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Lili de Chinatown de Philip Corré (Juste Pour Lire)

Deuxième lecture pour les éditions Juste Pour Lire, après Meth in France de Marc Wilhem, qui était une plongée dans le monde la BAC. Voici un sujet plus classique de polar, avec tueur, policiers et mafia chinoise. Une fois n’est pas coutume, voici la quatrième de couverture :

Cameron Valls, « contractuel » auprès de la Grande Faucheuse, n’apprécie pas du tout qu’on lui fasse le coup du 3ème ou du 4ème tueur, comme à n’importe quel baltringue du genre Lee Harvey Oswald. Il n’aura de cesse de comprendre qui le double sur chacun de ses contrats. D’autant plus que les victimes figurent parmi les plus grosses fortunes de la planète. Et Cameron Valls s’inquiétera vraiment quand il s’apercevra que tout part du Chinatown parisien où règne la mystérieuse princesse Chizun.

La machine s’accélère quand entrent dans la danse Salem, le poulbot à embrouilles, un flic mal luné que la belle Lucie a du mal à maîtriser, un secret dont dépend l’avenir de la planète et d’inquiétants Américains…

Dire que ce roman est plein de qualités est un euphémisme. Tout d’abord, on entre directement dans l’action, pas le temps de souffler, Cameron cherche à tuer un homme riche mais un homme cagoulé le fait à sa place et il assiste au meurtre depuis son viseur de fusil. Lui, le meilleur tueur à gages, se fait doubler et voire même manipuler. Il va donc faire alliance avec Lucie, inspecteur de la police criminelle, qui est mise sur la touche car cette affaire touche les 100 plus grandes fortunes mondiales. D’ailleurs, ils se font assassiner les uns après les autres. Tout cela en 50 pages.

L’auteur est un homme pressé, découpant son roman en chapitres, faits d’action et de dialogues qui vont à l’essentiel. Tous les ingrédients sont là : Des hommes riches, de belles femmes, un méchant qui cherche à comprendre, une flic qui enquête envers et contre toute sa hiérarchie, un homme mystérieux. Ça passe d’un personnage à l’autre, de Cameron à Indriss, de Julie à Lili, avec très peu de descriptions, et des dialogues fort bien faits et efficaces. On n’a jamais le temps de s’ennuyer, les cadavres tombent, et le mystère s’épaissit. On pense d’abord à un roman sur la mafia, puis on passe à une enquête plus classique, et le mystère de Mister V demeure.

Car chaque chapitre est séparé par un passage en italique qui concerne quatre écrivains scénaristes aux prises avec un individu qui s’appelle Mister V. Mais qui est donc ce personnage ? Que vient-il faire dans cette histoire de meurtres des hommes les plus riches du monde. Toute cette toile d’araignée va se tisser tranquillement tout au long de ces 400 pages.

C’est donc un bon polar, agréable à lire auquel on pourra peut-être reprocher le manque de quelques scènes chocs pour en faire un grand livre. C’est parfois longuet, parfois fourre tout, mais sa lecture s’avère fort agréable, idéale pour éviter de se prendre la tête et pour se laisser mener par le bout du nez.

Meth in France de Marc Wilhem (Juste pour lire)

Les éditions Juste pour lire veulent remettre au gout du jour la littérature populaire, pour le plaisir de la lecture, ce qui est louable en soi. Voici l’un des titres sorti pour cet été, Meth in France de Marc Wilhem.

Prison d’Apanteos, San Salvador. Oscar de La Cruz, dit Truchita pour sa petite taille est en train de vivre ses dernières journées en prison. Il fait partie des chefs d’une bande de trafiquants de drogue nommée MS13. Alors qu’il est dans la cour, un jeune de la bande insulte sa mère. Il organise une rixe entre bandes et en profite pour poignarder celui qui s’est permis de salir le nom de sa mère. Le mardi suivant, Guerrilla lui demande de partir en France monter un trafic de méthamphétamine, afin de développer les activités du gang.

Tokyo, Japon. Reijiro Kumagaya est un chef de bande de la mafia japonaise. Bien que les parrains n’aient rien à lui reprocher, son attitude n’est pas assez respectueuse envers les anciens et les règles des Yakuzas. Ichikawa, son mentor et ami, lui propose de monter un commerce de méthamphétamine en France. On lui octroie l’aide d’une dizaine d’hommes et l’appui de M.Makimure qui a la possibilité de faire du chantage sur des industriels de renom.

Porte Montmartre, Paris. Léopold Villiers dit Léo est capitaine à la Brigade de Répression du Banditisme. Il y a 3 groupes, les 10, les 20 et les 30. Léo fait partie des 20. Après une interpellation à succès, Léo est promus à la tête du groupe des 30. Mais il doit se faire des indics pour trouver des affaires, et sa première filature se termine mal. Alors, il va se faire aider par les autres chefs de groupe, puis lors d’une fête dans un bar va tomber sur les Salvadoriens.

Ce roman, assez court car il ne fait que 230 pages, est surtout intéressant pour l’action qu’il développe et par son aspect documentaire. En effet, on va suivre l’activité d’une équipe de la Brigade de Répression du Banditisme dans le détail et s’apercevoir que si une interpellation dure cinq minutes, les filatures pour arriver à un résultat peuvent durer plusieurs jours voire plusieurs semaines. On s’aperçoit aussi que sans indic, les flics ne peuvent rien faire, et que la chance est pour beaucoup dans la résolution de cette affaire.

L’auteur a choisi de nous faire suivre cette histoire à la première personne de singulier, avec quelques passages à l’intérieur des gangs. C’est efficace pour décrire et les actions et les difficultés de leur travail sans compter le manque d’unité de la police en général pour lutter contre le grand banditisme. Mais le sujet n’est pas là : avant tout, c’est une histoire policière que nous suivons.

J’ai trouvé original de décrire une filature au travers de discussions par radio. Parfois c’est un peu long, mais le procédé est efficace et donne une impression de stress tant on est pris par le personnage de Léo. La seule chose qui m’a manqué, c’est la vie de Léo en dehors de son travail. Certes, on sait qu’il est 3 fois divorcé, mais sinon, on ne sait rien d’autre et c’est dommage. Ceci dit, c’est un roman bien agréable, très bien écrit qui m’a fait passé un bon moment.