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Oldies : Pas de dragées pour le baptême de Jean Dorcino (Gallimard Série noire)

Ce roman m’a été conseillé par Jacques Olivier Bosco, le célèbre auteur de polars, et cela m’a semblé une bonne idée de l’inclure dans la rubrique Oldies. Ce billet lui est donc tout naturellement dédié.

L’auteur :

Jean Paulhac, né le 22 juillet 1921 à Paris et mort le 25 décembre 2011 à Monteaux dans le Loir-et-Cher, est un écrivain français connu également sous son pseudonyme de Jean Dorcino.

Tout d’abord, professeur d’éducation physique, il publie dans les années 1950 dans l’hebdomadaire Témoignage chrétien un feuilleton : Nous n’avons pas demandé à vivre, et son premier roman Le Chemin de Damas en 1952. En 1956, son premier roman policier Le Crapaud est édité dans la Série noire. Il est également auteur d’une vingtaine de pièces radiophoniques Le commissaire mène l’enquête jouées par François Perrier sur Europe 1.

À la fin des années 1969, il entreprend des études de psychologie et obtient un doctorat en 1974.

Selon Pierre Turpin, repris par Claude Mesplède et Jean-Jacques Schleret, Jean Paulhac aurait utilisé également le pseudonyme de Jean Sébastien pour signer Un chat à la mer, le n°1258 de la Série noire. Dans leur additif publié en 1985, les mêmes auteurs précisent que le pseudonyme de Jean Sébastien est en réalité celui de Jean Dubacq.

(Source Wikipedia)

L’histoire :

Quartier de la Bastille, dans les années 50. Dans le café du père Filhol, quatre compères jouent à la belote. Au comptoir, André Tillard, dit Dédé, souteneur de quelques filles converse avec Tilouis de football. Quand Dédé le traite de « Gueule de citron pas frais, Tilouis prend la tangente. Du à sa petite taille, Tilouis fait un complexe d’infériorité qui se confirme par sa petite voix.

En rentrant chez sa mère, il voit trois couverts mis à table. Elle a du encore se trouver un nouvel amant, ce qui le rend fou. A force de déambuler, il finit sous les ponts, et s’endort sur une grille qui souffle de l’air chaud. Au petit matin, un clochard le réveille. Le ton monte et la bouteille du clochard se casse. Tilouis attrape le tesson et égorge le clochard, avant de s’enfuir.

La paranoïa aidant, Tilouis se sent oppressé et se débrouille pour acheter un pistolet. Avec cette arme, il se sent fort. Il décide alors d’aller voir Dédé et de se venger de toutes les humiliations qu’il lui a fait subir. Il l’exécute de deux balles en pleine poitrine et deux balles en pleine tête. Mais comment l’inspecteur Saverny va-t-il pouvoir retrouver le coupable ?

Mon avis :

J’ai la chance d’avoir retrouvé ce roman dans les bas fonds de mon sous-sol, en édition originale, avec la couverture cartonnée, et tout et tout. Et je dois dire que, quand vous ouvrez le livre, vous respirez, et ça sent le papier ! ça, c’est le premier plaisir que j’ai eu avec ce livre.

Ce roman date donc de 1957. Et on y retrouve toute l’ambiance de cette époque, les rues, les bars ; pas de téléphone portable, tout juste quelques télévisions. Les policiers aussi relèvent les empreintes en prenant des photographies. Les dialogues aussi, comportent un peu d’argot mais rien qui n’empêchent d’apprécier cette lecture.

Car au-delà de l’intrigue simple, celle de l’itinéraire d’un truand qui dépasse son complexe d’infériorité pour devenir un grand assassin, c’est bien la forme qui rend ce livre passionnant. Fait de petites scènes, et alternant entre Tilouis et Saverny, ce roman est un pur moment de plaisir, un bijou de style efficace. On n’y trouve pas plus d’une phrase pour décrire une personne, quelques lignes pour des dialogues percutants et malgré cela vivants. Bref, on peut porter aux nues les auteurs américains, mais ce roman là est la démonstration que dans cette collection là, il y avait aussi bien. Pour ceux qui ont la chance d’en avoir un exemplaire, ce roman sera une excellente lecture noire. Pour les autres, il ne vous reste plus qu’à espérer qu’un jour, un éditeur (Folio ?) veuille bien le rééditer.