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Vous cherchez des novellas ?

Entre deux romans, j’aime m’attaquer à des livres plus courts, de l’ordre d’une cinquantaine de pages. Cela me permet en une journée de changer d’univers. Je vous propose mon avis sur 2 novellas qui m’ont marqué récemment :

Désoxy de Jean-Marc Demetz

Editeur : Presses du midi

20 octobre. Le corps d’une jeune étudiante de Valenciennes a été retrouvé décapité, et l’enquête n’avance pas. Anouck Furhman et son équipe sont sur des charbons ardents, mais ils n’ont pas une seule piste à suivre. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, un homme mystérieux l’attend dans sa cage d’escalier. Il réussit à s’enfuir après l’avoir bousculée. elle trouve un mot sous sa porte :

« Prélève-t-il les cerveaux ?

S OUI, une feuille blanche sur le siège arrière de votre voiture.

Si NON, une feuille blanche chiffonée en boule. »

Puis elle ramasse le chapeau qu’il a laissé tomber. Après analyse, ce chapeau daterait de l’époque de Rubens. S’agirait-il d’un collectionneur ? Quand une deuxième étudiante disparait, le mystère reste entier alors que Furhman n’a pas plus de pistes.

Franchement, on ne pouvait espérer plus de Jean-Marc Demetz, tant ce polar ou roman policier sort des sentiers battus. Vous qui êtes lecteurs de romans policiers, n’avez-vous jamais espérer voir un enquêteur qui est perdu dans son intrigue et qui ne sait pas où aller, ou quoi faire ? C’est le pari que fait l’auteur en nous plongeant directement dans le feu de l’action, dès le début de ce roman.

Pendant tout le roman, on se fait donc balader, en comptabilisant les corps, et on reste toujours dans le flou. Seul un personnage énigmatique nous guide et fait avancer l’intrigue vers une résolution qui apparaîtra à la fin du roman. En flirtant vers le fantastique, on se retrouve avec une fin qui est comme le roman : est-ce bien la vérité ? Indéniablement, ce roman original remplit son objectif de nous prendre dans ses serres et de ne pas nous lâcher sans nous donner toutes les clés. A découvrir.

Ne ratez pas les avis des Amis Claude et Paul

A Paris coule la mer du Nord d’Astrid Monet

Editeur : Les chemins du Hasard

Mary débarque à Paris avec son violon. Son objectif est de devenir violoniste professionnelle. Elle aperçoit Popeye un jeune homme assis dans la gare qui lit des vers poétiques de William Blake. Le coup de foudre est immédiat. Alors que Mary va loger chez une amie, Popeye va habiter chez Max, son ami d’enfance. Mary va vouloir sauver son amour quand Popeye va se laisser entrainer dans des casses de bijouterie pour honorer ses dettes de jeu. Mary va se lancer dans une croisade difficile … perdue d’avance ?

Avec une intrigue simple, Astrid Monet déroule son roman en faisant un zoom sur ses personnages et leurs sentiments, dans un décor enchanteur de Paris nocturne. Malgré quelques maladresses au début du roman, en particulier pour présenter le passé des protagonistes, j’ai été bien souvent fasciné par des passages d’une beauté épurée dans le style de l’auteur. Les mots ne sont pas inscrits sur la page du livre, ils volent au dessus et laissent une sensation éthérée de magie.

On se laisse porter par par les mots, qui se marient si bien avec le décor, tout juste épuré. Et si on sent que l’itinéraire descend vers une issue dramatique, on se prend à espérer. Astrid Monet ajoute une pierre au mythe de Romeo et Juliette sans esbroufe, mais avec une belle ambition de superbes promesses. Voilà une jeune auteure qu’il va falloir suivre de très très près.

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Chrysalide de Jean-Marc Demetz

Editeur : Abysses éditions

Je vous propose un roman d’une toute nouvelle maison d’éditions, écrit par un auteur qui n’est pas un amateur, puisque c’est son cinquième roman, après avoir écrit entre autres pour les éditions Krakoen.

Anouk Fuhrman est planquée, sur les berges de la Deûle. Depuis le temps qu’elle traque ce monstre, elle va enfin mettre la main dessus. Jeune capitaine de police, elle a l’assurance et l’insouciance de sa jeunesse. Elle voit Boily, le monstre, celui qui a tué plusieurs jeunes filles. Elle appelle celui qui l’a aidée, Leo Matis, ancien policier qui a démissionné. Il avait raison ! Soudain, trois hommes débarquent, tirent sur Anouk et kidnappent Boily.

Leo Matis fait au plus vite, mais il arrive trop tard. La voiture dans laquelle Anouk planquait est pleine de sang. Il a lancé Anouk sur la piste de Boily parce qu’il a fait des analyses dans son laboratoire personnel et trouvé des traces sur les cordes qui ont servi à attacher les jeunes filles. Il est tout à fait invraisemblable que l’on ait kidnappé un tueur en série ! En rentrant chez lui, Matis est agressé et tous ses dossiers sur Boily volés.

Boily se réveille dans une cellule. Dans le noir. Rien à manger. Rien à boire. De temps en temps, une trappe s’ouvre pour lui lancer quelques miettes. Après plusieurs jours de ce régime, c’est la torture. Mais que veut-on lui faire ? ou lui faire faire ? et qui l’a kidnappé ? Dans quel but ?

Ce roman, comme je viens de le dire, est divisé en deux.

D’une part l’enquête officieuse de Matis, écrite à la troisième personne du singulier. C’est un personnage fort de cette intrigue, un vieux de la vieille qui va être soutenu par le procureur Dudzinski, et qui va essayer de réparer son erreur d’avoir laissé Anouk y aller toute seule.

D’autre part, il y a ce tueur en série, qui va être enfermé, torturé, drogué, reprogrammé, pour des desseins bien plus importants et grands que les petites affaires de meurtres. Ces chapitres là vont être rédigés à la première personne. Etrange postulat, choix d’auteur, qui décide, par le style de prendre à contre-pied ses lecteurs.

Ces deux hommes là vont se rencontrer aux Etats Unis et leur rencontre va être plus que surprenante. Car on va rentrer dans le but ultime de ce kidnapping, et découvrir tous les faux-semblants qui couvent dans cette histoire.

En ouvrant ce livre, il faut être prêt à avoir quelques surprises. Car l’écriture est très fluide, et comme je viens de le dire, les choix stylistiques de l’auteur sont surprenants. Mais au-delà de tout cela, le roman démarre comme un thriller (avec un tueur en série), se poursuit comme un roman psychologique (avec l’emprisonnement de Boily), continue comme un polar (avec les recherches de Matis) pour finir par flirter avec de la politique fiction. Et tout ce mélange des genres fonctionne parfaitement pour donner un polar surprenant de A à Z. D’ailleurs, comme le dit Franck Thilliez sur la première de couverture : « Un vrai cocktail d’aventure et de suspense. Une réussite ! ». Je n’aurais su mieux dire !

Vous pouvez acheter ce roman chez Abysses éditions ici

Ne ratez pas les avis des amis Claude et Oncle Paul