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Retours amers de Fabrice Pichon

Editeur : Editions Lajouanie

Cela fait bien longtemps que je suis les publications de Fabrice Pichon, depuis ses tous premiers polars sortis aux éditions du Citron Bleu. C’est pour cela que j’attendais avec impatience le roman qui verrait le retour de la commissaire Marianne Bracq.

Besançon. Le tueur suit sa victime de puis longtemps, notant ses habitudes du matin au soir, ses connaissances, ses horaires, ses occupations du week-end. Cette fois-ci est la bonne, il va pouvoir passer à l’action. Il suit la future victime, qui part faire un footing tôt ce matin là. En haut de la côte, sur les bords du Doubs, il l’accoste puis le poignarde. Puis, il le balance par-dessus le parapet pour finir sa funeste œuvre. Quand la police débarque quelques heures plus tard, elle découvre le massacre : l’homme a été tué, ses parties génitales ont été découpées et ses mains sectionnées. Vraisemblablement, celui ou celle qui a fait cela n’est pas une personne de la profession, mais la méthodologie laisse à penser à une vengeance.

Concarneau. La commissaire Marianne Bracq s’est mise en disponibilité suite à une précédente affaire, mettant en jeu des enfants enlevés. En fait, elle cherche son frère qu’elle n’a jamais connu. Elle a rendez-vous avec le capitaine Atzori, originaire du sud de la France, et qui a enquêté sur une secte qui a enlevé des enfants.

Rencontrée dans Le complexe du prisme, quel bonheur ce fut de revoir enfin la commissaire Marianne Bracq dans une enquête à part entière ! Enfin, pas totalement, puisque l’on va avoir droit à deux enquêtes se déroulant en parallèle à deux endroits différents. Marianne Bracq n’a pas changé : elle est toujours aussi déçue par sa vie privée, et toujours aussi impliquée dans ses enquêtes. Il faut dire qu’elle est à la recherche de ses origines et de son frère en particulier. Du coté de Besançon, les équipes ont bien changé autour de Laurençon. On y dénombre les habituels mais aussi quelques petits nouveaux telle la lieutenante Delzongle (petit trait d’humour, que l’on trouvera aussi du coté de Concarneau avec le gendarme Fauth).

Le déroulement de l’enquête s’il est un peu long, bénéficie de l’alternance entre les deux lieux où se passent les événements. Et c’est à partir d’un rebondissement touchant particulièrement Marianne Bracq que je me suis réellement plongé dans le roman (et ne comptez pas sur moi pour vous dire de quoi il retourne !). A partir de ce moment là, il me fut impossible de lacher le roman jusqu’à la fin, tellement émouvante et dramatique.

Si je devais donner un titre à ce billet, je l’appellerais Le retour de la revanche. On retrouve cette minutie dans le déroulement de l’intrigue, des personnages TOUS vivants, bien dessinés, vivants (et je dis bien tous !), et un art du dialogue qui en dit juste assez. C’est du roman policier costaud, qui me donne l’impression de lire un roman qu’un auteur qui a un grand savoir faire, ce qui est la cas. D’ailleurs, il a même repris au chapitre 22 un parallèle entre les deux histoires que j’avais tant aimé dans Le complexe du prisme.

Je vais juste rajouter un petit mot : La vengeance est un thème connu, la façon de le traiter ne sera jamais unique. Fabrice Pichon a déjà traité ce thème par le passé, et il le fait ici différemment. Cela me donne à penser que c’est un thème classique mais efficace pour accrocher le lecteur. Il n’empêche qu’ici, le (ou la ou les) coupable s’avère (nt) bigrement touchants et cette histoire extrêmement émouvante, de celles qui touchent directement au cœur.

Les précédentes enquêtes du commissariat de Besançon sont :

Vengeance sans visage

Le complexe du prisme

Le mémorial des anges

A quand la réédition  en format poche ?

Ne ratez pas l’avis de Jean le Belge

Black Novel prend un an de plus !

Eh voilà, Black Novel a 7 ans. Je n’arrive toujours pas à y croire !

L’envie de partager mes avis, mes lectures est toujours aussi grand. Et je tiens à vous remercier, vous lecteur de passage, ou vous abonné et lecteur fidèle. Merci pour votre assiduité, pour vos commentaires, pour vos encouragements. Merci aussi aux éditeurs qui me font confiance, aux attachés de presse qui pensent à moi et surtout aux auteurs avec qui je suis en contact, ou que je rencontre dans les quelques salons que j’arpente.

Cette année, ma fille aura publié son premier billet. Et c’est l’événement que je garderais de cette année, le plus important pour moi. J’ai un peu laissé tomber ma rubrique d’Information du mardi par manque de temps, mais aussi parce que je participe au panier de l’association 813, pour mettre en avant des romans mais aussi des blogs de collègues et copains. Car plus nous parlerons de livres, plus le niveau des publications s’améliorera. Du moins, j’y crois. Je n’ai pas pu me résoudre à commencer une rubrique BD, car je me sens incompétent à écrire quelque chose dessus. Et pourtant, j’en aurais lu pas mal, et en particulier la série Transmetropolitan de Warren Ellis que je vous recommande.

Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire s’il n’y a pas de cadeau. Comme d’habitude, je vous propose donc de gagner un de mes coups de cœur. Je tiens à préciser que ce roman est acheté avec mon argent personnel ce qui m’évite de rédiger un règlement de concours.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté (e) par mail pour son adresse postale. La date limite de réponse est le 14 mai 2014 à minuit. Le 15 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants.

Cette année, j’ai choisi plusdeproblème.com de Fabrice Pichon (Editions Lajouanie), un fantastique polar dont les personnages vous hanteront longtemps. La quatrième de couverture est celle-ci :

plusdeprobleme

C’est la curieuse histoire d’un cadre criblé de dettes, harcelé par ses créanciers, humilié par le juge du surendettement, méprisé par sa famille mais chéri par sa maîtresse, qui se décide à se lancer dans l’élimination de ses semblables…

C’est aussi la drôle d’enquête d’un commissaire qui, traquant un immonde pourvoyeur de chair fraîche, croise la route d’un insaisissable tueur à gages… C’est donc, mais pas que, l’histoire de Sylvie, Marc, Marie et… Walter.

plusdeprobleme.com est un roman haletant, diablement bien construit et bigrement original. Les héros ? Le narrateur (un sacré schizo, grand amateur de whisky), le commissaire (une jeune femme, branchée demoiselle) et une ribambelle de seconds couteaux qui mènent l’enquête à un train d’enfer…

Vous retrouverez mon avis ici

La question est la suivante : Quel fut le titre du premier roman écrit par Fabrice Pichon ?

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix de lecture, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires. Je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et n’oubliez pas le principal : lisez !

plusdeprobleme.com de Fabrice Pichon (Lajouanie)

Attention coup de coeur !

Fabrice Pichon, je le suis depuis ses débuts, depuis Vengeance sans visage, son premier roman policier. Pour ce roman, il change de maison d’édition, de style, de genre … et de lunettes (?) pour nous proposer un polar qui flirte entre le roman policier, le roman social, et le thriller. Fabrice Pichon a décidé de faire un mélange des genres et c’est une franche réussite.

Marc Segarra est cadre dans une société d’assurance, en province. Il travaille comme un fou pour nourrir sa famille mais il ne se sort plus de ses dettes, entre ses emprunts et ses enfants, dont l’un est handicapé. Seulement, pour avoir droit à des aides, il faut être pauvre ! Marc Segarra a rendez vous avec le juge de la commission de surendettement, le juge Chauvin. Mais ce dernier n’est guère compréhensif, arguant que Marc n’a fait aucun effort pour vendre sa maison. Mais Marc ne veut pas laisser sa famille à la rue.

Son seul moment de distraction, c’est d’aller voir Sylvie, une prostituée de luxe. Auparavant, il passait la voir souvent ; maintenant, il se contente de quelques brefs instants de bonheur volés. Elle refuse de le faire payer, car elle est amoureuse de lui. Ce soir là, une brute épaisse force la porte et ordonne à Sylvie de payer 70% de ses gains au grand chef, qui s’appelle La Baleine, un Roumain qui règne que la prostitution de qualité.

Marc, dans un élan qu’il ne comprend pas, assomme le malabar et le menace en se présentant sous le nom du juge Chauvin. En partant, le balèze laisse son pistolet, que Marc récupère. Il devient le héros de Sylvie, s’il ne l’était pas déjà. Quelques jours plus tard, une lettre du juge arrive donnant à Marc quelques jours supplémentaires de survie. Mais il ne voit pas comment s’en sortir. Sauf s’il utilisait l’arme du mafieux qu’il a gardé … et s’il se mettait à son compte ? Et s’il créait une entreprise d’élimination ?

Je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ce roman, et de ne pas tenir compte de vos apriori devant la taille du pavé (plus de 600 pages) car c’est un livre que l’on du mal à lâcher une fois qu’on l’a ouvert. En fait, j’ai trouvé tout ce que j’aime dans un polar. Et quand c’est fait comme ça, c’est tout simplement génial.

Tout d’abord, on part d’une situation simple mais tristement réaliste : un pauvre gars comme vous et moi, criblé de dettes, étranglé par ses crédits. On entre tout de suite dans le personnage, sans fioritures mais avec tant de justesse qu’on le suit les yeux fermés. Puis, premier événement : ce personnage a une amante. Avec cette deuxième situation, l’auteur introduit un deuxième personnage … ce principe va se répéter jusqu’à ce que tous les personnages soient entrés en scène.

Une fois que Fabrice Pichon nous a décrit son échiquier, il va faire évoluer ses pions. Je ne sais pas comment il fait, mais il arrive à trouver à chaque fois des événements qui vont faire rebondir l’intrigue, et bouleverser la destinée des personnages. Cela joue en grande partie dans l’addiction que l’on ressent à la lecture. En fait, ce roman a une intrigue sautillante, un peu comme une balle en mousse … sauf qu’elle ne rebondit jamais dans la direction que l’on aurait pu imaginer.

Pour finir, il faut quand même avouer que si on se passionne pour ce roman, c’est aussi grâce à ses formidables personnages. Et on retrouve là tout l’art et le talent de cet auteur pour peindre des personnages plus vrais que nature, où chacun a une même importance. L’auteur nous les décrit avec justesse, c’en est d’ailleurs impressionnant, leurs actions et réactions sont toutes logiques, et du coup, on se retrouve impliqué dans l’histoire, car ce qui leur arrive nous parle … forcément.

A la fermeture de ce livre, j’ai eu comme un déchirement. Parce que je ne voulais pas abandonner Marc, Sylvie, Marie et les autres, je ne voulais pas sortir de cette situation inextricable. Sans ressentir de sympathie particulière envers Marc, qui est tout de même un assassin, on s’attache à ces psychologies fortes, et on se laisse malmener avec plaisir. En fait, ce roman, c’est un peu comme un grand 8 qui vous secoue dans tous les sens, qui flirte avec le roman noir, la critique acerbe de la société de consommation, le roman policier, l’itinéraire d’un tueur, et j’en passe … Et ce qu’il y a de fort, dans ce roman, c’est qu’aucun de ces aspects n’est négligé, tout est parfaitement maitrisé. Ce livre est génial, je vous le dis !

Coupr de coeur

Le mémorial des anges de Fabrice Pichon (Editions du citron bleu)

Après Vengeance sans visage et Le complexe du prisme, voici donc le troisième roman de Fabrice Pichon, qui démontre une nouvelle fois qu’il faut aller chercher du coté des petits éditeurs pour trouver d’excellents romans policiers.

Dans Vengeance sans visage, nous avions fait la connaissance de Nicole Desvignes. Dans Le complexe du prisme, nous avions suivi Marianne Bracq. Dans ce troisième roman, il fallait une intrigue complexe et passionnante pour se faire rencontrer ces deux personnages féminins au caractère bien trempé.

5 mai. Scène d’enterrement, tout le monde est là, triste. Mais que s’est-il passé ?

14 avril, soit trois semaines plus tôt. Un des hommes de Marianne Bracq, Magnin, est retrouvé dans un bois, proche de Dijon, victime d’une agression : on lui a tiré deux fois dessus. Son état est critique, il est plongé dans le coma. Le bois en question est bien connu pour abriter des rencontres homosexuelles ou échangistes.

La première idée est évidemment de s’intéresser à la vie privée d’un de ses hommes, ce qui n’est jamais facile. D’autant plus que sa vie privée à elle est loin d’être simple : Mère de deux filles issues de deux pères différents qui sont tous les deux partis, elle doit gérer à la fois sa vie personnelle mouvementée et sa vie professionnelle chargée. Son supérieur lui demande mettre en suspens ses deux affaires en cours (une affaire de viol et le meurtre d’un psychologue) pour se mettre à 100% sur l’agression de Magnin.

Si le premier roman est une découverte, le deuxième une confirmation, dans le cas de Fabrice Pichon, le troisième roman est celui de la consécration. Pour avoir lu ses deux premiers romans, j’ai bien vu (enfin, surtout lu) la progression dans l’écriture de cet auteur. Et si la façon de conduire son intrigue était déjà en progrès dans le Complexe du prisme, cette fois ci, Fabrice Pichon nous a écrit un roman passionnant.

L’intrigue tout d’abord est complexe sans être compliquée pour le lecteur. Ce qui est incroyable, c’est cette faculté d’avancer par petites scènes, par petits rebondissements, de rajouter des questions, de construire un labyrinthe dans lequel le lecteur ne trouvera la sortie qu’à la fin du roman. Ce que j’ai adoré, c’est cette logique limpide qui fait que les scènes se suivent comme si on vivait au milieu de cette brigade de police, c’est cette construction qui fait que l’on n’est jamais largué. Dans cette façon de mener son enquête, j’y ai trouvé les qualités que je trouve chez un Indridason.

Car Fabrice Pichon s’intéresse autant à l’enquête qu’à la vie privée de ses personnages. Là encore, pas besoin d’esbroufe, pas besoin de jeter de la poudre aux yeux, tout est fait dans une simplicité extrême, mais finalement, c’est bien ce qui me touche le plus. Il n’y a pas de personnages extraordinaires, de super-héros, juste des gens normaux face à un problème épineux et complexe.

Et puis il y a aussi cette faculté à écrire simplement ce qui s’énonce simplement. On n’a jamais l’impression que c’est écrit, Fabrice Pichon écrit simplement la vie des autres. Chaque phrase, chaque expression est d’une logique implacable. On n’a jamais envie de laisser tomber le livre, tant on est emporté par ce qui y est raconté. J’espère vous avoir donné envie de lire, de découvrir cet auteur car pour tout vous dire, la France détient un auteur de romans policiers de premier choix. Découvrez donc Fabrice Pichon !

Le complexe du prisme de Fabrice Pichon (Citron Bleu)

Son premier roman s’appelait Vengeance sans visage. Et je le classais dans les romans policiers régionaux. Avec Le complexe de prisme, on garde la même région de Besançon, on sort de l’échiquier le commissaire Desvigne, et on y place le commissaire Bracq, Marianne Bracq. D’ailleurs, à propos de ce roman, je ne suis plus sur de vouloir le classer dans la catégorie Roman Policier. Mais j’y reviens.

Besançon, le 15 juin. Une silhouette se promène dans Besançon. Elle connait les lieux, les recoins de la ville. Arrivée à la Porte Noire, qui n’a jamais si bien porté son nom, une clocharde l’interpelle, pour un peu de monnaie. Elle l’entraine alors dans un endroit un peu plus calme, et avec un stylet acéré comme un cutter, transperce le cœur de la pauvre hère. Puis, elle lui ouvre l’abdomen, pour découper les veines et artères qui retiennent le cœur. La silhouette dépose à coté de la grille son trophée, le cœur de la clocharde.

Marianne Bracq était commissaire à Bergerac. Elle a décidé d’accepter cette promotion à Besançon. Ses premiers contacts se passent bien avec son équipe, contrairement au procureur. Elle se lance dans son travail, sachant que dans une semaine, ses deux filles la rejoindront, deux filles qu’elle a eu avec deux hommes différents. A peine posés ses bagages, la voilà lancée dans cette enquête, où un prisme retrouvé près du corps lui rappelle celui qu’elle a chez elle dans un carton. Et à la suite du deuxième meurtre, elle doit bien se rendre à l’évidence qu’elle est malgré elle bien plus impliquée qu’elle ne le voudrait.

Je vais vous dire une chose : ce roman justifie à mes yeux mon envie de lire des premiers romans. Le premier roman de Fabrice Pichon était un roman policier qui démontrait un talent pour brosser des portraits vivants de personnages et une grande qualité dans la façon de mener une intrigue. Et pour celui-ci, Fabrice Pichon n’a pas grimpé une marche, il en a sauté trois ou quatre tant il fait preuve de maitrise et s’amuse avec les nerfs de son lecteur.

On peut séparer ce roman en deux parties : la première est une enquête policière que je qualifierai de classique, avec ces petits plus qui font que l’on n’a pas envie de lâcher le roman. Le personnage de Bracq, flic direct, pressée le jour, déçue en amour, et mère de deux enfants le soir, ses enfants qui lui manquent terriblement. En alternance, des chapitres sont consacrés à l’assassin qui est décrit comme La silhouette. Quelle belle trouvaille, tant je me suis demandé si c’était un homme ou une femme. Et je peux vous dire que ça m’a agacé (dans le bon sens du terme) ! Et puis, on se demande comment les flics vont résoudre ces meurtres qui sont commis sur des personnes pris au hasard dans la rue, sans aucune piste, sans aucun mobile.

Et puis on arrive au chapitre 14, pierre angulaire de ce roman, situé en plein milieu, sorte de transition entre roman policier et thriller. Le parallèle entre Bracq et l’assassin est remarquable d’inventivité, la scène éloquente, les sensations extraordinaires à la lecture. A partir de ce moment là, on connait le nom de l’assassin, et on plonge dans un roman à suspense qui fait doucement monter la tension … jusqu’à la dernière page. Car la fin est tout simplement géniale. Elle est tout d’abord totalement logique par rapport au destin des personnages, et suffisamment ouverte et indécise pour qu’elle laisse une impression de délice.

Fabrice Pichon a parfaitement passé son examen du deuxième roman. Son style a gagné en efficacité, les dialogues en sobriété. Il confirme que l’on peut attendre de lui de formidables romans policiers à suspense. Et en refermant son roman, j’ai eu l’impression qu’il pouvait encore plus nous surprendre, nous éblouir. Pour reprendre une expression d’une amie blogueuse, « on sent bien qu’il en a encore sous le pied ». Alors, monsieur Pichon, je suis prêt à attendre le temps qu’il faudra … Celui-ci m’a emballé, vivement le prochain.

L’avis de Marine : http://lespolarsdemarine.over-blog.fr/article-le-complexe-du-prisme-fabrice-pichon-116265495.html

L’avis de Jacques : http://unpolar.hautetfort.com/archive/2013/03/03/le-complexe-du-prisme-de-fabrice-pichon.html

Et enfin, allez lire le message de l’auteur sur livresque du noir : http://www.livresque-du-noir.fr/2013/03/le-complexe-du-prisme-par-fabrice-pichon/

Vengeance sans visage de Fabrice Pichon (Editions du citron bleu)

Ceux qui passent par ce blog doivent savoir que j’aime lire les premiers romans de jeunes auteurs, non encore connus. C’est le cas pour Vengeance sans visage de Fabrice Pichon, un roman policier régional prometteur.

Besançon, de nos jours : On vient de découvrir le corps d’un homme crucifié sur la porte de la Citadelle. Peu après, C’est sur le fronton de la Porte Noire que l’on découvre un deuxième corps. De toute évidence, le même tueur a sévi deux fois. Le seul point commun entre ces deux morts : Ils sont tous les deux architectes.

La commissaire Nicole Desvignes va avoir la charge de cette enquête. Elle a trois jours pour résoudre cette énigme. Alors qu’elle vient de perdre son collègue, le commandant Victor, qui s’est suicidé pour éviter de se voir condamné par l’Inspection Générale des Services, elle va subir l’arrivée d’un nouvel adjoint en la personne de Alexandre Pulien.

C’est ensuite Stéphane, le fils du commandant Victor qui disparait. Sachant qu’il a effectué des stages chez les deux architectes morts, il devient le suspect numéro 1, en même temps que cela renforce la potentielle culpabilité du commandant Victor. Les nerfs du commissaire Nicole Desvignes vont être mis à rude épreuve.

Si je vous dis que ce roman est un roman policier régional plein de charme, vous n’allez pas lire la suite de ce que j’ai à vous dire. Vous auriez bien tort de ne pas faire ce petit voyage en Franche-Comté, et à Besançon en particulier, la ville où il fait bon vivre. Et apparemment, il fait bon y mourir aussi. Car ce qui ressort de ce roman, c’est que l’ensemble est étonnamment maitrisé.

D’un roman régional, Vengeance sans visage en a toutes les qualités. Sans être lourdingue, il nous montre cette belle région de Franche-Comté, son architecture, ses bois, ses collines. Il me semble qu’il n’y manque que la gastronomie. Et comme c’est très bien écrit, on dévore ça avec grand plaisir !

Du roman policier, il en a tous les ingrédients et surtout toutes les qualités. L’intrigue est menée avec beaucoup de rigueur, mélangeant l’enquête sur le meurtre des architectes avec le dilemme du commissaire Desvignes quant à sa volonté d’innocenter son adjoint. Comme le titre l’indique, la solution est à chercher dans le passé des protagonistes. Si les moyens utilisés par le tueur sont un peu extrêmes, l’auteur montre son intérêt pour les racines et l’importance ou les conséquences que peuvent avoir certains actes sur le devenir des gens.

Il y a aussi et surtout toute une pléiade de personnages, dont le commissaire Desvignes, une femme qui en a, qui semble bien peu sympathique au premier abord, mais qui, par sa volonté et son obsession, finit par emporter l’adhésion du lecteur que je suis. Et puis, il y a aussi les autres enquêteurs, qui ne sont pas là juste pour le décor, mais qui font partie intégrante de l’histoire. Et l’auteur en dit suffisamment pour laisser présager une suite dans ce commissariat de Besançon.

Que disais-je déjà ? Vengeance sans visage est un roman policier régional. Mais c’est un premier roman fort réussi et prometteur pour la suite. D’ailleurs, la suite s’appellera Le complexe du prisme, et sortira l’année prochaine, toujours aux éditions du citron bleu. Je serai au rendez vous.

Si vous voulez plus d’avis, voici une petite sélection webienne :

http://unpolar.hautetfort.com/archive/2012/04/01/vengeance-sans-visage-de-fabrice-pichon.html

http://www.livresque-du-noir.fr/2012/09/vengeance-sans-visage-par-fabrice-pichon/

http://lenoiremoi.overblog.com/vengeance-sans-visage-de-fabrice-pichon

http://ivre.de.livre.chroniques.over-blog.com/article-vengeance-sans-visage-de-fabrice-pichon-105320114.html

http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=2290