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Mister Iceberg de Marc Falvo

Editeur : Fleur Sauvage

C’est le deuxième roman que je lis de Marc Falvo, mettant en scène son Infra-Détective Stan Kurtz, après Nouvelle donne. Marc Falvo fait dans le roman populaire divertissant et drôle, avec de l’action dedans. Du bon divertissement en somme, voire plus que cela avec ce volume.

Stan Kurtz notre infra-détective commence ce volume en plein tournage. Non, il ne s’est pas lancé dans le cinéma, mais dans un reportage télé, présenté par la vedette du moment Raphaël Justice. Stan Kurtz doit y jouer un enquêteur de l’extrême qui enquête sur des phénomènes paranormaux. L’émission étant en direct, et le présentateur finissant par énerver Stan Kurtz, cela se termine par un bourre-pif, en gros plan sur nos écrans. Et cela n’est que justice ! (Désolé, il fallait que je la fasse !)

Résultat : Stan Kurtz se retrouve noyé sous des appels téléphoniques de personnes se croyant des proies de fantômes et appareils ménagers hostiles. En rentrant chez lui, après une soirée normale, arrosée quoi !, un mannequin l’attend dans son fauteuil, lui proposant un jeu. Il doit résoudre l’énigme suivante : Qu’est-ce que personne ne veut avoir mais que personne ne veut perdre ?

Le lendemain, Julie, sa copine fliquette vient le chercher : son chef Klugman demande à le voir. Au commissariat, il lui annonce qu’un cinglé menace de tuer le maire Ricardo Dante (juste avant sa ré-élection, vous vous rendez compte ?) et un juge à la retraite Lionel de Soto. Le maître-chanteur se nomme lui-même Mister Iceberg et exige que Stan Kurtz joue à son jeu pour sauver la vie des deux susnommés. La course commence.

Pour ceux qui ne connaissent pas Stan Kurtz, ses aventures sont mouvementées et pimentées d’humour bravache et frondeur, parfois sous la ceinture mais franchement drôle. Clairement, ses réparties, ses descriptions des personnages secondaires sont à se tordre de rire.

Par contre, le gros avantage, c’est que Stan Kurtz (ou Marc Falvo dans la vie civile) a le don de résumer ses précédentes aventures pour qu’on ne soit pas perdu, mais sans en dire trop ce qui donne envie de remonter dans le temps. Et franchement, je trouve cela très fort, car c’est un exercice difficile. Mais arrêtons de digresser : Je vous conseille d’investir 9 euros pour découvrir les aventures de cet infra-détective, qui entre quatre verres, trois cigarettes et deux parties de jambes en l’air, vous déridera … et sans forcer en plus !

Et pourquoi ne pas commencer par cette aventure là ? Marc Falvo nous refait un roman dont la trame est proche d’Une journée en enfer avec Bruce Willis. Dit comme ça, vous allez arrêter votre lecture. Vous auriez tort ! Le scénario a été peaufiné, les approximations gommées, et l’humour vient au bon moment. Cela donne un roman moins fourre-tout que le précédent, plus réaliste aussi, un peu moins drôle mais bigrement efficace. Et moi qui n’attendais qu’un roman divertissant, j’ai été happé par l’action et le stress.

Alors je ne dis qu’une chose : pour cet été, voire après, n’hésitez plus !

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Les écorchés vifs d’Olivier Vanderbecq

Editeur : Fleur Sauvage

J’ai connu Olivier Vanderbecq, virtuellement, dans une autre vie. Il avait ouvert une petite librairie à Lille, Humeurs Noires. Je lui avais même proposé mes coups de cœur pour son site et j’avais visité sa librairie. Malheureusement, il n’était pas là. Je n’allais pas rater le deuxième rendez vous, littéraire, celui là, à savoir son premier roman, Les écorchés vifs. Ce roman était sorti en 2014 chez Amalthée, le voici dans une nouvelle mouture, avec une couverture jaune et trois clous plantés. On peut donc s’attendre à ce que ça cogne fort. Et ça cogne TRÈS fort.

Damien Glob est un enquêteur doué, passionné par son métier. Il a des statistiques à faire pâlir les meilleurs. Il a d’ailleurs fait des miracles lors de son affectation à Nantes. Quand il a voulu changer d’air, voir plus grand, il a débarqué à Lille, dans le service d’un commissaire qui ne fait rien d’autre de ses journées que de faire reluire ses chiffres. Damien se retrouve obligé de consigner le moindre de ses gestes, d’avoir l’aval pour la moindre de ses décisions. Mais il n’est pas comme ça. Il parvient d’ailleurs à identifier un tueur, un conseiller bancaire, pendant ses congés. Il lui met tellement la pression que le conseiller bancaire se suicide. Mais d’où lui vient cette volonté d’aller au bout des choses et de se mettre sans arrêt en danger ?

Pierre (on apprendra son prénom plus tard dans le livre) doit assurer une livraison dans une voiture de luxe. L’avantage de l’Europe, c’est qu’il n’y a plus de frontières. De retour de Belgique, il fait une pause à Lille pour dîner dans un restaurant de luxe. En sortant, des jeunes gens sont en train de lui voler sa voiture. D’une façon tout à fait cordiale, il leur propose de l’argent, quand leur chef débarque avec une jeune fille, Alicia. Pierre propose encore plus d’argent pour la voiture et Alicia. La négociation va se terminer dans une course poursuite d’enfer.

Damien et Pierre vont emprunter deux chemins différents. Leur route va se percuter dans un petit village perdu dans les Alpes.

Voilà l’exemple type de roman qui me conforte dans la volonté de lire des premiers romans (et je l’ai déjà dit maintes et maintes fois, mais je revendique le fait de radoter). Car au-delà des quelques défauts que l’on peut y trouver, il y a une passion, une envie de bien faire, de convaincre le lecteur, de l’embarquer dans son monde. Les écorchés vifs entre totalement dans cette catégorie des romans marquants qui donnent envie de lire la suite. Non pas parce qu’il est trop court, mais bien parce que cette histoire est convaincante, aussi bien dans la forme que dans le fond. Comme le dit Maître Yoda : « Oh oui, tu auras peur ! ».

Ce roman n’est pas un roman d’horreur ; il ne faut pas prendre au pied de la lettre tout ce que je dis. Mais c’est un roman tout en célérité, un vrai bon roman d’action, avec des scènes incroyablement visuelles. On pourrait presque baisser la tête par moments, pour éviter de se prendre une balle. C’est indéniablement le gros point fort de ce roman, l’alternance de rythme parfaitement maîtrisé donne plus de force aux scènes d’action, qui décoifferaient le plus chevelu des lecteurs.

Ça va vite, ça claque, ça tire, ça pulse de l’adrénaline dans les veines, ça fait monter le rythme cardiaque. Il y a de la rage dans ce roman, comme dans Elijah de Noël Boudou. C’est aussi bon que les scènes d’action (réussies) de John Woo (ressortez donc The killer au lieu de regarder la télévision) ou Quentin Tarantino. Et si je cite Woo ou Tarantino, c’est aussi bien pour insister sur le coté visuel du style de Olivier Vanderbecq, que pour signaler les dialogues, formidablement maîtrisés. C’est simple : dans la littérature française, pour moi, seul Jacques Olivier Bosco, dit JOB, arrive à me surprendre dans ses romans par ses scènes d’action impressionnantes. Eh bien, Olivier Vanderbecq vient se situer juste à coté, et se partager la marche de mon podium personnel.

Il ne faut pas croire que la psychologie est absente. D’ailleurs, c’est elle qui donne son titre au livre, et c’est elle qui fait que le roman fonctionne si bien. Et quel titre ! S’il rappelle la chanson de Noir Désir, il montre des personnages qui m’ont fait penser à des volcans, prêts à exploser à la moindre faille. Les causes de cet aspect psychologique m’ont paru un peu faciles mais elles donnent une consistance et une épaisseur à Pierre et Damien. Cela ajoute aussi quelques scènes où affleure l’émotion … mais affleure seulement.

Olivier Vanderbecq aura joué son va-tout, annoncé le banco dans ce premier roman. C’est surtout dans sa construction où il aura misé gros. Faire deux grandes parties mettant en scène chacun des deux personnages, et raconter l’histoire à la première personne du singulier est un sacré pari. Il faut être aussi intéressant dans la première que dans la deuxième partie, il faut que les deux personnages soient aussi vrais l’un que l’autre, il faut enfin justifier la relation qui va les faire se rencontrer. La relation sera faite par un groupe de roms. Le choc des deux itinéraires par Petru, leur chef. Et la scène finale sera à la hauteur de l’attente : apocalyptique.

Ce roman aura créé chez moi une sorte d’addiction, d’attente pour le prochain. Car il y a tant de promesses qu’on ne peut qu’être assuré que le prochain sera un grand roman. Je voudrais y voir moins d’évidences, moins de volonté de tout décrire, et des dialogues plus efficaces. Car dès qu’on attaque des scènes de fusillade, il n’y a rien à retoucher. Malgré ces quelques petits défauts, ce roman, c’est de l’adrénaline pure, un roman d’action avec des scènes incroyables et du pur plaisir de lecture. Merci M.Vanderbecq !

A noter que la préface est écrite par Jacques-Olivier Bosco (comme par hasard !)

Nouvelle donne de Marc Falvo

Editeur : Fleur Sauvage

En arpentant les linéaires des libraires, vous avez forcément aperçu des romans au format poche affichant en gros STAN KURTZ. C’est le nom du personnage principal qui raconte ses mésaventures, toujours aux prises avec des méchants très méchants. Nouvelle donne, le petit dernier de Marc Falvo est pour le coup ma première lecture de cet auteur. Il faut savoir que ce n’est pas un amateur puisque Babelio dénombre 17 romans à son actif. En route donc pour de l’action et de l’humour.

Quatrième de couverture :

J’ai jamais cru aux amnésies foudroyantes… Jusqu’à ce que ça m’arrive.

Le jour où on s’éveille en pleine nuit sans plus se rappeler ni quoi ni qu’est-ce, entouré d’hôtes peu avenants et avec une seule pompe, ça commence à sentir le cramé.

J’ai raison ou j’ai raison ?

Stan Kurtz. Trente-trois ans. Détective. Gueule d’ange. Une main de fer dans un gant de plomb, coincée sous un chapeau mou. J’en ai vu des affaires bigleuses – voire louches – mais celle-ci décroche la palme… De quoi enchaîner les sueurs froides. Quand on court après sa mémoire, les loulous, il y a pas à chiquer. Faut espérer le meilleur et s’attendre au pire.

Mon avis :

Il n’est pas facile de débouler dans une série comportant déjà 6 tomes, à savoir Série B. C’est l’un des gros points forts de ce roman puisque l’on n’est jamais perdu. La pirouette de l’auteur est d’utiliser l’amnésie du personnage principal car, au début de cette aventure, il se réveille en prison sans aucune idée de ce qui s’est passé auparavant sauf son nom et son adresse. Je parle de pirouette car il se rappelle quand de pas mal de choses ce qui est à mon gout limite d’un point de vue vraisemblance de l’intrigue.

Donc, Stan Kurtz, infra-détective selon ses propres dires, se retrouve avec un trou noir, incapable de comprendre pourquoi il se retrouve en prison. En sortant, il rencontre une (fort jolie) médium qui le ramène chez lui. Puis alors qu’il va boire un coup au bar d’en face, il apprend que le propriétaire a maille à partir avec deux gros balèzes qui on’ l(inconvénient d’être peu avenants. A cela, il faut ajouter une belle énigme concoctée par son diable de père, sorte de barbouze free-lance qui bizarrement a disparu.

Bref, si les scènes s’accumulent dans un style rapide, presque parlé, puisque Stan s’adresse à nous, lecteurs. Il interpelle, vocifère, déblatère, et diverge dans des réflexions en général fort drôle. Car le ton et le principe ne sont pas de se prendre au sérieux, mais bien de divertir le lecteur. Alors, avec beaucoup de dérision et d’autodérision, Marc Falvo déroule son intrigue en donnant toujours l’impression qu’il improvise. L’originalité est bien de rajouter sans cesse des questionnements, des intrigues supplémentaires pour ajouter du sel à un plat qui s’avère très bon au gout, et pas graveleux pour un sou.

C’est donc un très bon divertissement, quatre heures de lecture bonheur, sans se prendre la tête, pendant lesquelles j’ai pu apprécier l’art de raconter une histoire sans en dire trop, pour finir avec une belle pirouette. Cela m’a fait penser à Dari Valko, le personnage de Ben Orton, à l’exception près que ce roman est deux fois plus long. Et tenir 200 pages avec des blagues, c’est un sacré tour de force. Bref, vous cherchez de la bonne humeur, sans prise de tête, Stan Kurtz est là !