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Des poches pleines de poches

Voici le retour de cette rubrique consacrée aux livres au format poche.

Détour de Marc Falvo

Editeur : Faute de frappe

Stan Kurtz est de retour pour une affaire qui aurait pu ne pas en être une. En panne d’affaires, il reçoit un faire part, destiné à Stanislas Gérald Kurtz, son vrai nom, pour lui annoncer la mort d’un copain qu’il n’a pas vu depuis plus de vingt ans. Franck Drexel était garagiste et écrivaillon de polars à ses heures perdues.

Direction Carmona, petit village de 3000 âmes perdu dans la cambrousse française. Quand il débarque après un voyage en train interminable, Stan fonce au bar Le Terminus et est accueilli par un costard trois pièces et deux armoires sans glace. Il n’est pas le bienvenu, c’est le moins que l’on puisse dire. La sœur du défunt ne croit pas au suicide et le charge de découvrir le coupable du potentiel meurtre.

Après un début en demi-teinte, où je me suis dit que le style était forcé et poussif, l’action prend le pas sur l’histoire en même temps que les mystères, entre incendies et journaliste blogueur. On se laisse mener par les répliques pleines d’autodérision de Marc Falvo et la dédicace à Frédéric Dard n’est pas usurpée. D’ailleurs, j’y ai trouvé beaucoup de filiation avec les jeunes auteurs humoristiques contemporains comme Stanislas Petrosk ou Nadine Monfils. C’est une lecture agréable, distrayante, pour passer le temps.

Arrowood de Mick Finlay

Editeur : Harper & Collins

Traductrice : Marta de Tena

En 1895, à Londres, tout le monde ne jure que par Sherlock Holmes. Pourtant, un autre couple de détectives tout aussi doué œuvre pour le bien du peuple : William Arrowood et Norman Barnett. Ne roulant pas sur l’or, ils sont obligés de se cantonner aux infidélités conjugales. Ce matin-là, une demoiselle, Mlle Cousture, leur demande de retrouver son frère Thierry qui a disparu. Il était employé par M.Cream, l’un des chefs de gang les plus cruels et les malfaisants de la ville.

Comme c’est le premier tome des enquêtes d’Arrowwod, Mick Finlay marque les différences avec le concurrent, Sherlock Holmes. On ne s’attache pas aux détails ou à la déduction mais plus aux réactions qui trahissent les émotions. D’ailleurs, l’auteur a tendance à en faire des tonnes quand il parle de l’animosité qui bout en Arrowood dès que l’on prononce le nom de Holmes.

D’une enquête a priori simple, l’auteur en tire plusieurs branches, ce qui va donner de nombreux rebondissements et les rencontres avec plusieurs personnages, que l’on suit avec plaisir parce que c’est écrit avec beaucoup de vivacité. Si les intrigues sont emboitées comme des poupées russes, c’est du coté des Irlandais qu’il faudra chercher la solution, encore qu’elle soit bien difficile à deviner de prime abord.

J’ai trouvé cette première enquête très divertissante, et les personnages suffisamment bien marqués et sympathiques pour que j’y revienne à l’avenir. Le Londres du 19ème siècle est décrit sans trop de détails, laissant la place à des dialogues bien faits. Bref, c’est un bon divertissement et comme le cycle comporte 3 enquêtes à ce jour, dont 2 sorties en France, il se peut bien que j’en reparle un de ces jours. A suivre …

Chez les petits éditeurs …

Je vous propose un petit coup de projecteur sur deux polars sortis chez de petits éditeurs, qui n’ont pas la chance d’avoir de la visibilité. Voici donc mes avis sur Haine à la personne de Roland Sadaune (Le Lys Bleu) et Noir de Marc Falvo (Faute de frappe)

Haine à la personne de Roland Sadaune

Editeur : Le Lys Bleu

Omar Ling a rendez-vous avec un de ses indics ce matin-là, à la gare de Cergy. Malheureusement, Maxime Morgon, un SDF, n’est pas là. Il apprend par un autre SDF Paulo que Max a été amené par deux hommes sur une civière, en sale état. Il a probablement été tabassé et laissé pour mort. C’est le troisième SDF à être assassiné dans le département. Le commissaire Santi, son chef, charge donc Omar Ling des trois meurtres. Il sera aidé pour cela d’un nouvel équipier, le brigadier-chef Duroy.

A première vue, on peut penser avoir affaire à un roman policier classique, porté par son personnage principal Omar Ling. Le personnage est un flic solitaire, indépendant et plutôt taiseux, faisant le tour des lieux en discutant avec les passants, les SDF. Il s’attire donc les foudres de sa hiérarchie à force de d’être absent du bureau. Et puis, il se permet de pénétrer sur des scènes liées aux crimes en dépit des règles élémentaires.

Et il y a dans ce roman, outre la visite du département du Val d’Oise, une description de la vie des gens sans logis, de ceux que l’on ne voit même plus, comme s’ils faisaient partie du décor. Et puis, petit à petit, Omar Ling franchit de plus en plus la ligne blanche et le roman débouche sur une fin totalement inattendue. Je vous laisse méditer cette phrase présente en quatrième de couverture :

« On combat pas la précarité en supprimant les pauvres… Pour moi, c’est quelqu’un qui hait les exclus ».

Ce roman est à rapprocher d’autres romans traitant de ce sujet :

Après les chiens de Michèle Pedinielli (Editions de l’Aube)

Les chemins de la haine d’Eva Dolan (Liana Levi)

Dans la dèche à Los Angeles de Larry Fondation (Fayard)

Le crépuscule des gueux d’Hervé Sard (La Gidouille)

Putain de pauvres de Maurice Gouiran (Jigal) qu’il faut que je lise …

Noir de Marc Falvo

Editeur : Faute de frappe

Franck Rigetti se prépare, met au point son scénario et roule sa voiture sans aucun remords. Il ne s’intéresse que peu au monde qui l’entoure, refuse même l’invitation à manger qu’on lui fait. Il est hors de question que quoi que ce soit ou qui que ce soit ne le détourne de son objectif.

Leonard Krieg va sortir de prison après quatre années de souffrance. En sortant, son ami de toujours Vince lui prévoit une soirée avec Lucie, suivi d’une nuit mémorable. Mais quand elle rappelle Leonard, il ne lui répond.

Franck et Léonard vont se rencontrer … pour le pire.

Ce roman est divisé en trois parties toutes très différentes les unes des autres. Et la quatrième de couverture ne va pas vous aider dans ce sens. Dans la première partie, les chapitres vont alterner entre Franck et Leonard, entre avant et après la libération de Léonard. Cette partie est assez déconcertante, non pas pour le déroulement de l’intrigue, mais parce qu’on se demande où l’auteur veut en venir.

A partir de la deuxième partie, on comprend que Franck a enlevé Leonard pour se venger. Si tout est écrit en forme de duel entre les deux personnes, l’accent est tout de mis sur le passé de Franck et pourquoi il en est arrivé là. C’est donc un aspect psychologique que nous propose l’auteur, qui est plus passionnant que la première partie, car cela m’a semblé moins bavard. Mais à la fin de la deuxième partie, on ne sait toujours pas pourquoi Franck a fait cela.

Il faudra attendre la troisième partie,pour entrer réellement dans le duel, à distance puisque la structure narrative va évoluer. Chaque personnage a droit à un chapitre par alternance écrit à la première personne. C’est rapide, efficace et passionnant après le renversement de situation en fin de deuxième partie. Et en termes de duels, c’est plutôt une course poursuite, qui aboutit à une conclusion tout à fait originale.

Encore une fois, Marc Salvo nous offre un polar à l’intrigue simple, abordant le thème de la vengeance et la justice, avec une construction toute personnelle. Et si on peut être surpris au fur et à mesure de la lecture, il n’en reste pas moins que l’originalité du roman l’emporte dans cette histoire terrible et noire … comme son titre.

L’information du mardi : Faute de frappe

Ce billet n’est pas pour se plaindre des fautes de frappe qui se retrouvent de plus en plus dans les livres que nous avons entre nos mains, mais pour vous informer d’une nouvelle maison d’édition qui vient de naître.

Son nom, comme un clin d’œil, correspond parfaitement à son créateur Marc Falvo. Le père de Stan Kurtz, dont j’ai pu apprécier Nouvelle donne et Mister Iceberg, a décidé de donner le jour à un nouveau bébé : Faute de frappe. https://www.editionsfautedefrappe.fr/

Sur le site, on peut y lire :

Marc Falvo est un auteur lillois.

Après six ans dans l’édition traditionnelle et vingt romans publiés, il a décidé de s’écarter des modèles trop établis. Privilégier sa liberté et son désir d’innovation en créant les éditions Faute de frappe.

Depuis, il dort mieux.

Je vous recommande de les commander directement chez l’éditeur, puisque les frais de port ne sont que de 1 euro. Trois romans sont annoncés dans les prochaines semaines :

L’Autoroute de Michael Moslonka :

Ceci n’est pas une défaillance de votre esprit.

Ceci est autre chose.

En prenant la route ce jour-là, Camus entre quelque part. Il pénètre soudain la zone floue, crépusculaire, qui sépare l’angoisse de la démence. La réalité du surnaturel. Le cynisme de l’horreur. Et ça tombe bien, il lui reste une place côté passager…

L’autoroute, un road-tripes rock’n roll, un huis-clos à ciel ouvert qui sent l’hémoglobine fraîche et la tôle brûlante.

Roman déjanté à la limite de l’hallucination et de la folie pure, c’est la réédition d’un roman qui était paru aux éditions Fleur Sauvage sous le titre 666ème kilomètre, dont vous trouverez un avis éclairé chez Delphine : https://delphlabibliovore.blogspot.com/2017/04/michael-moslonka-666-e-kilometre.html

Ronit de Christophe Jean :

Que se passe-t-il quand je dors ?

Il se passe toi.

Parce que le récent deuil de son fils lui est insupportable, Ronit part. Seule. A la recherche de cet être disparu, qui doit bien l’attendre ailleurs, à travers les forêts et les mondes engloutis pour un voyage onirique, sauvage et lumineux.

Ronit, le récit d’une absence ravageuse.

Sortie officielle le 05/11/19

Disponible en avant-première sur notre boutique en ligne !

Noir de Marc Falvo :

Léonard et Franck, deux types à qui cette vie a fait le coup de la panne… La grosse. Celle qui vous laisse, hagard et titubant, sur le bord de la route.

Quatre ans plus tard, ils se retrouvent.

L’un sort de taule. L’autre y croupit encore. L’un tente de passer à autre chose. L’autre n’a rien oublié. Ensemble, ils vont vivre la plus longue des nuits sans lune.

Noir, un duel implacable. Un blues à deux voix sur fond d’anticipation.

Sortie officielle le 13/11/19

Disponible en avant-première sur notre boutique en ligne !

On en reparle bientôt …