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Oldies : Quand se lève le brouillard rouge de Robin Cook

Editeur : Rivages Noir

Traducteur : Jean-Paul Gratias

Quand j’ai décidé de consacrer cette année 2018 à la collection Rivages Noir, je savais que j’allais lire un roman de Robin Cook, puisque c’est l’un de mes auteurs favoris. L’auteur de J’étais Dora Suarez a toujours décrit remarquablement bien le Mal, et ses origines. Pour l’occasion, j’ai lu le dernier roman qu’il ait écrit.

L’auteur :

Robert William Arthur Cook dit Robin Cook, né le 12 juin 1931 à Londres et mort dans la même ville le 30 juillet 1994 est un écrivain britannique, auteur de roman noir.

Fils de bonne famille (un magnat du textile), Robin Cook passe sa petite enfance à Londres, puis dans le Kent où la famille s’est retirée en 1937 dans la crainte de la guerre. Après un bref passage au Collège d’Eton, il fait son service militaire, puis travaille quelque temps dans l’entreprise familiale, comme vendeur de lingerie.

Il passe les années 1950 successivement :

à Paris au Beat Hotel (où il côtoie William Burroughs et Allen Ginsberg) et danse dans les boîtes de la Rive gauche,

à New York, où il se marie et monte un trafic de tableaux vers Amsterdam,

en Espagne, où il séjourne en prison pour ses propos sur le général Francisco Franco dans un bar.

En 1960, il rentre à Londres, où il accepte d’être un prête-nom pour Charlie Da Silva, un proche collaborateur des jumeaux Kray. Interrogé par la police néerlandaise à propos d’une escroquerie d’assurances liée au vol supposé d’une toile de Rembrandt, il prétend avoir définitivement renoncé à son passé de criminel en faveur d’une nouvelle vie d’écrivain.

Signé Robin Cook, son premier roman, intitulé Crème anglaise (The Crust on its Uppers, 1962), le récit sans concessions d’une descente aux enfers délibérée d’un homme dans le milieu des truands londoniens, obtient à sa publication un succès de scandale immédiat.

Suivront des romans de plus en plus noirs et d’un réalisme sordide quasi documentaire, notamment Comment vivent les morts (How The Dead Live, 1986) ; Cauchemar dans la rue (Nightmare In The Street, 1988) ; J’étais Dora Suarez (I Was Dora Suarez, 1990) et Quand se lève le brouillard rouge (Not Till the Red Fog Rises, 1994)

Après avoir bourlingué de par le monde et avoir exercé toutes sortes de petits boulots, il est décédé à son domicile à Kensal Green, dans le nord-ouest de Londres, le 30 juillet 1994.

Son autobiographie, The Hidden Files, publiée en 1992, est parue en français sous le titre Mémoire vive (1993).

(Source : Wikipedia adapté par mes soins)

Quatrième de couverture :

A sa sortie de prison, Gust, gangster professionnel, dérobe avec quelques complices deux mille passeports britanniques dont le prix au marché noir avoisine les mille livres l’unité. Un joli pactole que des truands londoniens veulent négocier avec des électrons libres de l’ex-KGB qui, eux, veulent écouler des têtes nucléaires en provenance des arsenaux de l’Armée rouge. Mais les services du contre-espionnage britannique sont sur l’affaire…

Mi-roman criminel, mi-roman d’espionnage, l’ultime œuvre de l’immense Robin Cook, est un mélange d’humour, de distance, de noirceur et d’humanité bouleversante. A découvrir absolument.

Quand se lève le brouillard rouge est le dernier roman écrit par Robin Cook (1931-1994) et peut-être son chef-d’œuvre. La sécheresse du ton accentue encore le pouvoir d’émotion de cette magnifique épure, à la fois distante et intimiste, comme traversée d’un prémonitoire sentiment d’urgence absolue et s’achevant dans un silence de mort… (Jean-Pierre Deloux, Polar)

Mon avis :

Le roman débute par Sladden, qui rend visite à un homme dans une chambre d’hôtel. Quand il sort un revolver, on sent bien que cela va mal se passer. Homosexuel et obsédé sexuel, il sait qu’il doit rapidement faire son boulot avant d’être l’esclave de ses pulsions contre lesquelles il aurait du mal à résister. Il demande au gars, russe d’origine mais titulaire d’un faux passeport anglais de s’allonger sur le lit. Il s’allonge derrière lui et lui tire une balle dans la tête. Puis il arrange la scène de crime en faux suicide.

Si on débarque en plein milieu de cette intrigue, Robin Cook va petit à petit nous donner les pièces du puzzle pour comprendre de quoi il en retourne. Un lot de passeports vierges a été volé par des truands, dont faisait partie Gust, qui vient de sortir de prison. Ce lot est convoité par la mafia mais aussi par des Russes menés par Gatov. Gust, qui est en probation, va se retrouver au centre d’un imbroglio et va se défendre comme il sait le faire : par la violence.

Ce roman est une vraie collection de tiroirs. Si Gust et son itinéraire sanglant sert de trame principale, nous allons voir apparaître la police, la mafia, la police et les services secrets. Robin Cook nous dépeint un monde dur, violent, sans pitié où tous les décors sont des ruelles sombres ou des bars douteux. Et chacun ne connait qu’un seul langage, celui de la mort. Si on a l’impression qu’on laisse peu de chances aux repris de justice, il en ressort aussi que les méchants ne sont pas ceux que l’on croit et qu’il y a toujours quelqu’un de plus horrible situé plus haut dans la pyramide du crime.

Si le roman est prenant à lire, c’est grâce à ses nombreux dialogues emplis de réparties humoristiques et cinglantes. Il en ressort une tension poisseuse et palpable. Et c’est bien le personnage de Gust, que l’on devrait haïr tant il est violent qui parvient à nous émouvoir. Sa descente aux enfers et la poisse qu’il porte à ses proches arrivent à nous faire éprouver de la sympathie pour lui alors qu’il flingue ceux qui lui parlent mal.

Avec le recul, ce dernier roman de Robin Cook nous montre ce qu’il pensait de la société Anglo-Saxonne. Tout le monde y est pourri, qu’il soit du bon ou du mauvais coté de la loi. Et on y trouve aussi que réflexions philosophiques sur la vie et la mort qui ont forcément des résonances particulières dans l’esprit du lecteur et du fan de Robin Cook que je suis : Après la mort, il n’y a rien, il n’y a plus rien.

Ne ratez pas l’avis de l’ami Vincent chez Foumette ainsi que cette interview sur Youtube03

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La compagnie des glaces de G.J.Arnaud – Tome 5 et 6

Editeur : French Pulp

Les éditions French Pulp ont décidé de rééditer la saga de science fiction, en regroupant les romans par deux. Il s’agit, je crois, de la plus grande saga de science fiction jamais écrite puisqu’elle comporte 63 romans. Voici mon avis sur L’enfant des glaces et Les otages des glaces.

L’enfant des Glaces :

Yeuse est toujours l’attraction principale du cabaret itinérant et son dernier numéro, qui reprend le personnage de Marilyn Monroe fait un malheur. Les villes qu’elle choisit pour faire son numéro ont en fait un seul objectif : retrouver Lien Rag, en fuite depuis qu’il est considéré comme un traitre par La Compagnie.

De son coté, Lien Rag vit avec Jdrou et leur fils Jdrien. Avec sa combinaison isotherme, il travaille avec les Hommes Roux à déneiger les dômes, en tant qu’esclave. Se rendant compte que Jdrou délaisse leur enfant, il décide de s’en occuper, mais se retrouve pris entre deux feux : les Hommes Blancs et les Hommes Roux.

Après avoir posé les bases de son monde des Glaces dans les quatre premiers tomes, celui-ci semble être une sorte de pause … avant de rebondir ? Il ne se passe pas grand’ chose dans ce roman, si ce n’est le parallèle entre Lien et Yeuse et le destin de ce garçon qui grandit plus vite que les autres. On y voit aussi la peur et la folie des Hommes, prêts à tuer ceux qui ne sont pas comme eux. Cet épisode est donc loin d’être le meilleur et donc dispensable. Mais je vais continuer ma découverte de cet univers.

Les otages des Glaces :

Lien Rag a trouvé refuge dans le train pirate de Kurts. Ils roulent dans le Grand Nord, et se retrouvent pris entre deux feux : d’un coté la Panaméricaine, de l’autre la trans-européenne. Alors que tout le monde court après Lien, Kurts veut, quant à lui, le ramener au peuple des Roux, moyennant finances. L’ex-lieutenant Skoll, à la tête du peuple Roux, demande à Lien de jouer les agents doubles auprès de la Panaméricaine.

De son coté, Yeuse est toujours danseuse dans le cabaret itinérant et se charge de cacher Jdrien, le fils de Lien. A la tête du cabaret Miki, elle a bien du mal à savoir où est Lien. Elle va bientôt se retrouver prisonnière d’un colonel fou.

Entre romanesque et démesure, entre roman d’espionnage et scènes grandioses, ce roman qui débute doucement nous offre à la fois une intrigue prenante et une scène grandiose. Avec son style toujours aussi facile à lire, l’alternance entre les aventures de Lien et celles de Yeuse permet de faire avancer une intrigue passionnante.

L’aspect politique se complique, la guerre devient tactique, stratégique, et on y voit l’importance de la religion ainsi que la volonté d’indépendance du peuple Roux, qui veut créer son propre pays. Et Lien se retrouve face à des choix dramatiques avec une fin toute en suspense qui donne envie de lire le prochain tome. Super !

Danser dans la poussière de Thomas H.Cook

Editeur : Seuil

Traducteur : Philippe Loubat-Defranc

Franchement, vous pensiez peut-être que j’allais laisser passer le dernier roman de Thomas H.Cook, cet auteur qui arrive à me surprendre à chacun de ses livres, et que je vénère depuis Les feuilles mortes ? Eh bien vous vous trompez. Voici donc mon avis sur son dernier roman en date, qui change de ses précédents, tout en gardant le même style de narration. Ça ne vous aide pas ? Lisez donc la suite …

De nos jours, Ray Campbell atterrit à Rupala, capitale du Lubanda, alors qu’il n’y a plus mis les pieds depuis une dizaine d’années. Au poste des douanes, on le fait passer par une porte où est affiché Passage Diplomatique. Puis, une Mercedes de luxe le conduit dans les rues envahies d’orphelins. Ray se rappelle qu’il est venu ici il y a plus de 30 ans, et qu’il y a rencontré et connu une jeune femme blonde, Martine Aubert. Elle était de naissance belge mais avait tenu à acquérir la nationalité lubandaise et travailler dans la ferme que son père tenait là-bas, à Tamusi, perdue en plein milieu de la savane.

Trois mois plus tôt, Ray n’aurait jamais imaginé qu’il reprendrait contact avec ce pays qu’il a tant aimé et tant défendu. Trahi aussi ? Il reçoit un coup de fil de Bill Hammond, un ancien ami qu’il a connu là-bas, à Rupala. Bill lui apprend que son ancien guide, Seso Alaya, s’est fait tuer à New York. Ray le considérait comme son ami. Seso s’est fait torturer comme on l’a fait dans la période sombre du Lubanda. Le numéro de téléphone de Bill a été retrouvé dans la chambre d’hôtel de Seso.

Bill demande à Ray de trouver pourquoi Seso a été assassiné. Bill étant à la tête de la banque Mansfield Trust, il voudrait s’assurer qu’il peut encourager des investissements en faveur de ce petit pays sans risques. Comme le travail de Ray est justement d’évaluer les risques financiers, il n’hésite pas longtemps à aider son ami. Mais il le fait aussi en mémoire de Martine Aubert …

La marque de fabrique de Thomas H.Cook est de démarrer une intrigue de nos jours, et de construire son histoire à l’aide de flash-backs dans le passé, ce qui permet de positionner des retournements de situation au moment où il le juge opportun. Et comme Thomas H.Cook est un grand, un immense auteur, ses romans sont tout simplement irrésistibles, géniaux. Celui-ci ne déroge pas à la règle.

Et on retrouve aussi ce formidable talent pour créer des personnages, qui par leur action ou leur vie, sont hors du commun. Ici, il s’agit évidemment de Martine Aubert, qui a décidé de vivre au Lusamba, qui a adopté leur nationalité et qui malgré tout, sera rejetée par ses habitants. Thomas H.Cook nous présente cela comme une histoire d’amour déçue, à sens unique, avec beaucoup de romantisme, mais cela lui permet aussi de creuser le thème central de son roman.

Car au travers de ce roman, Thomas H.Cook évoque un thème original : le rôle des ONG et l’influence des pays industrialisés sur les pays en voie de développement. Comme il le dit, souvent, on fait le mal en voulant faire le bien. Thomas H.Cook ne se positionne pas en juge, mais présente grace à son intrigue une situation qui permet de montrer comment les « grands » pays influent sur la destinée des petits. D’une grande lucidité, il montre comment on donne de la nourriture à ces pays uniquement s’ils acceptent certaines conditions, qui évidemment vont à l’avantage de leurs donateurs. Si personne n’est pointé du doigt, le lecteur est bien amené à réfléchir plus loin que le chèque qu’il rédige chaque fin d’année.

Et puis, Si ces arguments ne vous suffisent pas, sachez que, en seulement 350 pages, Thomas H.Cook invente tout un pays, son histoire, sa vie et ses coutumes, sa politique et son rôle dans la géopolitique, ses soubresauts, ses révolutions, son peuple. Tout cela au travers de l’itinéraire de quelques personnages rencontrés au fil de ces pages. Je vous le dis, Thomas H.Cook est décidément trop fort.

Naïri Nahapetian aux éditions de l’Aube

Cela faisait un moment que j’avais entassé les romans de Naïri Nahapetian alors que j’avais bien aimé ceux qu’elle avait publiés chez Liana Levi. Son nouveau cycle tourne autour de deux personnages :

Parviz est un agent secret à la vie très secrète. On le dit mort, tué par les Iraniens. On dit qu’il travaillait pour la CIA. Aujourd’hui, il est ce que j’appellerai un agent secret free lance, et c’est ce qui fait l’attrait pour ce personnage singulier. Il est au courant de tout, n’est jamais là où on le croit, et dénoue en sous-main des intrigues complexes.

Florence Nakash est d’origine iranienne et actuellement employée par la DGSE française. Elle est en charge de toute affaire qui peut être liée de près ou de loin avec l’Iran. Amie de Parviz, celui l’aide dans ses affaires, et elle a l’art et la subtilité de servir de lien entre la culture occidentale et la culture orientale.

Les trois romans que je vous propose ont des points communs, que ce soit dans la forme ou le fond. Du fait de l’embargo imposé à l’Iran, les gouvernements occidentaux sont à l’affut de toute technologie devenant accessible à un régime extrémiste. Dans les trois affaires dont parlent ces romans, la DGSE diligente Florence puisqu’elles concernent l’Iran, de près ou de loin. A chaque fois, on part d’une affaire simple, et petit à petit, l’intrigue se déploie comme un éventail mortel.

Si nous avons donc affaire à des romans d’espionnage, ce ne sont pas pour autant des romans d’action, mais plutôt des romans d’enquêtes. Les intrigues vont donc avancer avec des événements totalement logiques, et faisant preuve de beaucoup de créativité, mais aussi sur la base de discussions ou d’interrogatoires. Les dialogues sont d’une redoutables efficacité, ne dépassant pas une demi page, et faisant la place à des non-dits ou des sous-entendus, ce qui en fait une des qualités de l’écriture.

Les trois romans sont courts (moins de 200 pages) découpés en une quarantaine de chapitres. C’est une autre qualité de Naïri Nahapetian, cette faculté de dire en peu de mots ce que d’autres mettent quelques pages à exprimer. Chaque phrase est parfaitement pesée, très efficace et veut parfois dire plusieurs choses à la fois. De même, les personnages sont présentés en très peu de phrases et sont malgré cela parfaitement crédibles et vivants. C’est tout simplement du grand art dans l’efficacité, et je me disais à la lecture qu’il y a du Dominique Manotti dans cette écriture. Et quand vous savez mon adoration pour cette auteure, je n’ai pas besoin d’en rajouter des tonnes.

Je ne peux donc que vous conseiller d’acquérir rapidement un des romans de cette série, sachant qu’ils sont indépendants les uns des autres et peuvent être lus dans l’ordre que vous voulez. Je vous joins les quatrièmes de couverture pour avoir les sujets abordés.

Un agent nommé Parviz

Parviz est un être mystérieux. Les Iraniens le disent mort ; lui se plaît à raconter les circonstances dans lesquelles des hommes aux ordres de Khomeyni l’ont assassiné. Il travaillait alors pour la CIA, mais vend désormais son savoir-faire aux services secrets français. C’est ainsi que Kiana se retrouve à écouter sa confession dans un pavillon impersonnel de banlieue parisienne : il semblerait que son mari, Nasser, un scientifique iranien, ait des choses à cacher. Peu après, Florence Nakash, jeune recrue de la DGSE, est chargée d’une nouvelle enquête : son ami Parviz, celui-là même que l’on disait mort en 1979, a disparu…

Un roman subtil et efficace qui nous entraîne au cœur des secrets nucléaires iraniens et des manipulations des services secrets occidentaux pour ralentir l’avènement d’une « bombe islamique ».

Le mage de l’hôtel Royal

Un prestidigitateur iranien, le mage Farzadi, est assassiné dans un grand hôtel au bord du lac Léman.

Il a, peu avant sa mort, reçu dans sa chambre un mystérieux journaliste persan ainsi qu’une jeune Irano-Américaine aux très érotiques cuissardes…

Farzadi a-t-il été victime de dissensions internes au régime islamique ? Ou bien a-t-il été liquidé par la CIA ?

L’enquête est confiée à la DGSE et Florence Nakash, persuadée qu’une partie de la réponse se trouve dans un traité d’alchimie, aura besoin de l’aide d’un vieil ami nommé Parviz.

De Paris, il lui faudra aller jusqu’à Téhéran pour démêler le vrai du faux et retracer le parcours de cet étonnant mage aux multiples existences.

Une enquête rondement menée, efficace et subtile.

Jadis, Romina Wagner

Romina Wagner a toujours fait l’objet de rumeurs plus ou moins farfelues. Aussi, quand elle évoque auprès de son psychanalyste une drôle d’ambiance sur son lieu de travail, celui-ci n’y prête que peu d’attention.

« Qui pourrait en vouloir à cette belle femme d’origine roumaine, ingénieure au sein de Microreva, une entreprise de haute technologie ? » se dit Moïni, un Iranien qui pratique des thérapies alternatives pour la clientèle huppée du quartier de la Butte-aux-Cailles, à Paris.

Jusqu’à ce que l’étrange Parviz lui dérobe le dossier de sa patiente. Romina, bientôt accusée d’espionnage industriel pour le compte de puissances étrangères, plonge dans un cauchemar paranoïaque et ne peut plus faire confiance à personne, et surtout pas à son mari…

C’est Florence Nakash, de la DGSE, qui a pour mission de tirer cette affaire au clair.

Hommage : Transparences de Ayerdhal (Livre de poche)

La disparition de Ayerdhal m’a touché parce que c’est un auteur que j’ai lu trop tard, que j’ai adoré trop tard, que j’ai croisé (seulement ! Quel con je peux être !) à Lyon et qui est parti bien trop tôt. J’ai donc voulu parler de ses livres, du pouvoir de son imagination. Transparences en est un excellent exemple.

L’auteur :

Yal Ayerdhal (né Marc Soulier le 26 janvier 1959 à Lyon dans le quartier de La Croix-Rousse, et mort le 27 octobre 2015 à Bruxelles) est un écrivain français qui a commencé par écrire de la science-fiction avant de se lancer dans le thriller. En 25 ans, il a entre autres obtenu deux grand prix de l’Imaginaire, deux prix Ozone, un prix Tour Eiffel de science-fiction, un prix Michel-Lebrun, un prix Bob-Morane, un prix Rosny aîné et un prix Cyrano pour l’ensemble de son œuvre et de ses actions en faveur des auteurs.

Ayerdhal grandit dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux. Il « tombe » très jeune dans le domaine de la science-fiction puisque son père, Jacky Soulier, détient l’une des plus grandes collections d’ouvrages du genre en Europe, avec par exemple l’intégrale de la collection « Anticipations » de Fleuve noir. À 13 ans, il décide de changer de prénom d’usage, lassé d’avoir de nombreux homonymes en classe, et adopte celui d’Ayerdhal.

Sans diplôme (y compris le bac), il exerce de nombreux métiers (et petits jobs, tels que vendre des brioches en porte à porte) en parallèle de l’écriture, dont moniteur de ski, footballeur professionnel, éducateur, commercial et chef d’entreprise1. Il a 28 ans lorsqu’il envoie son premier manuscrit, celui de La Bohème et l’Ivraie, à un éditeur, en l’occurrence Fleuve Noir. Il vit à l’époque dans une ferme à Écully, dans la région lyonnaise. Dans les années 1990, ses ouvrages participent largement au renouveau de la science-fiction française, alors dominée par les auteurs américains : 40 000 exemplaires de Balade choreïale, L’Histrion et Sexomorphoses trouvent leur public3.

Selon Ayerdhal, « la SF est un puissant outil pédagogique, un véhicule idéologique non négligeable et la plus riche expression de l’imagination créatrice… ». Les couvertures de ses premiers romans sont illustrées par le dessinateur Gilles Francescano. Dessins qui, aux dires de l’auteur, lui auraient inspiré le personnage de l’Histrion. Son œuvre Transparences, publiée en 2004, marque son entrée dans le domaine du thriller, suivie en 2010 par une suite non prévue, Résurgences, puis par Rainbow Warriors en 2013 et Bastards en 2014. Il a été primé pour ses romans Demain, une oasis, Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé, Rainbow Warriors, RCW, Étoiles mourantes et Transparences.

Diagnostiqué atteint d’un cancer en 2015, il informe régulièrement ses lecteurs de l’évolution de son état. Il meurt le 27 octobre 2015 à Bruxelles, des suites de ce cancer.

Source : Wikipedia

Quatrième de couverture :

1985, Berlin (RFA), Ann X, 12 ans, assassine ses parents, diplomates américains, et un couple de leurs amis avec un sabre japonais. L’enquête établit que l’adolescente, quasi analphabète, a agi en état de démence après plusieurs années de sévices sexuels. Soignée plusieurs mois dans une clinique psychiatrique, Ann est ensuite placée dans un établissement spécialisé qui prend en charge l’éducation d’enfants inadaptés.

1988, Fribourg (CH), Ann X, 15 ans, égorge un éducateur et en blesse grièvement trois autres avec un sabre qu’elle a fabriqué dans l’atelier de l’internat. En fuite durant huit semaines, elle est finalement arrêtée par les carabiniers à la frontière italienne, alors que, toujours avec son sabre de fortune, elle vient de sectionner une main du routier qui l’a prise en stop. L’enquête établit que l’éducateur égorgé la poursuivait de ses assiduités et que les trois autres (à son sens coupables d’avoir fermé les yeux sur les agissements de leur collègue) ont été blessés tandis qu’ils tentaient de la maîtriser. De son côté, le routier affirme ne lui avoir fait que des avances orales, ce qu’elle ne nie pas (mais elle refuse de s’exprimer). Jugée irresponsable et dangereuse, Ann est internée près de Lugano dans une maison pénitentiaire à vocation psychiatrique.

1998, Lyon (F) : Stephen Bellanger, qui vient de boucler à Toronto une thèse en psychologie criminelle, intègre Interpol. Dans le cadre d’une enquête sur des meurtres en série touchant l’Europe et plusieurs états américains, on lui confie la tâche de compulser toutes les affaires d’assassinats multiples des vingt dernières années. Ses recherches le conduisent à s’intéresser plus spécialement au cas d’Ann.

Autour de cette métaphore de la transparence, transparence d’une criminelle toujours d’abord victime, dont la violence est elle-même manipulée et utilisée par ses bourreaux, Ayerdhal construit magistralement un thriller contemporain palpitant et explore les rouages furtifs qui régissent notre monde.

Source : Babelio

Mon avis :

Mes amis, amateurs de thrillers, fans de polars complotistes, notez ce titre d’un auteur qui fut probablement l’un des meilleurs raconteurs d’histoires, ou en tous cas le plus inventif. Cette histoire nous conte quatre années de la vie de Stephen, psychologue canadien qui s’est engagé à Interpol. Sa première (et seule enquête) concernera la chasse après une tueuse qui a la faculté de disparaitre : Ceux qui la rencontrent ne se rappellent pas d’elle, les caméras de surveillance enregistrent des films où son visage est flouté. A 12 ans, elle a tué ses parents et un couple de leurs amis. Depuis, on ne peut dénombrer leur nombre (un millier ?). Tout ce que Stephen arrive à déterminer, c’est qu’elle tue quand elle se sent menacée.

De ce début, Ayerdhal va nous montrer les guerres entre services (Interpol, Europol, CIA, FBI, NSA, KGB …) et surtout nous plonger dans le doute. Car on se pose les questions suivantes : Qui travaille pour qui ? Qui manipule qui ? C’est un roman sur les illusions, sur les apparences et le seul moyen d’en sortir, c’est d’opter pour la transparence. C’est aussi un roman qui montre des marginaux (Anne X, Stephen ou bien Michel, un SDF) qui essaient de s’en sortir avant d’être repris par le système. Dans ce monde que l’on veut sur, Big Brother (car c’est bien à George Orwell que l’on pense) ne veut pas d’individus indépendants, hors du système qu’ils ont créés.

Non seulement les rebondissements sont nombreux, mais en plus, les scènes sont hallucinantes. Ayerdhal avait le don de peindre des scènes d’une beauté fulgurante, un art de décrire l’action pure. Celles où Anne X tue 4 hommes qui la suivent, en début de roman, fait partie de celles là. On la voit bouger à la vitesse de l’éclair, mais on a une sensation de flou autour d’elle. C’est, en ce qui me concerne, toujours la même chose : j’ai l’impression de voir un film en lisant Ayerdhal, un film que l’on peut s’empêcher de regarder jusqu’au bout. Lisez Ayerdhal, vous ne le regretterez pas !

Les temps sauvages de Ian Manook (Albin Michel)

Après le gigantesque succès de Yeruldelgger, le premier tome de cette série, que je n’ai pas lu parce que je n’ai pas trouvé le temps, je passe directement au deuxième, qui s’appelle Les temps sauvages. Avec un certain clin d’œil, l’auteur aurait pu appeler son roman Les temps modernes.

Le roman commence en Mongolie. Là-bas, les hivers sont de plus en plus longs, les étés de plus en plus courts, signe des temps. Les terres n’ont plus le temps de se réchauffer, de plus en plus de gens meurent de froid. Le roman débute sur une scène de crime insolite : l’inspecteur Oyun découvre le cadavre d’un cavalier écrasé sous un yack. Afin de sortir les corps, ils vont installer une yourte et chauffer les environs.

Ailleurs, Yeruldelgger est appelé par un professeur, spécialiste des oiseaux. Lors de ses recherches, il a trouvé un bout d’os humain, dans le nid de gypaètes. La curiosité étant un vilain défaut, il découvre alors au bout de ses jumelles le corps d’un homme suspendu dans une crevasse. Quand Yeruldelgger se fait arrêter pour le meurtre de Colette, une de ses anciennes indics et prostituée, il décide de se lancer dans cette enquête personnelle et laisse les deux autres cadavres à son équipe.

Une video d’un hôtel incrimine Yeruldelgger mais il semble bien que cela ne soit qu’un coup monté. Dans tous les cas, on s’est donné bien du mal pour éliminer le commissaire. En plus de tous ces événements, Yerulgelgger découvre que Gantulga, un jeune garçon qu’il a envoyé chez les moines Shaolin a disparu. Ces affaires vont emmener nos enquêteurs aux quatre coins du monde.

Pour commencer mon avis, je dois dire que je n’ai pas lu le premier roman de Ian Manook, et que c’est bien dommage. Car, à cause de cela, j’ai eu bien du mal à entrer dans l’histoire. Car l’auteur ne cherche pas à expliquer le passé de ses personnages et je dois dire que j’ai un peu « ramé » pour m’attacher à eux et comprendre ce qui les motive. Ajouté à cela que les chapitres s’enchainent avec un rythme infernal, cela donne un roman où il faut s’accrocher. Donc, je vous donne un conseil en or : lisez le premier volume des enquêtes de Yerulgelgger afin de mieux apprécier celui-ci.

Je me suis accroché … et je dois dire que c’est un roman d’action remarquablement écrit que Ian Mannok nous livre. Passé les 100 pages, j’ai digéré ce début difficile (pour moi), et bien apprécié ces aventures de notre super héros mongole. Mais ce roman n’est pas que cela et Ian Manook creuse certains thèmes qui lui sont chers. Le dérèglement climatique fait partie de ceux là, quand il nous montre que les hivers sont de plus en plus longs et les températures en chute libre. Et puis, il nous montre la situation géopolitique de la Mongolie, coincée entre les deux géants que sont la Chine et la Russie, un peu comme Sebastian Rotella avec Triple Crossing. Enfin, il dénonce les trafics dans ce qu’ils peuvent avoir de plus odieux, et cela va nous permettre de voyager à travers le monde.

Quant aux personnages, c’est toujours un plaisir de se retrouver avec des personnages exotiques. L’auteur, d’ailleurs, nous détaille bien la vie privée des Mongoles ce qui aide au dépaysement. J’ai aussi trouvé dans Yeruldelgger un peu de Harry Hole, avec cette même habitude de se faire tabasser, prendre des coups sur la tête ou bien une balle dans le pied. Et les autres personnages sont du même acabit, de vrais héros capables de se sortir de situations inextricables, avec quelques cicatrices. Le trait est parfois un peu gros, mais cela participe à la légende des romans d’action.

Bref, avec son style très agréable, ses chapitres courts, son action sans temps morts, ce roman est indéniablement un roman fort bien fait qui va répondre aux attentes des fans du premier tome. Par contre, je ne peux que vous répéter ce conseil : lisez le premier tome, sinon vous risquez de rester sur le bord du chemin et d’arrêter votre lecture au bout de 100 pages, ce qui a bien failli m’arriver.

 Je tiens à remercier Babelio et Albin Michel pour cette lecture en partenariat.

Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond (Liana Levi)

Sorti chez Liana Levi, ce presque premier roman, puisque l’auteur a écrit deux romans pour la jeunesse auparavant, nous ramène en septembre 2001 et évoque l’explosion de l’usine AZF.

21 Septembre 2001. Le jeune Hugo est passionné par les oiseaux, alors il va souvent faite des tours sur la petite colline pour les observer. Alors qu’il cherche une grue, un grandement s’élève et l’endroit où se trouvait l’usine est remplacé par un gigantesque cratère. Un accident industriel à 99%.

13 février 2002, Brésil. Juan Mügler, sa femme Clara et son fils Esteban vivent à l’Hôtel. En fait, ils vivent de faux noms, de faux papiers et changent de pays tous les mois. Ils fuient pour rester en vie un peu plus. Quelques heures plus tard, les corps tombent dans le vide, la tête la première. Un suicide ? C’est ce que cherche le commissaire Raul Marotta.

Clovis Lenoir est agent à la DST. Il est contacté par la police brésilienne car un couple vient de se suicider dans un hôtel. Ils voyageaient avec de faux papiers mais étaient français. Il va devoir faire avec sa hiérarchie, la presse et la belle sœur de Stephane Dexieu, journaliste, pour démêler cette intrigue.

Et si l’accident AZF n’était pas un accident industriel ? Je me rappelle l’état de catastrophe, l’hébétude que nous avons ressenties dix jours après l’attentat du World Trade Center. Cet accident a tout de même fait 31 morts et 2500 blessés. Ce roman fait donc partie de ces livres qui partent d’une hypothèse et construisent une intrigue pour essayer de trouver une explication à ce drame.

Dès le début, cela va vite, très vite. Les personnages fleurissent et l’auteur décide de nous faire plonger dans les arcanes du pouvoir. On passe d’un personnage à l’autre très facilement, de la DST à la police, d’un pays à l’autre, avec une facilité qui force le respect. Cela va vite et on se laisse mener par le bout du nez par la narration de Christophe Reydi-Gramond. Il est assez étonnant de rencontrer un premier roman aussi bien fait, aussi bien construit. L’intrigue est redoutablement montée, le style est très visuel.

Les seuls petits reproches que je ferai à ce roman est que j’ai l’impression que l’auteur a voulu mettre trop de choses dans son roman, ce qui entraine par moments des passages longs, mais les amateurs de romans de complots y trouveront leur compte, sans aucun doute. Et puis, ce que l’on demande à ce genre de roman, c’est bien de rendre crédible une hypothèse farfelue, et la rigueur de l’intrigue et les deux personnages principaux sont pour beaucoup dans l’intérêt que l’on porte à ce roman.

Assurément, Christophe Reydi-Gramont démontre avec ce roman beaucoup de qualités, et suscite beaucoup d’envies pour son prochain roman. Il se pourrait bien qu’on le retrouve dans la petite liste des écrivains de romans d’espionnage qui comptent.