Archives du mot-clé Lacenaire

La voix secrète de Michaël Mention

Editeur original : La Fantascope

Réédition en format poche : 10/18

Ce roman tient une place particulière dans mes souvenirs littéraires, puisque c’est grâce à celui-ci que j’ai découvert le talent de Michaël Mention. A l’époque, c’était Unwalkers qui avait attiré mon attention sur les deux polars de cet auteur. Puis, j’ai rencontré plusieurs fois Michaël dans des salons, et j’ai découvert quelqu’un de profondément humain, qui a des choses à dire, et qui les dit bien, quelque soit le style ou le genre qu’il choisit.

Quand Michaël m’a parlé de cette réédition, c’était à Quais de Polar, l’année dernière. Il était tout heureux de m’annoncer cette réédition, en me disant qu’il avait repris tout le roman, y ajoutant des ambiances, des bruits, des odeurs pour mettre en valeur cette époque de la fin 1835, tout en en gardant la trame et l’intrigue. Je me rappelle que j’avais été dubitatif, car je considère qu’un livre doit vivre sa vie …

Puis, lors d’une rencontre à Paris, au début de cette année, Michaël m’a demandé si je l’avais lu. Je lui ai avoué que non, je ne l’avais pas ouvert, que je n’étais pas très chaud car je ne voulais pas entacher mes souvenirs de ma lecture précédente. Finalement, je me suis décidé à le relire, et je peux vous dire que le nombre de livres que je relis est très faible. Et je ne le regrette pas du tout. Car j’ai eu l’impression de lire un autre livre. Cette lecture m’a aussi confirmé que j’avais raison de faire une confiance aveugle dans ses écrits, tant Michaël est capable de passer du thriller au roman noir, du polar au roman historique avec toujours autant de talent et de passion.

Je ne vais pas paraphraser ce que j’ai écrit à propos de ce roman lors de mon premier billet que vous pourrez lire ici.

Nous sommes en décembre 1835. Pierre François Lacenaire, célèbre tueur en série et poète, attend sa mort prochaine dans sa cellule de la Conciergerie. Son exécution est prévue dans un mois, et il jouit de beaucoup d’égards : bons repas, visites d’amis et de connaissances, confort quant à la rédaction de ses mémoires. Durant ce mois de décembre, un tueur d’enfants sévit sur la capitale. Chaque corps porte des marques qui sont identiques à celles relevées sur des victimes de Lacenaire. Allard, le chef de la Sureté va être chargé de cette enquête qui va s’avérer explosive et destructrice pour ces deux personnages autant que pour le pouvoir en place.

Dans mon billet précédent, je parlais de ce charme qui ressortait du personnage de Lacenaire. Avec cette nouvelle lecture, j’ai eu l’impression qu’après avoir dessiné les personnages, Michaël Mention y a dessiné les décors. Et c’est un décor fait de désolations, de pourritures, de miséreux à tous les coins de rue. Les odeurs, les rues sombres et poussiéreuses viennent en opposition avec la cour du roi Louis-Philippe, qui est conscient de la misère de son peuple et ne lui propose que des apparitions luxueuses. On parcourt les rues au bruit des sabots des chevaux, on partage les quignons de pain des prisonniers.

Des personnages à l’ambiance de ce Paris du 19ème siècle, Michaël Mention nous en met plein les yeux, plein les oreilles, plein le nez, et en profite pour nous peindre une société qui a bien peu changé, où les pauvres vivent dans la misère et les riches au milieu de leurs ors. La voix secrète, version 2017, s’avère un polar historique certes, mais qui ravira tous les lecteurs avides de découvrir une nouvelle voix du polar, qui ne doit pas rester secrète.

La voix secrète de Michael Mention (Le Fantascope)

Etant donné le nombre de publications par an, le choix de mes lectures est forcément soit subjectif, soit au hasard d’une rencontre (éditeur, auteur, ami ou blogueur). Je dois cette découverte à Holden de Unwalkers (encore !), car non seulement il a attiré mon attention mais en plus, il me l’a offert. Alors un grand merci pour ce roman particulièrement attachant … mais j’y reviens !

Décembre 1835. Le règne de Louis Philippe ne fait pas l’unanimité, le peuple n’est pas content car miséreux, et de nombreux attentats ont récemment eu lieu.  Pierre François Lacenaire, célèbre tueur en série et poète, attend sa mort prochaine dans sa cellule de la Conciergerie. Son exécution est prévue dans un mois, et il jouit de beaucoup d’égards : bons repas, visites d’amis et de connaissances, confort quant à la rédaction de ses mémoires.

Durant ce mois de décembre, un tueur d’enfants sévit sur la capitale. La police retrouve des corps ou des têtes. Chaque corps porte des marques qui sont identiques à celles relevées sur des victimes de Lacenaire. Allard, le chef de la Sureté et Canler son adjoint vont donc être chargés de cette enquête qui va s’avérer explosive et destructrice pour ces deux personnages autant que pour le pouvoir en place.

Vous est-il déjà arrivé de vous faire draguer par un roman ? C’est la première fois qu’un livre me fait des clins d’œil, que son charme subtil opère un tel attrait sur moi. Car ce n’est pas l’intrigue qui m’a fait l’aimer, mais bien la cohérence de l’ambiance de l’époque, les personnages et l’écriture qui font que je ne suis pas près d’oublier ce voyage au dix neuvième siècle.

Je suis tombé sous le charme de Lacenaire, cet assassin érudit, poète, écrivain, manipulateur, dénonciateur. J’ai adoré Allard, qui au risque de se perdre, place l’amitié au centre de sa vie. J’ai détesté Canler et ses supérieurs qui préfèrent se ranger aux cotés des proches du roi pour ne pas perdre leurs prérogatives, et se contentent d’appliquer les ordres. Et parfois, on se dit qu’il y a bien peu de différence entre aujourd’hui et cette époque.

Il y a dans ce roman des passages d’une pure beauté, des descriptions qui tiennent en une phrase, en un paragraphe pour décrire Paris en pleine mutation, la saleté, la misère, les pauvres qu’on expulse. Michael Mention fait preuve d’un grand talent pour nous faire vivre un voyage dans le temps avec des personnages forts. Indéniablement, c’est un auteur à suivre de très près. Il nous offre là un très bon polar fort et charmant à la fois. C’est rare.