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Oldies : Un homme dans la foule de Budd Schulberg

Editeur : Editions des Equateurs

Traducteur : Christophe Mercier

Paru initialement dans un recueil de nouvelles chez Rivages, je suis tombé sur ce roman totalement par hasard et j’ai craqué en lisant la quatrième de couverture.

L’auteur :

Budd Schulberg, né le 27 mars 1914 et décédé le 5 août 2009, est un scénariste, producteur de télévision, romancier et écrivain sportif américain. Il est surtout connu pour ses scénarii de Sur les quais en 1954 pour lequel il reçoit un oscar, et Un homme dans la foule en 1957. Il a également établi sa réputation avec ses romans Plus dure sera la chute, adapté au cinéma en 1956, et Qu’est-ce qui fait courir Sammy ?

Au cours de ses études au Dartmouth College, Schulberg participe activement au magazine humoristique local, le Dartmouth Jack-O-Lantern. En 1939, il collabore au scénario de la comédie Winter Carnival de Charles Reisner, dont l’action se déroule sur le campus. Parmi les co-auteurs figure F. Scott Fitzgerald, mais qui est renvoyé pour sa consommation excessive d’alcool lors d’une visite à Dartmouth. L’université octroiera à Schulberg un diplôme honoraire en 1960.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans la Marine et est affecté à l’OSS, dans l’équipe de John Ford chargée de réaliser des documentaires sur le conflit. À la suite de l’armistice, il est au nombre des premières troupes américaines qui découvrent et libèrent les camps de concentration. Il participe à rassembler les preuves contre les criminels de guerre en vue du procès de Nuremberg, notamment par l’arrestation de la réalisatrice Leni Riefenstahl dans son chalet de Kitzbühel en Autriche : on exige d’elle qu’elle identifie les responsables nazis à partir de bobines de films allemands capturés par les Alliés.

Fils de producteur, Schulberg a une connaissance intime d’Hollywood, que restituent ses écrits. Son roman le plus célèbre, Qu’est-ce qui fait courir Sammy ? (What Makes Sammy Run?, 1941), décrit cet univers qui, pour son héros Jimmy Glick, commence comme un conte de fée mais dont la fin est loin d’y ressembler.

En 1950, il publie Le Désenchanté (The Disenchanted), l’histoire d’un jeune scénariste qui doit collaborer au scénario d’un film sur les fêtes hivernales d’une université, avec un célèbre écrivain. Celui-ci, derrière lequel se dessine assez nettement la figure de F. Scott Fitzgerald mort dix ans auparavant, est dépeint comme un personnage imparfait et tragique, au contact duquel le jeune scénariste devient désabusé. Le roman est adapté au théâtre à Broadway en 1958, avec Jason Robards, qui emporte un Tony Award à cette occasion.

En 1951, il se retrouve au cœur des controverses du maccarthysme lorsque le scénariste Richard Collins témoigne devant la commission des activités anti-américaines en le désignant comme ancien membre du parti communiste américain. Il comparaît alors devant la commission et témoigne que des membres du parti avaient cherché à influencer le contenu de Qu’est-ce qui fait courir Sammy ? et désigne à son tour d’autres membres et sympathisants communistes à Hollywood.

1954 voit la sortie de Sur les quais (On the Waterfront) d’Elia Kazan avec Marlon Brando, dont le scénario est écrit à partir d’une série d’articles sur le milieu des dockers et la personnalité du père John M. Corridan (le Père Barry, dans le film), et qui lui vaut d’obtenir l’oscar du meilleur scénario original.

En 1957, Schulberg écrit le scénario de Un homme dans la foule (A Face in the Crowd), à nouveau d’Elia Kazan, au sujet de l’ascension d’un jeune chanteur de country qui devient maniaque dans le contrôle de son succès. En 1958, il écrit et coproduit avec son jeune frère Stuart La Forêt interdite (Wind Across the Everglades) de Nicholas Ray. Ultérieurement, il ne travaillera plus que pour la télévision, notamment en tant que producteur, dans les années 1960, de la série Everglades.

Autre facette de sa carrière, Schulberg est également écrivain du sport et correspondant en chef pour la boxe du magazine à grand tirage Sports Illustrated. À ce titre, il entre au hall de la célébrité de la boxe (Boxing Hall of Fame) en 2002, en reconnaissance de sa contribution pour ce sport, qui est le cadre de son roman Plus dure sera la chute (The Harder They Fall, 1947).

À la suite des émeutes de 1965 qui secouent le quartier de Watts à Los Angeles, Schulberg crée l’atelier des écrivains de Watts (Watts Writer Workshop) en vue d’insuffler des approches artistiques et culturelles à la population défavorisée.

Schulberg a été marié quatre fois : Virginia Ray, Victoria Schulberg, l’actrice Geraldine Brooks et Betsy Ann Langmann et a eu cinq enfants.

(Source Wikiedia adapté par moi-même)

Quatrième de couverture :

« “Mon pépé Bascom a jamais été dans aucune école, et pourtant c’était l’type l’plus futé du pays. Tout c’que j’sais, je l’dois à mon pépé Bascom, qui savait rien du tout. Mais pépé Bascom, c’vieux pirate, il disait une chose…“ Et alors Lonesome se lançait dans une histoire loufoque et, avant que j’aie eu le temps de me retourner, je me trouvais devant un boisseau de lettres auxquelles je devais répondre en disant que, vraiment, c’était une honte que Lonesome ne soit pas à Washington pour donner un peu de bons sens à tous ces beaux parleurs de politiciens. »

Lonesome Rhodes, trublion faussement naïf, à peine embauché dans une petite radio du Wyoming, connaît rapidement une renommée qui dépasse les frontières de l’État. Les chroniques de son prétendu village d’origine, concentré d’une nation rurale et conservatrice, pétrie de bon sens, touchent des milliers d’auditeurs. Recruté par la télévision, où son show devient incontournable, ce Vagabond de l’Arkansas abandonne peu à peu le registre du divertissement pour la politique. Il donne son avis sur tout, veut remédier aux maux, réels ou inventés, dont souffre le pays. Ivre de son propre succès autant que d’alcool, il s’imagine sauver l’Amérique.

Adaptée au cinéma par Elia Kazan en 1957, cette charge virulente contre le populisme et les médias de masse demeure d’une troublante actualité.

Mon avis :

Un jeune homme débarque dans une radio avec sa guitare. Il propose sa contribution à Marcia Jeffries, qui deviendra sa secrétaire. Lonesome Rhodes chante faux et invente les paroles de ses chansons au fur et à mesure qu’il chante, agrémentant celles-ci d’anecdotes inventées qui parlent des vrais américains, ceux qui vivent dans de petits villages et qui cultivent la terre.

Cette nouvelle de 80 pages est tout simplement édifiante. Car en très peu de pages, nous allons suivre cet énergumène au travers d’un regard extérieur, et passer du rire au sourire puis au grincement de dents. Ecrit en 1957, cette nouvelle prend une toute autre dimension quand on regarde notre vie d’aujourd’hui. Elle permet de prendre du recul par rapport à tout ce qu’on voit ou qu’on écoute dans les médias.

On peut ainsi voir un jeune homme parler avec un langage simple, que les gens comprennent. Plus il remporte de succès, plus il se sent des ailes pour annoncer des prises de position populistes, pour prendre des positions tranchées dans des domaines qui le dépassent comme les relations internationales. C’en est tout simplement édifiant car on finit par y croire et faire le parallèle entre des politiques que personne ne comprend et des extrémistes qui savent trouver les mots qui frappent, qui touchent.

De l’importance des médias à la dangerosité des mots mal utilisés ou détournés de leur contexte, cette nouvelle est une mise en garde mais aussi une dénonciation de l’importance que prend l’information, quand on ne peut plus la trier et qu’elle est manipulée. Tout le monde devrait lire ce livre, et surtout éteindre la radio et la télévision pour mieux réfléchir. Comme je le dis souvent, n’oubliez pas le principal : lisez !

Ne ratez pas la préface de Caroline Bokanowski, elle est formidable et indispensable à la lecture de ce livre.

L’opossum rose de Federico Axat

Editeur : Calmann-Lévy

Collection : Robert Pépin présente …

Traducteur : Isabelle Gugnon

Je ne dirai qu’une chose : lisez la quatrième de couverture (que je vous joins juste après), et vous aurez envie de lire ce livre ! C’est ce qui m’est arrivé. Et si cette présentation ne vous suffit pas, dites-vous que vous allez aller, page après page, de surprise en surprise … A cela, vous ajoutez le billet de l’ami Yvan, et vous plongez tête baissée …

Quatrième de couverture :

Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque, le destin s’en mêlant, un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Ted s’apprête à aller ouvrir quand il aperçoit sur son bureau, et écrit de sa propre main, un mot on ne peut plus explicite : « Ouvre. C’est ta dernière chance. » Sauf qu’il ne se rappelle absolument pas avoir écrit ce mot.

Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre. Mais qui est vraiment ce Lynch ? Et quelles sont ses conditions ?

Mise en abîme impressionnante à la logique implacable, écriture d’une précision si envoûtante que le lecteur se trompe dans ses déductions, labyrinthe psychologique dans lequel se promène un étrange opossum… Federico Axat est un jeune auteur qui se hisse d’entrée de jeu dans la catégorie des John Irving et des Stephen King.

Mon avis :

Oubliez tout ce que vous avez lu jusqu’à présent ! Oubliez les scenarii, les rebondissements, les retournements de situation, les livres fous, les styles énigmatiques. Ce roman là, c’est une histoire dont vous n’avez même pas idée qui va vous montrer qu’à partir d’un sujet maintes fois traité, on peut faire du neuf qui vous éclate !

Tout tient dans le démarrage du roman, puisqu’il faut accrocher le lecteur. Ted veut se suicider, et pour éviter de meurtrir sa famille, un homme énigmatique va lui confier une mission : tuer un meurtrier puis tuer un homme comme lui qui veut se suicider. Le meurtre parfait puisque sans lien et sans mobile. Ensuite, Ted devra attendre son assassin … Alors Ted va tuer Blaine, le meurtrier infâme, puis il va tuer Wendell qui pêche dans son lac entre deux visites chez sa psychologue puisqu’il est atteint d’une tumeur au cerveau. Sauf que Blaine n’est pas un assassin et Wendell n’est pas suicidaire.

De chapitre en chapitre, les scènes vont s’enchainer en mettant en cause les certitudes que le lecteur a pu se faire au fur et à mesure, et c’est la présence d’un mystérieux opossum rose qui va semer la graine dans notre cerveau. On se demande bien ce que veut dire ce symbole, qui apparait puis disparait sans prévenir et en général en plein milieu d’une scène normale. C’est totalement dingue !

En fait la mécanique va dérailler, et tout le talent de l’auteur est bien de nous accrocher avec son style fait de mots simples mais qui pris ensemble rendent une scène énigmatique, mystérieuse. Il nous place en face de notre perception du réel, et nous met à mal dans ce que l’on croit voir. Et je peux vous dire que c’est diablement bon, pourvu que l’on accroche sur les premiers chapitres. Car ce jeu là, c’est un peu le jeu du Qui perd perd (Référence au regretté Coluche), puisque l’on ne connait pas les règles. Mais y en a-t-il seulement ?

Diablement original, c’est un livre fou de fous écrit par un fou pour des fous ! Car faites bien attention ! ce livre de dingue peut vous rendre totalement cinglé. Vous êtes prévenus, ce roman totalement génial est l’antichambre de la folie, la porte d’entrée de votre cellule psychiatrique. N’hésitez pas, franchissez le pas, entrez, les murs capitonnés sont bien confortables …

Vénéneuses de Jean-Pierre Ferrière (Éditions Campanile)

Depuis quelque temps, nous avons la possibilité de trouver les romans de Jean Pierre Ferrière en format poche, grâce aux éditions Campanile. Cet été, nous avons droit à deux sorties, Haine ma sœur Haine et Vénéneuses. Voici le sujet de ce dernier :

En ce mois de janvier, Fanny Jalmin conduit le corps de son compagnon à sa dernière demeure, au cimetière d’Antony. Vincent Giraudet a en effet succombé à une overdose. Fanny et Vincent vivaient ensemble depuis 12 ans, et avaient une fille de 11 ans Lisa. En réalité, Vincent est toujours marié à sa première femme, Michèle, riche héritière d’une entreprise de cosmétique. Mais Michèle a toujours refusé cette séparation et est toujours restée follement amoureuse de Vincent.

Cela faisait deux ans que Vincent se droguait, depuis qu’il avait été licencié de l’agence de publicité Hyperbole dans laquelle il était employé. Vincent avait décidé de quitter le domicile pour ne pas montrer à sa fille Lisa sa propre déchéance. Fanny n’avait pas de nouvelles de lui depuis quelques mois. Ses fins de mois étaient d’ailleurs très difficiles, depuis qu’elle-même avait été licenciée de son emploi de caissière au cinéma Caméra situé sur l’avenue Daumesnil.

Lors de l’enterrement, Michèle fait une entrée remarquée, digne des plus grandes actrices de théâtre. Elle découvre aussi Lisa, et voit en elle une incarnation de Vincent, son bien-aimé, l’amour de sa vie. Puis c’est Diane Forestier qui vient voir Fanny. Elle est secrétaire chez Hyperbole, et lui propose un rendez-vous pour lui fournir des informations confidentielles concernant Vincent.

A partir d’une situation classique d’un couple et de l’amant, Jean Pierre Ferrière nous fait une belle démonstration de toute sa créativité dans la mise en place d’une intrigue toujours plus surprenante. Car si on peut se demander ce que l’on peut bien inventer à partir de cette situation de départ, l’auteur nous démontre que l’on se trompe. Et tout au long de la lecture, on ne peut jamais s’imaginer comment cela peut se terminer … et pour cause.

Ce qui est remarquable dans ce roman, comme dans tous les romans de Jean Pierre Ferrière, ce sont bien les psychologies des personnages, qu’ils soient au premier plan ou juste des personnages secondaires. Les petits détails regorgent pour bien implanter ceux que nous allons côtoyer et suivre. Et quand on connait l’art de cet auteur qui a écrit plus de 75 romans, je peux vous dire que c’est un vrai plaisir de lecture, des descriptions des décors aux dialogues qui sont extraordinaires. D’ailleurs, je verrais bien ce roman adapté au cinéma, car cela donnerait un sacré numéro d’acteurs.

Ne ratez pas l’avais de l’ami Claude

Haine ma soeur haine 2

Il est à noter qu’en même temps que ce roman, sort aux éditions Campanile Haine ma sœur haine, dont voici la quatrième de couverture :

Geneviève Brunel, femme en apparence douce et prévenante, cultive en secret un amour inconditionnel pour son ex-mari, devenu une star adulée du grand écran. Celui-ci doit se remarier, mais Geneviève est prête à tout pour l’en empêcher.

Vous trouverez ici les avis de Claude, et moi-même.

Le carnaval des hyènes de Michael Mention (Ombres Noires)

Depuis quelque temps, Michael Mention est grimpé d’un étage. Il alterne les thrillers, les romans policiers ou même les romans noirs avec la même facilité, tout en nous assénant des analyses qui nous font bien réfléchir. La cible de ce nouveau roman, c’est le journalisme, ou plutôt la manipulation de l’information par les journalistes eux-mêmes. Et pour bien poser le sujet, quoi de mieux que de prendre comme personnage principal un journaliste, une star incontournable du petit écran, j’ai nommé Carl Belmeyer himself.

Carl Belmeyer, c’est LE journaliste par excellence, celui qui incarne la vérité nationale et internationale dans le petit écran de tous les foyers français depuis plusieurs dizaines d’années. A tel point que dans la rue, il signe des autographes aux gens qu’il rencontre … ou bien il les envoie chier. Car Carl Belmeyer n’est pas le personnage tout lisse qui se présente au journal télévisé du 20 heures, c’est avant tout un personnage ignoble dont le seul intérêt est avant tout sa propre personne. Tout le professionnalisme et l’honnêteté qu’il montre à l’écran n’est en fait qu’une image préfabriquée d’un personnage qui n’en a rien à faire ni de l’actualité, ni des autres. Seule compte sa propre sensation de pouvoir, celle de connaitre la vérité, celle de raconter des bobards que le peuple avale grâce à son talent inné. En cela, Carl Belmeyer pourrait presque se prendre pour Dieu.

Mais Carl Belmeyer n’est pas celui que l’on croit. Alors qu’il goute peu le contact avec les gens d’en bas, il préfère de loin les soirées mondaines, la fréquentation des stars (les vraies) et sniffer la cocaïne qui lui permet de tenir son rythme effréné et assurer sa place de Numéro Un. Mais un drame va bouleverser sa vie : Une candidate dans un show de téléréalité se tue et le risque de montrer du doigt les programmes racoleurs qui font de l’audience est grand. Pour autant, ce n’est pas le scandale que craint la première chaine, mais bien une baisse de son action en bourse. Pierre-Yves Maillet, le mentor de Carl, celui qui l’a formé, celui qui l’a construit, lui propose de partir en reportage exclusif quelques jours pour couvrir la guerre civile qui vient d’éclater au Liberia. Carl goutte fort peu à sa proposition, mais avec l’assurance de prendre la place de Pierre-Yves à terme, avec une assurance tous risques payée par la chaine et avec un bonus de 300 000 euros, avouez qu’il y a de quoi réfléchir pour trois jours de boulot …

Avec ce roman, vous allez vous en prendre plein la tête. Prenez un personnage détestable au possible, hautain comme pas deux, égocentrique et narcissique, et placez-le dans une situation déstabilisante. Ajoutez deux pincées de fronde pour faire ouvrir les yeux au lecteur, de grosses cuillers à soupe d’action, un litre de rebondissements sans que cela ne soit sanguinolent, et vous obtenez un polar bien noir et très intelligent.

Carl Belmeyer est un personnage qui se croit intelligent, au dessus des gens, car il a toutes les informations et les distille au compte-gouttes, comme il veut. Il vire ses collaborateurs qui le regardent de travers, joue à armes égales avec le responsable de l’information, son chef, parce que c’est lui qui est à l’écran, c’est lui la star, c’est lui qui est sur le trône de la célébrité. Ce ne sont plus ses chevilles qui gonflent, c’est sa tête qui explose ! Quand ce personnage débarque au Liberia, tout dérape et, bien qu’il soit célèbre, de loup, il devient lapin. On en viendrait presque à le plaindre …

Michael Mention profite de ce roman pour faire le procès de la télévision, des journalistes, de l’information qui est diffusée un peu partout et qui est d’autant plus fausse, truquée, manipulée. Il évite le travers de la thèse du complot, mais il montre par des exemples cinglants comment le téléspectateur est pris pour une bille. En ce qui me concerne, cela justifie le fait que je n’allume plus ma télévision !

Avec une action incessante, et un style redoutablement efficace, on va suivre l’itinéraire de ce manipulateur manipulé, de ce désinformateur désinformé, et cette lecture s’avère autant jouissive qu’intéressante. En tous cas, on se retrouve plusieurs fois à se poser des questions, ou à ouvrir les yeux sur des faits que l’on connait (parfois) ou que l’on aimerait ignorer ou préférerait ignorer. Une nouvelle fois, Michael Mention écrit un superbe polar intelligent, de ceux qui vous prennent à la gorge tout en ayant quelque chose à dire. Il n’est pas sur qu’avec un roman pareil, Michael Mention soit invité au Journal Télévisé !

 Ne ratez pas les avis des amis Claude, Belette et Jean-Marc

L’enfer de Church Street de Jake Hinkson (Gallmeister)

Attention, coup de cœur !

Gallmeister vient de lancer une nouvelle collection depuis le mois de mars 2015. Son nom est Neo Noir. Trois romans sont sortis en un mois : Pike de Benjamin Whitmer, Exécutions à Victory, de S. Craig Zahler et L’enfer de Church Street de Jake Hinkson. C’est par ce dernier que j’ai commencé et pour moi, c’est un pur joyau noir. Le narrateur du premier chapitre est un repris de justice. Puis la narration passe la main à Geoffrey Webb.

Un ancien repris de justice travaille dans une usine de plastique, quand le contremaitre le traite de connard fainéant. Le mot de trop. Une bagarre éclate et le contremaitre finit avec la tête en bouillie. Alors le meurtrier décide de fuir. Sauf que pour cela, il faut de l’argent. Il décide alors de braquer le premier venu, qui viendra chercher de l’essence à la station toute proche. Il récupérera alors une voiture et de l’argent. Sauf qu’il tombe sur Geoffrey Webb.

De loin, Geoffrey Webb a tous les traits d’une victime. Il déplace difficilement son quintal, et marche la tête baissée comme s’il attend des coups. Sauf que quand on le braque, il accepte de donner l’argent qu’il a à une condition : que son ravisseur écoute son histoire, comme une sorte de confession au Dieu Revolver.

Geoffrey Webb est né au fin fond de l’Amérique, dans une famille où le père alcoolique battait sa femme et ses gosses. Quand il décide de partir de la maison, à 16 ans, il erre jusqu’à arriver à Little Rock. Il se découvre alors un talent : celui de parler aux autres, de leur dire ce qu’ils veulent entendre et ainsi d’obtenir ce qu’il veut sans que les gens s’en rendent compte. Et le meilleur domaine où il peut exceller est la religion.

« Cela me frappa de plein fouet, comme une inspiration divine. La religion est le boulot le plus génial jamais inventé, parce que personne ne perd jamais d’argent en prétendant parler à l’homme invisible installé là-haut. Les gens croient déjà en lui. Ils acceptent déjà le fait qu’ils lui doivent de l’argent, et ils pensent même qu’ils brûleront en enfer s’ils ne le paient pas. Celui qui n’arrive par à faire de l’argent dans le business de la religion n’a vraiment rien compris. »

Il devient alors aumônier pour les jeunes gens de l’église baptiste. Ses talents d’orateur font que tout le monde l’apprécie et en particulier le responsable local de l’église. Quand il rencontre la fille du pasteur, xxxx, il en tombe amoureux. Et sa soif de pouvoir et de manipulation s’en trouve mise à mal. Mais le destin veut que l’histoire se complique, surtout quand Geoffrey rencontre le sheriff local.

Ce roman est génial, et je vais essayer de vous le faire lire !

C’est un premier roman et la maitrise montrée aussi bien dans le style que dans la narration est tout simplement époustouflante. Chaque phrase est d’une justesse incroyable, chaque dialogue sonne juste, et les événements s’enchainent tant et si bien que quand vous avez ouvert le roman, vous ne pouvez pas le lâcher. Car dès le deuxième chapitre et le début de la confession, le lecteur est positionné en confident, voire même en pasteur écoutant le monologue d’une âme égarée.

Je peux vous dire que quand on lit une telle confession, il est difficile de ne pas endosser sa panoplie de juge. Et c’est là que le livre devient génial. On commence par découvrir un homme redoutablement intelligent, qui se découvre un talent qui va lui permettre d’assouvir son envie et son besoin de pouvoir. Il est inutile de vous dire que ce personnage de Geoffrey Webb ne nous est pas sympathique. On se demande même où l’auteur veut nous emmener, va-t-on avoir le droit à un homme qui va devenir un pédophile, un obsédé sexuel, un truand ? Les possibilités sont infinies.

C’est aussi là que Jake Hinkson est fort. Vous vous posez des questions sur ce qui va arriver ? Vous imaginez tous les scenarii possibles. Et Jake Hinkson prend son lecteur à contre-pied. A chaque fois, on est surpris par la créativité développée par l’auteur. Et je peux vous dire que cela va advenir tout au long du roman, jusqu’à la dernière page ! Donc, revirement de situation, Geoffrey Webb tombe amoureux.

Cet événement m’a mis bigrement mal à l’aise. Tout d’abord, la fille du pasteur est grosse et d’une mocheté qui ferait se retourner les passants. Mais tout le monde la respecte puisqu’elle est la fille du pasteur. D’un point de vue psychologique, je me suis retrouvé à me poser plein de questions. J’hésite entre plusieurs hypothèses : est-il réellement amoureux ? ou joue-t-il un jeu pour grimper plus vite dans la hiérarchie de l’église ? Comme nous écoutons un témoignage, la vérité restera toujours floue. Nous sommes en fait la proie de ce qu’il veut bien nous raconter.

La narration de Geoffrey Webb reste floue, et nous, en tant que lecteur, oscillons entre dégout du bonhomme et sympathie pour cet amour. Mais rien n’est jamais aussi simple que l’on pourrait le croire … car c’est bien un des autres points forts de ce roman, Jake Hinkson s’amuse à nous asséner des rebondissements et nous prend à chaque fois à revers. Vers le milieu du roman, on se retrouve au milieu d’une bande de tarés et on est à nouveau surpris et remis en cause dans nos certitudes.

C’est donc le lecteur que Jake Hinkson s’en prend. Il nous montre que nos croyances sont basées sur des apriori comme les croyances religieuses. Il nous réécrit un remake des fables de Jean de la Fontaine, entre La mouche qui voulait se faire plus grosse que le bœuf et Le corbeau et le renard, sans oublier la blague de l’arroseur arrosé. Et c’est avec de grosses claques dans la figure qu’il nous l’assène,    avec un cynisme jouissif, avec un humour décalé et une charge contre les hypocrisies de toutes sortes.

En ce sens, j’ai retrouvé dans ce roman tout ce que j’aime dans les romans de Jim Thompson. Sans vouloir comparer Jake Hinkson au Maître du roman noir, les thèmes abordés en sont proches, le style en est proche sans pour autant faire une copie ou une parodie. A croire que Jake Hinkson est une réincarnation de Jim Thompson. Pour un premier roman, c’est très fort, imparable, intemporel aussi, et on ne peut qu’attendre encore mieux à l’avenir.

Coup de cœur !

Ne ratez pas les avis de Passion Polar, Actudunoir, encore du noir et l’interview du concierge masqué

Une putain d’histoire de Bernard Minier (XO éditions)

J’ai découvert Bernard Minier avec Le cercle et ce fut un excellent moment. Avec N’éteins pas la lumière, il ajoutait à ses intrigues fort bien construites un sujet d’actualité, le harcèlement envers les femmes. Depuis, j’ai lu Glacé son premier roman, et c’est avec beaucoup d’envie que j’ai entamé la lecture de son dernier opus. Encore une fois, cet auteur a su me surprendre, et encore, ce n’est même pas le terme que je devrais utiliser. Bernard Minier m’a époustouflé.

Car depuis Glacé, que de chemin parcouru et que de progrès effectués. Bernard Minier a décidé d’abandonner son flic fétiche et personnage récurrent pour se lancer dans une aventure au long cours, mais aussi à une histoire casse-gueule. Combien d’auteurs seraient tombés dans l’ennui, ou même auraient abandonné leur manuscrit, perdus sur cette île issue de je ne sais où, en plein Pacifique Nord, à proximité des Etats Unis ? J’ai l’impression que Bernard Minier s’est lancé un défi, et qu’il a décidé de faire un marathon, tout en sachant parfaitement où il allait, et en écrivant avant tout pour lui, pour son plaisir.

La postface nous éclaire un peu à ce sujet et ce que je viens de dire est une extrapolation de ce qu’il y écrit. Il voit son roman comme un hommage aux grands auteurs américains, capables de nous faire vivre de formidables personnages au milieu d’une nature sauvage. En cela, Bernard Minier a pleinement réussi son pari, ses jeunes gens sont pleins de vie, d’interrogations, hésitants entre leurs décisions, leurs conséquences et leurs doutes. On pense évidemment à Stephen King, mais en ce qui me concerne, j’ai beaucoup pensé au Maitre des Illusions de Donna Tartt. L’auteur m’a impressionné dans sa peinture des campus américains, dans celle de la nature de cette île totalement inventée, dans tous ces petits détails qui font la différence entre une scène vraie et un tableau ennuyeux.

Car c’est bien d’un roman psychologique à suspense dont il s’agit, et je connais bien Bernard Minier pour savoir manier et jouer avec les codes, mélangeant souvent tous les ingrédients d’un polar. Cette putain d’histoire est racontée par Henry Dean Walker, jeune adolescent de 16 ans, qui habite sur Glass Island, une île au large de Seattle. Il a déménagé là avec ses deux mères, France et Liv. Comme ils sont isolés du monde, les jeunes se sont regroupés et forment un groupe d’amis. Il y a Johnny, Charlie, Kayla et Naomi.

Henry a été accepté dans leur groupe via un rituel simple : plonger dans la mer glacée tout nu, ce qu’il a fait. Henry est passionné par les films d’horreur. Et Henry est tombé amoureux de Naomi. Ce soir là, ils rentrent du lycée par le ferry et Henry et Naomi se disputent. Naomi lui dit, sur le pont du ferry, en pleine tempête, qu’elle sait exactement qui est Henry. Quand ils débarquent, Naomi est introuvable.

Le lendemain, au lycée, Naomi n’est pas là. Le groupe de jeunes s’inquiète jusqu’à ce que, le soir, ils apprennent qu’un corps de jeune fille a été retrouvé sur la plage, pris dans un filet de pêche. Bien entendu, à cause de leur dispute, Henry est un suspect tout désigné. Alors, ils vont enquêter et essayer de savoir ce qui s’est passé … sous la surveillance d’un personnage mystérieux qui s’appelle Grant Augustine.

Je ne vous en dis pas plus, car l’auteur a construit son intrigue de telle façon que je pourrais vous en dire des tonnes, vous ne devineriez pas la fin. Je me suis demandé, après avoir tourné la dernière page, comment l’auteur avait construit son intrigue. Et je pense qu’il n’y a rien d’improvisé dans ce roman, tout est parfaitement construit, agencé, millimétré pour ajouter de petits détails qui vont nous faire vivre quelques dizaines de jours en plein mystère, perdu en pleine tempête. Et quand je me suis amusé à reprendre des passages, je me suis aperçu que tous les indices sont là, à portée de main, mais cachés par un voile. C’est formidablement fait, ça ne se voit pas, et cela fait référence aux meilleurs polars américains.

Et le vrai sujet du roman n’est pas là, et Bernard Minier aborde un sujet difficile et bigrement passionnant. J’ai évoqué dans mon résumé Grant Augustine. Cet homme immensément riche est à la tête d’une entreprise qui travaille pour la NSA. Dans ce cadre, il a accès à tous les moyens nécessaire à l’espionnage de tout le monde. Et cela dépasse même les pires cauchemars paranoïaques que l’on peut imaginer. Si Bernard Minier évoque ce sujet, et se permet de créer une deuxième trame dans son intrigue, il est explicite quand il affirme : « La révolution numérique était en train de bâtir brique par brique le rêve millénaire de toutes les dictatures – des citoyens sans vie privée, qui renonçaient d’eux-mêmes à leur liberté… ». Et je discutais récemment avec un autre auteur de polar Ben Orton, le créateur de Dari Valko, de cette suppression des libertés sous couvert de sécurité. A un moment donné, il m’a rappelé cette citation de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’un ni l’autre et finit par perdre les deux. ».

Non seulement Bernard Minier a concocté un polar psychologique impeccable, non seulement il a bâti un hommage au polar américain, non seulement il a construit une intrigue diabolique, mais il a aussi écrit un livre important qui porte à réfléchir. Clairement, Bernard Minier nous donne à lire son meilleur roman à ce jour. Mais où s’arrêtera-t-il ?

Ne ratez pas l’avis de la Belette ici

Adieu demain de Michael Mention (Rivages Noir)

Revoilà Michael Mention, en pleine forme en plus. Ce n’est un secret pour personne que j’adore cet auteur. On retrouve dans ce roman les thématiques chères à cet auteur de grand talent, qui nous montre une nouvelle fois que l’on peut écrire un roman policier / thriller qui fait réfléchir. Pour le coup, ce roman est une grande réussite que j’ai avalée en deux jours !

Adieu demain se veut le deuxième tome d’une trilogie, consacrée à l’Angleterre contemporaine, post Thatcher. L’argument de vente de dire qu’il y est fait allusion à l’éventreur de Yorkshire est en fait mensonger. Tout juste y verra-t-on des gens qui ont connu le début des années 80 et la psychose autour de ces meurtres. Ou même y rencontrera-t-on des policiers ayant trempé dans cette affaire. L’auteur annonce au début du roman qu’il s’est inspiré de Stephen Griffiths, le tueur à l’arbalète, en précisant qu’il a modifié le nombre de victimes. Si je fais ce préambule, c’est surtout pour vous dire que ce roman est une œuvre de fiction et que c’est un putain de bon bouquin.

Jim et Moira sont un couple comme un autre qui va avoir un enfant. Il s’appellera Peter. Il va subir la pauvreté de ses parents, l’alcoolisme de son père, les violences conjugales. Il va essayer de protéger son frère et sa sœur de ces atrocités. Alors qu’il passe un week-end chez le grand-père, il se découvre une phobie envers les araignées, qui le rend fou dès qu’il en voit une. Une sensation incontrôlable.

Peter approche de la majorité. Il n’en peut plus de l’ambiance pourrie de la maison et s’en va vivre en ville. Il s’en sort de petits boulots en petits boulots. Puis, alors qu’il invite une fille chez lui, la vue d’une araignée le rend fou. Il descend chez l’épicier du coin mais a oublié son argent. L’épicier lui refuse de faire crédit, alors il devient fou et le tape, le frappe, juste pour obtenir le vaporisateur anti-araignée. La police l’arrête et il passera quelques années en prison, où il rencontrera brièvement Peter Sutcliffe, l’éventreur du Yorkshire. A sa sortie de prison, il choisit de faire des études de criminologie.

En ville, les meurtres s’accumulent. Des femmes sont tuées à l’aide d’une arbalète, puis sont atrocement mutilées, découpées. Mark Burstyn, que l’on a rencontré dans Sale temps pour le pays, est devenu superintendant et est en charge de cette affaire. Il s’use la santé, se donnant à fond pour cette affaire. Il va identifier un jeune enquêteur de son équipe, Clarence Coper, dont la passion peut le servir. Il va lui demander de s’introduire dans un cabinet de psychologie spécialisé dans la maitrise des peurs, tenu par le docteur Kraven.

Dans ce roman, Michael Mention prend beaucoup de libertés par rapport aux codes du polar. De la vie de Peter, il passe ensuite à l’enquête pour mettre en avant deux inspecteurs en charge de l’enquête. Et encore une fois, il fait fort dans sa description des psychologies, il fait fort dans ses situations, il fait fort dans ses dialogues, il fait fort dans ses thématiques. Car on a bien du mal à classer ce roman, si tant est que j’en ai envie, à la fois roman policier, thriller, roman psychologie, brulot démonstratif de dérives sur la manipulation des masses.

Des personnages d’abord, d’une vraisemblance sans failles, je retiens Peter, sorte de prisonnier de ses peurs, mais aussi personnages commun qui vit de petits boulots, qui a envie de s’en sortir, et qui est soumis à un dilemme entre son envie d’avancer et sa peur des araignées qui le rend totalement fou. De Mark Burstyn, on retrouve une évolution du personnage que l’on n’aurait pas deviné. On l’avait laissé fort comme un roc, indéboulonnable, prêt à abattre des murs ; on le retrouve toujours aussi motivé mais un peu perdu, car ayant peur d’une nouvelle affaire comme celle du Yorkshire. On le trouve aussi redoutablement manipulateur envers Clarence Cooper. Et quelle trouvaille que ce personnage de Clarence, un jeunot qui est hyper motivé et qui fait une confiance aveugle à son supérieur, qui accepte au détriment de sa vie, de s’infiltrer parmi des malades de toutes sortes. Et Michael Mention s’en donne à cœur joie pour décrire la descente de cet homme qui s’invente une peur et qui tombe dans un abime sans fond.

Dans ce roman, Michael Mention a grandi, jusqu’à devenir grand. Sa façon de mener son intrigue tout au long des 375 pages force le respect, car toutes les scènes s’enchainent avec une logique que l’on suit avec un plaisir malsain, on se retrouve plongé dedans grâce à cette fluidité qui nous emprisonne jusqu’à la dernière page. Il y a aussi cette façon de créer des scènes incroyables, de les mettre en scène, et de les rendre inoubliable. Je pense, en particulier, à cette scène de plongée sous-marine où Clarence en vient à révéler la peur qu’il s’est lui-même inventée. Une scène d’une force, d’une tension incroyable et qui est un petit chef d’œuvre. Enfin, Michael Mention s’est débarrassé de ses effets de style, ne les ajoutant que quand c’est strictement nécessaire. Et puis surtout, quels dialogues, placés comme il faut, et tellement expressifs.

Le sujet enfin, car avec Michael Mention, il y a toujours un sujet de fond que sert l’intrigue du roman. La peur, celle qui est incontrôlable, celle qui peut vous faire péter un boulon, celle qui vous fait dérailler, est réellement le sujet principal. Et quand il nous montre comment on utilise les peurs des gens pour mieux les manipuler, pour mieux les contrôler, pour mieux les diriger, pour mieux les gérer, ce roman devient à ce moment là d’un tout autre niveau. L’illustration qu’il en donne par petites touches tout au long du roman ne fait que démontrer que cet auteur, en dehors du fait qu’il sait mener une intrigue, a aussi une acuité et un recul tel qu’il nous ouvre les yeux sur des choses dont on n’a même plus conscience. La peur du chômage, la peur du nucléaire, la peur des autres, la peur pour nos enfants, toutes les communications aujourd’hui tournent autour de ces thématiques pour mieux nous contrôler.

Je ne dirai qu’une chose pour conclure : Lisez ce livre, dégustez-le, asseyez-vous et réfléchissez !

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