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Les anges sans visage de Tony Parsons

Editeur : La Martinière

Traducteur : Pierre Brévignon

J’étais passé au travers de la première enquête de Max Wolfe, Des garçons bien élevés, dont j’avais lu et entendu beaucoup de bien. La sortie de ce roman est l’occasion de tester un nouvel auteur mais aussi un nouveau personnage récurrent. Eh bien, le seul conseil que je peux vous donner, c’est : Accrochez vous !

En ce réveillon de la Saint Sylvestre, les festivités vont bon train. Dans un quartier riche de Londres, le petit Marlon Wood est réveillé par du bruit dans la maison. Quand il entend son père hurler de douleur, il pense à sauver sa sœur puis il s’enfuit. Il cherche à alerter les voisins mais peu de maisons sont allumées. Alors qu’il se dirige vers l’une d’elles, une voiture lui passe dessus et le conducteur sort de sa voiture pour le ramener chez lui, en le trainant par le pied.

La brigade des homicides est appelée sur le lieu du crime. La famille Wood vient d’être massacrée chez elle. Il semblerait que la mère ait connue une mort rapide, le père a été torturé et les deux enfants tués. La famille Wood a connu son heure de gloire : Le père Brad est agent sportif. Il a épousé Mary, une sportive accomplie qui a participé aux Jeux Olympiques de Lillehammer. Si elle n’a pas remporté de médaille, elle a défrayée la chronique en annonçant publiquement qu’elle était vierge et se réservait pour son futur mari, d’où son surnom de « La Vierge de Glace ». Depuis, le couple est resté présent dans la presse people, affichant son bonheur sur tous les réseaux sociaux.

Mary étant issue de la riche famille Gatling, les media font pression sur la police pour trouver l’auteur de ces meurtres. Puis, on s’aperçoit que les Wood avaient un troisième enfant, Bradley, âgé de 4 ans. Puisque son corps n’a pas été retrouvé, c’est donc qu’il a été enlevé. Une véritable course contre la montre débute alors pour Max Wolfe.

Quand j’ai commencé cette lecture, je m’attendais à un roman policier tranquille peinard. Et au bout du compte, j’ai pris une belle claque. Car ce roman se rapproche plus d’un roman d’action que d’un roman d’énigme à la Agatha Christie. Et de la première à la dernière page, les événements s’enchainent et se déchainent contre notre personnage principal … à propos duquel je vais revenir plus tard.

Action au programme donc, mais aussi et surtout une peinture bien noire de la société même si ce n’est pas forcément le sujet principal du livre. On navigue dans un Londres séparé en deux, avec d’un coté les riches enfermés dans leurs quartiers sécurisés, dans leurs maisons emplies d’alarmes anti-vol et de l’autre coté les Gens du voyage, montrés du doigt par les gens, accusés de tous les maux. Au milieu de tout cela, les flics qui essaient de faire leur boulot … dans un monde ultra violent.

Et même si la violence n’est pas décrite explicitement, elle est bien là dans toutes les lignes. Elle est bien là  par la tension que font naitre toutes les scènes imaginées par Tony Parsons. Elle est là dans les dialogues tranchants et les menaces sous-jacentes et voilées que l’on ressent derrière chaque mot. D’ailleurs, je tire un coup de chapeau au traducteur, même si l’abus d’acronyme et leur traduction a ralenti ma lecture et m’a un peu énervé si bien que je les ai sautés. Et ne croyez pas que la violence ne touche que certaines personnes : même les flics sont pris à parti, les enfants sont soumis à des souffrances inimaginables, nous sommes en plein dans le domaine du no limit révoltant.

Et à coté de cette violence, l’argument définitif qui doit vous décider à lire ce roman, c’est la vie de famille de Max Wolfe. Max est séparé de sa femme et se retrouve à élever sa fille de 5 ans tout seul. Cela nous donne des scènes d’une grande sensibilité, et montre la façon dont Max Wolfe arrive à séparer le domaine professionnel du monde personnel. Et puis, avec tous ces personnages si bien écrits, cela offre plein de possibilités à venir !

Et puis, il y a ce style fantastique. Tout est écrit en précision et concision, tout en étant parfaitement explicite, compréhensible. Il y a une vraie fusion entre l’auteur et son personnage, on ressent en tous cas son plaisir à faire évoluer Max. Pour tout vous dire, quand j’ai fini le livre, j’ai regardé la nationalité de l’auteur, car tout au long du livre, j’ai cru qu’il était Irlandais. Mais non, il est bel et bien Anglais ! Bref, voilà un roman que je vous recommande très chaudement sachant que le premier tome vient de sortir en format poche et que vous allez bientôt en entendre parler sur Black Novel.

En tous cas, ne ratez pas les avis de l’ami Claude et Polar noir et blanc

Le sang d’un autre de Amanda Coetzee (Toucan noir)

C’est la quatrième de couverture qui m’a décidé, avec ce personnage de flic, obligé de retourner là où il a été élevé. C’était aussi l’occasion d’ajouter un nouvel auteur à la liste qui s’allonge.

1985. Une jeune mère donne un billet de manège à son fils. Alors qu’il monte sur un cheval de bois, elle l’abandonne.

2001. Timmy est un jeune garçon qui aimerait bien continuer à jouer mais il n’a plus d’argent. Il s’approche d’un homme étrange pour faire la manche et celui-ci lui propose de vendre des cassettes spéciales. Elles sont dans le coffre de la voiture. Timmy va donc les chercher, et l’homme le bascule dans le coffre. Timmy se retrouve emprisonné dans un garage. L’homme va lui apporter à manger, lui donner des habits. Trois jours plus tard, l’homme massacre Timmy à coups de marteaux.

2009. Un jeune garçon de la communauté des Gens du Voyage a disparu. Ils parlent une langue différente, le shelta, dialecte traditionnel des Pavee ; ils n’ont pas confiance dans les autres, se méfient des flics ; seul le clan est fort. La police va chercher et trouver un flic qui peut les aider : il s’appelle Harry O’Connor, et est à la tête d’un groupe d’intervention anti-drogue au New Scotland Yard. Et cette enquête va le toucher bien plus qu’il ne l’aurait voulu, puisqu’il va être obligé de retourner dans le camp où il a été élevé.

Pour un premier roman, l’intrigue de ce roman est plutôt bien menée, et pourtant, je ne peux m’empêcher après avoir refermé la dernière page, de ressentir de la déception. C’est la faute à la quatrième de couverture probablement, qui m’avait si bien vendu le livre. Du coup j’ai l’impression d’avoir lu un roman qui n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’espérais ou du moins, qui n’a fait qu’effleurer les sujets que j’attendais.

L’intrigue, donc, est bigrement bien faite, bien construite, et le suspense bien tenu jusqu’aux cinquante dernières pages. On passe d’un personnage à l’autre, ça va vite, avec un style concis dans un souci d’efficacité et je dois dire que c’est un livre que j’ai lu rapidement et sans jamais m’ennuyer. Le rythme de l’enquête est rapide car cela doit se dérouler sur trois jours, et, tout le temps, on ressent l’urgence de la situation. Ça, c’est pour le point positif.

Et voici ce que j’attendais : Un personnage écorché vif tiraillé entre le passé et le présent et la confrontation entre deux mondes, le monde sédentaire et celui des gens du voyage, avec leurs us et coutumes. Le personnage de Harry n’étant pas au centre de l’intrigue, ou pas complètement, sa description m’a semblé brossée, juste esquissée d’autant plus que la scène où il est introduit m’a semblé maladroite car trop centrée sur les événements (Harry est infiltré dans un gang de trafiquants de drogues et participe à leur arrestation). Et avec un personnage si prometteur, j’ai regretté que le roman ne soit pas narré par Harry lui-même, à la première personne.

Enfin, du monde du voyage, nous n’en saurons pas beaucoup plus. Ils parlent une langue étrange, ne se fient à personne d’autre qu’eux-mêmes, ont une chef de clan voyante prédiseuse de l’avenir. Je n’y ai rien trouvé sur les coutumes, leur vie, ni sur ce qu’ils pensent de notre société ou comment ils vivent. Là aussi, je suis resté sur ma faim, attendant bien plus du sujet promis.

C’est alors que je e appelle que c’est un premier roman, que ce roman plein de promesses par son intrigue et par le choix de son sujet n’est resté qu’au stade des promesses et que cette auteure est capable d’écrire quelque chose de bien mieux. Ou peut-être étais-je de mauvaise humeur quand je l’ai lu ? Ou peut-être fut-ce une rencontre ratée, de celles où on se dit que ce n’est que partie remise ? Alors, voici deux avis qui sont en opposition avec le mien, comme pour me rappeler que c’est un livre que je n’ai pas su apprécier :

http://www.lectures-plumeblanche.com/article-le-sang-d-un-autre-amanda-coetzee-ed-du-toucan-101497627.html

http://www.unwalkers.com/full-aux-as-au-edition-du-toucan/