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Deux polars chez deux petits éditeurs

Je vous propose deux polars édités par de petits éditeurs qui sont des lectures divertissantes, avec tous les codes nécessaires pour attirer l’œil du lecteur à la recherche de polars classiques. Pour ce faire, je vous recopie les quatrièmes de couverture avec mon avis en suivant.

Punk Friction de Jess Kaan

Editeur : Lajouanie

Quatrième de couverture :

Auchel, nord de la France. Le corps d’un jeune marginal brûle au petit matin dans le cimetière municipal. Acte gratuit, vengeance, meurtre ? La police ne sait quelle hypothèse privilégier, d’autant qu’on découvre très vite un nouveau cadavre, celui d’une étudiante, sauvagement assassinée.

La population aimerait croire que le coupable se cache parmi la bande de punks squattant dans les environs…

Le capitaine Demeyer, quadragénaire revenu de tout, et le lieutenant Lisziak, frais émoulu de l’école de police, du SRPJ de Lille sont chargés de cette enquête qui s’annonce particulièrement sordide. Une jeune lieutenant, en poste dans la cité, ne veut pas lâcher l’affaire et s’impose à ce duo pour le moins hétéroclite.

Mon avis :

D’un corps calciné retrouvé dans un cimetière, Jess Kaan nous convie à un polar somme toute assez classique où les personnages vont s’engluer dans une intrigue au dénouement bien retors. D’un coté on a le conflit générationnel Ancien / Jeune avec le couple de la PJ de Lille, de l’autre on a le conflit entre la PJ et la police municipale.

Le fait de situer l’intrigue dans un petit village du Nord de la France permet de montrer les relations entre la police et la politique. Cela permet aussi de mettre en valeur les gens de cette ville et leur vie de tous les jours, ravagée par le chômage. Dès lors, ils se retournent contre ceux qui ne vivent pas comme eux, en l’occurrence des punks.

Jess Kaan arrive à montrer des services de police en prise avec une affaire étrange, sans aucune piste, et comment ils arrivent à s’en sortir. Si l’intrigue est fort bien menée, et est l’atout majeur de ce livre, le contexte pesant en est aussi un point à souligner. En suivant scrupuleusement les codes du polar, ce roman s’avère assez classique et permet de passer un bon moment de lecture.

La cité de l’ange noir de Harlan Wolff

Editeur : Gope Editions

Traducteur : Marie Armelle Terrien-Biotteau

Quatrième de couverture :

À Bangkok, un tueur en série enlève des jeunes filles et se livre à un abominable rituel sadique. Les autorités n’ont aucun indice.

Carl Engel est une énigme, même pour ses proches. Pendant trente ans, ce Londonien au caractère entier a réussi à se forger une carrière de détective privé malgré les soubresauts de la vie politique thaïlandaise. Luttant contre le vieillissement, l’alcoolisme et une charge de travail décroissante, il est contacté par un Américain âgé qui, moyennant un cachet exceptionnellement élevé, le charge de retrouver son frère disparu.

L’enquête nous fait descendre dans le monde sordide du tueur en série et dans les bas-fonds de Bangkok, avec un petit détour par les tables de jeux de Macao, sur fond de luttes de pouvoir remontant à la guerre du Vietnam.

Assisté d’amis fidèles (ex-CIA, journaliste, chauffeur de taxi, colonel et quelques figures du monde interlope des bars de nuit), Carl aura pour seule priorité de rester en vie et de débusquer le tueur.

Mon avis :

Prenez un détective privé qui exerce à Bangkok depuis une trentaine d’années. Même si ce métier n’est pas bien vu en Thaïlande, il arrive à s’en sortir. Il connait tout le monde, parle la langue, et décroche de petites affaires, comme celle de retrouver le frère de Frank Inman, qui pourrait être accusé à tort des meurtres de jeunes filles qui défraient la chronique. Avec son esprit efficace et le désespoir collé à la peau, il va faire jouer ses contacts.

Si le personnage et l’intrigue peuvent paraitre classiques, la première partie est surtout l’occasion pour le lecteur de rencontrer des personnages variés ainsi que beaucoup de quartiers de Bangkok. En cela, l’auteur nous offre une visite pour pas cher, et montre son attrait pour cette ville et son mode de vie. Puis, dans la deuxième moitié, le jeu du chat et de la souris s’inverse puisque Carl va être poursuivi et le stress va s’installer.

Pour un premier roman, c’est plutôt convaincant, même si l’auteur n’a pas voulu en rajouter et a écrit son roman avec beaucoup de retenue. Et rien que pour la visite des quartiers de Bangkok, des palais aux rizières, des palaces aux ruelles sombres, ce roman vaut le détour.

Luc Mandoline, épisodes 5 et 6

Je vous avais déjà parlé de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu. Ce personnage, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Les quatre titres passés en revue sont :

Harpicide de Michel Vigneron

Ainsi fut-il d’Hervé Sard

Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur

Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot

Voici donc les épisodes 5 et 6 :

 Anvers et damnation

Anvers et damnation de Maxime Gillio :

Quatrième de couverture :

Et si DSK avait été tué dans une chambre d’hôtel ? Et si cet hôtel se trouvait en Belgique et non à New York ? Et si ce n’était pas le FBI qui enquêtait, mais Luc Mandoline, alias l’Embaumeur, le thanatopracteur préféré de ces dames ? Et si les pages de ce roman dégoulinaient de sueur, de sang et d’humour noir, vous le liriez, vous ? Oui ? Alors qu’est-ce que vous attendez ?

« En Belgique, il n’y a pas que les canaux que l’on retrouve pendus »

Mon avis :

Alors que cela démarre sur des chapeaux de roue, avec beaucoup d’humour à la clé, cette enquête qui prend comme prétexte l’assassinat d’un candidat aux présidentielles, se transforme rapidement en excellent polar musclé. Mandoline et son compère Sullivan vont se retrouver en Belgique aux prises avec un mystère bien sombre, et faire une incursion dans le monde de la prostitution.

Avec un mélange savamment dosé d’action, de sexe et de violence, Maxime Gillio que je découvre pour l’occasion s’avère être un auteur de grand talent, sachant poser ses mines pour mieux nous surprendre à la fin. Avec ce polar formidablement bien mené, Maxime Gillio a écrit un des meilleurs numéros de cette série avec Ainsi fut-il d’Hervé Sard. En tous cas, c’est un polar immanquable, du divertissement haut de gamme.

Label N

Le label N de Jess Kaan :

Quatrième de couverture :

Quand Luc Mandoline est appelé pour un remplacement dans le Pas-de-Calais, il ne se doute pas que ce qui l’attend est encore plus noir que le charbon des houillères d’Auchel.

Ce n’est pas au fond de la mine qu’il va descendre, mais dans les arcanes d’une organisation secrète aux vieux relents de race supérieure.

Manipulation génétique, lavage de cerveau, sexe et trahisons… Pour sa première incursion dans le milieu du polar, Jess Kaan réunit tous les ingrédients d’un vrai tour de force.

« Terril en la demeure »

Mon avis :

Pourtant, Luc Mandoline, en débarquant dans le Nord, avait décidé de rester calme. Pourtant, il n’y avait rien, dans cet accident de voiture, qui augurerait qu’il allait être confronté à des hommes plus ignobles les uns que les autres. Et pourtant, nous voici aux commandes d’un livre qui mêle action et suspense et qui se lit comme on monte les œufs en neige : ça démarre doucement, les personnages se mettent en place ; puis le blanc commence à apparaitre et Luc et Sullivan entrent en scène ; Puis ça commence à avoir de la consistance et Arlock arrive. Enfin, feu d’artifice final, les œufs sont bien durs et ils s’en sortent … comme d’habitude.

Plongé dans le monde du Sadisme, Luc va avoir à faire avec un personnage terrible, probablement le plus terrible qu’il ait eu à rencontrer à ce jour. On va trouver dans ce roman de l’action et du sexe cru, violent. Et si la place est donnée au suspense plus qu’à la psychologie, cela donne un polar sympathique à ne pas mettre entre toutes les mains tout de même. Un polar pour adultes quoi !