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L’été des meurtriers de Oliver Bottini (Editions de l’aube)

J’en avais parlé lors d’un billet d’information du mardi, les quatrièmes de couverture me plaisaient beaucoup. Rien que l’idée de rencontrer un nouveau personnage récurrent, féminin, c’était suffisant pour que je me penche sur cet auteur.

2003, Kirchzarten, près de Fribourg. Nous sommes en plein été et il fait chaud, très chaud. Une grange, perdue au milieu des champs, brule. Adam Baudy est le premier à s’en apercevoir et il prévient les pompiers. Plusieurs casernes déplacent leurs véhicules, surtout pour éviter que le feu se propage aux champs ou forêts avoisinants. Baudy reste aux environs, il sait quoi faire dans ces cas là, il est pompier volontaire.

Le feu est vite maitrisé. Les pompiers s’apprêtent à aller fouiller les décombres, mais ne s’attendent pas à trouver quoi que ce soit, sauf du foin carbonisé. Mais Baudy a l’impression que le sol est prêt à s’effondrer, alors qu’on lui dit qu’il n’y a pas de cave. Gubnik, un des pompiers, s’avança vers la grange d’où s’échappe encore des fumées. Quand tout d’un coup, une gigantesque explosion secoue le bâtiment détruit.

Effectivement, il y avait une cave. Et dons la cave, on trouve quelques centaines d’armes, des armes de guerre. Mais on n’y trouve pas de munitions. Ce dépôt appartient-il à des extrémistes, des groupuscules néonazi, ou bien est-ce tout simplement une cache servant à un trafic d’armes à l’international. Louise Boni va mener l’enquête.

Quand on commence un roman d’un nouvel auteur, il y a forcément une phase d’adaptation à son style. Dans le cas d’Oliver Bottini, il faut savoir qu’il ne décrit jamais les lieux où évoluent ses personnages, il centre l’essentiel de ses actions sur ses personnages. De même, les dialogues sont réduits à leur plus simple expression, avec des réparties qui semblent incomplètes. Mais c’est aussi une façon de faire participer le lecteur, comme pour montrer que quand on parle, on discute beaucoup à demi-mot. Au début, c’est franchement déroutant ; puis au fur et à mesure, on se laisse prendre au jeu.

Car les qualités de cet auteur sont cette façon qu’il a de mener son intrigue. Il part d’un fait divers tout simple, et petit à petit, il rajoute sur la base de son gâteau une couche, puis une autre, puis une autre. Il ne s’encombre pas de fausses pistes, mais préfère plutôt creuser son sujet par couches successives. Et quand on veut montrer l’ampleur du trafic d’armes dans le monde, l’hypocrisie de nos politiques, la façon dont est organisé le meurtre des gens qui sont au dehors de nos frontières, ce procédé est redoutablement efficace. Rassurez-vous, je n’ai rien dévoilé de l’intrigue ! Mais sachez que Oliver Bottini aime secouer son lecteur, lui foutre des baffes pour que le propos entre bien dans sa petite tête lobotomisée de téléspectateur, qui s’abreuve de séries ou de films ineptes.

Evidemment, l’auteur ne propose pas de solution, il dénonce, il découvre, il montre ce qui se passe tous les jours. Loin d’être fait sur un ton fataliste, l’ensemble est tout de même bien pessimiste, à l‘image de son personnage principal, Louise, qui est l’autre énorme atout de ce roman. Elle est une ancienne alcoolique et revient d’une cure de désintoxication. Si Oliver Bottini passe beaucoup de temps à nous montrer son combat contre la rechute, il nous fait surtout partager sa souffrance, sans que cela soit trivial, évident, nunuche. J’ai adoré ce personnage, j’ai adoré ces moments où elle se retrouve dans son salon à regarder sa bouteille d’alcool sur la table du salon à se dire : « Pas aujourd’hui ». Pour faire une comparaison, j’ai trouvé dans ce personnage beaucoup de Malin Fors, le personnage de Mons Kallentoft. On y trouve aussi le regard que portent les autres, ses collègues, sur le retour de l’alcoolique au sein du service. Toutes ces scènes sont remarquables.

L’été des meurtriers, c’est la deuxième enquête de Louise Boti. Si on peut lire celle-ci sans avoir lu la précédente, je pense qu’il serait bien de lire Meurtre sous le signe du zen, avant d’attaquer celle-ci. Je ne l’ai pas fait et je pense que cela permettrait de s’imprégner plus facilement du service et des noms des collègues de Louise. Et ce que vous devez retenir, c’est que ce roman est d’une noirceur et d’un réalisme impressionnant. Et qu’à la fin, on a envie de crier : Courage Louise, j’arrive !

Ne ratez pas l’avis de Garoupe sur l’été des meurtriers ainsi que sur Meurtre sous le signe du zen

L’information du mardi : Un nouveau personnage à l’Aube

Les éditions de l’Aube sortent en ce mois de septembre une nouvelle série, avec un personnage récurrent féminin. Il y a plusieurs raisons pour s’intéresser à cette série. Tout d’abord, le personnage principal est un personnage féminin. Ensuite, c’est un roman policier allemand. Enfin, les 4èmes de couvertures sont bigrement alléchantes. Jugez en par vous-même :

L’été des meurtriers de Oliver Bottini

Eté des meurtriers

Publié dans une dizaine de pays. 3e prix du Polar allemand 2007 (90 000 exemplaires vendus)

Présentation du livre :

Kirchzarten, un paisible village au milieu des forêts, une quiétude que rien jamais ne vient troubler… jusqu’au jour où une grange prend feu. Cet incendie on ne peut plus banal dégénère soudain en une catastrophe d’une ampleur insoupçonnée : le sous-sol de la grange recelait une importante cache d’armes de guerre. Quand Louise Boni, commissaire de police à Fribourg, commence l’enquête, elle n’imagine pas où elle met les pieds. Terrorisme venu de l’ex-Yougoslavie ? Terroristes pakistanais ? L’enquête piétine quand un homme fait irruption dans son appartement et prétend être membre des services secrets. Il exige qu’elle oublie la piste pakistanaise et rentre gentiment à Fribourg… Un rythme à perdre haleine et une enquête digne des plus grands !

Presse : «Bottini s’exprime à travers des images recherchées, dans un langage clair et exempt de toute banalité, de tous clichés. Il signe une synthèse du roman littéraire et policier. » Mechtild Blum, Badische Zeitung

Meurtre sous le signe du zen de Oliver Bottini Meurtre sous le signe du zen

Publié dans une dizaine de pays.

Présentation du livre :

Louise Boni, détective à la section d’intervention de la criminelle de Fribourg, 42 ans, divorcée, vit un samedi comme tous les autres : elle travaille. Il neige et elle déteste la neige, qui lui rappelle le jour où un accident a tué son frère, le jour où son mari l’a quittée et le jour où elle a tué un homme. Elle est donc plongée dans la contemplation des flocons qui ravivent chez elle de mauvais souvenirs quand elle reçoit l’appel le plus étonnant de sa carrière : son supérieur l’envoie à la recherche d’un moine bouddhiste errant dans les rues de Breisgau, vêtu d’une simple toge et de sandales.

Presse : « Il y a longtemps que personne n’avait écrit ainsi, avec une telle force, une telle puissance dans les images. » Die Zeit

Présentation de l’auteur :

Oliver Bottini est né à Nuremberg en 1965. Il grandit à Munich, où il étudiera la littérature moderne et l’italien. Installé à Berlin, il décide de se lancer dans l’écriture d’une série policière mettant en scène un personnage féminin, Louise Boni