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Oldies : La bête de miséricorde de Fredric Brown

Editeur : Moisson rouge (Grand format) ; Points (Format Poche)

Traducteur : Emmanuel Pailler

Nouvelle année, nouveau défi. Après avoir consacré mon année Oldies à Rivages en 2018, à la Série Noire de Gallimard en 2019, c’est au tour des éditions Points pour 2020. C’est aussi l’occasion de fêter les 50 années d’existence de cette collection, et les 40 ans de Points Policier.

L’auteur :

Fredric Brown, né le 29 octobre 1906 à Cincinnati en Ohio et mort le 11 mars 1972 à Tucson en Arizona, est un écrivain américain de science-fiction célèbre pour ses nouvelles au parfum humoristique. Il a également publié des romans policiers ou de science-fiction, souvent dans un registre burlesque, comme dans son roman Martiens, Go Home !

Il commence à travailler à l’âge de seize ans, exerçant divers métiers (employé de cirque, plongeur, détective privé, bibliothécaire, correcteur pour des journaux, etc), après avoir perdu sa mère et son père, respectivement un et deux ans plus tôt. En 1926, il tente d’entrer à l’université de Hanover dans l’Indiana, mais il abandonne rapidement.

Brown a été édité toute sa vie dans des pulps, ces magazines populaires et bon marché qui regroupent des histoires policières ou de science-fiction. Il commence sa carrière d’écrivain en 1937, à l’âge de 31 ans, alors qu’il travaille comme correcteur pour le Milwaukee Journal. Sa première fiction, The Moon for a Nickel a été publiée dans la revue Detective Story en mars 1938.

Il écrit par la suite beaucoup de nouvelles, notamment des short-shorts, nouvelles de quelques centaines de mots se concluant par une chute époustouflante, comique ou tragique. Dans les années 1960, il fut publié dans Playboy et d’autres magazines pour hommes, où ses histoires très courtes et souvent drôles avec une chute inattendue faisaient merveille. Il est même considéré comme le maître de la micro-nouvelle (short short-story) et de la nouvelle brève, dont le recueil en français, Fantômes et Farfafouilles (traduit de l’américain par Jean Sendy : Denoël, « Présence du futur » n°65) donne un saisissant aperçu. Il est d’ailleurs principalement connu en France pour ses nouvelles de science fiction, alors qu’il a surtout offert beaucoup à la littérature policière, par ses innombrables nouvelles ou ses romans, où, de son style percutant et épuré, il propose des intrigues à la fois simples et originales, dans un décor reflétant les réflexes, les modes et les angoisses de l’Amérique des années 1960.

L’humour est très présent chez Fredric Brown, au point parfois d’être le point de départ, sinon la raison, de ses textes. L’Univers en folie (What Mad Universe) écrit en 1949 joue avec les clichés du genre, racontant l’histoire d’un éditeur de magazine envoyé dans un monde parallèle et reprenant une vision enfantine des récits publiés dans la revue. Martiens, Go Home! (écrit en 1954) décrit une invasion martienne vue à travers les yeux d’un auteur de science-fiction, par d’insupportables petits hommes verts caricaturaux, sans gêne, malicieux et tourmenteurs d’une humanité qui va peut-être se ressouder contre eux.

L’une de ses nouvelles les plus connues, Arena, a servi pour un épisode de la série Star Trek.

Il meurt en 1972, alors que, alcoolique et atteint d’un emphysème pulmonaire, il avait arrêté d’écrire depuis neuf ans.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Est-ce un suicide ? Le mort, Kurt Stiffler, avait de bonnes raisons de vouloir en finir : rescapé d’Auschwitz, il venait de perdre toute sa famille dans un accident de voiture. Mais l’arme qui l’a tué reste introuvable, et l’unique témoin semble en savoir plus qu’il ne veut bien l’avouer. Pour l’inspecteur Frank Ramos, pas de doute : il s’agit d’un meurtre.

Fredric Brown, né le 29 octobre 1906 à Cincinnati, Ohio, est un écrivain américain de science fiction et de roman noir, célèbre pour ses nouvelles humoristiques, fantastiques et policières. Il est décédé en 1972. La bête de miséricorde a été publié en 1956 aux Etats-Unis.

Mon avis :

C’est un roman que je m’étais mis de coté, suite à un coup de cœur de Claude Le Nocher. Je ne savais pas de quoi il retournait ; cela s’appelle la confiance aveugle. Datant de 1956, ce roman policier pourrait aussi bien être écrit aujourd’hui, tant il est moderne dans son écriture et dans son analyse psychologique des personnages. Ce roman frise la perfection, menant son intrigue avec une force peu commune, et avec des dialogues parfaits.

John Medley va, un beau matin, faire ses courses. En revenant, il découvre un cadavre dans son jardin et appelle la police. Frank Ramos et Fern « Red » Cahan sont les deux inspecteurs qui vont s’occuper de l’affaire. L’homme a été abattu d’une balle par l’arrière du crâne et aucune arme n’est trouvée dans la jardin. Ils vont fouiller dans le passé de la victime mais aussi dans celui de Medley.

Si on ne lira pas ce roman pour son suspense, car on sait très vite qui a tué, par son attitude réservée et mystérieuse, on le lire indéniablement pour son approche psychologique. Fredric Brown choisit pour cela la forme d’un roman choral, adoptant le point de vue de chaque inspecteur, mais aussi de Medley, du capitaine de police Walter Pettijohn ou de la femme de Frank, Alice Ramos. Il va autant dérouler l’enquête que les vies personnelles des protagonistes, et démontrer sans en rajouter la vie d’une petite ville des Etats Unis.

On se retrouve donc avec un roman qui ressemble beaucoup à une enquête de Colombo, que j’adore, avec l’intervention de chaque personnage. Il est difficile de faire plus simple en étant génial, surtout avec cette fin qui montre la monotonie des vies et ses difficultés. Un petit joyau à ne pas oublier.