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07 07 07 d’Antonio Manzini

Editeur : Denoël

Traducteur : Samuel Sfez

Si vous ne connaissez pas le sous préfet Rocco Schiavone, il va falloir rapidement rattraper votre retard, puisque quatre enquêtes sont déjà parues avant celle-ci : Piste noire, Froid comme la mort, Maudit printemps et Un homme seul. Et comme toute série qui se respecte, je ne peux que vous conseiller de les lire dans l’ordre, d’autant plus que 07 07 07 est la suite de Un homme seul, un polar dont la chute est une des meilleures (et les plus noires) que j’aie lues avec Le Dramaturge de Ken Bruen (rien de moins). Bref, si vous choisissez de vous lancer dans la lecture de ces romans, ne lisez pas le paragraphe suivant.

Eté 2013. Rocco Schiavone est réveillé par du Heavy Metal, que son voisin écoute à fond. A peine habillé, il se jette sur la porte du malotru pour lui expliquer la vie. De mauvaise humeur, il achète le journal et trouve un article relatant la mort d’Adèle Costa, la compagne de son ami Sebastiano, tuée à sa place (voir le tome précédent). Arrivé au commissariat, le préfet Baldi et le juge Costa le convoquent. Ils savent que ce meurtre est lié au passé de Rocco et lui demandent de s’expliquer.

Eté 2007. Quand Rocco se réveilla par cette chaleur étouffante de fin juin, ce fut pour trouver son lit vide. Il trouva sa femme Marina assise à la table du salon, en train d’éplucher les comptes en banque. Elle venait de découvrir les sales activités rémunératrices de son mari. Déçue, dégouttée, elle se leva et s’en alla, arguant qu’elle avait besoin de temps pour réfléchir. Heureusement, il allait être convié à une affaire qui occuperait son esprit.

Un jeune homme a été retrouvé mort dans une carrière, poignardé derrière la tête. La carrière était gardé par un vieil homme alcoolique qui dormait pendant ses gardes et n’a rien vu ni  entendu. Le grillage n’enfermait pas totalement la carrière, il suffisait de le suivre pour se retrouver près d’une route, en face d’une station service. Et si le jeune avait été en mauvaise compagnie, avait réussi à s’enfuir avant d’être rattrapé puis tué ?

En revenant en arrière, en plongeant dans le cauchemar de cette journée du 07 juillet 2007, Antonio Manzini nous permet à la fois de mieux comprendre son personnage et son attitude quand il a été muté à Aoste. On s’attendait à un livre fort, et l’auteur est au rendez-vous, dans une histoire remarquablement menée, porteuse d’une charge émotionnelle immense, digne des plus grands drames noirs que le polar est capable de nous offrir.

On comprend mieux les origines de Rocco, d’une famille pauvreuse, on rencontre sa femme Marina, belle comme le jour, dont il est fou amoureux (et c’est réciproque), on rencontre ses amis unis comme les doigts de main, Sébastiano l’ours lent, Furio le généreux rapide, et Brizio le beau gosse un peu bête. On participe à leurs repas, leurs discussions pleines de dérision de d’humour. Antonio Manzini réussit le coup de force de nous inviter dans ce cercle fermé grâce à des dialogues formidablement savoureux même si certains auraient mérité d’être mieux traduits.

Et puis, il y a cette intrigue qui part d’un meurtre d’un jeune, et qui se déploie comme une toile d’araignée pour monter vers des sommets de maîtrise. Ce roman se suit comme une évidence, l’enquête se révèle totalement logique et les scènes se suivent avec plaisir tant on démonte les rouages en même temps que Rocco.

Et puis, Antonio nous convie dans une visite de Rome, pas celle des touristes, celle des résidents, entre les boutiques de receleurs et les entrepôts, des ports environnants aux restaurants amicaux avec ces repas savoureux. C’est à la fois un cri d’amour envers la culture italienne, un cri de rage devant les assassinats, un cri de désespoir devant une fin tant attendue alors qu’on sait très bien qu’elle ne peut être que dramatique. C’est aussi dans cette façon de nous faire attendre que l’auteur est fort : on connait la fin et malgré cela, on est surpris comme une balle de revolver qui nous frappe en plein cœur. Ce roman nous frappe en plein cœur. Terrible !

Mort à vie de Cédric Cham

Editeur : Jigal

Après deux romans emballants, Le fruit de mes entrailles et Broyé, ce troisième livre surprend quant à la maitrise montrée dans le déroulement de l’histoire. J’ai longuement hésité à l’ouvrir, les histoires de prison n’étant pas ma tasse de thé (surtout après avoir lu Aucune bête aussi féroce d’Edward Bunker). Avec ce roman, Cédric Cham s’en sort avec les honneurs.

Alors que Lukas Rakataho allait manger avec ses collègues au restaurant à midi, la police vient l’emmener. Enfermé dans un bureau pour un interrogatoire, il confirme être le propriétaire d’une C4. Quand on lui annonce que la voiture a renversé un gamin, qu’il y a eu délit de fuite, Lukas pense de suite à son frère Eddy qui lui a emprunté sa voiture, son frère qui a toujours privilégié la fête avec les copains plutôt que le boulot, son frère qui fait tout le temps des conneries. Lukas avoue tout.

Car chez les Maorais, la famille compte plus que tout. Et Lukas veut protéger son petit frère, espérer que son sacrifice lui mettra du plomb dans la cervelle, le conduira vers le bon chemin. Eddy avait bien fait la fête chez son pote de toujours Kader. Plein de drogue et d’alcool, il n’a pas vu l’ombre qui est passée devant la voiture, a été incapable de s’arrêter après le choc. Et même si le capitaine Franck Calhoun, le brigadier Frédéric Bianchi et la lieutenante Clara Verhagen ne croient pas Lukas, ses aveux le conduisent directement en prison.

Lukas doit subir l’entrée terrible en prison, déshabillage, fouille. On lui donne un numéro, 52641, il s’appellera comme ça maintenant, et devra partager une cellule de neuf mètres carrés avec Rudy et Assane, apprendre à vivre et survivre dans un autre monde. Il devra surtout essayer d’oublier le petit Arthur, sa famille Benjamin et Marie, et espérer que son frère revienne du bon côté de la barrière.

Si j’ai mis du temps à ouvrir ce roman, c’est bien parce qu’il est difficile de rivaliser avec les monuments du genre. Et pourtant, dès les premières pages, on est pris par ce scénario terrible, par cette mécanique implacable qui va conduire tous ces personnages dans des directions dramatiques. La maitrise de cette histoire est tout simplement impressionnante tant tout s’enchaine vers une fin pas forcément prévisible.

Si une bonne moitié du roman nous raconte la vie en prison, le long déroulement des journées, les rencontres avec les autres détenus, et l’enfermement aussi bien physique que psychique, Cédric Cham alterne les passages avec les autres personnages et fait preuve d’une belle maitrise stylistique en privilégiant les phrases courtes et les paragraphes qui claquent. Surtout, il évite les répétitions et nous met à la place de Lukas, qui est innocent, marié à Camille, père de la petite Léana qu’il ne reverra peut-être pas.

Parce que cette lecture va vite, parce que les dialogues sont bien faits, parce que les scènes s’enchainent avec inéluctabilité, il est bien difficile de s’arrêter à tourner les pages. Le destin de Lukas, sa loyauté familiale au prix de sa vie de famille sont ancrés dans ses gênes et rien ne le détournera de son chemin. Cette éducation ancestrale, présente du début à la fin, est si bien faite qu’elle tient toute cette histoire, sorte de pilier de ce scénario. Avec ce roman, Cédric Cham a écrit son meilleur roman à ce jour, et nous en promet bien d’autres aussi forts.

Les âmes sous les néons de Jérémie Guez

Editeur : La Tengo éditions

Cela fait presque sept ans que j’attendais un roman de Jérémie Guez, depuis Le dernier tigre rouge. Entre temps, celui que je surnomme Le Petit Prince du Polar est passé du côté du cinéma, écrivant des scénarii et réalisant un film, Bluebird. Les âmes sous les néons permet donc de fêter le retour en grande forme de cet auteur du Noir.

Copenhague.

Elle vit une vie de rêve, belle maison, belles voitures, un bébé en forme, un homme qui l’aime.

La fête se déroule dans la joie, pour souhaiter la bienvenue au bébé.

Elle est énervée, Lars n’est pas là.

Elle est seule avec les amis de son compagnon.

Le téléphone sonne.

La police lui annonce que Lars vient d’être abattu d’une balle dans la tête, au volant de sa voiture.

Lors de l’interrogatoire, les flics lui apprennent que Lars dirigeait plusieurs bars à putes, blanchissait de l’argent sale de plusieurs mafieux.

Elle n’a rien vu, ne s’est intéressée à rien, a profité de l’argent qui coulait à flots.

Lors de l’enterrement, Libyens, Palestiniens, Syriens, Irakiens, Tchétchènes, Serbes, Albanais, et Somaliens viennent la saluer.

Elle ne les connait pas.

L’avocat de Lars lui annonce avoir trouvé des gens pour racheter le business de Lars.

Elle devrait signer, c’est un conseil.

Un homme sonne à la porte.

Il se présente comme le seul ami de Lars, son homme de main aussi.

Lars l’a chargé de veiller sur sa vie, qui va devenir à haut risque.

Il lui demande de ne pas accepter l’offre de l’avocat.

Question de survie.

Ce nouveau roman de Jérémie Guez s’annonce comme un nouveau coup de poing, un nouveau coup de pied au monde du polar. Bien que situé dans un pays nordique, il pourrait prendre place n’importe où ailleurs. L’auteur préfère mettre en avant les personnages et le mystère du monde interlope et caché de la nuit.

Les deux personnages principaux vont jouer un jeu dont ils ne connaissent pas les règles, se rencontrer, se frôler, se quitter en ne sachant pas s’ils peuvent se faire confiance. Leurs allers-retours ressemble à s’y méprendre à une danse moderne, où ils volettent d’un bout à l’autre de la scène.

De danse, il en est aussi question dans la forme de ce polar. Jérémie Guez a opté pour un style, non pas haché, mais fait de paragraphes formés d’une seule phrase, comme un slam rap brillant, une poésie noire et moderne, efficace menant tout droit à l’enfer. Dans chaque phrase, avec le minimum de mots, il se permet de dessiner des décors, de peindre des psychologies et de creuser des thèmes chers au polar.

L’amour, la solitude, la famille, la confiance, la loyauté, ces thèmes représentent les fondations de ce roman aussi brillant par son intrigue que par son style, sans montrer de sentiments superflus. Et à la fin de la lecture, on en vient à regretter d’avoir attendu aussi longtemps, presque sept ans, pour le lire. Bon sang, Jérémie, peux-tu nous en écrire d’autres de ce niveau-là, s’il te plait ?

Ce lien entre nous de David Joy

Editeur : Sonatine

Traducteur : Fabrice Pointeau

Il s’agit déjà du troisième roman de David Joy, après Là où les lumières se perdent et Le poids du monde et on peut y déceler une courbe ascendante dans son œuvre qui a pour but de montrer la vie des délaissés du rêve américain, au travers des habitants des campagnes éloignées des grandes villes qui monopolisent le devant de la scène.

Darl Moody a toujours vu le cerf passer de la propriété des Buchanan aux bois de Coon Coward. Et bien que la chasse ne soit pas ouverte, il part à la chasse à la nuit tombée. Quand il ressent un mouvement à la limite de sa vision, il épaule son fusil et tire. Le calme revient et Darl va voir sa proie. Il est plus que surpris de voir un corps étendu dans la terre boueuse. En le retournant, il découvre Carol Brewer, le frère de Dwayne, que tout le monde surnomme Sissy.

Dwayne Brewer visite le Walmart de Franklin, intéressé par le rayon des bières. Il remarque un jeune garçon en train d’essayer une paire de chaussures, maladif, craintif comme son frère le fut. Deux jeunes hommes se présentent et le harcèlent, le traitant probablement de Minable ! Il ne voit qu’une seule façon de régler le conflit : il coince le plus grand et lui pointe son flingue sur le front, en l’obligeant à tremper ses chaussures dans les toilettes sales. Tout le monde a besoin d’être dompté. Dwayne se hâte de rentrer pour retrouver son frère, qui est parti voler du ginseng chez Coon Coward.

Calvin Hooper finit sa bière, alors que sa petite amie Angie vient d’aller se coucher. Quand le téléphone sonne, il se demande qui peut bien l’appeler au milieu de la nuit. Au bout du fil, Darl lui demande de lui prêter sa pelleteuse, et ça ne peut pas attendre le lendemain. Unis comme les doigts de la main, Calvin ne peut rien refuser à Darl et se rend près du champ de Coon Coward. Il découvre le drame, et se mettent au travail pour enfouir le corps de Carol.

Ce roman dramatique va se dérouler une nouvelle fois dans un village des Appalaches, loin des grandes villes de lumière, et nous montrer la vie de ces petites gens, au milieu de la nature dont ils ont conservé les lois. La loi de la nature, c’est celle du plus fort, celle de régler simplement le plus complexe des problèmes. Quand on a tué par accident un homme, on ne va pas appeler la police, on va l’enterrer en espérant que l’affaire n’aille pas plus loin. Quand on tue un membre de votre famille, la règle s’énonce clairement : Œil pour œil, dent pour dent.

Les personnages placés, le décor planté, David Joy va donc dérouler son histoire comme une tragédie shakespearienne sur des bases simples : trois personnages auxquels vont s’ajouter Angie et le policier Stillwell. Entre eux n’existera aucune notion de bien ou de mal, juste des liens de sang, qui va couler jusqu’à une dernière scène au suspense insoutenable et à la conclusion mystérieuse.

Dans ce drame, on ne parle pas de loi, mais de règles de vie, celles de la famille que l’on doit protéger à tout prix ; de loyauté envers les amis que l’on doit sauver quel qu’en soit le prix. La loi du plus fort fait régner une ambiance lourde tout au long de ces pages en même temps qu’on se rend compte que l’on ne respecte pas son voisin, on le craint car il risque de sortir un flingue et de presser la détente.

Brutal et violent, sans être démonstratif, ce roman dégage une force de narration peu commune, tant la plume de David Joy est juste, simple et toujours expressive. Chaque mot, chaque phrase dit quelque chose, parle à notre oreille et s’avère d’une efficacité redoutable tant dans les scènes intimes que dans les scènes de menace. Il en ressort une tension palpable, une puissance créant un suspense menaçant. Avec ce roman, David Joy montre une trajectoire ascendante dans son style et sa façon de raconter sa région et ses habitants, et dans le cas de celui-ci, il est difficile de trouver mieux : Un écrin noir éblouissant.

Que tombe le silence de Christophe Guillaumot

Editeur : Liana Levi

Après Abattez les grands arbres et La chance du perdant, voici donc déjà la troisième enquête du Kanak, entendez Renato Donatelli, originaire de Nouvelle Calédonie et toujours à la brigade des courses et des jeux de Toulouse.

Shabani Dardanus a vite compris qu’aller à l’école ne servait à rien, et qu’on pouvait gagner plus d’argent à vendre de la drogue. Il est donc devenu dealer puis a mis en place des techniques commerciales modernes qui l’ont hissé à un niveau inégalable en termes de ventes de cocaïne. Prudent par essence, il se fait pourtant surprendre lors d’un rendez-vous, et un jeune motard le truffe de plusieurs balles.

Six, le partenaire et ami du Kanak, est passé par bien des épreuves, mais il en a fini avec la drogue. Depuis qu’il a rencontré May, il sait qu’il doit quitter sa carrière de policier pour partir vivre avec elle aux Etats-Unis. Finis les vols de drogue dans le local de scellés, finies les intimidations de petits dealers, Six veut refaire sa vie en étant propre. Sauf que des inspecteurs de l’IGPN viennent l’arrêter.

Rien ne va plus à la brigade des jeux de la SRPJ de Toulouse. Tout le monde est parti, soit dans un autre service, soit en retraite. Même le Kanak n’a pas grand-chose à faire. Alors le moral est en berne. Jusqu’à ce qu’il apprenne par hasard que son collègue et ami vient de se faire arrêter. N’écoutant que sa loyauté, il se lance dans cette enquête pour innocenter celui qui a partagé ses journées et ses nuits.

Que de chemin parcouru depuis La chance du perdant, que de progression dans l’écriture. Ce roman pourrait s’apparenter à celui de la confirmation, moins au niveau de l’intrigue puisque l’on savait que c’était un point fort de Christophe Guillaumot qu’au niveau de l’équilibre entre la narration et les dialogues. D’ailleurs on y trouve peu de dialogues, et on s’attache plus à la psychologie des personnages. Mais quand il y a des dialogues … super ! Ça s’appelle de l’efficacité !

Comme dans le roman précédent, on va passer d’un personnage à l’autre avec une construction peu commune, ou en tous cas qui ne suit pas les codes du polar. Et puis, si l’écriture est devenue plus froide, plus journalistique, cela devient d’autant plus fort quand on a affaire à un retournement de situation ENORME. C’est magnifiquement fait ici en plein milieu du roman. Et j’ai crié : « NON !!!!! ». Et quand on arrive aux dernières pages, on ne peut qu’avoir la gorge serrée. C’est là que le style joue son rôle en plein, laissant le lecteur orphelin, plein de tristesse devant tant d’injustice.

Car, outre l’intrigue menée avec beaucoup de logique et d’application, ce qui est l’un des talents de cet auteur, il y a la vie quotidienne des policiers. Elle est ici partie prenante de l’histoire, et est montrée avec beaucoup de véracité et sans esbroufe. Et Christophe Guillaumot arrive à nous montrer le désarroi des policiers devant la nouvelle façon de gérer les hors-la-loi et la difficulté de ce métier, jusqu’à aboutir à un désespoir et un burn-out. La démonstration est éloquente et le roman à ne pas manquer.

La piste aux étoiles de Nicolas Lebel

Editeur : French Pulp

Je vous avais déjà parlé de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu puis repris par les éditions French Pulp. Ce personnage, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Les titres sont disponibles soit en format numérique soit en format papier :

Episode 1 : Harpicide de Michel Vigneron

Episode 2 : Ainsi fut-il d’Hervé Sard

Episode 3 : Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur

Episode 4 : Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot

Episode 5 : Anvers et damnation de Maxime Gillio

Episode 6 : Le label N de Jess Kaan

Episode 7 : Na Zdrowie de Didier Fossey

Episode 8 : Le manchot à peau noire de Philippe Declerck

Episode 9 : La mort dans les veines de Samuel Sutra

Episode 10 : Sens interdit (s) de Jacques Saussey

Episode 11 : Mandoline vs Neandertal de Jean-Christophe Macquet (pas encore lu)

Episode 12 : Les corps tombés du ciel de Pierre Brulhet (pas encore lu)

Episode 13 : Un havre de paix de Stanislas Petrosky

Voici donc la quatorzième aventure de notre thanatopracteur préféré.

Quatrième de couverture :

L’Embaumeur joue les Monsieur Loyal dans un drôle de cirque…

Un enquêteur qui sort de l’ordinaire, ni flic, ni journaliste, ou même détective, c’est un croque-mort qui mène la danse !

Quand on propose à l’embaumeur de participer à un projet de plastination, il faut s’attendre à un refus.

Un défunt, ça se respecte, ça n’exhibe pas !

Le souci c’est que dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut, Mandoline va devoir rentrer dans le délire d’un mégalo morbide et tenter de comprendre un trafic de cadavres…

Mon avis :

Luc Mandoline est en congés à Migennes quand on le contacte pour un rendez-vous mystérieux. Un chauffeur, nommé Antoine vient le chercher pour l’emmener vers Paris. Alors qu’un coup de fil de son ami Franck Sauvage lui apprend qu’il vient d’être emprisonné pour un bête transport d’armes de guerre, il est accueilli au Crillon, l’hôtel de luxe situé sur la Place de la Concorde. C’est un gentleman anglais, Edward Wilks qui le reçoit pour rencontrer Morten Madsen.

On propose à Mandoline de participer à une plastination de corps pour créer la plus grande exposition de corps placés dans un gigantesque cirque, en hommage à La Piste aux Etoiles. Mandoline refuse mais Europol le contacte le lendemain pour l’obliger à accepter en échange de la libération de son ami. Europol veut en effet connaitre l’origine des corps. Mandoline qui est loyal envers ses amis légionnaires va donc prendre la direction de la Turquie.

Ceux qui connaissent cette série ne seront pas surpris ni déçus par cet épisode de très bonne facture. D’un format très resserré, 200 pages, Nicolas Lebel se fond dans le personnage de notre embaumeur préféré pour nous concocter une aventure révoltante (comment peut-on utiliser des corps pour en faire un spectacle ?) et animée (charme et action sont au rendez-vous).

Nicolas Lebel, qui a l’habitude d’être disert et débridé dans son humour, reste très mesuré, et se met au service de son scénario, qui est remarquablement bien construit, pour nous embarquer dans une aventure surprenante. Et pour rajouter une cerise sur le gâteau, Nicolas Lebel nous offre une conclusion bien amère, qui laisse un drôle de gout dans la bouche. C’est donc une très bonne aventure de Luc Mandoline.

Nota : La plastination, aussi appelée imprégnation polymérique est une technique visant à préserver des tissus biologiques en remplaçant les différents liquides organiques par du silicone.

Le chant de l’assassin de Roger Jon Ellory

Editeur : Sonatine

Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Depuis sa première parution avec Seul le silence, je dois dire que je prends un plaisir à lire les histoires que cet auteur nous invente, avec toujours comme décor les Etats Unis, pas celui clinquant tout beau tout propre mais celui des campagnes.

Henry Quinn a été élevé seul par sa mère, secrétaire dans une bibliothèque, et n’a donc jamais connu son père. Juste avant sa majorité, ayant bu trop d’alcool, il s’amuse à tirer avec une arme à feu sur un tonneau. Pour son malheur, une balle rebondit et va parcourir plusieurs centaines de mètres avant de tuer une jeune femme, en train de préparer son petit déjeuner dans sa cuisine.

Accusé puis condamné juste après ses 18 ans, il en prend pour 5 ans au pénitencier de Reeves, sort au bout de 3 ans pour bonne conduite. S’il s’en sort en un morceau, c’est grâce à Evan Riggs, son compagnon de cellule. Condamné à la prison à vie, Evan lui demande de retrouver sa fille qu’il n’a jamais connue, pour lui donner une lettre. Henri ne peut qu’accepter ce service envers celui qui l’a sauvé et qu’il considère comme un père naturel.

Après une visite éclair auprès de sa mère, toujours aussi alcoolique, Henri prend la route de Calvary, où il devrait pouvoir retrouver la trace du frère d’Evan, Carson, qui en est le shérif. Le moins que l’on puisse dire est que l’accueil est froid, aussi bien de la part du shérif que des habitants de Calvary. Il semblerait même que tout le monde veuille oublier Evan et sa fille. Mais quel est le secret qui est enfermé dans cette petite ville ?

Je ne vais pas vous redire tout le bien que je pense du style hypnotique de Roger Jon Ellory, ce talent à créer des personnages forts, cette faculté à nous plonger dans un autre lieu et un autre espace-temps. Pour ce roman-là, il va mener en parallèle deux histoires : l’une contemporaine sur la recherche de la fille d’Evan, l’autre concernant la vie d’Evan, son crime et comment il en est arrivé là.

Pour la première fois, Roger Jon Ellory lier ses deux passions dans un seul roman : écrire une histoire simple et la musique. Evan est en effet un musicien maudit, créateur des Whiskey Poets (comme par hasard le nom du groupe réel de Ellory) et Henry un musicien doué. En entourant le tout de plusieurs questionnements et mystères bien épais, vous avez les ingrédients de ce roman une nouvelle fois réussi.

Les deux histoires vont alternativement se dérouler, tranquillement, pour nous amener à lever le voile sur la vérité, les vérités. D’un côté, l’enquête d’Henry qui montre une ville renfermée sur elle-même et qui veut éviter les étrangers. De l’autre, la vie d’Evan faite d’erreurs, de mauvais choix, d’hésitations, de moments de joie mais aussi de moments dramatiques. Ellory nous raconte une vie plongée dans l’Histoire américaine.

Comme à chaque fois, n se retrouve emporté dans un roman plein, complet, dans lequel on a beaucoup de plaisir à plonger parce qu’on a l’impression de côtoyer des personnages ordinaires au destin ordinaire qu’Ellory nous transforme en extraordinaire. Si on ressent beaucoup de maitrise et de retenue, dans les scènes émouvantes par exemple, c’est probablement parce qu’il a écrit là son roman le plus personnel, qui le touche le plus dans ses passions. Et avec ce roman-là, il n’a jamais été aussi proche de la littérature blanche. C’est encore un grand roman très réussi de la part de cet auteur dont je ne me lasse pas.

Rafale de Marc Falvo

Editeur : Lajouanie

On connaissait Marc Falvo pour ses romans de Stan Kurtz, de bons polars avec de l’humour à toutes les pages dedans. On le retrouve donc chez un nouvel éditeur et dans un tout autre genre, le polar d’action qui déménage. Accrochez-vous !

Gabriel Sacco, la quarantaine, recouvreur de dettes pour un mafieux de bas-étage, Garbo. Bienvenue dans un décor glauque. Sacco n’a pas inventé la poudre, il pourrait même ne pas avoir existé tant il n’a pas laissé de souvenirs aux gens qu’il rencontre. Il suffit juste d’une mauvaise journée, les emmerdes s’entassent, lui tombent dessus. Et puis, ce qui ne lui arrive jamais arrive : il devient trop curieux pour un détail … mais revenons en arrière, sur cette journée de merde :

Putain de sciatique ! Tout commence comme un lundi, ou un mardi ou n’importe quel jour de la semaine. Sacco doit aller faire peur à un mauvais payeur pour son patron. Le mec est avec une pute, au lit. Alors, Sacco vire la gente demoiselle, et embarque le mec pour un voyage en forêt. Au milieu de ce décor enchanteur, recouvert de neige, Sacco pousse le vice jusqu’à lui donner la pelle pour creuser son propre trou. C’est là que le bât blesse … Le mec fait une crise cardiaque.

Putain de sciatique ! Obligé de revenir à la boite, après avoir difficilement logé le mort dans le coffre, Sacco obtient de Garbo de l’aide : Avec Eddy Belle-Gueule, ils vont devoir emmener le macchabée chez Martineau, l’entrepreneur de pompes funèbres personnel de Garbo. En sortant, il est dérangé par un jeune homme ivre, Alex Vitali, que les videurs s’empressent de faire sortir sans bruit.

Putain de sciatique ! Le lendemain, Sacco est réveillé pr le téléphone : le correspondant s’appelle Francis Doppler et lui annonce que sa femme Laura est à l’hôpital suite à un grave accident de voiture. A priori, Sacco pourrait n’en avoir rien à faire, sauf que Laura est son amante et qu’il l’aime à la folie. Il promet de passer à l’hôpital. Sauf que Garbo lui demande d’aller chercher un ponte à l’aéroport. Et en attendant, accoudé au bar, les informations télévisées montrent un jeune homme qui a disparu, fils de sénateur. C’est l’homme saoul de la veille. Sauf qu’il connait la belle brune en larmes interviewée juste après : c’est sa fille Laura qu’il n’a pas vu depuis trois ans. Pour la première fois de sa vie, Sacco va vouloir comprendre et être obligé de réfléchir.

Commençons par ce qui fâche : tout le livre est écrit à la deuxième personne du singulier, comme si le lecteur devait prendre du recul face au personnage principal. Et franchement, ça m’a gêné. Alors, pourquoi je vous parle de ce livre ? Parce que, à part ça, j’ai trouvé ce roman excellent. Une fois commencé, c’est le début d’un sprint de 250 pages qui ne ramollit jamais.

Au centre, Gabriel Sacco, genre de personnage effacé comme on en voit dans tous les polars mafieux. La nouveauté est que Marc Falvo en a fait un imbécile, un homme qui ne cherche pas à savoir. Habitué à obéir, à ne pas réfléchir, c’est le genre d’homme à plier l’échine … jusqu’à en choper une sciatique ! Mais quand il redresse la tête, quand il fait fonctionner sa mécanique, il va démêler une pelote de laine qu’il aurait mieux fait de laisser à sa place.

Amitié, loyauté, famille, ce roman aborde tous ces thèmes en respectant les codes du Roman Populaire, avec des majuscules. Il bénéficie d’un scénario en béton, qui disperse tout au long du livre des indices et aboutit à une conclusion tout ce qu’il y a de plus logique. Tout cela en fait un divertissement plus que recommandable, conseillé, pourvu que vous vous fassiez au tutoiement continuel de Sacco.

A noter la superbe couverture ainsi que l’avis de mon ami Jean le Belge

Franconville, Bâtiment B de Gilles Bornais

Editeur : Gallimard – Série Noire

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède.

J’avais noté cet auteur et ce titre grâce à Jean-Marc Lahérrère et son blog Actudunoir. Ce roman attendait donc patiemment son tour sur mes étagères. C’est un polar social qui, malgré le fait qu’il date du début des années 2000 montre que rien n’a changé …

L’auteur :

Gilles Bornais, né le 19 novembre 1958, est un écrivain et un journaliste français, auteur de romans.

Il passe son baccalauréat en section sports-études natation à Vichy. Il est nageur de niveau national en papillon, champion de France Masters et 4ème aux championnats du monde Masters en 1998. Il fait des études supérieures à l’université Paris XIII où il obtient une maîtrise de sciences et techniques de l’édition. Entraîneur de natation, il est pigiste pour le compte du journal Le Parisien en 1979, devient rédacteur au service des sports en 1982, puis est successivement reporter sportif et chef d’édition. Il occupe ensuite pendant plusieurs années les postes de rédacteur en chef et directeur général délégué de L’Écho républicain à Chartres avant d’être nommé rédacteur en chef et directeur de la réalisation du Parisien en 2005, puis directeur de la rédaction de France-Soir en 2009. Il dirige aujourd’hui une société de conseil et de formation dans les médias.

En littérature, il amorce sa carrière en 2001 avec Le Diable de Glasgow, un roman policier historique, mâtiné de fantastique, qui se déroule dans la Grande-Bretagne de la fin du XIXème siècle. Y apparaît pour la première fois le détective Joe Hackney de Scotland Yard, envoyé par son chef à Glasgow, en Écosse, pour aider la police locale à élucider une série de meurtres extrêmement étranges.

Dans l’aventure suivante, Le Bûcher de Saint-Enoch (2005), Hackney enquête sur le meurtre d’une femme retrouvée au sommet du terril d’une mine, puis, non loin de là, sur cinq cadavres découverts brûlés dans la cathédrale Saint-Enoch. « L’intrigue se déroule dans l’Écosse industrielle de 1889, période de lutte sociale des fondeurs et des mineurs. ».La série s’est poursuivie avec Le Mystère Millow (2007), Les Nuits rouges de Nerwood (2010) et Le Trésor de Graham (2011).

Gilles Bornais a également signé un roman noir, Le Serin de monsieur Crapelet (2002), ainsi que des romans policiers plus classiques, comme Franconville, bâtiment B (2001), paru dans la Série noire, et Ali casse les prix (2004).

Récemment, 8 minutes de ma vie (2012) est le récit d’une nageuse de haute compétition, J’ai toujours aimé ma femme (2014), une étude psychologique sur le couple moderne, Une nuit d’orage (2016), l’histoire d’un homme qui revient dans le village de son enfance 23 ans après qu’un meurtre y eut été commis.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Qui a dit qu’on s’ennuyait dans les banlieues-dortoirs ? À Franconville, Richard Mortin a une télé, un chien à faire pisser, des cannes à pêche à vendre, un dealer disparu à retrouver et un meilleur ami accusé de meurtre à défendre contre la terre entière. Pour que la banlieue puisse se rendormir tranquille, en oubliant ses mauvais rêves…

Mon avis :

Richard Mortin habite Franconville-La-Garenne dans la résidence de la Mare aux Fées. Il a arrêté ses études pour devenir vendeur d’articles de pêche. Un samedi, alors qu’il rentre de courses de chez Leclerc, il laisse entrer Raoul Théreux, son voisin. Puis il monte chez lui, il s’installe devant son poste de télévision, quand il entend des portes claquer. Ce sont encore les voisins qui s’engueulent … Puis c’est un coup de revolver qui résonne. Françoise Théreux, la voisine, est morte d’une balle dans la tête. Richard sort sur le palier, rencontre la petite Blanche, 7 ans, qui s’accuse du meurtre. La voisine du dessus, Madama Oriola, qui était aussi dans l’appartement dit que c’est Raoul qui l’a tuée. Mais Richard le connait, il n’aurait jamais pu faire cela …

Banlieue-Dortoirs, cages à lapins, métro-boulot-dodo. Ce sont autant d’expressions passées dans l’usage commun qui illustrent le quotidien des habitants des banlieues. Je n’ai jamais lu aucun roman qui illustre à la perfection ces journées si balisées par des divertissements et activités dont le but est d’oublier le quotidien terne. Et en plus, c’est fait avec finesse dans le roman, sans que l’on ne ressente aucun ennui, aucune lourdeur. Le pied !

Plus que roman policier ou roman noir, c’est un roman social avec une intrigue policière, remarquablement menée. Le personnage principal, qui au départ ne semble n’être qu’un voisin, s’avère plus impliqué que prévu, émotionnellement parlant … Ils se sont connus au collège, se sont fréquentés avant que Raoul ne tombe dans la drogue. C’est l’illustration d’une loyauté amicale et humaine dans un univers déshumanisé. Avec son format court (moins de 250 pages), ce roman est juste parfait. Il n’y a pas un mot de trop, pas une scène inutile. C’est un roman à ne pas rater, à redécouvrir.

La dernière couverture de Matthieu Dixon

Editeur : Jigal

Ne me dites pas que ce roman est un premier roman ! Franchement je n’y croyais pas, à tel point que j’ai du poser la question à l’éditeur Jimmy Gallier. Accrochez vous, ce roman, c’est une bombe, du vrai polar, serré comme un ristretto, servi sans sucre ni crème. Amer, quoi !

Raphaël est un jeune homme, photographe indépendant, qui s’apprête à être papa pour la première fois. Passionné par son métier, il délaisse un peu sa vie de famille pour se concentrer sur des photos qu’il pourra vendre aux différents médias. En cela, il est aidé et éduqué par Bernard, un vieux de la vieille dont tout le monde s’arrache les images. Bernard, c’est le mentor, le père en quelque sorte de Raphaël.

Ce soir-là, Bernard fait appel à Raphaël, pour une affaire qui va faire grand bruit. Ils seront tous les deux aux aguets pour la photographie qu’il ne faut pas rater. Raphaël accepte de jouer le jeu et ils s’installent tous les deux à une table différente du Maskirovka, le restaurant à la mode et attendent leurs victimes. Quelle n’est pas la surprise de Raphaël de voir débarquer une journaliste vedette du 20H et le ministre de l’industrie, flirtant comme des adolescents !

A coté de ces photos chocs qui valent une belle position dans un journal, Raphaël s’adonne aussi à des photos de starlettes pour boucler ses fins de mois, quitte à ce que cela se termine par une séance de sexe à l’arrière d’un taxi. Quelques jours après, Raphaël rejoint Bernard qui doit rejoindre Juan-les-Pins dans son hélicoptère personnel, et vient toucher son argent. Mais Raphaël ne fait pas attention aux remarques énigmatiques de Bernard, et il est d’autant plus choqué d’apprendre que son hélicoptère a pris feu le lendemain. De ce jour, il va se croire investi d’une mission : comprendre la mort de son mentor.

On peut dire ce que l’on veut, la multiplication des médias et leur fonctionnement est un thème passionnant ; la façon dont est organisée, distribuée, affichée, cachée l’information aussi. Et quelques polars ont d’ors et déjà choisi ce thème prometteur pour nous offrir des intrigues palpitantes. Il est vrai que la théorie du complot ou de la manipulation des masses a toujours passionné, qu’on l’appelle désinformation ou propagande.

Si au premier degré, ce n’est pas le sujet de ce roman, le fond de l’histoire est là. On est en plein dans la mélasse, dans les photos bien attrayantes ou dégueulasses, qui prennent la place d’autres qui pourraient être beaucoup plus informatives mais aussi dangereuses pour certaines personnes. Il faut s’y faire : nous sommes dans le monde de l’immédiateté, où l’info du jour sera remplacée par une autre dès le soir même ; nous sommes dans un monde où les premières pages sont squattées par les stars, leur mort, leur divorce, leur héritage, les résultats sportifs et les dernières à la pollution, au chômage, aux guerres, aux crises financières créées de toutes pièces … Vous pouvez rayer les mentions inutiles du jour. N’y voyez pas de ma part de la démagogie mais juste un état de fait.

Ce roman est un pur joyau noir, du vrai polar pur et dur, resserré comme il faut en 180 pages, autour d’un personnage qui va centraliser toute l’attention, d’abord parce qu’il est le narrateur, mais aussi parce qu’il est le naïf catalyseur, celui qui va soulever pour nous le tapis, sous lequel sont en train de pourrir quelques rats crevés. Et on y croit à fond parce que c’est simplement fait, simplement écrit, et étayé par des exemples connus ou pas du grand public mais éloquents.

Alors, Jimmy Gallier me dit que c’est le premier roman de Matthieu Dixon. Eh bien, moi je signe d’emblée pour lire le second roman de ce jeune auteur, en espérant y retrouver cette passion pour son sujet, cette fougue dans l’expression, cette rigueur dans le déroulement de l’intrigue, cette véracité dans la construction du personnage. Et peut-être aurons nous aussi un sujet tout aussi passionnant ? En tous cas, chapeau M.Dixon, chapeau bas, et un grand merci pour avoir commis celui-ci.

Ne ratez pas l’avis de Jean le Belge, Yves et 404