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La chronique de Suzie : Lola, Cheffe de gang de Melissa Scrivner Love

Editeur : Seuil

Traducteur : Karine Lalechère

Suzie est de retour pour vous parler polar. C’est plutôt une bonne idée avec les fêtes de fin d’année qui approchent … Je lui laisse la parole :

Bonjour amis lecteurs. Me voici de retour à la surface pour vous parler d’un premier roman intitulé « Lola », cheffe de gang.

En lisant la quatrième de couverture, on apprend que l’auteur est aussi scénariste pour des séries policières tels que « CSI Miami » ou « Person of Interest ». J’ai trouvé cela prometteur et je me suis donc lancée dans cette lecture.
Le synopsis est assez simple. Une jeune femme faisant partie d’un gang de latinos de Los Angeles, ne semble pas être autre chose que la compagne du chef. Mais, les apparences sont trompeuses car c’est elle la tête pensante et la personne qui donne les ordres. Lors d’une descente qui aurait pu augmenter la notoriété de son gang, tout foire et Lola va devoir s’investir encore plus pour éviter de perdre sa tête.
L’histoire est racontée du point de vue de Lola, de ses problèmes, de son vécu. On est immergé dans la vie quotidienne d’un « petit » gang de quartier mais aussi des différents codes dans ces quartiers où chacun essaie de survivre à sa façon. Ce sont des zones de non droit où le communautarisme est roi, où tout n’est qu’apparence. Chacun a une place bien définie qu’on soit un homme ou une femme. Une bonne partie des problèmes de la Société est représentée dans ce microcosme que ce soient la drogue, la prostitution, la violence familiale, la pédophilie, … Le décor tel qu’il est planté est déprimant car les personnes ne devraient pas vouloir plus que ce à quoi elles peuvent accéder. Mais, pour certains, cela n’est pas suffisamment et ils feront tout pour se battre.
Au niveau des personnages, celui qui prédomine est celui de Lola. Elle est définie comme une personne que les hommes sous-estiment à cause de plusieurs critères mais surtout parce que c’est une femme et donc considérée comme négligeable. Au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire, l’auteur va nous apprendre un certain nombre de choses sur son passé et son arrivée à la tête du gang.
C’est une personne réfléchie qui essaie d’avoir un certain code de l’honneur au sein de son activité. Elle assume toutes ses décisions bien que, parfois, elle aimerait pouvoir s’appuyer sur quelqu’un. Elle n’hésite pas à se salir les mains si besoin et elle a un énorme problème vis-à-vis de sa mère. Enfin, comme elle est obligée de cacher son rôle de chef, elle donne une apparence lisse qui la ronge de l’intérieur.
Tout au long de l’histoire, c’est la voix de Lola qu’on écoute et qui nous explique les problèmes dans lesquels elle se trouve, les relations qu’elle peut avoir avec son entourage, … Les autres personnages principaux sont composés des membres de son gang, que des hommes, de sa famille proche avec qui elle a une relation très particulière et conflictuelle ainsi qu’une petite fille qui va lui donner le courage de penser à un avenir différent. Parmi les membres du gang, deux protagonistes masculins vont être mis en avant car ils ont des interactions spécifiques avec Lola. Les autres seront plutôt des stéréotypes venus étoffés l’intrigue.
Enfin, l’intrigue ressemble à celle qu’on peut trouver dans un épisode de série. Ce qui est compréhensible lorsqu’on connait le métier de l’auteur. Les informations qui ont permis d’arriver à la situation initiale, vont être distillées au fur et à mesure de l’avancement de cette dernière pour donner plus de poids à la situation dramatique dans laquelle se trouvent les protagonistes. Comme pour montrer que les apparences jouent un rôle important dans cette histoire, l’auteur va jouer avec des voiles qui vont servir à obscurcir ou dévoiler certains pans de vérité. Comme dans un épisode de série, l’intrigue va se précipiter à la fin et éclaircir la situation pour qu’on puisse la comprendre.
Lorsque j’ai commencé à lire cette histoire, bien que je trouvais que le synopsis était prometteur, j’ai eu beaucoup de mal à m’identifier aux personnages. Je ne comprenais pas où l’auteur voulait en venir. Il a fallu que je m’accroche à l’intrigue pour commencer à trouver cela intéressant. Puis au fur et à mesure des chapitres, la personnalité de Lola se dévoile, les problèmes s’amplifient et se complexifient. On ne sait plus où donner de la tête tellement il y a d’informations contradictoires.
Finalement, c’est un roman qui m’a beaucoup intéressée. Qui n’est pas à mettre entre toutes les mains plus pour son contexte sociétal. J’attends d’avoir un deuxième livre de l’auteure pour avoir un avis définitif. Mais, si vous aimez lire les scénarios de série, ce livre devrait vous intéresser. Sur cela, je vous abandonne à vos lectures. Je pense que je vais rester à la surface un petit moment.Il y a des choses intéressantes qui se profilent. A bientôt
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Scarface d’Armitage Trail

Editeur : Rivages Noir

Traducteur : Frank Reichert

Quand j’ai décidé de consacrer cette année 2018 à la collection Rivages Noir, je m’étais dit que cela me donnerait l’occasion de lire quelques classiques. En termes de romans de gangsters, Scarface en est même le précurseur !

L’auteur :

Armitage Trail, nom de plume de Maurice Coons, né le 18 juin 1902 à Madison, dans l’État du Nebraska, aux États-Unis, et mort le 10 octobre 1930 à Los Angeles, en Californie, est un écrivain américain, auteur de roman policier.

Son père est imprésario dans le théâtre. Dès l’âge de 16 ans, il se consacre à l’écriture. Il écrit d’abord, sous son patronyme, des nouvelles policières pour divers pulps. Puis, selon Claude Mesplède, « il devient l’unique auteur de plusieurs numéros de magazines policiers en utilisant divers pseudonymes »

En 1929, il donne un premier roman intitulé The Thirteenth Guest. En 1930, il fait paraître l’œuvre qui le rend célèbre, Scarface, l’histoire de l’ascension d’un jeune gangster de Chicago. Selon le critique littéraire, « si le protagoniste est inspiré du célèbre gangster Al Capone, le récit n’a qu’un lointain rapport avec la véritable histoire de celui-ci ». Armitage Trail qui s’est servi de sa connaissance du milieu et de la mafia de Chicago, écrit dans ce roman une « reconstitution de l’époque de la prohibition […] rendue d’excellente façon et relève presque du documentaire ».

Scarface est adapté à deux reprises au cinéma : en 1932, dans un film réalisé par Howard Hawks sur un scénario de Ben Hecht et, en 1983, dans une réalisation de Brian De Palma sur un scénario d’Oliver Stone.

Appelé à Hollywood pour devenir scénariste, il meurt, à 28 ans, d’une crise cardiaque dans un cinéma de Los Angeles.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Dans les rues de Chicago au début du XXe siècle, sous le regard inquiet de son frère aîné Ben, un policier, le jeune Tony Guarino, montre d’évidentes dispositions pour les activités délictueuses. Vite nommé second d’un caïd local, puis revenu balafré de la Première Guerre

mondiale, il va connaître une ascension fulgurante au sein de la pègre, avant d’en devenir le  » big boss « .

Façonnée par la violence, sa vie s’achèvera de la même manière, dans un face-à-face tragique avec son propre frère. La réédition d’un grand classique des années 1920,

Premier roman de gangsters inspiré de la vie d’AI Capone, adapté par Howard Hawks en 1932 puis modernisé par Brian De Palma en 1983.

Mon avis :

En introduction de ce roman, on trouve un article de Maxime Jakubowski nous présentant la biographie d’Armitage Trail. Il est hallucinant d’apprendre qu’il est mort à 28 ans, qu’il n’a pas connu le succès de son livre, ni les films qui en ont été adaptés. Se basant sur la vie d’Al Capone, la légende veut que ce dernier n’ait pas lu le livre. Et pourtant, il aurait pu se reconnaître dans chaque page.

Tony Guarino a été élevé dans une famille bien comme il faut. Sa mère se démène au travail pour leur donner une éducation décente, son frère est policier et sa sœur poursuit ses études. Mais lui en veut plus. Il tombe surtout amoureux de Vyvyan Lovejoy, la femme du caïd d’un quartier de Chicago Al Spingola. N’écoutant que sa soif de violence, il flingue le malfrat et se retrouve obligé de s’engager dans l’armée pour se faire oublier de la police. A son retour, avec une balafre sur la joue gauche, il apprend qu’on le croit mort. Il change donc de nom, s’engage en tant que tueur dans le gang de Lovo et commence une ascension sociale à base de meurtres et de guerre des quartiers.

En 220 pages, Armitage Trail va donner naissance à un nouveau genre dans le polar : le roman de truand. Ecrit sur une base de phrases courtes, amoncelant les scènes avec énormément de créativité et une logique implacable, ce roman ressemble à une biographie qui se lit d’une traite. Oubliez Mario Puzo et son parrain, qui va vous sembler bien terne. Il y a dans ce roman de la passion, de la violence, de la stratégie, et une histoire magnifique, inoubliable, grandiose.

Rue Barbare de David Goodis

Editeur : Rivages

Traducteur : Michel Lebrun

Entre David Goodis et moi, c’est une histoire compliquée. J’ai lu, il y a très longtemps, trois de ses romans sans être véritablement emballé. Je me suis toujours dit que ce n’était probablement pas le bon moment. Effectivement, je viens de relire Rue Barbare et c’est un roman déprimant, certes, mais d’une réelle beauté noire.

L’auteur :

Issu du milieu juif de Philadelphie, David Loeb Goodis fréquente brièvement l’université de l’Indiana avant de terminer ses études de journalisme à l’université Temple en 1938. Peu après, il se trouve un emploi dans une agence de publicité et, pendant ses temps libres, rédige un grand nombre de nouvelles policières pour divers « pulps » américains. Il publie son premier livre Retour à la vie (Retreat from Oblivion) en 1938. À New York, où il déménage l’année suivante, il travaille comme scripteur dans le milieu de la radio.

Pendant la première moitié des années 1940, les éditeurs rejettent systématiquement ses manuscrits. En 1942, il se rend sur la Côte Ouest et est engagé par les studios Universal. Il se marie à Los Angeles en 1943. Puis vient le succès en 1946 avec la publication de Cauchemar (Dark Passage). L’adaptation de ce récit en 1947, sous le titre Les Passagers de la nuit avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, lui permet de signer un lucratif contrat de six ans avec la Warner Bros, mais la plupart des scénarios qu’il écrit pour le studio ne dépassent pas l’étape de la rédaction. En outre, sa vie privée s’effrite et il divorce en 1948. De retour à Philadelphie en 1950, il s’occupe de ses parents et de son frère schizophrène, puis sombre dans l’alcool. Cette version de l’écrivain maudit relèverait toutefois de la légende d’après l’enquête biographique de Philippe Garnier.

Oublié dans son pays natal, David Goodis doit son succès en France à l’adaptation de plusieurs de ses livres au cinéma, notamment de Tirez sur le pianiste par François Truffaut en 1960, dont c’est le deuxième long-métrage.

Quatrième de couverture :

« C’est du grand Goodis, le Goodis de la désespérance quotidienne, le Goodis de la nuit. Du reste, presque toutes les scènes du roman se passent dans des décors obscurs : des cafés miteux, des rues ténébreuses, des chambres sordides. Au milieu de ce décor, évolue Chester Lawrence. Une nuit, par hasard, il tombe sur une Chinoise qui a été agressée. Il n’échange que quelques mots avec elle, s’éloigne bientôt. Mais cette femme incarne son destin. Dès lors, pour lui, plus rien ne sera comme avant. Ou plutôt, tout désormais le ramènera en arrière, vers son passé, vers des visages, des gens avec lesquels il croyait avoir définitivement rompu. Il faut lire Rue barbare. Il faut lire et relire David Goodis. Il est la tête d’obsidienne du roman noir. » (Alexandre Lous, Le Magazine Littéraire)

Mon avis :

Dans Ruxton Street, il n’y a pas d’espoir pour ses habitants : soit ils travaillent pour ramasser un peu d’argent pour survivre, soit ils entrent dans le gang de Matt Hagen. Lawrence fait partie de ces gens qui résistent, essayant de faire vivre sa famille avec le peu qu’il a, à grands renforts de courage. Quand il voit une jeune chinoise tituber sur le trottoir en face du bar où il boit un coup, il veut l’aider. Mais elle refuse.

De scènes en scènes, Lawrence va résister, menant sa vie avec une honnêteté et une humanité qu’il est le seul à avoir conservé. Sachant qu’il ne peut pas partir, il accepte les conséquences de sa vie dans un monde pourris, supportant les pressions et les violences environnantes, qu’elles viennent de Hagen et de son tueur attitré ou même de sa famille, dont sa femme, qui lui implore de céder à la facilité.

Quelque soit le décor, tout est sale dans ce roman : les rues sont sales, le bar est sombre, les maisons sont délabrées. Ce roman est une véritable plongée dans le noir le plus absolu, montrant l’inéluctabilité de la vie et le destin d’un homme qui, s’il ne peut se sauver, essaie de sauver les autres. Comme pour essayer de justifier qu’il aura fait quelque chose de sa vie.

Il vaut mieux avoir le moral pour lire un roman aussi noir, qui nous plonge dans un tunnel sans lumière et sans sortie, dans une ville où l’espoir a disparu. Si le style est simple, et les dialogues nombreux, il y règne une tension permanente. Ce roman est classique du roman noir, très noir, écrit comme une sorte de témoignage des laissés-pour-compte du rêve américain, que tout amateur de polar se doit d’avoir lu.

Le cramé de Jacques-Olivier Bosco (Editions Jigal)

Un petit tour du coté de la maison d’édition marseillaise avec un roman qui va à cent à l’heure et la découverte d’un auteur très prometteur : voici Le Cramé de Jacques-Olivier Bosco.

Saint Denis, agence de La Marseillaise. Un braquage est en cours. Gosta Murneau, dit le Cramé à cause de son visage partiellement brûlé à la cicatrice sous l’œil droit, est aux commandes. Il est connu pour avoir un gang d’une vingtaine de personnes et orchestre des hold-up sans que personne n’ait réussi à le coincer. Justement, celui-ci se déroule mal, les flics ont été prévenus, Le Cramé et sa bande sont attendus.

Ils sortent, la fusillade éclate, deux des malfrats sont sur le carreau. Le Cramé arrive à s’échapper dans une impasse, mais est arrêté en pleine fuite par les balles policières. Une jeune femme et un jeune enfant lui tiennent la main, il s’accroche, ne va pas mourir, mais passer trois mois à l’hôpital avant d’être inculpé. Lors d’un interrogatoire, dans le bureau de Charles Dumont le flic, il saute par la fenêtre et arrive à s’échapper avec l’aide de son amie et amour Isabelle.

Reste à trouver le traître qui l’a balancé. Il disparaît de la circulation pendant 6 mois, le temps de faire un peu de chirurgie esthétique et d’essayer de pénétrer dans le commissariat pour lire les témoignages. La chance veut que Dumont soit parti à la retraite, et que son remplaçant, vienne d’arriver. Il s’appelle Ange Gabriel, vient de Nouvelle Calédonie et personne ne l’a encore vu. Gosta va usurper son identité, et pénétrer le commissariat de l’intérieur. Lors de son premier jour, une jeune femme vient signaler la disparition de son fils. Ce sont eux qui lui ont tenu la main quand il s’est fait prendre. Gosta va tout faire pour le retrouver.

Accrochez vous ! Ce résumé des 50 premières pages n’est qu’un bref aperçu du roman. Cela vous laisse imaginer la vitesse à laquelle ça va, à laquelle ça court. Le mot d’ordre ici, c’est la vitesse. Les phrases claquent, les chapitres sont courts, donc globalement, on en prend plein la gueule ! C’est impressionnant comme le style se marie à l’action, et je dois avouer que j’ai rarement lu un roman avec des passages aussi rapides, aussi haletants. Je garde en particulier une scène en tête de poursuite en voiture formidable.

Au-delà de ça, Jacques Olivier Bosco sait construire un personnage, qui n’est ni bon ni mauvais, ni blanc ni noir, avec un vrai passé, avec des principes, avec des règles de vie et de survie. Gosta a vécu une enfance difficile, il s’est construit tout seul, est devenu un meneur d’hommes grâce à sa loi du un pour tous et tous pour un. Et même si on désapprouve la façon dont il a mené sa vie, c’est un héros réaliste que l’on a plaisir à retrouver.

Evidemment, la situation est cocasse. L’auteur aurait pu en faire une comédie, avec un sujet tel que celui-ci, le truand qui infiltre un commissariat. Mais non ! On a droit à un vrai roman noir, mené tambour battant, avec des dialogues hyper efficaces, et des scènes chocs. Il n’y a qu’à lire les interrogatoires, qui sont dirigés hors de toutes les règles légalistes à la façon d’un Dirty Harry (je tire d’abord puis je demande).

N’y cherchez pas de morale, ni de message ! Ce roman est fait pour divertir, comme on regarde un excellent film d’action, jusqu’à une fin d’une noirceur infinie, glauque, l’horreur du chapitre 37. On lui pardonnera les petites facilités dans certaines scènes, quelques phrases d’humour noir et on louera la documentation sur le monde policier et le monde de la drogue qui est impressionnante. D’ailleurs,  l’ensemble du roman est d’une cohérence à faire pâlir un grand nombre d’auteurs. C’est une très bonne découverte d’un auteur qu’il va falloir suivre de très près, foi de Black Novel !

Le doulos de Pierre Lesou (Plon – Noir Rétro)

Depuis le mois de juin de cette année, les éditions Plon ont créé une nouvelle collection qui s’appelle Noir Rétro, dans laquelle els réédite les romans noirs français des années 50-60. Voici donc le Doulos de Pierre Lesou.

Dans les années 50, Maurice Faugel, dit Maur sort de prison après avoir purgé une peine de 5 années de prison. Maur est tombé suite à un cambriolage qui a mal tourné mais il n’a jamais balancé ses complices. Pendant sa détention, Maur apprend que sa femme Arlette a été assassinée. Depuis sa sortie de prison, il loge chez Gilbert, un receleur. Obnubilé par la vengeance, il tue Gilbert et lui dérobe des bijoux et de l’argent, sur qu’il est d’avoir supprimé l’assassin de sa femme.

Après avoir enterré son butin, il rentre chez Thérèse chez qui il habite provisoirement, pendant qu’il prépare son prochain coup. Maur reçoit la visite de Silien, son meilleur ami. Silien est soupçonné d’être un indic de l’inspecteur Salignari, mais Maur n’en croit rien. C’est son meilleur ami. Silien ne veut pas participer à ce nouveau coup et fait comme s’il n’était pas intéressé, alors qu’il ramène les outils pour percer le coffre fort d’une villa situé proche du bois de Boulogne.

Maur remercie Silien puis attend Remy, qui doit arriver juste après le départ de Silien. Silien, une fois dehors, se précipité dans une cabine téléphonique d’un petit bar pour appeler l’inspecteur Salignari. Puis, plus tard, Silien revient chez Thérèse, l’agresse puis obtient l’adresse du cambriolage. Lors de ce cambriolage, les flics débarquent. Maur et Remy s’enfuient à pied, pris en chasse par la police. Remy est atteint par une balle, et va mourir, Maur va descendre Salignari pendant sa fuite. Maur va-t-il pouvoir s’en sortir ? Quel est le rôle de Silien ? Qui est ou sont les traîtres ?

Si vous avez vu le film de Jean-Pierre Melville (1962) avec Serge Reggiani (Maur) et Jean-Paul Belmondo (Silien), vous devez lire ce livre. Si vous ne l’avez pas vu, lisez le avant d’aller acheter le film. Car c’est un roman avec un scénario implacable avec des personnages forts et une ambiance du tonnerre. Evidemment, des passages du film me sont revenus en tête pendant la lecture, et cela grâce à la force d’évocation du texte, qui joue beaucoup sur les contrastes : J’avais un souvenir d’un film aux couleurs sombres (c’est un film en noir et blanc) avec des éclairages peu nombreux mais violents. Et c’est ce qu’on retrouve dans ce roman. Il y a peu de descriptions, mais chacune d’entre elles met en place cette ambiance noire.

Outre le scénario, plus retors que ce que l’on peut croire, la galerie de personnages est parfaitement réussie. Vous ne trouverez pas de longues descriptions psychologies, juste quelques phrases par ci par là des pensées des protagonistes. Mais majoritairement, ce sont leurs actes qui décrivent le mieux les traits de caractère des personnages. Avec un Maur obnubilé par sa loyauté envers ses amis, avec un Silien trouble dont on ne sait jamais ce qu’il fait, l’intrigue se déroule avec une froideur tranquille. Ne cherchez ni bon, ni mauvais chez les truands ou chez les flics, il faut juste se laisser emmener par cette histoire.

Une nouvelle fois, les éditions Plon, via leur collection Noir rétro ont bien fait de ressortir ce roman noir, qui sent bon les années 50 à Paris, dans le milieu des petits truands d’après guerre. Avec des personnages forts et une intrigue solide, une ambiance sombre voire glauque, ce roman confirme que l’on peut acheter cette collection les yeux fermés. Celui ci est une très bonne histoire d’amitiés viriles avec son lot inévitable de loyautés et de trahisons. C’est du polar costaud, poisseux, presque un témoignage de cette époque.

En ce qui me concerne, il m’en retse deux à lire (Rictus et Rififi chez les femmes) et un à acheter (Le demi-sel). A bientôt donc.