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Oldies : Mr Paradise de Elmore Leonard (Rivages)

Ce mois, j’ai decide de rendre un hommage à Elmore Leonard, ce grand monsieur du polar, avec une lecture qui date de 10 ans, car sa première publication eut lieu en 2004.

L’auteur :

Elmore John Leonard Jr., né le 11 octobre 1925 à La Nouvelle-Orléans en Louisiane et mort le 20 août 2013 (à 87 ans) à Detroit au Michigan, est un romancier et scénariste américain.

Son père travaille pour General Motors où il était chargé de trouver des sites où General Motors pourrait implanter des usines, ce qui provoque de nombreux déménagements de la famille Leonard. Même si Elmore Leonard est né à La Nouvelle-Orléans, il n’y vécut pas très longtemps. En 1934, sa famille s’installe à Détroit dans le Michigan.

À cette époque deux évènements importants ont lieu, qui influencent beaucoup Leonard dans ses écrits. Les gangsters comme Bonnie et Clyde font la une des journaux du pays, tout comme l’équipe de baseball des Detroit Tigers. Au début des années 1930, Bonnie et Clyde sont connus pour leur folie meurtrière, et sont abattus le 23 mai 1934. Les Detroit Tigers se qualifient pour les World Series de baseball en 1934. Ces évènements marquent Leonard, qui en conçoit une fascination pour les sports et les armes.

Leonard est diplômé de la University of Detroit Jesuit High School en 1943.

Elmore Leonard vit ses dernières années dans le comté d’Oakland (Michigan), avec sa famille. En 2012, il est lauréat du National Book Award pour l’ensemble de son œuvre.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Richissime avocat à la retraite, Mr Paradise, don son vrai nom Tony Paradiso, apprécie certains petits plaisirs dispendieux. Par exemple, des numéros de majorettes un peu particuliers exécutés par des jeunes filles que lui ramène Montez Taylor, son homme de confiance très cool, lorsqu’il a envie de voir un match de son équipe préférée. Pas de quoi fouetter un chat. Non, mais de quoi tuer un homme, car le soir où Chloe, une habituée des soirées de Mr Paradise, arrive avec son amie Kelly, les choses tournent mal. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Mr Paradise et l’une des deux filles ont été abattus. Quand l’inspecteur Frank Delsa débarque sur les lieux, il ne croit guère à l’hypothèse d’un cambriolage avorté, que Montez essaie de lui vendre. Il comprend qu’on se moque de lui. Il ne soupçonne pas encore à quel point.

« Depuis un demi-siècle, Elmore Leonard réjouit les amateurs de western et de polar. » (Le Figaro)

« Le roi de l’humour noir. » (Télérama)

« Une comédie magistrale sur l’avidité humaine. » (Les Inrockuptibles)

Mon avis :

On se disait ça, l’autre jour, avec mon dealer de livres, alors que je réfléchissais au roman que j’allais choisir pour la rubrique Oldies de ce mois : « Le problème avec Elmore Leonard, c’est que c’est toujours bien ». En effet, quelque soit le roman que vous allez ouvrir, vous allez trouver une intrigue qui tient la route, des personnages troubles, des décors à peine brossés et de formidables dialogues.

Dans ce roman, vous y trouverez un bon polar, dont le suspense ne réside pas dans le nom du meurtrier, mais plutôt dans la façon dont Frank Delsa va pouvoir le coincer. Alors Elmore Leonard s’amuse à complexifier son intrigue en introduisant des personnages tous plus louches les uns que les autres, de petits dealers à des avocats véreux.

On y retrouvera par contre, ce qui fait la marque de fabrique de Elmore Leonard, à savoir un décor dessiné en une phrase, imageant un petit détail, ce qui laisse au lecteur le soin d’imaginer le reste de la pièce et surtout d’extraordinaires dialogues. Je trouve que ce polar, sans atteindre les sommets de La loi de la cité, la brava ou Beyrouth-Miami, s’avère à nouveau un bon polar, agréable à suivre.

Road dogs de Elmore Leonard (Rivages Thriller)

Quand on hésite sur le prochain livre à lire, il ne faut jamais oublier les maîtres. Elmore Leonard fait partie de ces incontournables auteurs prolifiques qui savent raconter des histoires. Road dogs est un très bon roman d’un auteur que j’avais un peu laissé de coté et c’est un tort.

Jack Foley est un braqueur de banque qui a à son actif plus d’une centaine de larcins. Sa qualité est indéniablement le charme qu’il opère auprès des caissières. Nous le retrouvons en prison, avec une peine de 30 ans à purger puisqu’il a été repris après une tentative d’évasion ratée. Il a pris sous sa protection un Cubain, ancien gogo dancer qui s’appelle Cundo Rey.

Cundo est un homme riche. Il achète des maisons dans des coins qui sont amenés à prendre de la valeur, puis les revend avec un substantiel bénéfice. Il a un homme de main qui réalise toutes ses transactions et ses activités illégales, en la personne de Little Jimmy, cubain comme lui qui lui est dévoué corps et âme. Une des activités de Cundo est l’arnaque de personnes âgées, aidé en cela par sa femme Dawn Navarro, qui fait semblant d’avoir des dons de voyance extralucide.

Cundo doit bientôt sortir de prison grâce à une avocate géniale (mais chère), Megan Norris. Celle-ci, charmée par Jack, réussit à retourner le témoignage de Karen Sisco, un officier fédéral, qui était tombée amoureuse de Jack lors de son évasion. Sa peine est réduite à sept ans, ce qui fait qu’il va bientôt sortir, Cundo devant sortir quinze jours plus tard. Cundo propose d’héberger Jack dans une maison située en face de celle de Dawn, à Venice Beach, et de tout lui payer.

Jack et Dawn vont tomber amoureux, ou du moins faire l’amour. Jack sait bien que Cundo veut l’utiliser alors qu’il ne rêve que de s’exiler. Dawn voit en lui le partenaire idéal pour voler tout l’argent de Cundo. Little Jimmy sent bien qu’il a un coup à jouer et qu’il peut récupérer plus que les petites sommes qu’il détourne à son profit. Mais un agent fédéral, Lou Adams, va poursuivre jack Foley, obsédé qu’il est de mettre sous les verrous l’un des plus ingénieux braqueurs de banque.

Ce livre est l’exemple même du talent d’un grand auteur. Prenez une situation classique, ajoutez des truands, une femme fatale, un flic acharné, saupoudrez de relations troubles entre tous les protagonistes, et vous obtenez un suspense prenant dont l’issue est extrêmement incertaine. Car la grande question qui suit tout ce livre, c’est : Qui manipule qui ?

Avec un style fluide, une psychologie complète des personnages et un enchaînement génial des actions, Elmore Leonard démontre tout son art sans forcer. A croire que, pour lui, c’est naturel, inné. Quand je parle de plaisir de lecture, ce livre en est l’illustration même. A priori, rien d’extraordinaire dans le sujet, rien de génial dans les situations, juste une histoire qui part de zéro et qui se termine comme elle doit se terminer (bon, je ne vais pas tout vous dire non plus !). Et une fois qu’on a tourné la dernière page, on ne peut que se dire : « c’était vachement bien ! ».

Quand on ne sait pas quoi lire, quelle bonne idée de reprendre les grands auteurs de romans noirs. Elmore Leonard fait partie de ceux là, et Road dogs est un très bon bouquin qui vous fera passer un très bon moment. N’attendez plus, allez l’acheter de ce pas, lisez Elmore Leonard !