statues de Notre Dame. Cela ne pourrait être qu’une affaire de collectionneur d’art, mais un clochard peintre retrouve bientôt le corps d’une femme non identifiée, décapité lui aussi. Seul un tatouage peut éventuellement servir de piste.

Chrétien Bompard, commissaire au 36 quai des Orfèvres, va être chargé de l’affaire. Lui qui a un prénom à tendance religieuse, se dit mécréant, tendance bouddhiste, et vient de décider d’arrêter de fumer. Séparé de sa femme, il va mener son équipe, formée par Machnel et Grenelle, lors de cette enquête fort mystérieuse. Alors que les corps vont s’accumuler, le commissaire Bompard va se rendre compte qu’il est plus impliqué qu’il ne le voudrait, et l’enquête va se transformer en course contre la montre.

A raconter les premières pages de ce roman comme ça, on pourrait penser que c’est un roman policier de plus, un bon roman d’enquête dans le Paris insolite des amateurs d’art. ERREUR ! Ce roman est formidable, car il repose sur un personnage de commissaire hors norme et dont les pensées nous décrivent sa psychologie. Car s’il est compétent et intelligent, il a un coté gaffeur qui le rend sympathique. A travers de nombreuses réflexions humoristiques, Chrétien Bompard nous montre un monde décalé avec une vision loufoque qui nous tire d’incessants sourires.

Avec son équipe de bras cassés qui a du mal à avancer tant que le chef ne leur a pas dit où ils devaient chercher, on avance dans une intrigue qui, petit à petit, s’avère complexe et profondément ancrée dans le passé. Et autant la première partie du livre est humoristique, autant la deuxième devient stressante quand Bompard est personnellement touché par l’assassin. Jusqu’à un dénouement que l’on aura du mal à deviner.

Ce premier roman est remarquablement maitrisé et m’a fait penser aux premiers romans de Carlo Lucarelli. Avec cet opus, Catherine Bessonart a écrit un formidable premier roman, avec un vrai ton original plein d’humour, costaud dans son intrigue avec un personnage rigolo et attachant. Et quand on lit sur la couverture que c’est la première enquête de Chrétien Bompard, je piaffe d’impatience et de plaisir à l’idée de suivre ce personnage fort sympathique.

L’été des meurtriers de Oliver Bottini (Editions de l’aube)

J’en avais parlé lors d’un billet d’information du mardi, les quatrièmes de couverture me plaisaient beaucoup. Rien que l’idée de rencontrer un nouveau personnage récurrent, féminin, c’était suffisant pour que je me penche sur cet auteur.

2003, Kirchzarten, près de Fribourg. Nous sommes en plein été et il fait chaud, très chaud. Une grange, perdue au milieu des champs, brule. Adam Baudy est le premier à s’en apercevoir et il prévient les pompiers. Plusieurs casernes déplacent leurs véhicules, surtout pour éviter que le feu se propage aux champs ou forêts avoisinants. Baudy reste aux environs, il sait quoi faire dans ces cas là, il est pompier volontaire.

Le feu est vite maitrisé. Les pompiers s’apprêtent à aller fouiller les décombres, mais ne s’attendent pas à trouver quoi que ce soit, sauf du foin carbonisé. Mais Baudy a l’impression que le sol est prêt à s’effondrer, alors qu’on lui dit qu’il n’y a pas de cave. Gubnik, un des pompiers, s’avança vers la grange d’où s’échappe encore des fumées. Quand tout d’un coup, une gigantesque explosion secoue le bâtiment détruit.

Effectivement, il y avait une cave. Et dons la cave, on trouve quelques centaines d’armes, des armes de guerre. Mais on n’y trouve pas de munitions. Ce dépôt appartient-il à des extrémistes, des groupuscules néonazi, ou bien est-ce tout simplement une cache servant à un trafic d’armes à l’international. Louise Boni va mener l’enquête.

Quand on commence un roman d’un nouvel auteur, il y a forcément une phase d’adaptation à son style. Dans le cas d’Oliver Bottini, il faut savoir qu’il ne décrit jamais les lieux où évoluent ses personnages, il centre l’essentiel de ses actions sur ses personnages. De même, les dialogues sont réduits à leur plus simple expression, avec des réparties qui semblent incomplètes. Mais c’est aussi une façon de faire participer le lecteur, comme pour montrer que quand on parle, on discute beaucoup à demi-mot. Au début, c’est franchement déroutant ; puis au fur et à mesure, on se laisse prendre au jeu.

Car les qualités de cet auteur sont cette façon qu’il a de mener son intrigue. Il part d’un fait divers tout simple, et petit à petit, il rajoute sur la base de son gâteau une couche, puis une autre, puis une autre. Il ne s’encombre pas de fausses pistes, mais préfère plutôt creuser son sujet par couches successives. Et quand on veut montrer l’ampleur du trafic d’armes dans le monde, l’hypocrisie de nos politiques, la façon dont est organisé le meurtre des gens qui sont au dehors de nos frontières, ce procédé est redoutablement efficace. Rassurez-vous, je n’ai rien dévoilé de l’intrigue ! Mais sachez que Oliver Bottini aime secouer son lecteur, lui foutre des baffes pour que le propos entre bien dans sa petite tête lobotomisée de téléspectateur, qui s’abreuve de séries ou de films ineptes.

Evidemment, l’auteur ne propose pas de solution, il dénonce, il découvre, il montre ce qui se passe tous les jours. Loin d’être fait sur un ton fataliste, l’ensemble est tout de même bien pessimiste, à l‘image de son personnage principal, Louise, qui est l’autre énorme atout de ce roman. Elle est une ancienne alcoolique et revient d’une cure de désintoxication. Si Oliver Bottini passe beaucoup de temps à nous montrer son combat contre la rechute, il nous fait surtout partager sa souffrance, sans que cela soit trivial, évident, nunuche. J’ai adoré ce personnage, j’ai adoré ces moments où elle se retrouve dans son salon à regarder sa bouteille d’alcool sur la table du salon à se dire : « Pas aujourd’hui ». Pour faire une comparaison, j’ai trouvé dans ce personnage beaucoup de Malin Fors, le personnage de Mons Kallentoft. On y trouve aussi le regard que portent les autres, ses collègues, sur le retour de l’alcoolique au sein du service. Toutes ces scènes sont remarquables.

L’été des meurtriers, c’est la deuxième enquête de Louise Boti. Si on peut lire celle-ci sans avoir lu la précédente, je pense qu’il serait bien de lire Meurtre sous le signe du zen, avant d’attaquer celle-ci. Je ne l’ai pas fait et je pense que cela permettrait de s’imprégner plus facilement du service et des noms des collègues de Louise. Et ce que vous devez retenir, c’est que ce roman est d’une noirceur et d’un réalisme impressionnant. Et qu’à la fin, on a envie de crier : Courage Louise, j’arrive !

Ne ratez pas l’avis de Garoupe sur l’été des meurtriers ainsi que sur Meurtre sous le signe du zen

L’information du mardi : Un nouveau personnage à l’Aube

Les éditions de l’Aube sortent en ce mois de septembre une nouvelle série, avec un personnage récurrent féminin. Il y a plusieurs raisons pour s’intéresser à cette série. Tout d’abord, le personnage principal est un personnage féminin. Ensuite, c’est un roman policier allemand. Enfin, les 4èmes de couvertures sont bigrement alléchantes. Jugez en par vous-même :

L’été des meurtriers de Oliver Bottini

Eté des meurtriers

Publié dans une dizaine de pays. 3e prix du Polar allemand 2007 (90 000 exemplaires vendus)

Présentation du livre :

Kirchzarten, un paisible village au milieu des forêts, une quiétude que rien jamais ne vient troubler… jusqu’au jour où une grange prend feu. Cet incendie on ne peut plus banal dégénère soudain en une catastrophe d’une ampleur insoupçonnée : le sous-sol de la grange recelait une importante cache d’armes de guerre. Quand Louise Boni, commissaire de police à Fribourg, commence l’enquête, elle n’imagine pas où elle met les pieds. Terrorisme venu de l’ex-Yougoslavie ? Terroristes pakistanais ? L’enquête piétine quand un homme fait irruption dans son appartement et prétend être membre des services secrets. Il exige qu’elle oublie la piste pakistanaise et rentre gentiment à Fribourg… Un rythme à perdre haleine et une enquête digne des plus grands !

Presse : «Bottini s’exprime à travers des images recherchées, dans un langage clair et exempt de toute banalité, de tous clichés. Il signe une synthèse du roman littéraire et policier. » Mechtild Blum, Badische Zeitung

Meurtre sous le signe du zen de Oliver Bottini Meurtre sous le signe du zen

Publié dans une dizaine de pays.

Présentation du livre :

Louise Boni, détective à la section d’intervention de la criminelle de Fribourg, 42 ans, divorcée, vit un samedi comme tous les autres : elle travaille. Il neige et elle déteste la neige, qui lui rappelle le jour où un accident a tué son frère, le jour où son mari l’a quittée et le jour où elle a tué un homme. Elle est donc plongée dans la contemplation des flocons qui ravivent chez elle de mauvais souvenirs quand elle reçoit l’appel le plus étonnant de sa carrière : son supérieur l’envoie à la recherche d’un moine bouddhiste errant dans les rues de Breisgau, vêtu d’une simple toge et de sandales.

Presse : « Il y a longtemps que personne n’avait écrit ainsi, avec une telle force, une telle puissance dans les images. » Die Zeit

Présentation de l’auteur :

Oliver Bottini est né à Nuremberg en 1965. Il grandit à Munich, où il étudiera la littérature moderne et l’italien. Installé à Berlin, il décide de se lancer dans l’écriture d’une série policière mettant en scène un personnage féminin, Louise Boni