Archives du mot-clé John Connoly

Les Anges de la Nuit de John Connoly

Editeur : Presses de la cité (Grand format) ; Pocket (Format Poche)

Traducteur : Jacques MARTINACHE

Je continue mon exploration de l’univers de Charlie Parker avec ma huitième lecture. Après un épisode franchement emballant, ce roman m’a surpris, m’a pris à revers. La liste de mes billets sur Charlie Parker est à la fin.

Quatrième de couverture :

Quand les trahisons se paient au prix fort…

On les surnomme les Faucheurs, et ils sont l’élite des tueurs. Des hommes si terrifiants qu’on ose à peine prononcer leur nom. Louis, l’ami du détective Charlie Parker, a été formé par cette armée de l’ombre avant de tirer un trait sur son passé. Mais aujourd’hui il est la cible des Faucheurs, et plus particulièrement de Bliss, le tueur des tueurs. Charlie Parker, que Louis a souvent tiré de mauvaises passes, parviendra-t-il à le sauver ?

Tableau d’un monde crépusculaire où tout n’est que corruption, où les crimes demeurent impunis mais où les trahisons se paient au prix fort, Les Anges de la nuit fascine et glace le sang.

Mon avis :

Après un épisode noir et qui avait, me semble-t-il relancé la série, John Connoly décide de creuser ses personnages. Entre Louis et Angel, il a choisi Angel. C’est donc l’histoire d’Angel que nous allons lire, avec en parallèle une course poursuite, sorte de duel entre tueurs, un peu comme Highlander. Louis, a été élevé par un groupe de tueurs. L’un d’eux, Bliss, veut à tout prix le tuer pour se venger du passé, puisque Louis l’a brulé plusieurs années auparavant.

Certes cet épisode est glauque, car John Connoly arrive à nous montrer un univers parallèle, dont nous n’avons pas idée. C’est aussi l’occasion de nous offrir encore une fois des scènes incroyablement visuelles, mais j’y ai trouvé peu de scènes d’angoisse. Par contre, entre deux moments de tension, on rigole beaucoup, puisque Louis et Angel nous offrent des dialogues truculents voire inénarrables.

Il faut juste savoir que Charlie Parker n’apparait que très peu dans cet épisode, puisqu’il entre vraiment en scène qu’à partir des deux tiers du roman. Donc la narration n’est pas à la première personne et cela m’a créé comme une distance par rapport aux précédents opus. Par contre, cela m’a donné envie d’en relire un autre tout de suite, parce que je n’ai pas eu ma dose de Charlie Parker.

Liste des épisodes précédents :

La proie des ombres de John Connoly

Editeur : Presses de la cité (Grand Format) ; Pocket (Format poche)

Traducteur : Jacques Martinache

Je continue ma découverte de l’univers de Charlie Parker, le personnage récurrent de John Connoly avec sa septième aventure.

Quatrième de couverture :

Fille d’un psychiatre de renom, Rebecca Clay fait appel au détective privé Charlie Parker : un inconnu la harcèle et exige d’elle des renseignements sur son père, Daniel Clay, disparu cinq ans plus tôt après avoir été mis en cause dans une affaire d’abus sexuels sur mineurs.

A tort, assure-t-elle… Parker découvre que l’inconnu, dénommé Merrick et récemment libéré de prison, est un tueur à gages qui veut venger la mort de sa fille, à laquelle il est persuadé que Daniel Clay a été mêlé.

Une course-poursuite s’engage alors entre les deux hommes pour retrouver au plus vite les traces du psychiatre. Bientôt, Parker comprend que l’affaire est encore plus sombre qu’il ne le pressentait, pleine de souffrance, de sang et d’indicibles secrets.

Traversant les superbes paysages du Maine, toujours hanté par ses fantômes, il va découvrir la vérité. Une vérité sombre, cruelle, bouleversante…

Mon avis :

Je dois dire qu’après le coup raté (en ce qui me concerne) du précédent opus L’ange noir, celui-ci me réconcilie avec John Connoly et cette façon bien à lui de construire ses intrigues, de décrire ses personnages et de nous envouter dans des ambiances glauques, entre réel et fiction, entre vivants et morts. On retrouve un Charlie Parker séparé de sa femme et de sa fille, qui accepte une affaire bien difficile qui va vite se complexifier pour aboutir à un dénouement inattendu, ce que l’on attend de ce genre de thrillers.

Le sujet de ce roman concerne les pédophiles et en particulier les psychanalystes qui sont chargés d’étudier les cas d’abus sexuels sur les enfants. En particulier, l’auteur nous pose la question de l’efficacité de ces spécialistes et de leur utilité car ils ne pourront jamais réparer l’irréparable. John Connoly nous offre aussi de nouveaux personnages énigmatiques, dont le Devineur, le Vengeur et ce roman est l’occasion de retrouver le Collectionneur. Avec eux, John Connoly nous place devant un dilemme qui est celui de la vengeance, sujet bien difficile surtout quand on est face à une horreur. Heureusement qu’on y trouve beaucoup de traits d’humour, grâce à Louis et Angel.

Vous l’avez compris, c’est un roman dense, et très riche et si mon avis vous parait énigmatique, c’est bien parce que je ne veux pas vous en dire plus, pour que vous puissiez le découvrir. C’est en tous cas un excellent épisode pour cette série qui alterne entre polar, roman noir et fantastique, à ne rater sous aucun prétexte.

Vous pouvez retrouver les précédentes enquêtes de Charlie Parker en suivants les liens suivants :

Episode 1 : Tout ce qui meurt ;

Episode 2 : Laissez toute espérance ;

Episode 3 : Le pouvoir des ténèbres ;

Episode 4 : Le baiser de Caïn ;

Episode 5 : La maison des miroirs ;

Episode 6 : L’ange noir ;

L’ange noir de John Connoly

Editeur : Presses de la cité. Format poche : Pocket

Traducteur : Jacques MARTINACHE

Je continue ma découverte de l’univers de Charlie Parker, le personnage récurrent de John Connoly avec sa sixième aventure.

Quatrième de couverture :

Hanté par l’assassinat de sa femme et de sa fille, Charlie Parker a quitté son métier de flic pour devenir détective privé.

Quand disparait Alice, jeune prostituée toxicomane, il se sent obliger d’enquêter, car elle est liée par le sang à Louis, son bras droit, et celui-ci remuerait ciel et terre pour retrouver celle qu’il s’était de protéger.

Bientôt leur enquête les mène sur les traces d’un mystérieux Mexicain, sculpteur sur os, et d’un obèse goitreux des plus inquiétants. Très vite, Parker est précipité dans un atroce cauchemar qui le conduira jusqu’en Europe. Pourtant il avait juré de ne plus s’approcher du Mal. Mais qui pouvait prévoir que le Mal s’approcherait de lui?

Une intrigue forte dans une atmosphère très noire, un héros bouleversant qui nous mène jusqu’au bout de la nuit. Un grand John Connolly.

Mon avis :

Alors que Charlie Parker devrait être joyeux, puisqu’il prépare le baptême de sa fille, il est de plus en plus harcelé par les esprits de sa femme et de sa fille. En plus, ses relations avec Rachel se refroidissent, puisqu’elle ressent le Mal roder autour de Charlie. Quand la tante de Louis lui demande de retrouver sa fille, Charlie sait qu’il doit faire preuve de loyauté envers son ami, mais qu’il va encore une fois être confronté au Mal, et que cela ve encore l’éloigner de sa femme.

Si le début du roman est emballant, j’ai été surpris par la tournure que celui-ci prend par la suite. A lire la quatrième de couverture, je pensais que l’auteur prendrait des distances avec Charlie Parker pour nous en dévoiler un peu plus sur Louis. Mais on se retrouve avec une enquête dans les bas-fonds de Portland, qui ressemble à une application de ce qui a fait le succès de la série jusque là.

Quand, en plus, les méchants ne sont pas si effrayants que cela, même si certaines scènes sont redoutablement réussies, et que la nièce en question meure au milieu du livre, j’ai eu l’impression que l’intrigue s’étirait en longueur, et que la liaison avec une ville maléfique d’Europe de l’est était capillo-tractée (tirée par les cheveux). Au final, c’est plutôt un épisode de plus qu’une enquête qui fait avancer la série.

La maison des miroirs de John Connoly (Pocket)

Voici le cinquième épisode des enquêtes de Charlie Parker, le personnage récurrent de John Connoly. Vous trouverez ci-joint mes avis sur les précédents romans et celui de Jean le Belge sur le sixième :

Episode 1 : Tout ce qui meurt ;

Episode 2 : Laissez toute espérance ;

Episode 3 : Le pouvoir des ténèbres ;

Episode 4 : Le baiser de Caïn ;

Episode 6 : L’ange noir (Par Jean le Belge) ;

Quatrième de couverture :

États-Unis, 1977. Un certain John Grady s’installe dans une petite ville du Maine. Après y avoir acheté une maison, il entreprend de la rénover. Mais très vite, ses voisins se posent des questions : les murs semblent recouverts de miroirs, et Grady passe ses journées à poser du papier peint avec une colle à l’odeur infâme, qui empoisonne tout le quartier. Au même moment, plusieurs petites filles disparaissent, et les soupçons se portent sur Grady. Alors que les policiers s’apprêtent à l’arrêter, il se suicide sous leurs yeux.

Pendant des années, la maison est restée à l’abandon, rachetée anonymement par le père d’une des fillettes, et plus personne n’a parlé de John Grady. Jusqu’à ce que la photo d’une petite fille, retrouvée dans la maison, ne fasse craindre une nouvelle vague de disparitions. Charlie Parker, détective privé, est chargé de découvrir l’identité de l’enfant avant qu’il ne soit trop tard.

Son enquête le met aux prises avec plusieurs illuminés, attirés comme des papillons par les scènes de crime. Un homme en particulier l’intrigue, celui qu’il surnomme le « Collectionneur » et qui réclame instamment, en paiement d’une dette contractée par John Grady, un des nombreux miroirs de la maison. Et cet homme étrange ne semble pas mû par un simple instinct d’antiquaire…

Mon avis :

Si on peut, comme je l’ai signalé, considérer les quatre premiers romans comme un cycle à part entière, ce court roman nous entraine dans une nouvelle série, dont un personnage inédit et mystérieux fait son apparition. Le Collectionneur est aussi inquiétant que bizarre puisqu’il collecte des objets ayant appartenu à des tueurs en série. Et tout ce qu’il demande, c’est d’obtenir un miroirs issu de la maison de John Grady.

Je m’attendais à un condensé de ce que John Connoly est capable de créer, à savoir nous inventer des personnages en passant en détail leur passé, peindre des paysages inquiétants au milieu d’un brouillard épais, nous mener par le bout du nez dans une enquête tortueuse. Malheureusement, je suis resté sur ma faim. Je trouve, en effet, que le format court laisse bien peu de place à l’imaginaire, même si le style moins disert et plus efficace que d’habitude, est passionnant.

Je ne peux donc pas conseiller pour débuter la série, car cela me semble plutôt comme un interlude entre deux cycles, comme je l’ai dit ci-dessus. Ceci dit, je dois tout de même ajouter qu’il y a un morceau remarquable dans ce livre, quand Charlie Parker se retrouve dans la scène finale dans la maison aux miroirs. Dans ce moment là, John Connoly est capable de nous emmener loin dans un paysage où toutes nos certitudes volent en éclats, où tout ce que l’on croit lire n’est en fait que le reflet de nos cauchemars.

Le baiser de Caïn de John Connoly (Pocket)

Voici la quatrième enquête de Charlie Parker chroniquée sur Black Novel. Les précédents titres sont :

Tout ce qui meurt

Laissez toute espérance …

Le pouvoir des ténèbres

Quatrième de couverture :

Quand Charlie Parker reçoit un appel au secours de l’avocat Elliot Norton avec qui il travaillait lorsqu’il faisait partie de la police de New York, il hésite à descendre en Caroline du Sud pour l’aider dans une affaire qui s’annonce difficile : Atys Jones, le client de Norton, un Noir de dix-neuf ans, est accusé du meurtre de Marianne Larousse, une jeune femme blanche, fille d’une des plus grosses fortunes de l’Etat.

Norton n’est même pas sûr que les Larousse, ou d’autres, attendront le procès pour venger la mort de Marianne. La Caroline du Sud a un passé de racisme et de lynchage qui a laissé quelques traces durables… Parker hésite d’autant plus à partir, que Faulkner, le révérend démoniaque, qu’il a contribué à faire arrêter, pourrait bien être libéré sous caution.

Malgré le fait que sa compagne Rachel soit enceinte, il répond à l’appel de Norton mais à peine est-il arrivé à Charleston que les meurtres se multiplient et qu’il se heurte à de drôles de types : néonazis, membres du Ku Klux Klan, extrémistes de tout poil. Il doit alors faire face à une conjonction de phénomènes apparemment sans rapport ressurgissant du passé.

Mon avis :

Je vous donne un conseil avant de vous donner mon avis : Lisez le pouvoir des ténèbres avant de lire ce roman ci. Car le révérend Faulkner est en prison, et c’est le « méchant » que nous rencontrons dans le précédent volume des enquêtes de Charlie Parker. Cette introduction sert surtout pour vous expliquer que cette série se veut comme un tout, que les personnages, ou du moins certains, sont récurrents ; et qu’il serait donc dommage de prendre le train en marche.

En même temps, on sent au fur et à mesure des lectures de John Connoly que son style s’affermit et ce qui étonne dans ce roman, c’est que pour la première fois, j’ai l’impression que l’auteur a réellement construit minutieusement son intrigue. Dans les précédents, on avait l’impression qu’il se laissait conduire par son écriture. Dans celle-ci, l’histoire est une vraie toile d’araignée qui aboutit à deux scènes finales surprenantes.

On retrouve bien entendu tout le talent de l’auteur, celui de ciseler des dialogues plus vrais que nature, celui d’ajouter du fantastique à base de monstres et autres apparitions de fantômes, et surtout de créer des scènes angoissantes à partir d’une banalité de tous les jours. C’est toujours impressionnant de voir (pardon, de lire) comment il arrive à stresser le lecteur, juste avec une voiture garée au sommet d’une colline. A priori, ce n’est pas angoissant ; eh bien, John Connoly arrive à nous foutre la trouille, juste à partir de ça ! Et ça, c’est rudement fort.

J’ajouterai que John Connoly met un pied dans un sud peuplé de gens ultra-violents, ultra-racistes, et que c’est un bon terreau pour des scènes d’anthologie. Si on ajoute à cela que l’auteur nous dévoile un pan de l’histoire des deux amis de Charlie, Angel et Louis, dans des passages tantôt violents, tantôt émouvants, on a là un des meilleurs tomes de cette série, du moins mon préféré. N’hésitez plus, venez plonger dans le cauchemar de Charlie Parker.

Je vous le dis tout de go, je vais bientôt attaquer le prochain : La maison des miroirs.

Le pouvoir des ténèbres de John Connoly (Pocket)

Après Tout ce qui meurt et … Laissez toute espérance, voici la troisième aventure de Charlie Parker. Cet ancien policier qui a connu la douloureuse disparition de sa femme et de sa fille, tuées par un psychopathe, a ouvert son cabinet de détective privé, et est revenu dans sa ville natale. Ne s’occupant que de petites affaires de mœurs, il essaie tant bien que mal d’oublier son drame personnel.

Au nord du Maine, sur les rives du lac Saint-Froid, des ouvriers se déplacent dans le froid et le brouillard pour continuer leur travail d’installation de lignes téléphoniques. La pelleteuse fait son travail, creusant des ornières pour préparer les tranchées. Lyall Dobbs remarque quelque chose et demande au contremaitre

  • Y a un cimetière dans le coin ?
  • Non
  • Ben, y en a un, maintenant.

Ils viennent de découvrir un grand nombre de squelettes.

Un homme se présente chez Charlie Parker. Il se nomme Quentin Harrold et travaille pour Jack Mercier, ancien sénateur. Il lui demande d’élucider la mort de Grace Peltier, la fille de son meilleur ami Curtis Peltier. Grace et Charlie s’étaient connus au lycée. La police s’accorde à conclure à un suicide, mais Jack Mercier n’y croit pas. Charlie, non plus. Grace travaillait sur la disparition d’une secte, les Baptistes d’Aroostock. Malgré ses réticences, Charlie va enquêter et être confronté à un de ses pires ennemis.

Avec une intrigue qui se rapproche de la deuxième enquête de Charlie Parker, celle-ci est indéniablement plus musclée et costaude. John Connoly joue sur nos peurs ancestrales, celles des araignées, pour bâtir des scènes visuelles tout simplement géniales. Le principe est toujours le même : il prend une de nos habitudes quotidiennes et créé des passages angoissants au possible. J’en prends pour exemple ce passage où Charlie Parker va relever son courrier dans sa boite aux lettres et découvre une araignée … génial !

En centrant son sujet sur les sectes, John Connoly nous construit une nouvelle fois une intrigue fouillée, complexe avec un super méchant, répugnant au possible. Celle-ci avance doucement, à coup de scènes marquantes. Mais là où Charlie Parker subissait son chemin dans les précédents, j’ai eu l’impression qu’il retardait le moment de la confrontation finale … et quelle confrontation !

N’oublions pas les deux amis tueurs et gays de Charlie Parker, qui nous permet de mettre à la fois de l’action et de l’humour avec des dialogues truculents. Eux aussi vont souffrir dans cette aventure où la violence va se déchainer. Avec ce roman, John Connoly nous offre un pur thriller noir où il donne libre cours à son imagination débridée et son talent de conteur. C’est du pur divertissement et du pur plaisir de lecture.

A bientôt donc pour Le baiser de Caïn !

Laissez toute espérance de John Connoly (Pocket)

Ce billet est évidemment dédicacé à mon pote du sud La Petite Souris et à Jean Marc Laherrère. Ce sont eux deux qui m’ont donné envie de lire la série Charlie Parker

Je continue mon exploration de l’univers de Charlie « Bird » Parker, le personnage récurrent de John Connoly. Après un premier épisode poisseux dans les bas-fonds de la Nouvelle Orléans, fortement chargé d’émotions à la suite du meurtre de sa femme et de sa fille, nous retrouvons notre Charlie en cours de reconstruction.

Il entame donc un retour aux sources, direction Scarborough, le village de son enfance, où il retape la maison familiale. Comme ce n’est pas un passionné du bricolage, et qu’il doit entamer la réfection de la toiture, il en profite pour visiter les amis. Parmi ceux-ci, il y a Rita Ferris qui lui demande de récupérer sa pension mensuelle que Billy Purdue ne lui a pas versée.

Billy Purdue, en voilà un raté comme pas deux. Le genre à se fourrer dans des problèmes, à toujours choisir la mauvaise décision, à faire des petits coups pour un maximum de problèmes. La rencontre entre Billy et Charlie est musclée. Billy croyait que Charlie était un émissaire de Tony Celli, le ponte mafieux du coin. Finalement, Billy donne dollars à Charlie, en attendant des jours meilleurs.

Charlie retourne dans ses terres, quand il rencontre dans un bar un personnage malfaisant. Son nom, Caleb Kyle, fait peur à tout le monde, des plus grands au plus petits. C’est un vieil homme, à l’odeur de putréfaction insistante, et aux yeux noirs comme la mort. Caleb lui demande où est Billy. Charlie ne sait pas. Mais quand Charlie apprend que Rita et son fils ont été tués, il va être obligé de se remettre en chasse …

Si je dois avouer que je n’ai pas ressenti un personnage de Charlie Parker miné par le douleur d’avoir perdu sa famille, puisque le drame qui l’a frappé est intervenu moins d’un an auparavant, ce roman applique finalement les mêmes règles que le premier tome (Tout ce qui meurt) avec la même réussite. Voici donc un pur roman d’action avec une petite touche de fantastique, qui ajoute une aura de mystère bienvenue.

Alors que dans le premier tome, nous avions visité les bayous de la Louisiane, nous avons droit ici à un voyage dans le Grand Nord, en plein hiver, quand les bois sont silencieux et stressants, quand les sols sont recouverts de neige et que le froid se fait mordant et peu accueillant. Les habitants ne sont pas plus accueillants, d’ailleurs, puisqu’ils vous attendent avec des chiens hargneux et un fusil à canon scié.

Comme à chaque fois, l’intrigue ne se veut pas linéaire, elle suit les pas de Charlie Parker qui sont tout sauf surs. L’enquête avance à petits pas, et quand on a l’impression qu’il va abandonner, l’auteur rajoute un personnage, ou un rebondissement qui relance le rythme et l’action. C’est cette accumulation de faits qui donne son allant au livre, cette envie de continuer pour atterrir dans des scènes d’un visuel hallucinant. J’ai dénombré pas moins de 4 scènes de pure action qui vous font accélérer le palpitant et qui touche au génial.

Et puis, il y a ces passages étranges, soit des rêves, soit des paysages brumeux qui montrent le penchant de l’auteur pour le fantastique. Parfois cet aspect n’est que suggéré ; parfois ce sont de vrais passages angoissants. Et on a envie de continuer la saga parce que Charlie Parker et ses amis sont drôles et que ce roman s’est lu trop vite malgré ses 540 pages. Et on en redemande, du divertissement de ce niveau là !