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Tant qu’il y a de l’amour de Sandrine Cohen

Editeur : Editions du Caïman

Auréolée du Grand Prix de la Littérature Policière pour Rosine, une criminelle ordinaire, qui était son premier roman, Sandrine Cohen nous revient avec un deuxième roman qui comporte la même fougue et la même charge émotionnelle. Un roman fort, bouleversant.

Dans un pavillon de Saint Denis, Suzanne élève ses quatre enfants qu’elle a eus de quatre pères différents. Avec son salaire de caissière de supermarché, les fins de mois sont difficiles. Heureusement Achille, l’ainé de 17 ans, joue l’homme de la maison auprès des petits. Suzanne mène sa troupe comme un capitaine de frégate face aux soubresauts de la tempête. Elle a voulu son foyer comme un cocon contre les agressions extérieures, où la bonne humeur est reine. D’ailleurs les enfants se nomment eux-mêmes « Les trois mousquetaires », unis comme les doigts de la main, à la vie, à la mort, Achille, Jules, Arthur et Mathilde.

Suzanne aime les gens, tout le monde mais pas le monde. Elle est capable de tomber amoureuse d’un regard, ce qui explique tous ses enfants. Suzanne est née début novembre, comme Mathilde. Comme c’est un mois triste, on fêtera celui de Mathilde le 18 juin. Son dernier amour en date, Ismaël ne donne pas de nouvelles, ne lui a pas souhaité son anniversaire, alors inquiète, elle demande aux enfants de scruter son profil sur un réseau social. Mais Jules reste penché sur son jeu de Smartphone, Arthur s’acharne sur son devoir d’école tandis que Mathilde rayonne au milieu de cette joyeuse troupe.

Malgré les mauvaises nouvelles serinées par BFMTV, toute la famille décide de mettre de la musique et danse, avant d’aller se coucher. Mathilde a peur de dormir toute seule, la faute à son père violent Toni, tout juste sorti de prison, Mathilde que le clan protègera envers en contre tous. Jules lui, vient de recevoir une nouvelle promesse de son père Clément, un week-end à Eurodisney, à laquelle il croit mais qui n’aura jamais lieu.

Le lendemain, les enfants vont à l’école et Suzanne a décidé que cette journée serait belle. A ce moment, elle reçoit un texto d’Ismaël, son dernier amour en date. Il s’excuse de son silence, de son absence, et passe la voir. Il lui fêtera son anniversaire samedi prochain. Mais pour cette famille qui vit positivement, le monde va s’acharner à coups de mauvaises nouvelles, à commencer par les attentats du 13 novembre, puis l’absence d‘Ismaël. Suzanne va en finir avec ce monde et les enfants vont devoir trouver des solutions pour que Mathilde ne retourne pas auprès de son père.

Bien que ce ne s’agisse pas à proprement parler d’un polar, on retrouve dans ce roman toute la fougue, la verve, le rythme et le ton que l’on avait apprécié dans Rosine, une criminelle ordinaire. Sandrine Cohen y ajoute une passion, celle de conter l’histoire de cette famille hors du commun, que l’on pourrait juger, vu de l’extérieur, comme irresponsable. Seulement, à force de montrer chaque enfant vivre, Suzanne en capitaine de l’équipe, on arrive à croire à ce groupe. Mieux même on va vivre avec eux.

Cette magie, ce pari hautement relevé, se réalise non seulement grâce aux personnages bigrement réels (à tel point que je me suis demandé si Sandrine Cohen ne connaissait pas une telle famille), mais aussi à ces situations et à ces dialogues savoureux et d’une véracité incroyable. On se prend d’affection pour ce groupe, tous un par un, du plus grand au plus petit et même pour ceux qui gravitent autour, Clément, Ismaël et l’autre Mathilde.

Ces trois mousquetaires, protégés du monde extérieur grâce à la force insufflée par Suzanne, va tout de même devoir faire avec les règles et leur injustice, les lois et leur rigidité, car il s’agit pour eux d’une question de survie. Sandrine Cohen pointe l’absence de compréhension, le refus de chercher à comprendre les gens différents de la normalité, la facilité d’appliquer à la lettre des règlements qui ne s’appliquent pas à des cas particuliers.

Elle nous montre aussi dans ce très beau roman, qu’il reste encore une place pour le bonheur, qu’il réside peut-être juste dans une soirée crêpes, qu’il suffit de regarder jouer un enfant, ou bien de mettre un morceau de musique pour se mettre à danser, qu’il faudrait retrouver notre âme d’enfant pour que ce monde devienne un peu meilleur, un peu moins cruel et un peu moins injuste.

Malgré les informations qui tentent de ruiner le moral de cette troupe, la télévision branchée sur BFMTV (Syrie, les disparitions d’enfants, les journalistes, les experts autoproclamés …) pour nous rappeler les malheurs du monde, Sandrine Cohen, à travers ses personnages parsème son intrigue de morceaux de musique (dont Suzanne de Leonard Cohen, bien sûr), qui sont autant de bouffées d’air au milieu de la mélasse. Ce roman, c’est juste un écrin fragile, qu’il faut lire et relire pour retrouver le sourire, un souffle de renouveau, un appel à regarder le monde autrement même si la fin nécessite quelques mouchoirs. Magnifique deuxième roman !

Je vous signale que Rosine sort le 14 septembre chez J’ai lu et que cette une lecture immanquable :

Skaer de Philippe Setbon

Editeur : Editions du Caïman

Philippe Setbon fait partie de ces auteurs capables de vous emmener dans des scénarii prenants, toujours portés par des personnages forts auxquels on croit d’emblée. Il ne faut pas rater Skaer !

Skaer a acheté et retapé une petite cahute juchée sur une colline en plein pays basque, du côté d’Ilbaritz. En contrebas, se tient une belle demeure, dans laquelle vient d’arriver une famille. Toujours à l’affut, il observe le mari qui semble énervé. En descendant prudemment et sans faire de bruit, il entend le mari frapper sa femme et lui intimer de ranger la maison, avant de s’en aller en ville.

Stéphanie est en train d’éponger le sang qui coule de son nez quand Skaer entre dans la propriété. Il n’a jamais apprécié que l’on s’en prenne à une femme. Il conseille à Stéphanie et Celestia, sa fille adolescente, de ne pas s’inquiéter. Son mari ne la violentera plus, il en fait une affaire personnelle. Derrière sa barbe qui cache des cicatrices, Skaer devrait faire peur mais il dégage une aura de confiance.

Skaer s’introduit dans la chambre d’hôtel du mari. Quand ce dernier rentre, il lui met le marché en main : ne plus avoir aucun contact avec sa femme et sa fille. Comme il refuse, Skaer le tue et maquille le meurtre en accident. Pour le lieutenant Paul Burgonges, l’accident ne fait aucun doute. Lorsqu’il annonce le drame à Stéphanie, il rencontre Skaer. Les deux hommes se trouvent un objectif commun, trouver le tueur d’enfants qui a déjà fait cinq victimes.

Je ne vais pas tourner autour du pot, ce roman est un petit bijou de polar. La fluidité du style de l’auteur n’est plus à démontrer, son talent à bâtir des intrigues costaudes non plus. Mais il me semble qu’il a mis beaucoup d’application dans la construction de l’intrigue qui est tout simplement remarquable et qu’il n’a laissé aucune zone d’ombre en ce qui concerne le passé des personnages et leur psychologie.

Stéphanie peut apparaitre comme la victime, et Skaer comme le sauveur, le chevalier. Mais c’est surtout le personnage de Celestia qui crève l’écran, tant elle prend de l’ampleur au fur et à mesure de l’intrigue au point de voler la vedette à Skaer. Cette gamine apparait comme une battante, elle soutient sa mère, se montre d’un courage proche de l’inconscience et elle est bigrement attachante. Skaer est construit comme un personnage plus classique. Il est présenté comme un barbouze, un soldat déserteur, capable de revêtir différentes identités, de se fondre dans l’ombre et d’être sans pitié quand il le faut. Enfin, Burgonges aurait pu être le niais dépassé par les événements mais l’auteur l’a voulu comme le complice de Skaer … et je ne vous en dis pas plus.

A construire son roman comme il l’a fait, on imagine sans mal cette histoire adaptée au cinéma, tant l’écriture est visuelle, le scénario remarquable, le découpage des scènes implacable et les dialogues savoureux et évidents. Toutes ces qualités font de ce roman un divertissement très haut de gamme, le genre de polar dont vous souviendrez longtemps tant vous y aurez trouvé du plaisir à sa lecture.

Au passage, la photographie en couverture est superbe.

Venture de Philippe Paternolli

Editeur : Editions du Caïman

Ce roman constitue une belle découverte en ce qui me concerne et ce n’est qu’après avoir tourné les premières pages que je me suis aperçu qu’il s’agissait déjà du septième roman mettant en scène Vincent Erno, membre d’un groupe de barbouzes dirigé directement par le premier ministre. Comment ai-je pu passer au travers de ce cycle ? Toujours est-il que je n’ai ressenti aucune gêne en n’ayant lu aucune des aventures précédentes, ce qui est très bon signe.

L’ambiance bat son plein au Stade Vélodrome pour le « Classico » français, opposant L’olympique de Marseille au Paris Saint-Germain. Pour l’occasion, le gouvernement s’est déplacé, si ce n’est en nombre, au moins en importance : Deux hommes du gouvernement Fréville se sont déplacés, Xavier Bréhémont le premier ministre et Laurent Chazelet le ministre de l’intérieur.

Juste avant le coup d’envoi, deux hommes pénètrent sur la pelouse. L’un d’entre eux chipe la balle et va marquer un but au gardien parisien pendant que le deuxième filme tout sur son portable. La foule en liesse les encense, pendant que les deux hommes du gouvernement révisent leur discours de fin de match, qui ont été écrit à l’avance. Chacun a prévu un message différent en fonction du futur score. Soudain, la tribune présidentielle explose.

Heureusement, les deux hommes politiques s’en sortent indemnes. Le premier ministre convoque Vincent Erno, qui a démissionné du Cube, cette cellule secrète dirigé par Xavier Bréhémont. On lui donne tous les pouvoirs, bénéficiera d’un contrat spécial et devra faire le jour sur cette tentative d’attentat, avec la DCRI dirigée Par Laurent Chazelet. Vincent Erno va devoir démêler le vrai du faux qui se cache dans ce panier de crabes, d’autant plus que le président Fréville a annoncé ne pas vouloir se représenter, laissant la place à ses deux dauphins.

Comme je le disais, je suis rentré dans ce roman sans aucune gêne, malgré le fait que cela constitue le septième tome des enquêtes de Vincent Erno (et le dernier, nous dit l’auteur en fin de volume). Et a situation, pour compliquée qu’elle puisse paraitre, s’avère remarquablement bien expliquée pour qu’elle nous devienne limpide. Voilà déjà une des grandes qualités de ce roman.

Le scénario va comporter beaucoup de fausses pistes et nous mène en bourrique un peu à la façon de ceux de Mission Impossible. Par contre, s’il y a quelques scènes d’action, ce n’est pas le but de l’auteur. Philippe Paternolli nous concocte plutôt une enquête classique qui va petit à petit devenir un roman intime quand Vincent Erno va être obligé de se planquer chez une projectionniste de cinéma.

Et dans ce moment-là, on apprécie à sa juste valeur la fluidité du style de l’auteur et sa faculté à être aussi à l’aise dans les scènes d’enquête que dans les scènes intimes. A tel point, qu’on est triste de laisser les personnages de ce livre et qu’on a pris du plaisir à fréquenter Vincent et Raphaëlle. En ce qui me concerne, ce roman est une très bonne découverte, une belle réussite, alors n’hésitez pas !

Des poches pleines de poches

C’est déjà la 11ème rubrique consacrée aux livres de poches, avec deux auteurs que j’affectionne particulièrement : Luis Alfredo et Jérémy Bouquin

Divin Toulouse de Luis Alfredo

Editeur : Cairn éditions

Depuis quelque temps, la ville de Toulouse connait une série d’actes odieux qui adviennent tous les mardis. Tous ces actes, du vandalisme d’un cimetière à l’agression violente de personnes (prostituées ou homosexuel) vont atteindre leur apogée pendant le carnaval où l’explosion d’un char va tuer une vieille femme. Le groupe s’appellerait Groupe Divin-Marquis en faisant référence au Marquis de Sade.

Le compagnon d’une des victimes va demander au détective privé Juan Nadal de trouver les coupables, ne faisant que peu confiance à la police pour résoudre un tel cas. Il va prendre contact avec son ami René-Charles de Villemur (que l’on connait par ailleurs dans la série Itinéraire d’un flic du même auteur) et faire la rencontre de sa voisine Juliette, elle aussi victime du groupe pour ses activités de prostituée.

On retrouve dans ce roman ce style si littéraire que j’adore qui convient parfaitement à cette histoire, surtout quand on fait appel au Marquis de Sade. Ecrit à la première personne, on va découvrir Juan Nadal et ses centres d’intérêt (surtout les belles femmes). Le scenario va respecter tous les codes du genre, des interrogations de l’enquêteur aux interrogatoires des intervenants, des scènes d’action aux scènes de sexe.

Il est amusant d’avoir voulu, de la part de l’auteur, entrer dans cette histoire et proposer au lecteur (et donc à Juan aussi) une énigme inextricable et impossible à résoudre. Le déroulement en ressort aussi fortement appréciable mais surtout remarquablement retors, en nous ayant manipulé tout au long de ces 300 pages, sans oublier l’humour doucement cynique qui relève l’intérêt. Du très bon polar.

Tableau noir du malheur de Jérémy Bouquin :

Editeur : Editions du Caïman

Céline débarque dans sa nouvelle maison de banlieue avec son adolescent Ghislain. Elle va prendre en charge une classe de CM2 et on lui a réservé la classe des « durs ». Pour elle, il s’agit surtout de tourner la page d’un passé douloureux, avec la mort de son mari dans un accident de la route et une belle famille qui veut exercer son droit de visite (voire plus) sur leur petit fils.

« La nostalgie a le goût de l’amertume. La mélancolie, celui d’un relent de bière. » (Page 178)

Après la journée d’intégration des professeurs des écoles, elle découvre sa classe et commence par évaluer leur niveau. Elle se rend vite compte des énormes lacunes qu’ils ont, et fait connaissance avec le noyau dur, au fond de la classe : Kevin, Tanguy et surtout Gary. Et quand elle s’épanche auprès du directeur de ses observations, on lui rétorque que l’année prochaine, ils auront quitté l’école élémentaire et cesseront donc de gêner les autres ici.

Ce roman fait partie des romans de l’auteur qui vont faire un constat sur la vie des « petites » gens à travers une intrigue qui se veut autant sociale que noire. Céline veut faire son travail de la meilleure façon qui soit, parce qu’elle croit en son métier. Elle s’aperçoit vite que tout le monde a jeté l’éponge et songe plus à se débarrasser des éléments gênants, plutôt qu’à remplir leur fonction.

On le voit tous les jours, on le subit tous les jours et on ne fait rien quant à l’éducation de nos enfants. Face à ce constat sans appel, Jérémy Bouquin y ajoute une intrigue qui montre une jeune femme poussée à bout et qui petit à petit va perdre pied, aussi bien dans sa sphère personnelle que son environnement professionnel. A partir de là, il ne faudra pas attendre une issue positive et on en ressort avec un goût amer dans la bouche.

Pleine balle de James Holin

Editeur : Editions du Caïman

De cet auteur, j’aurais lu avec plaisir tous ses polars pour ses intrigues bien construites mais aussi pour son ton sarcastique. On rit beaucoup à la lecture de ses histoires pleines de créativité et c’est encore le cas ici.

Camerone, commissaire de la Police Judiciaire de Creil, se rend à une réunion du directeur de cabinet du préfet, qui s’appelle Pisse-Vinaigre. Perdre son temps dans des beaux bureaux l’énerve au plus haut point, surtout un vendredi soir, à quelques jours de Noël. Camerone leur annonce avoir arrêté la meurtrière qui a tué le docteur à coups de marteau. Puis la discussion dérive sur des plaintes sans intérêt, du shebagging (les femmes qui mettent leur sac sur une place vide dans les transports en commun) au mansplanning (les hommes qui coupent la parole aux femmes) en passant par le manspreading (les hommes qui s’assoient les jambes trop écartées). Hilarant !

En rentrant chez lui, il aperçoit une équipe de gendarmes afférés sur une voiture brûlée, une Clio, en pleine campagne picarde. Camerone s’arrête un peu plus loin et leur demande de vérifier la plaque d’immatriculation. La radio leur confirme une plaque volée. Camerone est persuadé qu’un casse se prépare, ce qui serait cohérent avec l’attaque au gaz récente de deux guichets de distribution de billets.

Camerone apprend qu’un casse d’une concession automobile BMW a eu lieu dans la nuit. Il est persuadé que la Clio a été utilisée à cette fin. Effectivement, les truands ont emprunté une X6. Après avoir pris des informations auprès d’un de ses indics manouche, il va embarquer son équipe dans une folle équipée à la poursuite de la BMW, conduite à n’en pas douter par son ennemi personnel, le Blond.

James Holin va prendre le temps de nous présenter son personnage principal, Camerone, kabyle d’origine, entouré d’une aura de héros, suite à des événements passés que tout le monde a monté en épingle. Camerone donne l’impression, dès les premières pages, de se battre contre tout le monde. Peut-être est-ce dû au fait qu’il a perdu sa main droite, qu’il a remplacé par une prothèse en résine noire ? Ou bien à sa stature imposante ? Ou à son attitude toujours rentre-dedans qui laisse envisager qu’il n’a peur de rien ?

Camerone est obsédé par le Blond, qu’il a rencontré par le passé, et qu’il n’a pas réussi à arrêter. Son flair lui indique que le Blond prépare des casses de distributeurs automatiques. En totale autonomie, Camerone emmène toute son équipe : Leïla avec qui il a une relation et qui a demandé sa mutation, Bernard, Martoche et Testo le jeunot de l’équipe. Nos cinq comparses vont se partager entre deux voitures et commencer la course poursuite à travers la Picardie.

Et là, c’est tout simplement génial ! James Holin profite de cet huis-clos pour détailler les psychologies des flics et leurs relations entre eux. C’est d’autant mieux fait que par moments, cela tourne au Vaudeville, et le ton sarcastique et foncièrement cynique emporte l’adhésion. Et les événements sont suffisamment bien construits pour faire évoluer les cinq flics et notre perception de la réalité, bien différente de ce que l’on aurait pu imaginer de prime abord.

Finalement, James Holin fait encore plus fort que Bullitt, vous savez, le film avec Steve McQueen qui comportait une course-poursuite en voiture de plus de vingt minutes. James Holin fait plus fort car son intrigue tient sur 260 pages, et jamais on ne ressent de lassitude. Au contraire, plus on avance dans le livre, plus on se passionne pour cette histoire, pour ces personnages et la fin, totalement logique, fait tomber le rideau de grande et belle façon.

Ne ratez pas les avis de l’Oncle Paul et Jeanne Desaubry

Nous sommes bien pires que ça de Guillaume Audru

Editeur : Editions du Caïman

Cela peut ressembler à une lapalissade, et pourtant, chaque nouveau roman de Guillaume Audru est attendu comme le facteur qui m’apporte des livres à lire. J’ai ouvert avec fébrilité l’enveloppe, sachant que l’auteur s’attaquait à un sujet bien difficile, les bagnes positionnés en plein désert algérien pendant et après la première guerre mondiale.

1955. Gabriel Fleurus débarque en Algérie sous un soleil étouffant. Depuis l’insurrection de la Toussaint, la situation reste fortement tendue, en Kabylie comme ailleurs. Il arrive à Bougie et se dirige vers l’hôpital, où il a rendez-vous avec le colonel Julien Gardanne. Ce dernier lui a envoyé une lettre pour lui parler de Simon Fleurus, le père de Gabriel et des circonstances dans lesquelles ils se sont côtoyés.

1918. Le capitaine Simon Fleurus s’est illustré lors des batailles de la Marne et de Verdun, mais sa réputation auprès des troupes s’est ternie suite à sa participation aux tribunaux militaires condamnant les mutins du Chemin des Dames.

1919. La guerre finie, le capitaine Simon Fleurus n’en peut plus des horreurs de la guerre. Chargé de comptabiliser les corps sur le champ de bataille, de leur trouver un nom, il demande sa mutation. Sa hiérarchie ne l’entend pas de cette oreille. Le colonel Duchet et le général Bréville le chargent d’une mission d’enquête auprès des bagnes que la France a installés en Algérie, pour mater les récalcitrants à l’autorité. Le capitaine, forcé d’obéir aux ordres, prend donc la direction de Marseille puis d’Alger, avant d’entamer une marche de plusieurs jours dans le désert vers Ouchkir, un nom associé à l’enfer.

Il semblerait que Guillaume Audru nous fasse voyager par l’intermédiaire de ses polars. Après l’Ecosse (L’île des hommes déchus et Les chiens de Cainrgorm), et un bref passage par le France (Les ombres innocentes), nous prenons la direction de l’Algérie, au lendemain de la première guerre mondiale. L’auteur va nous parler d’événements peu connus, les bagnes situés en plein désert.

L’atmosphère lourde et étouffante va appesantir l’ambiance de ce roman, dans un climat torride le jour, glacial la nuit. Sous un soleil implacable, de pauvres bougres cassent des pierres sous l’œil froid des gradés pour les remettre dans le « droit chemin ». On ne leur reproche que des broutilles, pour la plupart, une insulte envers un supérieur, voire juste refuser de porter un pantalon trop petit.

On assiste effarés à la discipline, poussée à ses extrémités, transformant des hommes à l’état de choses. Cette maison de correction visant à remettre ces jeunes gens dans le droit chemin se transforme alors en camp de concentration où les surveillants peuvent s’en donner à cœur joie sans risque de représailles. En face d’eux, le capitaine Fleurus, avec ses fragilités (on le voit pleurer devant la dureté des conditions de vie) et le major Louis Zamberlan, fils de général et étrangement distant, se retrouvent seuls dans cette bataille, d’autant plus que les morts vont s’accumuler.

On connait l’existence de bagnes depuis le dix-huitième siècle et même peut-être avant. La situation présentée ici est d’autant plus inacceptable que la guerre est finie, que les sanctions exigées par la discipline armée ne sont plus nécessaires, que les causes même qui ont amené ces jeunes dans le désert sont idiotes en temps de paix. Cette illustration de l’obéissance aveugle mais aussi des monstres qui peuplent les armées nous touche devant tant d’absence d’humanité.

Même si les personnages sont très clivés, opposant les méchants et les gentils, le scénario, les décors et les ambiances nous plongent dans un monde impitoyable d’un autre temps, où les limites n’existent plus. Humainement fort, avec un sujet peu abordé, ce roman mérite aussi que l’on se penche dessus pour la formidable plume évocatrice de Guillaume Audru, très littéraire, qui ajoute au plaisir de lecture.

Le chouchou du mois de janvier 2021

C’est reparti pour une nouvelle année de polars ! je ne sais pas si toute l’année va continuer sur cette lancée, mais quand je regarde les avis que j’ai publiés, j’ai noté la présence de beaucoup de romans français et beaucoup de premiers romans.

Cette année, la rubrique Oldies sera consacrée aux 15 années d’existence des éditions Gallmeister. Nous avons commencé par L‘insigne rouge du courage de Stephen Crane (Gallmeister), un classique du 19ème siècle de la littérature américaine qui nous plonge dans la guerre de Sécession. Le style flamboyant nous emporte par son évocation du front, faisant appel à tous nos sens.

Autre roman américain, Ohio de Stephen Markley (Albin Michel) fut très remarqué l’année dernière et je dois dire qu’il m’a impressionné par l’image qu’il donne de la société. L’auteur nous montre, de façon subtile, que toute personne non politiquement correcte se retrouve confrontée au Système institutionnel qui se charge de le laminer. Bien qu’un peu bavard, ce premier roman, roman choral qui plus est, étonne et détonne.

A part ces deux romans américains, tous les autres romans chroniqués sont français. Et signe des temps (Sign’ o’ Times), j’aurais chroniqué deux romans humoristiques, Tantum Ergo de Maurice Daccord (L’Harmattan) qui inaugure une série par une enquête originale, fort bien construite et fort drôle, et La route coupée de Guillaume Desmurs (Glénat), deuxième enquête se déroulant dans la station de ski fictive de Pierres-Fortes, meilleure à mon avis que la première. Les deux racontent une recherche d’un tueur en série, mais pas comme les thrillers américains, avec classe. Si vous cherchez à vous changer les idées, à faire des provisions de bons mots, de jeux de mots et de phrases incontournables, tournez-vous vers ces deux romans là.

En termes de premiers romans, les curieux vont être comblés avec Les Abattus de Noëlle Renaude (Rivages), un roman social d’un homme né dans une famille pauvre qui voit des morts apparaitre dans son entourage. Ce roman possède un vrai ton original et mérite qu’on se penche dessus. Avec Nos corps étrangers de Carine Joaquim (Manufacture de livres), l’auteure réalise une très belle autopsie d’un couple en crise, avec une plume simple mais bigrement expressive.

Depuis quelque temps, je me penche de plus en plus souvent sur des nouvelles. Dans Il y a un ange dans le garage de Daniel Pasquereau (Zinedi), l’auteur, au lieu de nous présenter des scènes, nous peint des pans de vie qu’une décision fait basculer. Ce recueil possède quelques pépites autant dans le polar que dans le genre fantastique.

Parmi les auteurs que je suis, par pur plaisir, Solitudes de Niko Tackian (Calmann-Lévy) est un roman qui apparait très personnel. Ecrit pendant le premier confinement, l’auteur choisit de jouer sur une opposition entre enfermement (intérieur) et grands espaces (l’action est située dans le Vercors dans des paysages neigeux grandioses). Les âmes sous les néons de Jérémie Guez (La Tengo) est paru après sept années d’absence depuis Le dernier tigre rouge. Roman noir mais aussi poésie brillante, cette histoire simple est constituée de paragraphes ne comportant qu’une phrase et nous emporte dans un monde sans pitié au détriment de la loyauté et l’amitié.

Le titre de chouchou du mois revient donc Rosine une criminelle ordinaire de Sandrine Cohen (Editions du Caïman), un premier roman que j’ai adoré. En démarrant par un fait divers horrible, l’auteure met au-devant de la scène Clélia, enquêtrice de personnalité, dont le travail consiste à comprendre les raisons et les causes de ce drame. Sandrine Cohen choisit de nous faire vivre une femme forte et sans concession, en utilisant une écriture vive et rapide, qui donne à ce roman une originalité et le rend impossible à lâcher.

J’espère que ces avis vous aideront à choisir vos lectures. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Rosine une criminelle ordinaire de Sandrine Cohen

Editeur : Editions du Caïman

Ce roman a commencé pour moi par une rencontre virtuelle. Sandrine Cohen m’a envoyé un message avec son premier roman en pièce jointe, pour que je lui donne mon avis. Après 50 pages, je lui ai répondu que j’allais l’acheter quand il sortirait. Car ce roman m’a fait rencontrer Clelia et c’est le genre de rencontre qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Le 6 juin 2018 aurait dû être un jour comme les autres. Comme tous les soirs, Rosine donne le bain à ses deux filles, Manon et Chloé, pendant le journal de 20 heures, avant de les coucher. Divorcée, elle vient de rencontrer Nicolas, de dix ans son cadet. Elle lui a proposé de vivre avec elle, lui ne sait pas trop, hésite, lui a juste dit : « J’ai besoin de réfléchir ». Le regard de Rosine se fait noir quand elle pose les yeux sur ses filles. Elle plonge la tête de Manon sous l’eau, longtemps, trop longtemps. Puis c’est le tour de Chloé. Quand Nicolas, inquiet du silence, monte les voir, il trouve Rosine en train de bercer ses deux petits corps.

Enquêtrice de personnalité, Clélia vient rendre visite à Damien Préjean, un prisonnier de Fleury-Mérogis, mais Didier Coste ne veut pas la laisser entrer sans autorisation. Clélia se fout des règles, des normes, elle doit voir Damien, lui expliquer qu’elle a compris qu’il est une victime. Quand elle court dans les couloirs, elle sait qu’il est trop tard, Damien vient de se pendre en nouant ses draps.

Son patron Isaac la convoque. Pour une énième engueulade. Elle doit suivre les règles, car c’est comme cela qu’elle fera un bon travail. Isaac sait que Clélia a raison, mais son attitude joue contre elle. Il a trouvé un nouveau cas, typiquement pour elle, celui de Rosine. Clélia accepte, veut comprendre pourquoi une mère aimante en arrive à noyer ses deux filles dans leur bain.

Partant d’un fait divers glauque (rassurez-vous, il n’occupe que quatre pages), Sandrine Cohen nous présente un sacré personnage. Clélia, une de ces femmes littéraires qu’on n’oublie pas, ne s’encombre pas de règles, de lois, elle sait faire preuve d’empathie, provoquer, être à l’écoute, tout ça pour comprendre le Pourquoi d’un crime. Speedée et vivant toujours sur un fil tendu prêt à se rompre, elle excelle dans son métier par sa faculté à sentir, (se) poser les bonnes questions et secouer le monde figé et lent d’une bureaucratie noyée sous une paperasserie d’un autre temps.

Le monde en question, ce sont les membres de la famille de Rosine, son entourage, ses amis, mais aussi Rosine aussi. Sandrine Cohen aurait pu noyer son intrigue sous d’incessants dialogues à n’en plus finir, elle a préféré privilégier les phrases courtes, les réflexions, les actions, comme pour mieux entrer dans la psychologie de Clélia. L’auteure joue son jeu à fond, sur un sujet bien difficile ; elle appuie sur l’accélérateur dès le début et ne ralentit pas une seconde et surtout pas dans les virages, jusqu’à la toute fin, les réquisitoires des avocats.

Car on ne se pose pas la question sur la culpabilité de Rosine, on veut juste savoir qui est responsable de ce drame. Et pendant cette course infernale que sont les 250 pages, on ressent de véritables poussées d’adrénaline, et par voie de conséquence, une addiction à la lecture. Ce roman est FAN-TAS-TI-QUE, pas comme les autres et dense. Les scènes s’enchainent sans chapitre avec la célérité d’un roman d’action, alors que c’est un roman d’enquête psychologique. C’en est totalement bluffant.

Le seul petit défaut que j’y ai trouvé, qui est lié à mon goût de lecteur, ce sont des paragraphes un peu trop longs. A part cela, j’ai tout adoré, de l’intrigue à la rigueur apportée aux personnages, le rythme et le personnage de Clélia, et la conclusion ni trop noire ni trop blanche. D’ailleurs, je ne souhaite qu’une chose, celle de rencontrer à nouveau Clélia dans une future enquête, car elle en vaut le coup. Imaginez : ce n’est que son premier roman ! Ne ratez pas le train Clelia !

Chien de guerre de Jérémy Bouquin

Editeur : Editions du Caïman

L’année 2020 commence bien avec le dernier roman en date de Jérémy Bouquin, auteur que je suis depuis un certain temps déjà. Si le style est toujours aussi direct, le sujet est inédit et rappelle certains autres ouvrages traitant de ce sujet, dont Premier Sang de David Morrell, à savoir, le retour des soldats à la vie « normale ».

« Grand » Franck, surnom donné à cause de sa taille, est de retour au pays, abandonné dans ce train Corail qui ne transporte que quelques âmes égarées comme lui. Cela fait bien longtemps qu’il n’a pas connu un calme pareil, transbahuté du Pakistan à la frontière de l’Afghanistan, à la France via l’Allemagne. Sanctionné, puni, viré, c’est le poids qu’il doit se trimbaler en plus de son barda, après une dizaine d’années sur les champs de guerre mondiaux.

Grand Franck revient donc à la case Départ, plus de dix ans après, chez sa mère Gisèle. Il y retrouve Cynthia sa femme, et son petit garçon Léon. Le décalage le frappe de plein fouet : d’exécutant, il se retrouve chargé de famille. Et la confrontation est d’autant plus violente qu’il se sent incapable d’occuper la place que ses proches attendent de lui. Sa première mission va être d’aller chercher du travail à Pôle-Emploi.

Pour ceux qui connaissent Jérémy Bouquin, ils ne seront pas surpris par son style direct, qui claque, à coups de mots, de phrases courtes. Pour les autres, il va falloir vous y habituer. Et si ce style sied peu au début du roman, que j’ai trouvé un peu poussif, il convient parfaitement à toute la suite de l’histoire. Et surtout au retour au pays de ce soldat et à la violence qu’il va subir et faire subir.

Le sujet est donc le retour des enfants de la patrie dans son giron, et le manque d’infrastructures ou d’accueil pour eux. Mais il s’agit aussi et surtout de plonger dans la psychologie d’un homme marqué à vie par ce qu’il a vécu sur le front, et de sa descente inéluctable aux enfers, un enfer pire encore que la guerre. Au passage, on s’apercevra vite que si on n’a pas de relations, on ne s’en sort pas, et la conclusion de ce roman nous laissera un goût amer comme je les aime.

Car il ne faut pas croire que ce polar est fait que l’on s’apitoie sur le sort du Grand Franck. Jérémy Bouquin n’est pas un homme à messages mais un homme à personnages. Et ce Franck-là, on va avoir bien du mal à l’oublier, tant il va verser dans une folie incroyablement violente et tristement réaliste. Il y a une tension qui s’installe, une pression qui augmente jusqu’à cette fin qui ne ressemble pas à un feu d’artifice mais plutôt à une exécution en règle, comme une peine capitale. Vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? C’est normal, c’est pour vous inciter à lire ce roman !

Le chouchou du mois de mai 2019

Allez, on repart pour une onzième année ! Et pour bien démarrer, je vous aurais partagé des lectures regroupées par thèmes. Etant donné le nombre de mes lectures et quand c’est possible, cela me permet de parler encore plus de livres et d’auteurs, voire de maisons d’éditions.

C’est le cas des éditions In8, puisque j’ai consacré un billet à leur collection Polaroïd qui regroupe des novellas (soit des nouvelles longues ou des romans courts de moins de 100 pages. L’avantage, c’est que cette collection en sort peu (2 à 3 par an). L’inconvénient, c’est qu’ils en sortent peu, surtout quand on a affaire à des romans remarquables de concision. Les deux dernières parutions, Le sorcier de Jérémy Bouquin et  Comme une bête de Marin Ledun sont à cet égard deux grandes réussites.

J’ai continué mon exploration de La compagnie des glaces, en vous proposant les tomes  11 et 12 de GJ.Arnaud (French Pulp). Après la crise de la réapparition du soleil pendant quelques heures, le monde se reconstruit et les intrigues sont toujours aussi foisonnantes. Du pur plaisir visionnaire.

Enfin j’ai programmé un billet sur le polar et l’humour, parce que c’est un genre peu représenté mais qui commence à être reconnu. Rien de tel que de se plonger dans une enquête menée avec dérision, parce que tout cela n’est pas sérieux n’est-ce pas ? Requiem pour un fou de Stanislas Petrosky (French Pulp) et Laisse tomber de Nick Gardel (Editions du Caïman) vont vous faire sourire, rire !

Il ne faut pas oublier Suzie qui m’a fait l’honneur de publier son avis sur Le point zéro de Seichö Matsumoto (Atelier Akatombo), un roman policier classique des années 50. Outre l’intrigue remarquable, il nous enseigne la culture japonaise et la place de la femme au Japon, ce qui fait au moins deux raisons de ne pas rater ce roman extraordinaire et glaçant.

Dans la catégorie polar, ce sont surtout mes auteurs favoris qui auront été mis à l’honneur. Si je meurs avant mon réveil … de Philippe Setbon (AO éditions) est le dernier scénario diabolique concocté par cet auteur scénariste. Il nous promène dans quatre lieux, quatre époques avec quatre personnages (au moins) pour une histoire de sang et de vengeance pour notre plus grand plaisir.

Le dernier roman de Valerio Varesi, Les mains vides (Agullo) va probablement en surprendre plus d’un par son style. Direction Parme et le mois d’aout, une ville écrasée par la chaleur. Le commissaire Soneri, entre nostalgie et dynamisme, va se rendre compte que les temps changent, sa ville change, la criminalité change, que la société change. C’est une superbe illustration d’un homme en décalage avec son temps, qui ne trouve plus sa place dans la société qui est la sienne.

Après le superbe De feu et de cauchemar, Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel (Marabout) est le dernier roman de cet auteur que j’aime beaucoup et son inspecteur le commissaire Mehrlicht, mon frère de littérature. Après l’Irlande, cette histoire nous parle de migrants, de Roumanie, de mort et de vie éternelle avec toujours autant de savoir-faire, et juste ce qu’il faut de décalage.

En consacrant une rubrique Oldies aux romans plus anciens, il me fallait aborder mon auteur français favori : La bête et la belle de Thierry Jonquet (Gallimard Série Noire) est un des romans que je n’avais pas encore lu de cet auteur et il allie une autopsie de notre société avec un fait divers bien glauque, en finissant en fanfare avec deux coups de théâtre, ce qui en fait un roman fantastique et inoubliable.

Ma seule découverte de ce mois aura été L’inspecteur Dalil à Paris de Soufiane Chakkouche (Jigal). Cet auteur marocain créé un personnage de flic vieillissant en duo avec un commissaire parisien, obligé de venir à Paris pour résoudre une affaire de disparition (ou d’enlèvement, qui sait ?). Il y a dans ce roman une volonté de montrer Paris avec le recul d’un étranger et d’y apporter un ton résolument drôle, décalé et fin. Je suis d’hors et déjà fan de ce personnage

Le titre du chouchou du mois revient donc à Laisse tomber de Nick Gardel (Editions du Caïman) parce que ce huis-clos dans un immeuble peuplé de grabataires et d’un rentier quarantenaire nous réserve une superbe surprise et une non moins superbe intrigue, et que je considère ce roman comme le meilleur de son auteur à ce jour. J’espère que ces avis vous auront été utiles. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !