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Nuit blanche aux sons des tam-tams de Patrick-Serge Boutsindi

Editeur : L’Harmattan

Je vous propose une curiosité pour changer, un roman décidément pas comme les autres. Dans ce roman, vous y trouverez deux thèmes principaux, un style fluide mais surtout une forme qui se rapproche d’une pièce de théâtre. A réserver aux curieux …

Jean-Marc Balagot est reconnu pour sa rigueur dans son travail, mais aussi sa capacité de travail, ce qui lui a occasionné des difficultés dans sa vie de couple. Alors qu’il est chargé d’une affaire de disparition de personne, son chef lui demande de s’occuper d’une autre enquête à cause de son passé dans la police d’immigration.

La première affaire concerne la disparition de Madame Papin, qui a été signalée par son mari seulement cinq jours après son absence. La famille Papin est propriétaire de deux pharmacies au Luxembourg, tout proche de Thionville et mène donc une vie aisée. Le couple était en instance de divorce et madame Papin avait déjà fait une « fugue », annonce le mari pour justifier son retard d’avoir prévenu les autorités.

Puis une jeune fille vient s’adresser au commissariat. Lisa Mayombé annonce être originaire de la République Démocratique du Congo et mineure. Dans ce cadre, elle peut bénéficier d’un foyer d’accueil. Le travail de Jean-Marc Balagot va donc consister dans un premier temps à confirmer que la jeune fille est mineure, et dans un deuxième temps de retrouver la personne qui l’a fait venir en France, dont il découvre rapidement le nom : Félix Lokito. Il soupçonne un trafic d’immigration clandestine puisque c’est la troisième personne que l’on trouve à Thionville dans le même cas.

D’origine africaine, plus exactement de Congo-Brazzaville, l’auteur apporte à cette histoire une sorte de nonchalance dans le déroulement de l’enquête. Nous avons deux enquêteurs de la paisible ville de Thionville, aux prises avec deux enquêtes à mener en parallèle, qui contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne vont pas se rejoindre. Car l’originalité de ce roman ne réside pas là …

En effet, ce livre est quasiment exclusivement composé de dialogues et d’aucune description. Ceci m’a donné l’impression de lire une pièce de théâtre dans la forme, car il n’est fait aucune mention des sentiments ou réactions des protagonistes. L’histoire (et donc les enquêtes) va donc avancer grâce aux nombreux interrogatoires qui va être bouleversée par la mort du passeur.

La forme prenant le pas sur le fond, la vie et les sentiments des policiers comme des suspects m’a semblé juste abordé, de même que les thèmes qui, pourtant, auraient demandé à être creusés. J’aurais en particulier aimé que l’auteur entre plus dans les détails sur les réseaux d’immigration clandestine, et même dans l’autre thème abordé en fin de roman dont je ne peux rien vous dire au risque de dévoiler l’aboutissement de l’intrigue.

Ce roman est donc à prendre comme un premier polar de l’auteur, et il montre un auteur conscient du monde qui l’entoure. Si je reste un peu sur ma faim, cette lecture restera ma première expérience de lecture en termes de théâtre policier, très loin de tout ce qu’on peut lire dans les romans policiers ou thrillers actuels. Si vous êtes curieux, lancez-vous dans cette lecture …

Tantum Ergo de Maurice Daccord

Editeur : L’Harmattan

L’arrivée d’une nouvelle collection de romans policiers aux éditions de L’Harmattan, appelée sobrement Noir, se fête au même titre qu’une nouvelle série mettant en scène deux enquêteurs aux noms rigolos. Une lecture festive.

Proche de la retraite après avoir passé plusieurs années dans la compagnie d’assurances Le Parapluie, Eddy Baccardi décide de changer de vie et de travailler à son compte. Il s’aperçoit bien vite que les couples ne sont pas faits pour durer et ouvre une société d’écoute de futurs divorcés. Essayant d’arrondir les angles, de prodiguer des conseils de pseudo-psychologue, sa clientèle s’étoffe rapidement par un efficace bouche à oreille grâce à ses qualités d’écoute.

Un matin, un commandant de gendarmerie au nom étrange, Léon Crevette, le convoque au poste. Une femme a été trouvée égorgée avec une gravure sur le ventre : Tantum Ergo. Dans les papiers de la défunte, le commandant a déniché les coordonnées de Baccardi. Effectivement, il s’agit bien d’une de ses clientes mais, code de déontologie oblige, il ne peut guère aider le gendarme sur la vie privée de la dame.

Mais en quelques jours, les cadavres s’amoncellent. On retrouve une puis deux puis … toutes des femmes et presque toutes clientes de Baccardi. Les deux hommes vont allier leurs forces pour dénicher le coupable.

Ni le thème du serial killer, ni celui de la vengeance ne vont révolutionner le genre. La trame de ce roman est classique et le couple dissonant d’enquêteurs des éléments déjà rencontrés dans le polar. On peut même y trouver des indices qui tombent du ciel et font avancer l’enquête comme par hasard. on ne va pas y chercher ici une révolution du genre, mais plutôt une variation doucement virevoltante.

Et pourtant, si je parle de ce roman, c’est bien parce qu’il possède un ton fantasque, amusant, léger et bigrement humoristique, sans faire dans la lourdeur. J’ai particulièrement aimé les clins d’œil au genre, et les sous-entendus qui font sourire car placés au bon endroit. Il faut dire que Maurice Daccord écrit bien, simplement, et qu’on trouve un plaisir certain à lire ce roman court qui ne se veut rien d’autre qu’un divertissement. Ce qui est sûr, c’est que je serai au rendez-vous de leur prochaine enquête.