Archives du mot-clé Humour

Défoncé de Mark Haskell Smith

Editeur : Rivages

Traducteur : Julien Guérif

Sur les recommandations de mon ami Richard, voilà une lecture fort plaisante avec une foultitude personnages déjantés … euh … défoncés.

Quatrième de couverture :

Miro Basinas, passionné de botanique, cultive ses plants avec amour. Il ne s’agit ni de fleurs ni de fruits et légumes, mais de marijuana. Comme c’est un artisan doué et consciencieux, il remporta la prestigieuse Cannabis Cup d’Amsterdam, une véritable consécration qui doit lui ouvrir les portes de la gloire. Dès lors, tout ce que l’univers compte de plus défoncé se met en quête de son « produit ». Gangsters, mormons, belle Portugaise enceinte, hommes d’affaires douteux : toux n’ont plus d’yeux que pour Miro. Et bien sûr, les ennuis commencent…

« Sans doute le chef-d’oeuvre de Mark Haskell Smith. » (Jerry Stahl)

Mark Haskell Smith adore les histoires échevelées dans lesquelles des personnages dépassés par les événements luttent pour leurs survie dans les conditions les plus improbables. Drôles, distrayants, satiriques, ses romans sont aussi des hymnes aux plaisirs de ce monde et des dénonciations de la bigoterie ou du consumérisme.

Mon avis :

Ça commence par un homme qui se prend une balle dans le torse. Par chance, la balle ne touche aucun organe vital.

Avant la balle, Miro gagne le concours de la meilleure herbe de cannabis. Il fait la connaissance de Guss et Marianna.

Après la balle, on a volé à Miro ses plants de cannabis. Ce n’est pas grave, en tant que botaniste, il est capable d’en créer une meilleure. Mais qui a bien voulu le tuer ?

A travers une intrigue simple, amusante et décalée, Mark Haskell créé un roman gentiment loufoque avec plein de personnages tous plus frappés les uns que les autres. Et je peux vous dire que certains valent vraiment le coup doeil, entre les bandits qui sont de véritables caricatures ou ce Mormons qui s’attache à son lit tous les soirs pour éviter la tentation de la masturbation.

Et malgré cette histoire déjantée qui comporte des scènes hilarantes, je suis resté en dehors de ce roman. Je l’ai lu, je l’ai fini mais sans grande passion. Je pense que le style très propret m’a rendu l’ensemble très lisse ce qui fait que ce qui est raconté ne se ressent pas dans le style. Peut-être est-ce du simplement au fait que ce n’était pas le bon moment pour lire ce roman ? Bref, un bon polar marrant mais qui ne casse pas des briques, en ce qui me concerne.

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Ice-cream et châtiments de Nadine Monfils

Editeur : Fleuve éditions

Nadine Monfils a abandonné son personnage de Mémé Cornemuse pour Elvis Cadillac, un sosie d’Elvis Presley, qui vit de concerts dans les maisons de retraite et autres petites salles communales, roulant dans une Cadillac rose, et affublé d’un petit chien qui orne une belle banane. Les présentations avaient été faites dans King from Charleroi, avec un grand bonheur. Eh bien, réjouissez-vous ! Mémé Cornemuse est de retour puisque dans ce nouveau roman, nous allons assister à une rencontre au sommet !

Un homme court seul, tout nu dans la nature. On pourrait croire à un cinglé, mais en fait, il a peur. Il cherche à échapper à quelqu’un. Après avoir traversé des bois, il arrive sur une route. Il aperçoit une lumière, pense être sauvé. Il lève les bras de soulagement, en appelle à Dieu qui l’a exaucé … avant de se faire écraser par une voiture.

Au volant de la voiture, Elvis Cadillac chante des airs de son idole, pour entrainer sa voix et bercer sa chienne Priscilla. Il a bien senti une secousse, sur cette petite route qui doit l’emmener à Chimay, où il doit assurer un concert exceptionnel dans une maison de retraite. Il s’arrête et se rend compte qu’il vient de rouler sur un homme, relativement agé. Quand il le retourne, il reconnait Joël Bermude, une célébrité dans le monde des sitcoms débiles de la télévision. Elvis décide de charger le corps dans son coffre et poursuit sa route.

Speculoos (en fait il s’appelle Rémy, mais on lui donne ce surnom eu égard pour son gout pour les biscuits du même nom) a couru comme un dératé mais il n’a pas réussi à le rattraper, le retraité de la télé. Il va avoir du mal à le justifier à son comparse et chef (mais uniquement parce qu’il est un peu moins con) Mickey. Il va encore s’en prendre une bonne ! Comment va-t-il expliquer à Mickey que le vieux s’est fait la malle à poil ?

Je ne vais pas vous raconter des craques, ce roman est à l’image de ce que Nadine Monfils est capable de nous pondre de mieux. On y trouve des situations rocambolesques, des personnages barrés et des retournements tous plus drôles les uns que les autres. Outre les prénoms des tarés qui sillonnent au fil des pages, les personnages sont décrits d’une façon irrésistibles … et …

On y retrouve notre chère Mémé Cornemuse (chère au sens où il ne vaut mieux pas la rencontrer). Elle va donc former un duo avec Elvis, qui parait pour le coup plus raisonnable qu’elle, au moins pour quelques dizaines de pages. Car après, elle va se retrouver en compagnie de Speculoos et Mickey et ça va être la fête à Neuneu.

Ceux qui ne connaissent pas encore Nadine Monfils (Il y en a encore ?) vont être agréablement surpris. Ce roman est moins grivois que d’habitude, et parfois empreint d’une certaine poésie, rappelant en cela La petite fêlée aux allumettes, un des meilleurs épisodes de Mémé Cornemuse. Nadine Monfils fera même un plaidoyer pour la création, la littérature et la poésie.

Evidemment, tout cela n’est pas très sérieux, le but étant de divertir par le rire, et c’est une grande réussite. Il n’y a qu’à lire les notes en bas de page expliquant des expressions du cru (surtout belges). On y retrouve même le commissaire Léon, pas en personne mais muet comme une tombe, ce qui confère à ce roman une sorte de croisée des chemins avec un grand nombre de ses romans. On peut dire qu’on tient là une sorte de synthèse, de liens, de toute une œuvre qui comptera dans les années à venir. Et à chaque fois que je termine un roman de Nadine Monfils, je me demande bien ce qu’elle va pouvoir nous inventer dans le prochain … et vivement le prochain !

Une femme de ménage de Jérémy Bouquin

Editeur : French Pulp

Ce n’est un secret pour personne, j’aime ce qu’écrit Jérémy Bouquin. Dans un univers légèrement décalé, cet auteur fait toujours preuve d’originalité et de créativité dans ses rebondissements et ses intrigues. A cela, s’ajoute un style direct et cynique qui me sied parfaitement. Une femme de ménage est une nouvelle réussite. Et je peux vous dire que je vais continuer à parler de cette maison d’édition.

Sandra a toujours rêvé de travailler dans la médecine. Voir des blessures ne l’a jamais gênée, mais le niveau d’études requis l’a rebuté. Alors, lors d’un stage dans une morgue, le propriétaire et futur retraité lui donne les coordonnées de Greg, avocat de son nom. En effet, celui-ci a parfois besoin d’aide pour faire disparaitre des victimes de ses clients.

Cela fait maintenant trois ans que Sandra travaille pour Greg. Elle s’est retirée dans une maison isolée, du coté d’Orléans, et fait le ménage au moindre appel. Le problème, c’est qu’en quelques jours, elle doit intervenir sur trois sites différents. Le surmenage la guette, la fatigue la prend. Mais dans son métier, les vacances n’existent pas. Alors, elle va être confrontée à des événements de plus en plus bizarres, comme cette rose déposée sur sa table de cuisine, ou à des rencontres qu’elle aurait ne jamais avoir.

Excellente de simplicité, la couverture est à la fois humoristique et donne le ton du livre. Si on paie des femmes pour faire le ménage, pourquoi n’existerait-il pas des femmes chargées de nettoyer les corps de victimes ? A partir de ce constat d’une simplicité confondante, Jérémy Bouquin arrive encore une fois à nous surprendre et à nous enchanter par cette histoire qui va nous faire passer par toutes les émotions.

Avec une intrigue simple, on se retrouve avec un personnage principal en proie au surmenage (et au passage, Jérémy Bouquin nous glisse que ce monde devient de plus en plus fou !). D’une situation qui peut sembler aberrante, la force du personnage suffit à nous faire croire à cette histoire, et le talent de l’auteur fait le reste ! C’est impressionnant de facilité, et on y prend un pied d’enfer ! Je voudrais juste signaler que ce roman comporte quelques scènes sanglantes pas forcément insoutenables grace au style léger de l’auteur, mais tout de même, ça saigne.

Je voudrais juste rajouter que si le personnage de Sandra finit par être attachant, on en viendrait presque à la plaindre, les seconds rôles sont tout aussi croustillants. Entre Greg l’avocat qui ressemble à un proxénète, le propriétaire de la pizzeria obèse comme De Niro dans les Incorruptibles, avec le boulanger qui trompe sa femme qui s’avère jalouse et cinglée, avec même un tueur en série vampire dans lequel on voit l’ombre de Christopher Lee, on peut penser que ça part dans tous les sens. Eh bien non ! ce roman tient la route du début à la fin et c’est un super divertissement qui entre complètement dans la ligne éditoriale de cette toute jeune maison d’édition.

D’ailleurs, je vous joins cette description issue de leur site : http://frenchpulpeditions.fr/

Qu’est-ce que French Pulp ?

Pulp, comme ces feuilletons d’autrefois, ces romans qui depuis des siècles remplissent notre imaginaire de détectives durs à cuire, de femmes fatales et d’espions nonchalants, de héros familiers. Du roman noir à la saga familiale en passant par le space opera, ils ont donné naissance à une littérature dynamique et généreuse, qui fait aujourd’hui le bonheur de tous grâce à des textes fluides et percutants.

French, car il existe une école française de cette littérature. Populaire, addictive, son patrimoine mérite d’être défendu et son avenir renouvelé. C’est la mission que se donne French Pulp, qui publie à la fois des oeuvres cultes de la littérature française dite de gare (G.-J. Arnaud, André Lay, Francis Ryck…) mais aussi des nouveaux auteurs, uniquement francophones, amenés à renouveler un genre habitué aux succès.

Mais pourquoi un nom en anglais ?

Un nom anglais pour une maison qui défend la langue française, est-ce bien raisonnable ? La meilleure défense, n’est-elle pas l’attaque ? Pour défendre notre langue et diffuser nos auteurs à l’étranger, ce nom en forme de clin d’œil annonce la couleur : tremblez, thriller, best-seller et autres feel-good book ! Chez French Pulp, tous nos auteurs ont vocation à être traduits et diffusés dans le monde entier afin de faire rayonner notre culture populaire.

Une maison d’édition engagée

Ces livres que vous lisez debout dans le métro, que vous ne pouvez pas lâcher le soir avant de vous endormir, qui résistent au soleil et à la plage, vous n’êtes pas les seuls à les dévorer : chaque mois, nos nouveautés seront parrainées, à travers un avant-propos, par des personnalités elles aussi subjuguées par le suspens, le merveilleux ou encore la modernité de ces histoires. Et comme chez French Pulp nous croyons dans l’engagement, à cette nouvelle société participative qui s’ouvre à nous, pour chacun des coups de cœur de nos personnalités, une partie des bénéfices tirés de l’ouvrage ira directement à l’association de leur choix.

Vade Retro Satanas de Luc Fori

Editeur : Corsaire éditions

Collection : Pavillon Noir

Le sujet de ce roman est tellement casse-gueule que je n’aurais jamais osé l’ouvrir. Il a fallu que je lise les deux avis des amis Claude Le Nocher et L’Oncle Paul pour me décider. Il s’avère finalement que l’on rit beaucoup avec un sujet aussi grave. Pourquoi pas, après tout ? On y passe un bon moment de divertissement.

William Carvault fut flic en région parisienne, mais fut mis à pied quand il a tenté de faire rentrer des mots (maux ?) du dictionnaire dans la tête d’un skinhead. Alors, il s’est reconverti en détective privé, travail qui l’a vite lassé, puisqu’il était cantonné à surveiller des maris dans leurs affaires extraconjugales. Etant capable d’un talent certain de négociateur, il a finalement ouvert une agence immobilière dans la région de Bourges. Et finalement, c’est un métier qui lui va bien.

William, au début de ce roman, est un tout jeune papa. Dire qu’il est heureux serait exagéré puisqu’il se sent délaissé par sa compagne Heike Ziegler, commissaire de police à Bourges. Justement, Heike est aux prises avec une série d’assassinats de jeunes femmes, et elle risque d’être moins présente, de quoi donner du temps à William pour faire connaissance avec sa progéniture.

Alors qu’il vient de se faire démonter son rétroviseur, sa mauvaise humeur monte comme de la mayonnaise. Quand deux jeunes gens de type maghrébin s’approchent de sa voiture, il pense tenir les coupables. En fait, ils lui donnent le nom du coupable de délit de fuite, qu’ils ont poursuivi afin qu’il leur laisse son nom. Youssef est en fait son voisin et lui propose de lui monter son rétroviseur, quand il l’aura acheté.

Youssef l’invite chez lui, et lui présente son amie Djamila. Ils lui disent qu’ils savent qu’il a été détective auparavant, et lui demandent de retrouver Mourad, le frère de Djamila. Elle a peur qu’il soit parti en Syrie, rejoindre des camps d’entrainement des terroristes. Le mieux est encore de demander à leur père …

Il faut des couilles (excusez-moi pour l’expression) pour écrire un roman sur un sujet tel que celui-ci. Et peut-être faut-il passer par l’humour et la dérision pour dérider (justement !) le lecteur, et le faire sourire. C’est en tous cas ce que nous avons ici, puisque William Carvault est loin d’être au dessus de tout soupçon, et loin d’être un super-héros. C’est plutôt le genre idiot irresponsable, éternellement jeune dans sa tête.

Alors certes, il est trop con, raciste, misogyne mais il reste un enquêteur hors pair , et un descendeur d’alcool imbattable. C’est cette autodérision qui fait passer la pillule et sourire, voire rire. Par moments, on n’est pas loin de l’OSS117 créé par Jean Dujardin, tellement le trait est grossi. Au-delà de l’humour potache, on y trouve une enquête rondement menée qui s’avère passionnante à suivre, et des personnages fort bien dessinés (dont l’inénarrable Roger, plus souvent rond que carré).

Je ne peux m’empêcher de trouver dans ce roman un aspect fort intéressant, en particulier quand William visite une mosquée et qu’il est étonné du calme et de la sérénité qui y règne. Dans ces moments là, on a droit à de vrais moments de respect qui fotn chaud au cœur, comme si William faisait connaissance avec ses voisins qui sont finalement charmants. Bref, sous des dehors rustres, ce William mérite notre attention.

Ne ratez pas les avis de Claude Le Nocher et l’Oncle Paul

Dieu pardonne, lui pas ! de Stanislas Petrosky

Editeur : Lajouanie

Je m’appelle Requiem et je t’…Ce n’est pas moi qui le dit, mais le titre du premier roman mettant en scène ce prêtre exorciste si particulier. Deuxième épisode donc, que j’attendais avec impatience. S’il se situe dans la continuité du premier, cette deuxième aventure répond à toutes les attentes. Un conseil : Accrochez vous !

Un petit rappel pour ceux qui débarquent et qui n’auraient pas lu le premier épisode. Requiem s’appelle en réalité Esteban Lehydeux. Il est prêtre exorciste et débarrasse la société de rebuts et de démons, ou du moins de gens néfastes considérés comme tel. S’il utilise des méthodes que la morale réprouve, il a un grand respect pour le Patron (entendez Dieu) et son fils.

C’est en lisant le journal que l’œil d’Esteban Lehydeux frétille ce matin là. Il faut dire qu’il n’a pas d’exorcisme à réaliser tous les matins. Un employé de la société Ody-Art a été assassiné et un certain Jules Durand est sur le banc des suspects, voire des accusés. L’homonymie avec une affaire qui a secoué le port du Havre en 1910 décide le redresseur de torts divin à prendre la route pour en savoir plus.

Esteban a des facilités à prendre contact avec les gens, surtout s’ils sont de sexe féminin et ouverts à la discussion, voire à autre chose. Après une tasse de thé, agrémentée d’une séance de sport horizontal, la journaliste lui fait l’historique des morts et disparitions étranges pour une si petite société. Esteban ne va pas trouver mieux que de se faire embaucher chez Ody-art pour savoir de quoi il retourne.

Ils ne sont pas nombreux, les auteurs contemporains capables de me faire rire plus d’une fois par page. De tête, je citerai Nadine Monfils, Samuel Sutra ou Ben Orton. Stanislas Petrosky réussit ce tour de force, avec ce personnage de redresseur de torts (comme dans les meilleures séries B d’antan) mais en actualisant le sujet avec les maux de notre société. Pour ceux qui ont lu le premier tome, jetez vous sur celui là qui est aussi bien (j’ai vraiment du mal à choisir lequel est le meilleur) que le précédent.

Pour les autres, ceux qui ont la tête ailleurs, ou qui auraient oublié, sachez que Requiem, c’est politiquement incorrect, mais ce n’est jamais méchant. Le style est direct et prend à parti le lecteur, et il y a toujours un mot, une phrase ou une situation pour dessiner un sourire sur les lèvres ou même vous faire éclater de rire. Attention, ce livre est dangereux : il pourrait vous faire croire que ce qui y est écrit est vrai ! Eh bien, non ! C’est du divertissement, mais du divertissement haut de gamme, de ceux qui dérangent, qui piquent là où ça fait mal !

Dans cet épisode, Requiem va avoir affaire avec une bande de nazillons faisant commerce d’objets nauséabonds rappelant une certaine époque noire où l’on chérissait les chemises brunes. Et pour faire le ménage, il faut un Requiem en pleine forme et prêt à utiliser toutes les armes qu’il a à sa disposition (même celle dont il dispose sous la ceinture). L’intrigue ne laisse guère de temps pour respirer et surtout, tous les personnages sont suffisamment bien dessinés pour qu’on les suive sans problème et qu’on ait envie de tourner la dernière page. J’y ai pris un tel plaisir que j’attends déjà le prochain avec impatience. D’ailleurs, les éditions Lajouanie pourraient lancer un concours sur le meilleur titre, parce qu’à mon avis, il y a de quoi faire ! Conseil d’ami ! En attendant, courez acheter Dieu pardonne, lui pas ! car c’est du rire garanti !

Ne ratez pas les avis des amis Claude et Jean le Belge

Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes

Editeur : Baker Street

Traducteurs : Isabelle D. Philippe, Laure Joanin, Martine Leroy-Battistelli, Jean-Luc Piningre, Julie Maillard-Pujos et Yves Sarda.

Le personnage de Sherlock Holmes est tout de même inédit dans la littérature. Créé par Sir Arthur Conan Doyle, il est devenu si connu que beaucoup de gens croient qu’il a existé. Rien que pour ça, il est passé à la postérité ! Evidemment, cela peut irriter ou amuser certains auteurs. Par conséquent, de nombreuses nouvelles prenant pour personnage principal Sherlock Holmes sont sorties de tout temps. Ce recueil de nouvelles en regroupe un certain nombre, balayant une période allant de 1892 à 2012. Elles sont toutes écrites par des auteurs reconnus et optent pour une parodie du grand détective, chaque auteur y amenant son style humoristique propre. Plus qu’une curiosité, c’est un drôle de divertissement drôle que les éditions Baker Street nous offrent.

Le grand mystère de Pegram de Robert Barr :

Sherlaw Kombs s’ennuie chez lui et reçoit la visite de son ami Whatson. Un journaliste débarque et lui demande son aide pour résoudre le mystère de Pegram : Un homme a été retrouvé assassiné dans un train et on lui a dérobé tout son argent. Alors que le début de l’histoire montre toute la logique du grand maitre, la fin se termine par un grand éclat de rire cynique et cruel. Comme quoi, l’humilité, ça peut servir !

L’aventure des deux collaborateurs de James M.Barrie :

Sherlock Holmes devine qui sont les deux hommes qui viennent le voir sans les connaitre. Heureusement qu’il y a un paragraphe avant la nouvelle proprement dite, pour nous expliquer le contexte. Cette nouvelle est en fait une Private Joke que Sir Arthur Conan Doyle adorait.

La kermesse du terrain de cricket de Sir Arthur Conan Doyle :

C’est une nouvelle ne mettant en scène Sherlock Holmes et le Docteur Watson où l’auteur se moque de son héros. Sherlock arrive à deviner la teneur d’une lettre que Watson vient de recevoir.

Le cambriolage d’Umbrosa de R.C.Lehmann :

Invités dans la demeure du gouverneur John Silver, Picklock Holes et le docteur Potsonvont déjouer un cambriolage avant qu’il ait lieu. Fort bien écrite (et traduite), cette nouvelle flirte avec l’absurde. Je me suis beaucoup amusé.

Le vol du coffret à cigares de Bret Harte :

Le grand Hemlock Jones a été victime d’un vol : on lui a dérobé son coffret à cigares, que l’ambassadeur de Turquie lui avait offert. C’est une nouvelle hilarante où l’auteur se moque ouvertement de Sherlock Holmes … même si la chute est triste.

Scotland Yard de R.C.Lehmann :

Picklock Holes s’amuse à piéger l’inspecteur Lumpkin de Scotland Yard avec la complicité de son compares Potson. C’est une nouvelle qui flirte avec le burlesque, une sorte d’illustration de l’arroseur arrosé.

La beauté secourue de William B.Kahn :

Une nouvelle fois, l’humour absurde fait mouche dans cette nouvelle où Combs se transforme en bureau des renseignements.

Herlock Sholmes arrive trop tard de Maurice Leblanc :

Le créateur d’Arsène Lupin a parfois utilisé Herlock Sholmès dans le but de créer un duel entre les deux fantastiques personnages. Ici, en une trentaine de pages, nous allons visiter le château de Thibermesnil, faire la rencontre d’illustres personnages, assister à un vol audacieux, tomber amoureux de miss Nelly, et voir Sholmès résoudre le mystère du passage secret. Une grande nouvelle.

D’un cheveu de Jean Giraudoux :

« Je sortais des bras de Madame Sherlock Holmes, quand je tombais, voilà ma veine, sur son époux. ». Le docteur Watson va assister à l’esprit infaillible de logique de son ami, dans cette nouvelle qui m’a tiré un bel éclat de rire.

Arthur Conan Dyle de Jack London :

Jack London, dans un extrait de sa biographie, écrit sa fascination pour l’auteur de Sherlock Holmes et sa volonté de le rencontrer. Passionnant.

L’aventure de l’éditeur de livres d’art assassiné de Frederic Dorr Steele :

Le célèbre illustrateur des enquêtes de Sherlock Holmes écrit, dans cette nouvelle, une charge contre les éditeurs malhonnêtes. S’il n’y a pas de déduction logique, cette nouvelle permet à l’auteur de vider son sac.

Le meurtre de la cathédrale de Canterbury de Frederic Arnold Kummer :

Vous y croyez, vous, à Holmes et Watson en version féminine ? C’est bien ce que nous propose cette nouvelle, en mettant en scène la fille du grand Sherlock. Apparemment, la fille a les mêmes qualités que son père, sans les défauts. Cette nouvelle est tout simplement excellente, et probablement une des meilleures de ce recueil (à mon humble avis).

La plus grande machination du siècle de René Reouven :

Nous allons enfin découvrir la vérité sur la mort de Sherlock Holmes, à travers un éditorial écrit par le colonel Moriarty, le soi-disant frère du Professeur qui a poussé le détective dans le vide. Une autre façon de détourner le mythe.

Epinglé au mur de Peter G.Ashman :

L’auteur nous propose un recueil de lettres restées sans réponse et adressées à Sherlock Holmes après sa mort. Très drôle.

L’aventure de l’héboniste chronique de Ely M.Liebow :

Un Sherlock Holmes mâtiné à la sauce Humour juif.

L’autre défenestration de Pargue de Jacques Fortier :

Les deux dernières nouvelles (celle-ci et la suivante) sont plus récentes. Pour autant, cette défenestration, si elle est moins ironique, est remarquable par la logique déployée par le génial détective.

L’aventure du banquier pervers de Bernard Oudin :

Même si cette nouvelle n’a rien à voir avec l’affaire du Sofitel de New York de DSK, c’est avec à la fois beaucoup d’humour et de sérieux que l’auteur reprend une affaire similaire pour démontrer tout le génie de Sherlock Holmes. De quoi le regretter !

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul

Les deux coups de minuit de Samuel Sutra

Editeur : Flamant noir

Dire qu’on en est déjà à la sixième aventure de Tonton et sa bande … et que j’en redemande. J’ai la chance de les avoir tous lus, et de les avoir tous adorés. Tonton et sa bande, c’est un peu Dortmunder écrit par Michel Audiard, pour résumer rapidement le genre, bien que je n’aime pas les catégories. Tonton, c’est un voleur de grande classe et de grand âge, entouré par une équipe de bras cassés, qui se retrouve toujours dans des coups de haut vol qui ne finissent pas tout à fait comme il l’avait imaginé au départ.

C’est l’ancien mari de Donatienne, la bonne de Tonton, qui vient leur proposer un coup en or, facile comme pas deux. Le baron de Gayrlasse, qui habite Île-et-Mourut, en région parisienne leur propose, pour une commission raisonnable (forcément, il manque de fraiche !) de dévaliser un gang de Salvadoriens qui doivent échanger des armes lourdes contre des sacs non moins lourds d’argent, en plein palace du Royal Monceau.

Tonton prépare l’affaire, et déguise Bruno en groom. Au moment d’entrer dans l’ascenseur, le groom, le vrai se fait assommer en même temps qu’une vieille dame qui logeait à l’hôtel. Dommage collatéral, diront certains ! Bosses assurées diront les autres. Malgré ce contretemps et ce léger retard, (il fallait bien ramener la pauvre vieille, équipée d’un gros revolver tout de même, à sa chambre), la bande à Tonton braque les Salvadoriens et n’embarquent que les sacs de fric.

Rentré dans la splendide demeure de Tonton, à Saint Maur, les bouteilles se vident. Donatienne en profite même pour sortir la liqueur qu’elle fabrique elle-même. La nuit passe, et tout le monde a mal à la tête. Tonton se réveille dans le lit de Donatienne. Il trouve sa maison sens dessus dessous, sans dessous puisqu’il est nu comme un verre (pardon, un ver). Les sacs ont disparu, et un mort git sur la table du salon. D’ailleurs, Bruno et Donatienne manquent à l’appel. Que s’est-il donc passé ? Pourquoi a-t-on fouillé sa maison ? Qui a pris l’argent ? Et qui est le mort (vite enterré dans le parc attenant) ?

Une fois de plus Samuel Sutra fait mouche. J’ai l’impression que chaque roman qu’il écrit est meilleur que le précédent. Sa plume est pleine d’une verve humoristique que beaucoup n’ont pas (d’ailleurs je ne connais pas d’auteur aussi doué dans l’humour décalé à la Audiard). Plus la série des Tonton avance, et plus j’ai envie d’en lire. On est déjà au sixième épisode et j’ai l’impression de lire à chaque une nouvelle aventure, sans répétition aucune.

Donc je vous garantis que vous allez rire, sourire, vous esclaffer même (et cela m’arrive souvent en plein transport en commun, ce qui occasionne des regards étonnés des autres transportés. En fait, la plume humoristique de Samuel Sutra vous oblige à lire chaque mot, chaque phrase, car on y trouve dans chacune une expression ou une façon de décrire qui pousse au rire.

Mais ce roman ne se résume pas à un amoncellement de bons mots, d’excellents mots. Le scenario, une fois de plus, puisque j’avais été enchanté du précédent, est construit avec minutie, minuté de façon stricte, si bien qu’il est formidablement bien trouvé, et formidablement bien amené. L’auteur fait preuve d’une imagination sans borne, et il en fallait pour créer cette histoire. C’est tout simplement génial !

Si vous connaissez Tonton, vous devez déjà l’avoir lu. Si vous ne connaissez pas, jetez vous dessus, c’est du divertissement haut de gamme, un scenario diabolique, construit de telle façon que vous allez comprendre à la fin de quoi il en retourne, et vous allez passer un excellent moment.

Ne ratez pas l’avis de Yv et Unwalkers