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Encore et toujours des novellas …

Je vous propose deux romans, 2 novellas comme on les appelle, écrites par 2 auteurs que j’adore. Faites vous plaisir !

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Mortelle sultane de Marek Corbel

Editeur : Horsain

Quatrième de couverture :

12 janvier 2015. Le lendemain de la manifestation « Charlie », Sihem, une jeune célibataire en difficulté, issue des cités du 93, entame une longue cavale. Accompagnée par deux improbables complices, Diane et Laurence, elle revisite durant cette fuite les dernières heures précédant le forfait dont elle est complice.

Une semaine plus tôt, le capitaine Belkacem, sous la protection paternelle de son vieil ami Francis Duval, se remet doucement en selle à la brigade financière où il vient d’être affecté. Aux dires d’un de ses indics, un braquage tout en douceur est prévu prochainement dans un magasin de luxe. Une course-poursuite s’amorce, dans un Paris pétrifié par les attentats du mois de janvier.

Né dans le Finistère, Marek Corbel travaille, dans le civil, comme juriste pour le ministère de l’Éducation Nationale, Paris. Il évolue entre le roman noir à coloration politico-historique, et le polar régional, plus classique. Ses influences en matière d’écriture sont diverses puisqu’elles proviennent aussi bien de « Un Pays à l’aube » (Dennis Lehane) que des auteurs du néo-polar français.

Mon avis :

Dans cette novella, nous allons suivre alternativement un capitaine de police avant l’attentat de Charlie, puis la cavale de Sihem qui vient de commettre un vol. Si les chapitres sont courts et confèrent un rythme à l’intrigue, il vaut mieux avoir lu la quatrième de couverture pour le savoir. Car j’ai trouvé que cette lecture demande une certaine concentration et un certain effort pour comprendre comment ces 2 trajectoires s’emmêlent (ou pas).

Si cette nouvelle n’est pas parfaite, on peut y apprécier l’ambition de cet auteur, et son art d’user et d’abuser du style direct et des non-dits. Chaque chapitre est d’une efficacité redoutable, et c’est aussi le reproche que je ferai à cette nouvelle : A trop abuser de style direct et de ne pas être explicite, on y perd le lecteur. Du coup, je me suis retrouvé avec une somme de scènes qui, prises une à une, sont très bien faites mais qui mises ensemble, manque de liant, d’un début et d’une fin. En gros, j’aurais aimé quelques dizaines de pages en plus !

Ceci dit, c’est une excellente occasion pour vous lecteur curieux de découvrir un nouvel auteur, prometteur en devenir ; du moins, c’est mon avis. Allez lire aussi celui de l’oncle Paul.

CAT 215

CAT 215 d’Antonin Varenne

Editeur : Manufacture de livres

Quatrième de couverture :

Un jeune mécanicien, Marc, « qui répare des choses inutiles depuis toujours », accepte de quitter la métropole et sa compagne Stef, pour rejoindre en Guyane son ancien patron, Julo. Celui-ci a un projet dément : devenu orpailleur, trafiquant d’or, il doit changer le moteur d’une monstrueuse pelle Caterpillar 215 qu’il a entrepris de faire convoyer par un ancien légionnaire Jo et un mystérieux Brésilien qui l’assiste dans cet enfer vert. La machine, après avoir avalé des kilomètres, est immobilisée au milieu de la forêt, loin de la mine sauvage. Aidé d’un piroguier, Marc rejoint les deux hommes et va s’atteler à réparer la bête d’acier et de feu au milieu du paysage dans lequel l’engin s’est frayé un passage en luttant contre la jungle à la fois fragile et menaçante. Les hommes vont alors se battre bardage contre leur propre folie, contre cette nature qui les fait souffrir et qu’ils torturent en vain au pied de la pelleteuse, plantée au milieu de la forêt, à la fois imposante et ridicule. Enorme quand ils se tiennent à côté, ridicule face à ce qui l’entoure.

Antonin Varenne, alpiniste du bâtiment, charpentier, a travaillé en Islande, en Guyane et aux Etats-Unis. Avec Fakirs, il reçoit le grand prix Sang d’encre, le prix Michel-Lebrun et le prix du meilleur polar des lecteurs de Points. Le Mur, le Kabyle et le Marin a reçu le prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes, le prix du polar francophone et le prix Amila-Meckert. Il vient de publier Battues à la Manufacture de livres et Trois mille chevaux vapeur chez Albin Michel (Le Livre de Poche)

Mon avis :

J’ai retrouvé dans cette novella toutes les raisons pour lesquelles j’adore Antonin Varenne. Je le connaissais excellent dans le polar et le roman noir (xxx). Il m’avait époustouflé dans le roman d’aventures (xxx). Eh bien cet auteur est aussi génial dans des nouvelles. Sur un format aussi court, et avec une histoire aussi simple, Antonin Varenne nous passionne pour ce mécanicien qui part au bout du monde travailler pour de l’argent. Il abandonne famille et patrie et se lance vers l’inconnu … ou presque puisqu’il a déjà effectué ce genre de mission par le passé.

Avec une économie remarquable de mots, de phrases, l’auteur arrive à nous passionner, à nous faire vivre au milieu de la jungle, à voir les gouttes de sueur sur les fronts, à sentir la moisissure de la jungle, à entendre des bruits étranges venant du fin fond de la forêt menaçante. On sent que l’auteur s’est amusé à écrire cette nouvelle, et le plaisir est communicatif pour un voyage dans une contrée inconnue.

Ne ratez pas l’excellent avis de l’ami Yvan

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Ce qui reste en forêt de Colin Niel (Rouergue noir)

J’avais beaucoup apprécié le premier roman de Colin Niel, Les hamacs de carton, qui malgré une intrigue simple, nous faisait découvrir un nouveau personnage attachant, en la personne du capitaine Anato. Voici donc sa deuxième enquête.

En Guyane, à la station scientifique de Japigny, tout le monde est en émoi : le célèbre chercheur et responsable de la station Serge Heuerstein a disparu. Il est parti dans la jungle, probablement à la recherche d’une espèce animale ou végétale rare et n’est pas revenu. Or, dans ce milieu hostile, la survie d’un être humain ne dépasse pas la journée. Tous les scientifiques sont réquisitionnés, et la gendarmerie est prévenue.

Bizarrement, des coups contre un tronc d’arbre mettent les sauveteurs sur la piste du corps de l’éminent scientifique. Il est mort, retrouvé au fond d’une grotte. Le corps porte de nombreuses traces, et les questions fusent : est-il tombé ? A-t-il été torturé ? Peut-être s’est-il trop approché d’un camp d’orpailleurs ? En effet, dans les forêts guyanaises vivent plusieurs milliers de personnes, en situation clandestines, recherchant l’or jaune, des pépites d’or.

Le capitaine Anato va mener l’enquête, aidé en cela par les lieutenants Vacaresse et Girbal. Et la situation ne va pas être facile pour le capitaine car bien vite, de nombreuses pistes s’offrent à lui : Les orpailleurs, jalousie scientifique ou juste drame conjugal. La résolution de l’enquête va être bien difficile et totalement inattendue.

Nous retrouvons avec grand plaisir le capitaine Anato, que nous avions rencontré lors d’une première enquête et qui constituait le premier roman de Colin Niel. Ce personnage, fort prometteur, droit et honnête, est en fait quelqu’un qui a été élevé en métropole et qui est revenu dans sa contrée natale à la suite de la mort de ses parents dans un accident de voiture. S’il est rare de voir un homme de couleur à la tête de la gendarmerie, s’était porté sur lui aussi bien pour ses compétences que pour des raisons politiques. Dans cette enquête, le voile sur le passé de ses parents ne se lève pas, il semble même s’épaissir alors qu’il apprend (par oui dire) qu’il aurait peut-être un demi-frère. Voilà donc de quoi perturber notre capitaine si professionnel et distant vis-à-vis de ses hommes.

Dans ce roman, on retrouve tout ce qui faisait le charme du premier tome, à savoir cette Guyane, et alors que nous avions découvert la ville, nous voici en partie plongé dans la forêt amazonienne, en partie seulement puisque c’est le lieutenant Vacaresse qui est envoyé sur place. Et ceux qui regrettaient que l’intrigue soit légère dans Les hamacs de carton vont en avoir pour leur grade. Colin Niel a soigné son intrigue, ses fausses pistes, ses tiroirs vides, ses pistes potentielles. Sans pour autant perdre son lecteur, car Colin Niel est bigrement doué pour raconter une histoire, il écrit avec Ce qui reste en forêt un très bon roman policier.

Excellent quand il s’agit de parler des terres vierges, excellent quand il s’agit de décrire au plus prêt ses personnages, excellent aussi dans ses dialogues, ce roman policier est un excellent cru à propos duquel on se dit qu’il va encore mieux faire dans le prochain. Bref, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman et je serai au rendez vous du prochain. Et n’oubliez pas : Ce qui se passe dans la forêt, reste en forêt.