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Le livre des choses cachées de Francesco Dimitri

Editeur : Hugo & Cie

Traducteur : Charles Recourse

Voilà un premier roman enthousiasmant, aussi étrange que son titre, qui est auréolé du prix Douglas Kennedy, ce qui promet un roman dénué de gore à tous les étages. C’est surtout la curiosité qui m’a poussé vers ce roman, grâce à la quatrième de couverture très bien faite.

Quatrième de couverture :

Ils sont quatre. Fabio, Tony, Mauro et Art. Quatre amis d’enfance qui, fidèles au Pacte qui les unit, se retrouvent une fois par an dans leur village natal du sud de l’Italie pour célébrer l’amitié, le temps qui passe et les rêves que l’on poursuit mieux à plusieurs.

Mais cette année, Art, le plus flamboyant d’entre eux, n’est pas au rendez-vous.

Art a disparu. De nouveau. Comme il y a vingt-deux ans, cette nuit d’été qui l’avait vu s’enfoncer, seul, dans une forêt d’oliviers. Il y avait eu un cri, puis le silence, puis le néant.

Personne n’a jamais su ce qui s’était passé à l’époque. Art était réapparu et la vie avait repris son cours.

Ses amis le pressentent : cette nouvelle disparition est liée à la première. Mais elle est aussi beaucoup plus inquiétante.

Car les années ont fait d’Art un homme à la fois solaire et mystérieux, aux relations troubles et aux passions déroutantes, arpentant en funambule le précipice qui sépare la raison de la folie, comme le révèle ce manuscrit retrouvé chez lui : Le livre des choses cachées.

Sous le soleil brûlant des Pouilles, où la mafia contrôle le moindre geste, où les traditions séculaires rythment encore le quotidien et où le surnaturel n’est jamais très loin, la disparition d’Art va confronter chacun à ses secrets, à ses trahisons et à ses fantômes.

Mon avis :

Présenté comme un roman choral où chacun des amis va prendre la parole pour dérouler l’intrigue, ce roman s’avère une très bonne surprise. Ecrit dans un style simple, entouré d’un mystère épais lié à la disparition de leur ami Art, le scénario est déroulé avec une excellente maîtrise, alternant juste quand il le faut entre présent et passé pour relancer l’intérêt du lecteur. De là à le classer parmi les thrillers, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Car si la narration est fluide, certains passages sont bavards et on est plus attirés par la résolution de la disparition d’Art que par des scènes époustouflantes. L’auteur va complexifier son intrigue plutôt que de nous emmener sur de fausses pistes. Ce qui fait qu’on est plus proche d’un roman flirtant avec le genre Fantastique que d’un polar avec ses codes, ses crimes et sa résolution.

Et je dois dire qu’il en résulte une lecture agréable, des personnages que l’on suit avec plaisir, et un final qui sans être explosif n’en reste pas moins surprenant. Francesco Dimitri nous montre avec ce roman beaucoup de choses, et on ne peut qu’être curieux et impatient de lire son prochain roman, pour voir où il veut nous emmener. Je ne peux que vous encourager à découvrir ce nouvel auteur qui pourrait bien vous étonner. Laissez-vous capter par l’appel du Livre des Choses Cachées.

Dans l’œil du démon de Junichirô Tanizaki

Editeur : Editions Philippe Picquier

Traducteurs : Ryôko Sekiguchi et Patrick Honnoré

Je vous avais annoncé que la prochaine vague de polars viendrait du Japon, comme il y eut celle des pays nordiques. C’est une bonne occasion pour moi de revisiter un roman datant de 1919, inédit en France.

L’auteur :

Jun’ichirō Tanizaki est un écrivain japonais, né le 24 juillet 1886 à Tokyo et mort le 30 juillet 1965 à Tokyo.

Né dans une famille aisée de marchands, fortune due à l’ingéniosité de son grand-père, il fait de brillantes études à l’Université impériale de Tôkyô, mais en 1910 la ruine de son père le contraint à les interrompre. Il considéra son père comme un être faible qu’il transposera dans ses écrits. La même année, il publie son premier texte, une nouvelle cruelle et raffinée, « Le Tatouage », dans la revue qu’il a fondée avec quelques amis. L’histoire de la belle courtisane et de son tatouage en forme d’araignée fait scandale et lance sa carrière d’écrivain.

En 1913, il rassemble toutes ses nouvelles dans un recueil intitulé « Le Diable » et subit les foudres de la censure qui les juge « immorales ». Il publie sans trêve drames, comédies et scénarios à une époque où le cinéma en est encore à ses balbutiements, il traduit également la pièce d’Oscar Wilde « L’Éventail de Lady Windermere ».

Installé à Yokohama, il fréquente les résidents étrangers et découvre l’image de la femme occidentale. Lorsqu’un terrible tremblement de terre détruit la ville en 1923, il s’installe définitivement dans le Kansai. Le séisme le bouleverse profondément : alors qu’il puisait son inspiration dans un Occident et une Chine exotiques, il revient vers le Japon à partir de 1924, date à laquelle paraît son premier roman, « Un amour insensé ».

Dans les années 30, il multiplie les publications : « Yoshino » (1931), « Le Récit de l’aveugle » (1931), « Histoire secrète du sire de Musashi » (1932), « Le Coupeur de roseaux » (1932), « Shunkin, esquisse d’un portrait » (1933), « Éloge de l’ombre » (1933).

Il se consacre ensuite à la traduction en japonais moderne de « Le Dit du Genji » de Murasaki Shikibu. En 1943, la publication en feuilleton de son chef-d’œuvre « Quatre sœurs » est interdite car jugée inconvenante en temps de guerre. Après la guerre, Tanizaki publie des romans audacieux comme « La Mère du général Shigemoto » (1950) et « La Clef : La Confession impudique » (1956).

Son état de santé s’aggrave après 1960. Sa souffrance et son obsession de la mort apparaissent dans son « Journal d’un vieux fou » (1961).

En 1964, il fait partie des six derniers candidats retenus de la short list du comité Nobel.

Décerné en son honneur, le prix Tanizaki est l’une des principales récompenses littéraires au Japon.

(Source : Babelio)

Quatrième de couverture :

Un écrivain est interrompu dans son travail par un ami qui lui propose d’assister à un meurtre. Dans un bas-fond de Tokyo, ils assistent à ce qu’ils croient être un assassinat sordide orchestré par une femme démoniaque, dont son ami va devenir fou amoureux. Enfermé dans sa passion, il se rend compte qu’il est destiné à être sa prochaine proie. Bientôt, il demande à son ami d’être témoin de sa propre mise à mort. Mais le lendemain, de retour chez son ami, l’écrivain découvre celui-ci vivant, qui l’attend… Une intrigue haletante qui fonctionne sur le mystère de messages codés à déchiffrer, un jeu d’apparences trompeuses, une ville labyrinthique… Avec toutes les obsessions de Tanizaki : voyeurisme, jeu de miroirs et mise en abyme… Le roman comme théâtre des illusions.

Mon avis :

Datant de 1919, ce roman inédit en France ne peut être lu que comme un hommage à Sir Arthur Conan Doyle et Edgar Allan Poe. Après la mise en place de l’intrigue, (Takahashi, un écrivain est emmené par son vieil ami Sonomura dans un endroit louche où doit avoir lieu un crime car il croit avoir traduit un message mystérieux grâce au Scarabée d’or d’Edgar Allan Poe), les deux hommes vont confronter leur perception de la scène qu’ils ont aperçue à travers un volet.

De la scène détaillée à laquelle nous assistons, les deux hommes vont donc additionner les indices et en déduire une explication sur les auteurs du meurtre et leur motivation. Comme je l’ai dit, cela m’a fait penser à Sherlock Holmes et au docteur Watson par l’extrême précision et la logique implacable de leur raisonnement. Mais la chute, en deux actes va donner tort, à la fois aux deux hommes mais aussi ai lecteur qui a accepté de jouer le jeu.

Cela nous amène donc à nous rendre compte qu’il ne faut pas croire à tout ce que l’on voit, et que nos limites nous amènent bien souvent à nous tromper sur la vérité. Ce roman, après avoir tourné la dernière page, et s’être fait avoir en beauté, est un beau joyau policier qui nous permet de prendre du recul par rapport à nos perceptions. Et cela donne une lecture tout simplement jouissive.

A noter la couverture qui est juste magnifique !

La disparition d’Adèle Bedeau de Graeme MacRae Burnet

Editeur : Sonatine

Traductrice : Julie Sibony

Ayant raté son précédent roman L’accusé du Ross-Shire, qui est en fait son deuxième, je me rattrape avec La disparition d’Adèle Bedeau, qui vient de paraître et qui est son premier roman. Amateurs de romans psychologiques et d’ambiance, celui-ci est pour vous.

A Saint Louis, petit village proche de Mulhouse, le restaurant de la Cloche trône sur la place. Tous les midis, Manfred Bowman vient y manger, ainsi que le jeudi soir. Bowman est le directeur de la banque. C’est un personnage renfermé, mystérieux et discret. Il n’est pas marié, même pas en couple et on ne lui connait pas de liaison. Par contre, il aime regarder Adèle Bedeau, la serveuse, se déplacer se déplacer dans la salle, se pencher sur les tables pour les nettoyer. Il aime regarder son chemisier s’ouvrir légèrement pour apercevoir les bretelles de son soutien-gorge.

Un soir, Adèle a fini son service et Bowman sort juste après elle. Comme ils prennent la même direction, il la suit à quelques mètres de distance. Il s’imagine qu’elle va lui adresser la parole, qu’ils pourraient peut-être prendre un verre. Soudain, elle s’arrête à un coin de rue. Ils échangent quelques mots puis une moto débarque et un jeune homme l’embarque après lui avoir passé un casque. Le lendemain, Adèle ne vient pas au travail.

L’inspecteur Georges Gorski est en charge de cette enquête. D’un naturel plutôt débonnaire, il va interroger plusieurs personnes. En parallèle, des battues sont organisées pour retrouver la jeune femme. Quand il interroge Bowman, l’entrevue est cordiale et Bowman décide mentir quand on lui demande s’il a vu Adèle. Gorski fait montre d’une belle obsession, liée à une affaire qui date de 20 ans, où le corps d’une jeune femme a été retrouvé étranglé dans les bois autour de Saint Louis. La disparition d’Adèle remue de douloureux souvenirs et son incapacité à trouver le coupable.

Adeptes de romans d’action, passez votre chemin. Ce roman est un roman psychologique, qui va décrire dans le détail les réactions des deux personnages principaux, Bowman et Gorski. Pour chaque événement, somme toute banal, Bowman va s’inquiéter des interprétations des autres sur lui, de sa possible implication dans une disparition à propos de laquelle il n’y est pour rien. Gorski va lui se poser des questions sur ce qu’il est, sur ce qu’il fait et sur ce qu’il devrait faire, se dévalorisant tout le temps par rapport à ce que les autres attendent de lui.

Bowman est du genre à se glisser dans le trou d’une souris, du genre à ne pas vouloir faire de vague, du genre à vouloir qu’on l’oublie. Pour vivre heureux, vivons caché, serait sa maxime. Gorski porte sa croix depuis la condamnation d’un innocent lors d’une affaire qui date de 20 ans. Il ne se remet pas de cette affaire, et veut donc toutes les preuves avant d’avancer quoi que ce soit. Même sa femme, sa belle famille le considèrent comme un mauvais policier, alors que lui ne cherche pas la gloire mais juste redorer son blason, sa réputation, l’estime qu’il a de lui-même.

Le rythme est lent, lancinant comme la vie des petits villages, où il ne se passe pas grand’chose. L’auteur va nous montrer finalement la vie normale des gens normaux, y ajoutant les angoisses des protagonistes. C’est une des forces de ce roman. On arrive à s’imprégner de l’ambiance d’un petit village, de suivre le rythme nonchalant et de se passionner par les réactions de Bowman ou Gorski. C’est cette grande qualité qui le rapproche des romans d’Albert Simenon.

Et ce n’est pas une référence jetée au hasard. On peut aussi y ajouter Claude Chabrol, cité dans la préface, par l’auteur lui-même. D’ailleurs, dans cette préface, l’auteur imagine la biographie imaginaire de Raymond Brunet qui aurait écrit ce roman en 1982, roman qui aurait été porté à l’écran en 1989 par Claude Chabrol. Ce roman est un bel hommage envers ces auteurs qui ont su recréer la vie des villages, sans esbroufe.

 

Miasmes d’Elisabeth Sanxay-Holding

Editeur : BakerStreet editions

Traducteur : Jessica Stabile

Depuis quelque temps, des éditeurs vont déterrer des romans anciens qui n’ont jamais été publiés en France, et leur donnent une chance. Si certains sont surtout intéressants pour des raisons anthropologiques culturelles (j’ai trouvé cette expression dans le Larousse), d’autres méritent très largement que l’on s’y intéresse. Miasmes d’Elisabeth Sanxay-Holding est un must de roman psychologique.

Alexander Dennison est un jeune docteur qui n’a qu’un seul objectif : pouvoir s’installer à son compte avant d’épouser sa fiancée Evie. Quand il s’installe à Shayne, les patients ne se pressent pas et les journées deviennent longues. Son rêve de mariage s’envole, à son grand désespoir.

Quand le docteur Leatherby le convoque, c’est pour lui proposer de le seconder, car il devient trop âgé pour assurer ses visites à l’extérieur et les consultations dans sa grande demeure. Evidemment, Dennison accepte de suite, d’autant plus qu’il est logé sur place et qu’on lui propose une avance sur son salaire qui va lui permettre de s’acheter des habits convenables.

Dennison doit donc s’adapter à un nouvel environnement, dans une grande demeure, avec pléthore de domestiques, sans qu’on lui explique clairement les rôles des uns et des autres. Bien vite, le doute s’insinue dans l’esprit de Dennison. La secrétaire du docteur, Miss Napier, lui dit qu’il n’aurait jamais du accepter ce poste. Quand il apprend qu’un des patients du docteur est mort de crise cardiaque, alors qu’il était en consultation la veille, Dennison essaie de comprendre ce qui se passe dans cette maison.

Alors que c’est un roman psychologique, l’atmosphère devient vite mystérieuse, puis angoissante avant de se transformer en une explication finale regroupant tous les protagonistes, comme le fera par la suite la grande Agatha Christie. A part la dernière scène que l’on peut juger datée, le roman est d’une modernité impressionnante, ce qui démontre finalement que l’Homme n’évolue que bien peu en un siècle !

Le docteur Dennison est donc au centre d’un environnement et l’auteure va donc nous décrire les événements, en les faisant suivre par les interprétations de Dennison. C’est remarquablement bien fait et surtout remarquablement efficace. Car cela ne nous donne que la vision que Dennison a d’une situation qu’il ne comprend pas. Et comme il est jeune et n’ose pas ni s’imposer, ni poser des questions, il en arrive à s’embringuer dans des histoires qui n’existent pas … ou qui vont se révéler totalement erronées.

En tant que lecteur, j’ai suivi le raisonnement de Dennison, la tête dans le guidon, sans jamais me douter de comment cela pouvait finir. Et jamais, je ne me suis demandé si ce roman avait été écrit en 1929 ou aujourd’hui. En cela, c’est un roman remarquable de modernité (Je l’ai déjà dit ? Bon, tant pis, je le répète). Et puis la fin soulève un problème très actuel à propos duquel on entend de nombreux débats encore aujourd’hui.

Je voudrais juste ajouter une dernière chose : ne croyez pas que parce que c’est un roman « ancien », tout se termine bien dans le meilleur des mondes. Si cela ne termine pas en drame, la toute fin se révèle est à la fois cruelle et bien noire. Avec tous ces arguments, je ne comprends pas que vous n’ayez pas encore acheté ce roman !

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul

Ceux qui grattent la Terre de Patrick Eris

Editeur : Editions du Riez

Depuis ma lecture de Les arbres, en hiver, je m’étais promis de lire un autre roman de Patrick Eris. Cela tombe bien, L’Oncle Paul avec fait un très bon billet sur Ceux qui grattent la Terre et c’est un roman que j’avais reçu par les éditions du Riez, que je remercie au passage. Si ce roman est à classer dans le genre Fantastique, on y trouve un aspect psychologique et mystérieux qui permet de le situer entre différents genres.

Karin Frémont est une jeune femme qui habite Paris et est chômeuse de longue durée. La proposition d’un emploi de secrétaire pour le célèbre auteur Harald Schöringen est pour elle comme une bouée de sauvetage. Harald Schöringen est en effet un auteur réputé pour ses analyses d’événements surnaturels, qui est paralysé et finit sa vie dans un fauteuil roulant. Donc cet homme ne quitte jamais son gigantesque appartement situé sur les hauteurs de Montmartre et reste bien souvent enfermé dans ses pièces privées.

Karin est reçue par la secrétaire Helen White, qui va bientôt quitter son poste. Elle lui explique qu’Harald Schöringen n’est pas difficile à vivre, ne quittant que rarement son bureau. Il a besoin de quelqu’un qui classe sa documentation impressionnante et qui fasse des recherches pour lui. Parfois, il demandera qu’on lui fasse la cuisine ou qu’on aille lui chercher une pizza au coin de la rue. Karin ne peut qu’accepter ce poste.

Parmi les personnages que karin rencontre, il y a Farida, la femme de ménage. Celle-ci n’a pas plus de prérogatives qu’elle : elle n’a pas le droit de pénétrer dans le bureau de Schöringen. Il y a aussi la concierge, personnage discret, dont la santé semble se dégrader de jour en jour. En effet, elle ne dort plus la nuit depuis qu’elle entend d’étranges grattements sur les murs en faisant un bruit obsédant : scriiitch… scriiitch…

Karin, avec cet emploi, peut reprendre une vie sociale normale. Elle se remet à sortir, avec ses amis quand son travail de classement d’archives lui laisse du temps. Il y a juste ces cauchemars qui lui pourrissent ses nuits où un homme habillé en noir l’observe …

Avec un personnage principal dessinée avec juste ce qu’il faut, ce roman va en étonner plus d’un par sa façon de jouer avec les ambiances et de faire monter le suspense, tout en réservant une sacrée surprise pour la fin. C’est Karin qui va occuper la majeure partie de l’histoire, et plus elle va avancer (vous pouvez choisir Karin ou l’histoire pour remplacer le elle !), plus les mystères vont s’accumuler, et plus le lecteur va se demander dans quoi il a mis les doigts, ou plutôt les yeux. A sa façon de décrire les petits gestes quotidiens, à sa façon de faire avancer doucement le fil de l’intrigue, pour soudainement nous mettre en face des yeux une scène mystérieuse ou carrément stressante, j’ai pensé à Stephen King.

Car la vie de cette jeune femme est somme toute simple. Malgré cela, le stress monte avec les autres personnages qui ne dorment plus (et on les comprend !), ou bien avec la disparition d’un voisin sans laisser aucune nouvelle. On se doute bien qu’il y a anguille sous roche, mais avouez qu’une anguille à Paris, c’est rare ! Donc on parlera plus des mystères (… de Paris).

Puis, Karin et Schöringen vont quitter Paris. On en est déjà à la moitié du livre et les questions qui hantent le lecteur n’ont pas trouvé de réponse. Le fait de décor ne fait qu’amplifier cette sensation de mal-être où l’auteur s’amuse à nous emmener quelque part, mais plus on avance dans le livre, moins on comprend où il veut nous emmener ! Jusqu’à la fin ! Mes amis, cette fin est de celles qui rendent un livre inoubliable. Elle est de celles dont je ne peux rien dire et dont j’ai envie de parler ! Quelle frustration ! Et la dernière phrase est … tout bonnement géniale ! Lisez ce livre hors du commun, il ne se revendique pas être un chef d’œuvre, n’en est pas un mais je peux vous garantir que vous ne l’oublierez pas. Et le soir, dans votre lit, au moment de vous endormir, peut-être entendrez-vous vous aussi ce grattement mystérieux contre les murs … scriiitch… scriiitch…

Ceux qui grattent la Terre s’avère un livre vicieux, obsédant, tout en simplicité.

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul

Espace Jeunesse : L’île du crâne d’Anthony Horowitz

Editeur : Hachette

Traducteur : Annick le Goyat

C’est un roman que m’a fortement conseillé ma fille de 11 ans, et je dois dire que je me suis beaucoup amusé avec cette lecture. En un peu moins de 160 pages, ce roman se révèle un excellent divertissement pour les petits et les grands.

David Eliot rentre du collège avec un carnet de notes lamentable. Son père Edward entre dans une colère noire quand il apprend que David vient d’être renvoyé. Mais que va-t-il devenir ? Le lendemain, un courrier arrive en provenance d’un collège situé sur une île et proposant d’intégrer David.

Cela ressemble à un cauchemar pour David. Le collège Groosham n’accorde qu’une journée de vacances et fait travailler les élèves comme des esclaves. Cette proposition plait tout de suite au père de David mais il a 30 minutes pour se décider. Quand celui-ci appelle, un homme lui répond qu’ils attendent David de suite.

Dans le train il fait la connaissance de Jeffrey et de Jill qui sont dans la même situation que lui. Jill vient de fuguer de son ancien collège, et ses parents ont aussi reçu une lettre louant les mérites de l’école et la décrivant comme un collège chic pour jeunes filles. Jeffrey a été renvoyé, car il a été surpris en train de fumer derrière les vestiaires de cricket ; la lettre que ses parents ont reçue présente Groosham Grange comme le collège parfait pour leur fils, mais cette fois-ci il est présenté comme une sorte de camp d’entraînement militaire.

David n’est pas au bout de ses surprises …

Ce roman va vous faire passer par toutes les émotions. La première partie qui se passe dans la famille de David est burlesque. Les gags sont très visuels et les dialogues très drôles. Cela ne laisse pas augurer de la suite, puisque pendant le voyage en train, l’inquiétude des jeunes gens ne fait qu’augmenter au fur et à mesure qu’ils partagent le peu de connaissances qu’ils ont de cette île.

Pendant la traversée pour rejoindre l’île, ils vont faire la connaissance des marins qui ressemblent plutôt à des monstres. Et le stress va continuer quand ils vont vivre des événements pour le moins inquiétants. Le stress va petit à petit se transformer en angoisse alors que le mystère se met en place. Rassurez vous, cela ne fera pas peut à vos petits car le ton reste léger. Et la fin se révèle finalement très amusante.

C’est donc un excellent moment de lecture que ce roman d’Anthony Horowitz, que l’on peut destiner aux petits et aux grands à partir de 10 ans. Et c’est finalement une excellente introduction au monde d’Harry Potter, que cette présentation du monde des enfants confronté à celui des adultes. Je vous le conseille fortement.

Espace Jeunesse : Les petits détectives Léo et Maya de Martin Widmark et Helena Willis

Editeur : Pocket Jeunesse

Traduction : Frédéric Fourreau

C’est chez l’ami Claude que j’ai pioché cette idée de lecture, et j’ai acheté les trois premiers romans pour mon fils de 7 ans (bientôt 8 ans !). Cette série est aujourd’hui composée de 3 enquêtes alors qu’une quatrième devrait arriver en 2017 et s’intitulera Mystère au camping.

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Mystère au cinéma :

Qui enlève des chiens à Valleby, la ville de Léo et Maya ?

Les propriétaires sont au désespoir : on leur réclame une rançon de cinq cents euros en échange de leurs petites bêtes adorées. Le temps presse. Léo et Maya décident de mener l’enquête, qui les conduira dans les recoins les plus secrets du cinéma Bio-Rio…

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Mystère au terrain de football :

Le jour du match le plus important de l’année est arrivé. L’équipe de Valleby, la ville de Léo et Maya, parviendra-t-elle enfi n à gagner ? Le nouvel entraîneur, Franco Bollo, y croit dur comme fer ! La coupe en argent scintille au soleil et attend son vainqueur… Mais alors que le match bat son plein, une série de phénomènes étranges perturbent le jeu.

Quelqu’un aurait-il intérêt à saboter la rencontre ? Pour Léo et Maya, c’est le moment d’entrer dans la partie…

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Mystère au club hippique :

C’est jour de course à l’hippodrome de Valleby.

Sara, qui participe pour la première fois, est rapidement distancée par les trois jockeys professionnels. Mais bientôt les chevaux de tête perdent du terrain et se comportent bizarrement. Que se passe-t-il ? Pour Léo et Maya, ça ne fait aucun doute : la course a été truquée !

Mon avis :

Si l’écriture est simple, et les dessins nombreux, la lecture est à mon avis à réserver à des lecteurs de l’âge de 8 ans ou plus. En effet, les personnages sont nombreux, et le livre est plutôt une enquête policière faisant appel au bon sens du lecteur. Donc, ceux qui aiment les romans d’aventures en seront pour leur frais. Ceci dit, je me suis fait avoir sur l’identité du coupable dans certains cas.

L’intrigue y est logique, et les deux petits détectives apparaissent en général vers le milieu de l’histoire, car la mise en place est longue. Il faut dire que l’on a à chaque fois affaire avec 8 à 10 personnages. S’ils sont reconnaissables, leur portrait dessiné en début de livre doit aider les jeunes lecteurs.

Ce sont de véritables petits romans policiers qui vont aborder différentes façons de mener une enquête policière. Dans le premier tome, le but est de trouver comment le coupable a réussi à cacher son forfait. Dans le deuxième, la solution est plutôt à chercher du coté du mobile. Quant à la troisième, c’est une histoire retorse qui fera appel à de la ruse, comme l’aurait fait Colombo.

Bref, voilà une nouvelle série, pas forcément facile à aborder pour des enfants de moins de 8 ans, qui permettra de savoir si vos petites têtes blondes apprécient les enquêtes policières. Et je peux vous dire que les parents passeront une heure de lecture bien agréable. Ma préférence va à Mystère au terrain de football, avec son intrigue retorse.