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Les damnés ne meurent jamais de Jim Nisbet

Editeur : Rivages Noir

Traducteur : Freddy Michalski

Quand j’ai décidé de consacrer cette année 2018 à la collection Rivages Noir, je m’étais dit que cela me donnerait l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs. Ce roman-là, je l’ai pioché totalement par hasard, dans la deuxième rangée de ma bibliothèque (N°84).

L’auteur :

Jim Nisbet, né le 20 janvier 1947 à Schenectady dans l’État de New York aux États-Unis, est un poète et un écrivain américain de roman policier.

Diplômé en Lettres de l’Université de Caroline du Nord, il exerce plusieurs petits métiers (charpentier, ébéniste, marin…) avant de s’installer à San Francisco où il dirige une société de design et d’équipement pour les industries de postproduction de vidéographie. Il réside encore aujourd’hui dans cette ville qui sert de cadre à la plupart de ses romans policiers.

Plusieurs de ses romans noirs traitent de pulsions sexuelles troubles. Ainsi, dans Les Damnés ne meurent jamais (1986), un écrivain en manque d’inspiration rêve d’assassiner sa femme. Dans Le Chien d’Ulysse (1992), relate une passion homosexuelle dans l’Ouest américain mythique des cow-boys où sévit une forte criminalité. Dans Sous le signe du rasoir (1997), un riche fabriquant de chevalets de torture pour sadomasochistes se retrouve au centre d’une série d’assassinats.

Comme William Bayer, Jim Nisbet entretient un rapport particulier avec l’éditeur Rivages qui l’a toujours soutenu et publié. Refusé en 1997 aux États-Unis, You Stiffed Me a été publié par Rivages sous le titre Sous le signe du rasoir. Il sera publié sur le sol américain neuf années plus tard sous le titre The Price of the Ticket.

En 2013, Traversée vent debout est nommé au 65e grand prix de littérature policière.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

J’ai toujours voulu écorcher une femme. La ligne était tapée sur une feuille de papier blanc engagée dans la machine à écrire. Dans l’appartement d’à côté, les flics découvrent un des crimes les plus sanglants de l’histoire de San Francisco. Qu’avez-vous entendu? demande Windrow. Des coups ? Une détonation? Des cris? Oh, non ! C’était plus subtil que ça… Cette femme faisait l’expérience de la douleur. Une douleur compliquée, très profonde. Cette sorte de douleur était nouvelle pour elle, choquante. Mais on aurait dit que cette douleur la séduisait et qu’elle n’était pas en mesure de l’arrêter. Ce premier roman avait été qualifié de Super Thriller par le L.A. Times. Depuis, Nisbet s’est fait connaître comme le spécialiste des situations extrêmes, passé maître dans le dosage savant de l’horreur et de l’humour très grinçant.

Mon avis :

A l’origine, tout devait bien se passer, comme une lettre à la poste. Justement, Martin Windrow, détective de son état, devait en porter une, de lettre. Il est en effet chargé de donner en mains propres les papiers de divorce à Herbert Trimble. Mais quand il arrive, il trouve dans l’appartement toute une escouade de police. En effet, il n’y a pas de Trimble dans cet appartement, mais bien une jeune femme assassinée, horriblement assassinée. Et sur le bureau, il y a une feuille de papier engagée dans la machine à écrire où est inscrit : « J’ai toujours voulu écorcher une femme ».

On pourrait voir dans ce roman un énième roman de détective. Et pourtant, la première partie ressemble plus à un jeu de cache-cache, puisque Windrow cherche un homme qu’il n’a jamais vu … et il se trompe tout le temps. Puis arrive le moment de l’enquête proprement dite, où Windrow se fait embaucher. Et il faudra tout son talent de déduction pour comprendre les ficelles emmêlées de cette intrigue.

On y trouve donc beaucoup d’humour, autant dans l’intrigue que dans les dialogues pleins de réparties drôles. On y trouve aussi une ville de San Francisco qui se transforme en ville Gay. On y trouve tous les codes du polar, le détective, une affaire complexe dans lequel il est entraîné malgré lui, des femmes fatales, des scènes de bagarre, mais elles sont joliment détournées, retournées, tournées en ridicule. Ce n’est pas une parodie, d’après ce que j’ai pu lire dans Le Dictionnaire des Littératures Policières, mais bien une façon de surprendre le lecteur et de lui faire passer un excellent moment de lecture.

Enfin, il y a ce style à la fois direct et parfois pris d’une envolée poétique, qui donne des phrases magiques, des moments inouïs de beauté. On y trouve aussi des dialogues qui claquent, complètement réalistes, et un découpage des scènes très cinématographiques. Pour un choix de lecture pris au hasard, ce fut un coup de chance pour une excellente découverte et nul doute que je reviendrais dans l’univers de Jim Nisbet.

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