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Je m’appelle Requiem et je t’… de Stanislas Petrosky

Editeur : Editions Lajouanie

J’avais rencontré (littérairement parlant) Stanislas Pétrosky avec Ravensbrück, mon amour, un roman sur les camps de concentration très dur. Avec ce roman, changement d’histoire, de style, avec autant de réussite. Cela doit s’appeler le talent !

Réquiem, c’est évidemment un surnom ! Il s’appelle Estéban Lehydeux, et va nous conter une de ses aventures. Pourtant, en tant que curé exorciste, on aurait pu imaginer que sa vie était plutôt tranquille. Sauf qu’en terme d’exorcisme, Requiem a une façon toute personnelle de chasser le démon ou le diable, ou tout ce que vous voulez. Disons qu’il règle définitivement le cas pour des personnages qui sont au-delà de la malhonnêteté, et disons le carrément, qui sont de pures ordures, des enfoirés, la pire engeance de l’humanité.

Alors qu’il assure les confessions qui font partie de sa mission divine, une jeune femme vient le voir parce qu’elle a reçu un message inquiétant. Martine Rutebeuf est une jeune femme fort belle, qui occupe son temps libre à réaliser des vidéos pornographiques pour les poster sur Internet. Tout le monde dans le quartier est au courant et s’est accommodé de ce passe-temps. Martine, donc, reçoit un mail lui proposant une forte somme d’argent pour participer à un tournage de film pédophile, photos des gamins à l’appui.

Le sang de Requiem ne fait qu’un tour. Il va décider de piéger ces suppôts de Satan, et mener l’enquête avec l’aide de Martine. Il lui demande ses mots de passe, et lui dit de répondre positivement à la demande. La réponse ne se fait pas attendre : Martine recevra un acompte dès le lendemain. Pendant ce temps là, Requiem plonge dans les abimes du Darknet, où on y rencontre toutes sortes de fêlés de tous genres. Hélas, quelques jours plus tard, Martine est découverte atrocement mutilée chez elle. Alors qu’il avait été son amant, Requiem trouve une nouvelle motivation pour exercer un exorcisme en profondeur.

Il suffit de lire la préface de ce livre, écrite par Madame Nadine Monfils pour savoir à quoi s’attendre et surtout la qualité du roman. Car La Grande Nadine ne fait pas de compliments si facilement que cela. Et je plussoie tout ce qu’elle dit : Ce roman est politiquement incorrect. Et alors ? Ce roman te prend à parti. Et alors ? Ce roman est foutrement drôle. Oh que oui ! Ce roman, c’est un antidote à la morosité, que certains liront sous le manteau. Eh bien non, soyez fier qu’il y ait des auteurs comme ça qui osent et qui réussissent, et soyez fier de ce que vous lisez !

Car ce roman fonctionne du début à la fin, sans aucun temps mort. Alors, certes, Requiem interpelle le lecteur, lui montre ce qu’il fait, parle vrai, cru, comme les gens de tous les jours, sans détours. Il n’hésite même pas à parler de nos travers (enfin ceux de certains) et à s’en moquer, car rien de tel que l’autodérision. Ceci dit, le sujet est bien grave, lui, et parle des frappés, des malades du sexe, des pédophiles qui profitent du Darknet pour donner cours à leurs envies les plus dégueulasses.

Heureusement, il y a Requiem, qui à son niveau (local, dirai-je) va faire le ménage dans son quartier. C’est un personnage peu commun, qui officie comme un vrai curé, mais qui s’octroie quelques légèretés et autres adaptations par rapport à sa fonction. Ce qui m’a amusé, c’est cette façon qu’il a de rappeler qu’il doit obéir aux désirs de son Patron, son Fils passant au deuxième plan, car pour Requiem, si on le tape sur la joue gauche, il ne tend pas la joue droite !

Alors, je vais être clair : Vous allez courir chez votre libraire et lire ce putain de bouquin, parce que, si par moment, il va vous secouer, il va surtout vous amuser, vous faire rire et vous faire passer un excellent moment. Vous y trouverez des références à Nadine Monfils, à Michel Audiard, à San Antonio et ce sont des compliments. Moi, ça m’a fait penser à Ben Orton aussi, avec cette façon de plonger le lecteur dans l’action et de l’interpeler aussi directement. Bref, que du bon !

Ne sautez pas ! de Frédéric Ernotte

Editeur : Editions Lajouanie

Son premier roman C’est dans la boite était d’une originalité indéniable, son intrigue était d’une maitrise impressionnante et son style … trompeur puisque lié à l’intrigue. Ces qualités lui ont permis de remporter le Balai de la Découverte. Voici donc le deuxième roman de Frédéric Ernotte … et il est très différent du premier, mais aussi surprenant. Comme l’indique la couverture du livre, ce n’est pas un roman policier, quoique …

Mathias Von Rosten est laveur de vitres. Son père lui avait dit, quand il était jeune, que tout un chacun avait un talent. Celui de Mathias est de ne pas souffrir de vertige mais aussi une certaine insouciance. C’est un personnage ordinaire qui vit avec Elisa, qui est entouré d’amis et qui est d’une nature plutôt positive, évitant de polluer sa bonne humeur par les journaux télévisés et autres événements extérieurs à sa petite vie.

A la suite d’un excès de vitesse pour lequel il est passé devant le tribunal, il fut condamné à des heures de Travaux d’Intérêt Général et proposa de passer ces heures à aider des organismes humanitaires. Il doit donc faire du porte à porte pour vendre des petits personnages, sortes de poupées miniatures qui ne servent à rien, si ce n’est de ramener de l’argent à de bonnes œuvres. Et Mathias ne manque pas d’idées, ni d’arguments pour vendre ses gadgets.

Ce jour-là, il est assis en haut d’un immeuble de Bruxelles, les jambes pendant dans le vide. Un homme habillé en costume le supplie de ne pas sauter dans le vide. C’est probablement le responsable de la sécurité de l’immeuble qui a peur de perdre son boulot ! Alors, Mathias, qui n’a aucune envie de sauter, joue le jeu et lui demande un chèque de 5000 euros à adresser à l’ordre d’une association caritative. Cet événement va changer la vie de Mathias et lui donner une idée … mais rien n’est aussi simple qu’il l’imagine.

D’un roman policier à énigme, Frédéric Ernotte nous écrit un roman plutôt introspectif, raconté à la première personne, avec un personnage jeune et irresponsable. Quoique … En fait, le premier tiers du livre consiste à entrer dans la philosophie de ce personnage, qui a une vie centrée sur lui-même et qui se découvre des possibilités d’améliorer celle des autres. C’est une belle philosophie qui remet un certain nombre d’idées en place, car on peut vivre sa vie et penser aux autres.

En cela, le personnage est plus complexe qu’il n’y parait, puisque Mathias nous montre ses propres contradictions. Pour autant, il n’est pas désagréable, toujours de bonne humeur, et nous assène quelques vérités bien senties sur des travers de notre société mais sans aucune revendication, puisque c’est son avis à lui. Aussi, ce n’est pas un roman qui dégouline de bons sentiments, une sorte de roman à l’eau de rose moderne, mais juste une bonne histoire qui n’a d’autre but que de se laisser suivre avec un contexte qui doit nous mettre en face de nos responsabilités en tant que citoyen.

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? C’est bien le sujet de ce livre, dont le deuxième tiers va montrer comment Mathias va développer son idée, qui oscille d’un coté à l’autre de la ligne jaune de la légalité, avant d’arriver au troisième tiers plus stressant, plus dramatique, par un brusque retour à la dure réalité. C’est donc un roman intéressant à lire, passionnant à lire, important à lire, qui, grâce à son style humoristique, cynique et sautillant, vous fera passer un excellent moment de lecture et qui vous fera réfléchir aussi.

Le chouchou de l’été 2016

Beaucoup de chroniques, j’aurais publié beaucoup de chroniques. Trop, diront certains … En tous cas, j’ai aimé tous les romans dont j’ai publié les avis. Et forcément, il est très difficile d’en choisir un pour le titre honorifique de chouchou de l’été.

Honneur aux coups de cœur pour commencer, puisqu’ils sont au nombre de deux. Le condor de Stig Holmas (Sonatine) est un roman magnifique qui fait partie de mes dix meilleures lectures de tous les temps et rien que pour ça, je ne peux que vous conseiller de vous le procurer. Rien ne se perd de Chloe Mehdi (Jigal) est le deuxième roman d’une jeune auteure, écrit avec une justesse de ton et une sensibilité rares. Voilà deux romans exceptionnels.

Cet été, j’aurais fait de belles découvertes, comme Disparu de Didier Jung (ETT) qui est un roman policier qui nous propose de visiter la Corse et de rencontrer ses habitants. Le club de Michel Pagel (Moutons électriques) quant à lui nous fait voyager dans notre enfance et fait revivre le Club des Cinq en imaginant ce qu’ils sont devenus.

Pour alléger les bagages, je vous ai aussi proposé des lectures électroniques de chez Ska, toutes remarquables dans des styles différents. Il y a eu pelle mêle : Ballon de Catherine Fradier, Bad Trip de Gaetan Brixtel, Echouée de Jérémy Bouquin, et Un clou chassant l’autre de Damien Ruzé.

Cet été, j’aurais aussi chroniqué des premiers romans : Moi, président de Mathieu Janin (Serpent à plumes) nous propose une intrigue cynique sur l’entre-deux tour des élections présidentielles de 2017. Le cri du cerf de Joanne Seymour (Eaux Troubles) est un thriller plutôt classique avec un nouveau personnage récurrent à suivre. Dodgers de Bill Beverly (Seuil) est remarquable par son style sur une intrigue classique. Money Shot de Christa Faust (Gallmeister) a une intrigue qui en fait trop mais un style efficace qui incite à suivre cette auteure. Le verger de marbre d’Alex Taylor (Gallmeister) est tout simplement magnifique dans sa relecture du mythe d’Abel et Caïn.

Cet été, j’aurais chroniqué des auteurs qui confirment leur talent. 220 Volts de Joseph Incardona (Mylady Bragelonne), roman précédemment édité chez Fayard est un roman fantastique. Un zéro avant la virgule de James Holin (Ravet Anceau) est le deuxième roman de cet auteur de romans policiers plein de promesses à venir. Sous la ville de Sylvain Forge (Toucan) confirme que cet auteur a plein de choses à dire et qu’il nous invente des scènes intimistes extraordinaires.

Cet été, j’en aurais profité pour lire les derniers romans des auteurs que j’adore. Condor de Caryl Ferey (Gallimard) malgré des personnages stéréotypés, nous emmène au Chili pour un discours humaniste qui me parle. Le lagon noir d’Arnaldur Indridason (Métaillié) est une nouvelle fois une réussite et nous parle de la présence américaine sur le sol islandais, vécu comme une invasion. Battues d’Antonin Varenne (Manufacture de livres) est un roman noir une nouvelle fois extraordinaire d’un auteur extraordinaire. Les deux coups de minuit de Samuel Sutra (Flamant noir) est bien plus qu’une blague de plus, c’est une géniale intrigue comique de la part d’un auteur au talent immense. Tu ne manqueras à personne de Alexis Aubenque (J’ai lu) est un roman à suspense comme lui seul sait les faire. De force de Karine Giebel (Belfond) n’est peut-être pas le meilleur de cette auteure, mais qu’il est bon de se laisser mener dans ce huis-clos psychologique.Une brève histoire du roman noir de JB.Pouy (Points) est une source inépuisable de conseils sur les lectures de romans noirs, à ne pas rater.

Le titre de chouchou du mois revient donc ce mois-ci à Sois belle et t’es toi de Jérémy Bouquin (Lajouanie) parce que ce personnage mi-homme mi-femme est écrit avec tellement de justesse, son intrigue est déroulée au cordeau et cet auteur ne cessera pas de me surprendre.

Je vous donne rendez vous le mois prochain. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Sois belle et t’es toi de Jérémy Bouquin

Editeur : éditions Lajouanie

De roman en roman, Jérémy Bouquin nous invente des personnages hors normes qu’il plonge dans des intrigues qui sont à la fois simples et d’une logique implacable. C’est une façon comme une autre de prendre des gens normaux et de les plonger dans la violence inéluctable de notre société, quelque soit la façon dont on la regarde.

De roman en roman, son style percutant fait de telles merveilles, que je viens de le classer dans les auteurs à suivre à tout prix. Car à chaque fois, c’est l’assurance de passer un excellent moment de lecture. Et ce nouveau roman ne fait pas exception à la règle, à tel point que ce Sois belle et t’es toi, partant d’un sujet casse gueule s’avère un polar excellent, par l’épaisseur que Jérémy Bouquin apporte à son personnage principal.

Samuel est une jeune homme, mais à l’intérieur, il est une femme. Ses parents voulaient tellement une fille qu’ils avaient préparé des layettes roses, qu’ils le traitaient comme une fille. Si bien que, dans sa tête, il est une femme. Avant, il était policier, obligé de cacher sa vraie nature. Pas facile de gérer cela dans un monde d’homme. Alors il a démissionné et est devenu enquêteur pour une entreprise qui travaille pour des compagnies d’assurance. Cette fois-ci, il a décidé de prendre des hormones pour faire grossir ses seins et a un devis pour son opération de vaginoplastie.

Son responsable, Edouard, l’envoie en province, dans un trou perdu pour des dégradations qui sont survenues dans une petite auberge, en Corrèze. Le propriétaire est victime de plusieurs actes de vandalisme et la compagnie d’assurances a des doutes. Alors Sam, qui veut se faire appeler Samantha, part voir de quoi il retourne.

Ce qui l’attend, c’est une belle surprise, quand il rencontre Karl Clash, le propriétaire, agé de plus de 70 ans, qui tient la boutique tout seul. Cet hôtel-restaurant offre des repas et la pension pour une somme ridicule. Parfois, il est aidé par Doriane, une jeune femme qui habite une caravane garée sur le parking. Le soir, Doriane monnaye ses charmes auprès des routiers qui passent. Etrange paysage pour une étrange enquête !

Après un premier chapitre de baston, de tabassage qui sera expliqué à la fin, il faudra 20 pages à Jérémy Bouquin pour planter le décor et son personnage de femme-homme. Et cela est fait de telle façon, qu’il est impossible de ne pas y croire. La force de ce roman tient dans cette psychologie si fine de Sam, et le lecteur que je suis accepte de le suivre dans son enquête.

Car Jérémy Bouquin va utiliser son style direct pour ajouter des petits détails, de petites réactions des autres pour nous faire vivre de l’intérieur le drame de Sam : celui de se retrouver, de vivre sa propre vie, sa vraie vie, à travers le regard des autres. La première étape de sa transformation, de sa mue, va être d’avoir des seins. Et comme au début, il va mettre du scotch pour les cacher, son rêve va se transformer quand il va oser mettre une robe, jusqu’à ce que Doriane soit la première à voir en lui une femme.

Le ton a beau être dur, le personnage est attachant. On fond de plaisir à lire ses mésaventures. Et avec des personnages secondaires aussi bien faits, le roman en devient excellent car il nous fait basculer émotionnellement entre amour pour les personnages et doute sur leurs motivations. Jusqu’à la résolution de mystère des actes de vandalisme que l’on n’avait pas forcément pu prévoir puisque nous étions occupés à suivre les pensées et les malheurs de Sam.

C’est un polar moderne qui pour autant rend hommage aussi aux grands du genre, qui ont inventé des détectives affublés de psychologies hors norme. Jérémy Bouquin ne juge personne, il reste à sa place et montre un état de fait : la difficulté d’accepter les autres, différents mais pas inhumains, bien au contraire. J’ai adoré ce roman, j’espère que vous l’adorerez aussi car c’est un super polar.

Ne ratez pas l’avis de l’oncle Paul

Le chouchou du mois de juin 2016

J’ai envie de dire qu’avec le mois de juillet qui arrive, il est temps de penser aux lectures de vacances. Et pour éviter de surcharger les bagages, pour ceux qui partent, quoi de mieux que des romans au format de poche. Pour ceux qui ne partent pas, quoi de mieux que d’alléger le budget Culture. C’est un peu le thème de ce billet quand je regarde les billets que j’ai publiés durant ce mois de juin.

Mais avant tout, honneur à un roman que j’ai trouvé magnifique. Il s’agit de Antonia de Gildas Girodeau (Au-delà du raisonnable). L’auteur, avec une anecdote trouvée sur une femme qui avait prévenu en avance des massacres à venir au Rwanda, créé un personnage féminin comme on en rencontre peu. Evitant de prendre parti, il nous montre, nous fait vivre 20 années de la vie d’une femme, ancienne terroriste en fuite, qui découvre son humanité au contact des populations africaines, en étant institutrice pour une association catholique. Et elle découvre aussi les dessous pas propres de la politique. C’est un roman d’une rare justesse, extraordinaire.

Quand on parle des romans de poche, j’aurais publié beaucoup d’avis sur des novellas, ce roman court qui a vu le jour chez nous il y a quelques années. J’aurais donc donné mon avis sur :

Le mythe d’Isaac Becker de Reed Farrel Coleman (Ombres noires) qui est une illustration des conséquences du mensonge et de l’impact sur des vies.

Le journal du Parrain – Une enquête de Mike Hammer de Mickey Spillane & Max Allan Collins (Ombres noires), une histoire inédite du célèbre détective

Mortelle sultane de Marek Corbel (Horsain), une novella qui se passe après les attentats de Charlie sur une fuite de voleurs d’une bijouterie

CAT 215 d’Antonin Varenne (Manufacture de livres), une plongée dans la guyane des orpailleurs toute en couleurs et en sueurs.

J’ai aussi été gâté avec les romans de poche, tels L’alignement des équinoxes de Sébastien Raizer (Folio), qui créé un univers décalé et déstabilisant, ou L’homme qui valait des milliards de François Darnaudet (Wartberg), un polar qui se passe dans le monde des mathématiciens et qui est formidablement bien mené, ou même Barouf de Max Obione (Court Circuit) qui va vous dire toute la vérité sur les éoliennes à travers l’enquête d’un journaliste. Sans oublier le roman Oldies du mois, Que la bête meure de Nicholas Blake (Bibliobus), qui est une vraie affaire au prix où il est vendu !

Pour autant, n’oublions pas les romans en grand format où là aussi, j’ai passé un excellent moment, que ce soit le fantastique Le chant de la Tamassee de Ron Rash (Seuil) qui positionne l’Homme au milieu de la Nature de façon impressionnante, que ce soit Hostis corpus de Christophe Reydi-Grammond (Piranha) qui est un roman politique très intelligent dans le monde catholique, que ce soit Maudits soient les artistes de Maurice Gouiran (Jigal) qui revient sur les œuvres d’art volées aux juifs pendant la deuxième guerre mondiale, ou bien le premier roman d’un auteur à suivre à mon vis Le Français de Roseville d’Ahmed Tiab (Editions de l’Aube) qui prend le temps de nous faire vivre son pays d’une façon incroyablement suggestive.

Le titre du chouchou du mois revient donc ce mois-ci à Les lucioles de Jan Thirion (Lajouanie), ce fantastique roman qui nous décrit à travers les yeux d’un enfant, la montée d’un parti extrémiste dans un pays désabusé. C’est un roman subtil, intelligent, et malheureusement le dernier de son auteur.

J’espère que vous trouverez de quoi alimenter votre soif de lecture. En attendant le mois prochain, n’oubliez pas le principal, lisez !

Les lucioles de Jan Thirion

Editeur : Editions Lajouanie

Ce billet, s’il présente mon avis sur cet excellent polar, se veut aussi un hommage à Jan Thirion, qui a eu la mauvaise idée de nous abandonner le 2 mars 2016, alors que j’aurais tellement aimé parler avec lui de son roman, de ce sujet et de son choix dans la narration. Car Jan Thirion a décidé de faire parler un jeune garçon de 13 ans. Et il est bien difficile d’arriver à une simplicité de vocabulaire, une naïveté telle que l’on croit au personnage. C’est une franche réussite du début à la fin.

Il y fait bon vivre, à Lanormale-Les-Ponts. Tyrone Bradoux est un jeune garçon de 13 ans. Mais depuis qu’il a 7 ans, il a arrêté de grandir. Il a aussi arrêté de parler ou d’entendre. En effet, ce jour là, sa maman s’en est allée très loin. Ils ont eu beaucoup de peine, son père et lui. Et il a arrêté de parler et d’entendre. Son père l’a bien emmené voir tous les spécialistes mais chacun s’accorde à dire qu’il n’y a aucune raison pour que Tyrone ne parle ni n’entende pas. Tyrone est bien seul, alors il se console avec son chien Biscoto. Son père s’est remarié avec Chloé qui l’aime bien. Même ses deux enfants, Edgar et Saskia, sont gentils avec lui. Tyrone y a donc gagné un frère et une sœur.

Un nouveau parti politique, Les lucioles fait son apparition. Son emblème est le noir avec des points blancs. Il organise des fêtes et les gens des lucioles sont très gentils, offrant des bonbons et des ballons aux enfants. Puis, Les Lucioles se présentent aux élections, gagnent le pouvoir au niveau national … et Tyrone observe et nous décrit comment la société commence à changer.

La difficulté dans ce genre de narration, c’est-à-dire faire parler un enfant, est d’accrocher le lecteur dès le début du roman, et de savoir revenir à une logique simple et enfantine. Un enfant ne juge pas, il observe et interprète ce qu’il voit, entend ou vit, en fonction de quelques règles dont la principale est probablement de faire une confiance aveugle à ses parents. Et comme il sait que ses parents ne lui disent pas tout, il interprète aussi leurs réactions, leurs mimiques.

De ce point de vue là, ce roman est une franche réussite, car dès le départ, on entre dans le monde silencieux de Tyrone, et on le suit avec plaisir et avec sympathie. Et si le début peut prêter à sourire, la suite nous fait vite grincer des dents avant que nous basculions dans l’horreur, petit à petit mais inéluctablement. Et le fait que Tyrone nous décrive ce qui lui arrive avec tant de détachement, en ne restant finalement qu’un témoin de la folie des grands, est d’autant plus marquant pour nous qui assistons impuissants à ce qu’il faut bien appeler une véritable descente aux enfers.

Ce qui fait froid dans le dos, c’est cette logique dans ce qui est décrit, ce glissement vers un bouleversement de société qui vise à contrôler ses citoyens jusqu’à justifier que, pour leur bien, il faut leur dire quoi faire et supprimer leur liberté de faire, de dire, de penser. Et rien que pour ce message là, ce roman s’avère indispensable, un passage obligé pour toute personne sensée qui est abreuvée d’informations et qui ne comprend plus ce qui se passe. D’ailleurs, cela va même plus loin : A travers le regard de Tyrone, on se rend compte que nous, adultes, ne sommes même plus capables de voir les évidences que Tyrone nous montre. Et c’est écrit avec une telle simplicité, une telle évidence que cela parait évident.

A une époque où on préfère utiliser le 49-3 plutôt que le referendum, à une époque on porte aux nues des jeunes gens érigés au rang de star fiers d’étaler leur inculture dans tous les domaines, à une époque où on prône le « c’est pour votre bien » ou le « vous en avez rêvé, Machin l’a fait pour vous », ce roman est comme un joyau qui va vous ramener au stade de l’être humain : il va vous faire réfléchir. En tous cas, c’est une lecture importante, obligatoire avant les échéances électorales qui approchent. M.Jan Thirion, vous avez créé un livre important et je souhaite qu’il ne finisse jamais dans un autodafé comme vous le racontez si bien, mais que plein de gens l’achète et le lise.

Sur la quatrième de couverture, il est annoncé de 10 à 110 ans. Je pense plutôt qu’on peut le lire à partir de 15 ans. Pardon, que tout le monde doit le lire à partir de 15 ans.

Black Novel prend un an de plus !

Eh voilà, Black Novel a 7 ans. Je n’arrive toujours pas à y croire !

L’envie de partager mes avis, mes lectures est toujours aussi grand. Et je tiens à vous remercier, vous lecteur de passage, ou vous abonné et lecteur fidèle. Merci pour votre assiduité, pour vos commentaires, pour vos encouragements. Merci aussi aux éditeurs qui me font confiance, aux attachés de presse qui pensent à moi et surtout aux auteurs avec qui je suis en contact, ou que je rencontre dans les quelques salons que j’arpente.

Cette année, ma fille aura publié son premier billet. Et c’est l’événement que je garderais de cette année, le plus important pour moi. J’ai un peu laissé tomber ma rubrique d’Information du mardi par manque de temps, mais aussi parce que je participe au panier de l’association 813, pour mettre en avant des romans mais aussi des blogs de collègues et copains. Car plus nous parlerons de livres, plus le niveau des publications s’améliorera. Du moins, j’y crois. Je n’ai pas pu me résoudre à commencer une rubrique BD, car je me sens incompétent à écrire quelque chose dessus. Et pourtant, j’en aurais lu pas mal, et en particulier la série Transmetropolitan de Warren Ellis que je vous recommande.

Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire s’il n’y a pas de cadeau. Comme d’habitude, je vous propose donc de gagner un de mes coups de cœur. Je tiens à préciser que ce roman est acheté avec mon argent personnel ce qui m’évite de rédiger un règlement de concours.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté (e) par mail pour son adresse postale. La date limite de réponse est le 14 mai 2014 à minuit. Le 15 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants.

Cette année, j’ai choisi plusdeproblème.com de Fabrice Pichon (Editions Lajouanie), un fantastique polar dont les personnages vous hanteront longtemps. La quatrième de couverture est celle-ci :

plusdeprobleme

C’est la curieuse histoire d’un cadre criblé de dettes, harcelé par ses créanciers, humilié par le juge du surendettement, méprisé par sa famille mais chéri par sa maîtresse, qui se décide à se lancer dans l’élimination de ses semblables…

C’est aussi la drôle d’enquête d’un commissaire qui, traquant un immonde pourvoyeur de chair fraîche, croise la route d’un insaisissable tueur à gages… C’est donc, mais pas que, l’histoire de Sylvie, Marc, Marie et… Walter.

plusdeprobleme.com est un roman haletant, diablement bien construit et bigrement original. Les héros ? Le narrateur (un sacré schizo, grand amateur de whisky), le commissaire (une jeune femme, branchée demoiselle) et une ribambelle de seconds couteaux qui mènent l’enquête à un train d’enfer…

Vous retrouverez mon avis ici

La question est la suivante : Quel fut le titre du premier roman écrit par Fabrice Pichon ?

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix de lecture, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires. Je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et n’oubliez pas le principal : lisez !

plusdeprobleme.com de Fabrice Pichon (Lajouanie)

Attention coup de coeur !

Fabrice Pichon, je le suis depuis ses débuts, depuis Vengeance sans visage, son premier roman policier. Pour ce roman, il change de maison d’édition, de style, de genre … et de lunettes (?) pour nous proposer un polar qui flirte entre le roman policier, le roman social, et le thriller. Fabrice Pichon a décidé de faire un mélange des genres et c’est une franche réussite.

Marc Segarra est cadre dans une société d’assurance, en province. Il travaille comme un fou pour nourrir sa famille mais il ne se sort plus de ses dettes, entre ses emprunts et ses enfants, dont l’un est handicapé. Seulement, pour avoir droit à des aides, il faut être pauvre ! Marc Segarra a rendez vous avec le juge de la commission de surendettement, le juge Chauvin. Mais ce dernier n’est guère compréhensif, arguant que Marc n’a fait aucun effort pour vendre sa maison. Mais Marc ne veut pas laisser sa famille à la rue.

Son seul moment de distraction, c’est d’aller voir Sylvie, une prostituée de luxe. Auparavant, il passait la voir souvent ; maintenant, il se contente de quelques brefs instants de bonheur volés. Elle refuse de le faire payer, car elle est amoureuse de lui. Ce soir là, une brute épaisse force la porte et ordonne à Sylvie de payer 70% de ses gains au grand chef, qui s’appelle La Baleine, un Roumain qui règne que la prostitution de qualité.

Marc, dans un élan qu’il ne comprend pas, assomme le malabar et le menace en se présentant sous le nom du juge Chauvin. En partant, le balèze laisse son pistolet, que Marc récupère. Il devient le héros de Sylvie, s’il ne l’était pas déjà. Quelques jours plus tard, une lettre du juge arrive donnant à Marc quelques jours supplémentaires de survie. Mais il ne voit pas comment s’en sortir. Sauf s’il utilisait l’arme du mafieux qu’il a gardé … et s’il se mettait à son compte ? Et s’il créait une entreprise d’élimination ?

Je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ce roman, et de ne pas tenir compte de vos apriori devant la taille du pavé (plus de 600 pages) car c’est un livre que l’on du mal à lâcher une fois qu’on l’a ouvert. En fait, j’ai trouvé tout ce que j’aime dans un polar. Et quand c’est fait comme ça, c’est tout simplement génial.

Tout d’abord, on part d’une situation simple mais tristement réaliste : un pauvre gars comme vous et moi, criblé de dettes, étranglé par ses crédits. On entre tout de suite dans le personnage, sans fioritures mais avec tant de justesse qu’on le suit les yeux fermés. Puis, premier événement : ce personnage a une amante. Avec cette deuxième situation, l’auteur introduit un deuxième personnage … ce principe va se répéter jusqu’à ce que tous les personnages soient entrés en scène.

Une fois que Fabrice Pichon nous a décrit son échiquier, il va faire évoluer ses pions. Je ne sais pas comment il fait, mais il arrive à trouver à chaque fois des événements qui vont faire rebondir l’intrigue, et bouleverser la destinée des personnages. Cela joue en grande partie dans l’addiction que l’on ressent à la lecture. En fait, ce roman a une intrigue sautillante, un peu comme une balle en mousse … sauf qu’elle ne rebondit jamais dans la direction que l’on aurait pu imaginer.

Pour finir, il faut quand même avouer que si on se passionne pour ce roman, c’est aussi grâce à ses formidables personnages. Et on retrouve là tout l’art et le talent de cet auteur pour peindre des personnages plus vrais que nature, où chacun a une même importance. L’auteur nous les décrit avec justesse, c’en est d’ailleurs impressionnant, leurs actions et réactions sont toutes logiques, et du coup, on se retrouve impliqué dans l’histoire, car ce qui leur arrive nous parle … forcément.

A la fermeture de ce livre, j’ai eu comme un déchirement. Parce que je ne voulais pas abandonner Marc, Sylvie, Marie et les autres, je ne voulais pas sortir de cette situation inextricable. Sans ressentir de sympathie particulière envers Marc, qui est tout de même un assassin, on s’attache à ces psychologies fortes, et on se laisse malmener avec plaisir. En fait, ce roman, c’est un peu comme un grand 8 qui vous secoue dans tous les sens, qui flirte avec le roman noir, la critique acerbe de la société de consommation, le roman policier, l’itinéraire d’un tueur, et j’en passe … Et ce qu’il y a de fort, dans ce roman, c’est qu’aucun de ces aspects n’est négligé, tout est parfaitement maitrisé. Ce livre est génial, je vous le dis !

Coupr de coeur

Travailler tue ! de Yvan Robin (Editions Lajouanie)

Ce roman est l’occasion d’épingler un nouvel auteur sur Black Novel. Et même si ce n’est pas un premier roman, c’est une découverte en ce qui me concerne. Travailler tue ! est le deuxième roman de l’auteur, sur le thème du Burn-out, avec un titre qui claque. A découvrir, à déguster, pour rire jaune.

Dans une ville imaginaire nommée Neuville. Nous sommes dans un chantier de Travaux Publics. Les hommes s’affairent pour avancer dans la construction d’un gigantesque portique. Ils posent les armatures en acier, quand l’un d’eux tombe et s’embroche. Le filon d’acier le transperce de part en part. Le chef de chantier appelle immédiatement au téléphone son responsable. Quelques minutes plus tard, un homme débarque, et sans sortir un mot, déplace le corps, met des embouts de protection sur les tiges d’acier et demande au chef de chantier de signer un mot stipulant que les règles de sécurité étaient respectées. S’il signe, alors l’homme appellera les secours.

Hubert Garden est cet homme. Il est chargé de faire respecter les règles de sécurité. A chaque fois qu’il fait un audit, il rappelle aux ouvriers qu’il faut porter les équipements de protection. Pour eux. Pour l’entreprise aussi qui risque de payer des charges supplémentaires en cas d’accident. Mais la direction décide de fixer un objectif intenable, un chiffre extrêmement faible en termes d’accidents. Hubert ne peut tenir ce chiffre et décide de faire l’inverse : provoquer des accidents.

Ce roman est un pur roman noir, ou du moins devrais-je dire un pur roman cynique. Car malgré son ton sérieux, malgré son sujet difficile voire brulant, on ne l’apprécie qu’en le lisant au second degré. C’est comme cela que l’on découvre à la fois une situation qui pourrait se révéler réelle, mais aussi l’hypocrisie entre des objectifs de rentabilité et la sécurité des ouvriers qui n’est finalement rien d’autre qu’un indicateur et un facteur de marge financière.

Et donc nous allons assister à un véritable burn-out, où le personnage principal va pêter un câble (trait d’humour involontaire, quoique …) et entrer dans une démarche de destruction dirigée à la fois contre son entreprise, le système et enfin, lui-même. Nous assistons donc à une véritable descente aux enfers, où Hubert fait preuve de créativité dans les messages qu’il passe, bénéficiant d’une position où il peut leur faire faire n’importe quoi ou bien en faisant tout bonnement du sabotage.

En parallèle, nous avons la femme d’Hubert, qui est aide soignante dans un service de gériatrie. Elle aussi, à son niveau, se rebelle contre sa fonction et finit par s’enfermer dans la lecture de magazines inutiles, ou dans la contemplation de séries télévisées montrant des gens vivant une vie idéale. On se retrouve alors avec une galerie de personnages qui nous montrent une société avant tout gérée par l’image que l’on renvoie, qui doit être lisse et politiquement correcte.

Avec son ton sérieux, ce roman remarquablement bien écrit, serait un pur joyau qui rappelle le film Chute libre (cité en quatrième de couverture) sans son coté raciste. Il y a juste certains passages que j’ai trouvés un peu bavard et qui m’ont détourné du véritable sujet du roman. En tout état de cause, je vous conseille très fortement ce roman, décidément pas comme les autres, et qui mérite autant de succès que les Visages écrasés de Marin Ledun.

Ne ratez pas l’avis de Jean le Belge

Un temps de chien de Pascal Jahouel (Éditions Lajouanie)

Un nouveau roman de chez Lajouanie est l’occasion de lire un roman original, qui se démarque des autres par son style. Une fois de plus, c’est le cas, et ce roman fait preuve d’une verve jouissive.

Si vous étiez dans la région de Rouen, et que vous avez raté cela au mois de janvier (de je ne sais quelle année), alors c’est un spectacle que vous allez regretter. Une vieille dame arpente les rues, en soufflant comme un bœuf … pas qu’elle soit essoufflée, c’est surtout qu’il fait un froid de canard. Le plus dur, quand on est grimé comme une vieille peau, c’est quand on entre dans un bar pour commander une boisson chaude. Le patron vous prend alors pour une vieille pédale sur le retour !

En fait, la vieille dame, c’est BHL. Non, pas le célèbre philosophe, le lieutenant de police Bertrand-Hilaire Lejeune ! Dun autre coté, ce n’est pas de sa faute si son chef, le commissaire Chassevent lui a donné comme priorité de trouver le voleur de sacs de vieilles dames qui sévit dans le quartier. Quand il chope un jeune qui s’intéresse de trop près à son sac, il l’engueule vertement mais le laisse partir. Faut pas enfoncer la jeunesse, nom de Dieu !

Dans le genre enquêtes passionnantes, voilà qu’on lui confie celle d’un accident domestique. Comprenez que ce n’est pas une bonne qui est morte, mais bien un pauvre quidam qui a succombé à un empoisonnement au monoxyde de carbone. Si l’autopsie ne lui montre que la présence de somnifères, quelques indices titillent l’oreille de cet emmerdeur en chef. Tudor Lupu (c’est le nom de la victime), roumain d’origine fut champion de handball dans son pays, avant de devenir entraineur de seconde zone à mi-temps, et encore, entre deux bouteilles d’alcool fort. Alors, comment un demi-smicard peut-il se retrouver avec un compte en banque à faire rêver n’importe quel quidam ? Quand un deuxième Roumain d’origine se retrouve avec du plomb dans la tête, l’affaire s’avère effectivement un peu plus corsée que prévu.

Ce roman est une vraie découverte pour moi. Je ne connaissais pas Pascal Jahouel. Je ne connaissais pas BHL. Ce fut une vraie bonne surprise. Mais venant des éditions Lajouanie, ce n’est pas étonnant. Depuis leur création, ils ont l’art de nous trouver des auteurs qui soit par leur sujet, soit par leur style, écrivent des romans pas comme les autres, des auteurs avec une vraie passion, un vrai style.

Ce roman, que j’ai lu en deux jours, sous la pluie, porte bien son nom à tous égards. Et pour comprendre le titre, il vous faudra aller jusqu’au bout. A chaque page que vous tournerez, à chaque ligne que vous lirez, vous aurez droit à un cynisme comme on en lit rarement, mâtiné d’humour argotique qui va forcément vous tirer des sourires. C’est aussi et surtout un vrai plaisir de lecture … pour qui aime le politiquement incorrect. Car BHL assassine son prochain à coups de pierres, assénant des remarques sur les attitudes, les défauts de la société ou juste à travers la description imagée des personnages.

On peut toujours craindre que l’auteur ne tienne pas la distance, qu’il s’essouffle au long du roman et que le soufflé retombe parfois plus lentement qu’il est monté. N’en croyez rien, le style reste alerte, le ton humoristique et plein de verve et cette lecture est tout simplement fendarde, jouissive. Si on ajoute que l’enquête est très bien suivie, qu’elle se tient et que le dénouement est surprenant, cela fait de ce roman un très bon divertissement.

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