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Des poches pleines de poches

C’est déjà la 11ème rubrique consacrée aux livres de poches, avec deux auteurs que j’affectionne particulièrement : Luis Alfredo et Jérémy Bouquin

Divin Toulouse de Luis Alfredo

Editeur : Cairn éditions

Depuis quelque temps, la ville de Toulouse connait une série d’actes odieux qui adviennent tous les mardis. Tous ces actes, du vandalisme d’un cimetière à l’agression violente de personnes (prostituées ou homosexuel) vont atteindre leur apogée pendant le carnaval où l’explosion d’un char va tuer une vieille femme. Le groupe s’appellerait Groupe Divin-Marquis en faisant référence au Marquis de Sade.

Le compagnon d’une des victimes va demander au détective privé Juan Nadal de trouver les coupables, ne faisant que peu confiance à la police pour résoudre un tel cas. Il va prendre contact avec son ami René-Charles de Villemur (que l’on connait par ailleurs dans la série Itinéraire d’un flic du même auteur) et faire la rencontre de sa voisine Juliette, elle aussi victime du groupe pour ses activités de prostituée.

On retrouve dans ce roman ce style si littéraire que j’adore qui convient parfaitement à cette histoire, surtout quand on fait appel au Marquis de Sade. Ecrit à la première personne, on va découvrir Juan Nadal et ses centres d’intérêt (surtout les belles femmes). Le scenario va respecter tous les codes du genre, des interrogations de l’enquêteur aux interrogatoires des intervenants, des scènes d’action aux scènes de sexe.

Il est amusant d’avoir voulu, de la part de l’auteur, entrer dans cette histoire et proposer au lecteur (et donc à Juan aussi) une énigme inextricable et impossible à résoudre. Le déroulement en ressort aussi fortement appréciable mais surtout remarquablement retors, en nous ayant manipulé tout au long de ces 300 pages, sans oublier l’humour doucement cynique qui relève l’intérêt. Du très bon polar.

Tableau noir du malheur de Jérémy Bouquin :

Editeur : Editions du Caïman

Céline débarque dans sa nouvelle maison de banlieue avec son adolescent Ghislain. Elle va prendre en charge une classe de CM2 et on lui a réservé la classe des « durs ». Pour elle, il s’agit surtout de tourner la page d’un passé douloureux, avec la mort de son mari dans un accident de la route et une belle famille qui veut exercer son droit de visite (voire plus) sur leur petit fils.

« La nostalgie a le goût de l’amertume. La mélancolie, celui d’un relent de bière. » (Page 178)

Après la journée d’intégration des professeurs des écoles, elle découvre sa classe et commence par évaluer leur niveau. Elle se rend vite compte des énormes lacunes qu’ils ont, et fait connaissance avec le noyau dur, au fond de la classe : Kevin, Tanguy et surtout Gary. Et quand elle s’épanche auprès du directeur de ses observations, on lui rétorque que l’année prochaine, ils auront quitté l’école élémentaire et cesseront donc de gêner les autres ici.

Ce roman fait partie des romans de l’auteur qui vont faire un constat sur la vie des « petites » gens à travers une intrigue qui se veut autant sociale que noire. Céline veut faire son travail de la meilleure façon qui soit, parce qu’elle croit en son métier. Elle s’aperçoit vite que tout le monde a jeté l’éponge et songe plus à se débarrasser des éléments gênants, plutôt qu’à remplir leur fonction.

On le voit tous les jours, on le subit tous les jours et on ne fait rien quant à l’éducation de nos enfants. Face à ce constat sans appel, Jérémy Bouquin y ajoute une intrigue qui montre une jeune femme poussée à bout et qui petit à petit va perdre pied, aussi bien dans sa sphère personnelle que son environnement professionnel. A partir de là, il ne faudra pas attendre une issue positive et on en ressort avec un goût amer dans la bouche.

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