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Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint

Editeur : Editions La contre-allée

J’ai rencontré trois ou quatre fois Pascal Dessaint lors de salons, en particulier à Paris et à Lyon en avril dernier. Evidemment, je ne lui ai rien acheté puisque j’ai tous ses livres à la maison. Je me rappelle la première fois que je l’ai vu, je lui ai expliqué que j’avais tous ses livres puisque je collectionne les Rivages Noir, et j’ai ajouté comme un con que j’avais les 500 premiers Rivages Noir. Il a du prendre ça comme une vantardise de ma part, et il m’a rétorqué qu’il les avait tous ou presque. En fait, je voulais juste lui dire que j’aimais ce qu’il écrivait. Mais c’est parfois compliqué de dire simplement les choses simples.

Depuis, à chaque fois que je le rencontre, c’est-à-dire une fois par an environ, on parle de son dernier roman en date. Je lui dis franchement ce que j’en pense, si j’ai aimé ou pas. Je pense qu’il apprécie, je l’espère en tous cas. Je lui ai dit combien Le chemin s’arrêtera là m’avait déprimé. Il m’a expliqué qu’il n’y aurait pas eu ce roman là, s’il n’y avait pas eu auparavant Les derniers jours d’un homme, roman que j’ai aussi adoré.

Et puis, il m’a montré un tout petit roman à la couverture sobre, verte et bleue, en me disant : « Celui-ci, tu ne dois pas l’avoir. J’espère que tu aimeras. » Il ne m’a pas dit : « J’espère que tu en parleras sur ton blog. » C’est bête, mais j’ai apprécié cette phrase, sa justesse, son honnêteté. Après coup, je me suis dit qu’effectivement, avant d’être un blogueur, je suis un lecteur, et que, ce qui est important pour un lecteur, c’est d’éprouver du plaisir à la lecture, et pour un auteur, d’avoir un retour sur les sensations et les avis de ses lecteurs.

C’est pour cela que j’ai décidé d’en parler. Quelques pas de solitude est une nouvelle en cinq parties. Dans ce roman, Pascal Dessaint ne raconte pas d’histoire, ne nous raconte pas une histoire, mais se raconte son histoire. Les parties alternent entre ses balades dans la forêt et ses souvenirs personnels et douloureux, dramatiques.

De ses balades, on retrouve son amour pour la nature, ce plaisir simple de s’arrêter au milieu de nulle part pour écouter le chant des oiseaux. Ou bien, de regarder une tortue traverser une rue. A la fois simple dans le propos, mais difficile sur le fond, Pascal Dessaint arrive à nous faire ressentir à la fois l’environnement qu’il sent mais aussi son plaisir à communiquer silencieusement avec la nature.

De ses souvenirs, écrits tout en finesse, il n’y a pas de pleurs, pas de volonté de s’étaler. Il parle du suicide de son frère, simplement, comme un événement qui l’a marqué, qui l’a façonné, qu’il a eu du mal à digérer mais qu’il a accepté comme faisant partie de sa personnalité. Ces passages sont poignants car écrits avec beaucoup de respect et de retenue. On a aussi l’impression de le connaitre un peu mieux, ou du moins de l’apprécier un peu plus, grâce à ces phrases si simples et si subtiles.

Après ces quelques 25 pages, on a l’impression d’entendre Pascal Dessaint nous dire : « Voilà, c’est moi. Ce n’est pas plus compliqué que cela. » Et même si le prix de 6 euros peut vous sembler cher, sachez que ce qui est dedans vaut au moins dix fois plus.

Ne ratez pas l’avis de Gilles Vidal

Le chouchou du mois de mars 2015

Ce mois de mars a été un sale mois pour le polar. Je voulais rendre un petit hommage à deux auteurs disparus, dont je reparlerai dans ma rubrique Oldies, que je devrais rebaptiser Hommage pour l’occasion. Abdel Hafed Benotman et Francisco González Ledesma nous ont quittés, avant de voir le printemps.

En ce qui concerne les chroniques, comme tous les ans, j’aurais mis beaucoup d’avis en ligne, car j’avais envie de défendre des romans qui en valent le coup. Commençons par par la rubrique Oldies, avec un formidable roman noir entre exercice de style et critique féroce de la justice. Il s’agit de A coups redoublés de Kenneth Cook (Livre de poche).

En ce mois de mars, j’aurais continué la lecture de séries telles que celle consacrée à Luc Mandoline, thanatopracteur de son état, édité par L’atelier Mosesu. Les épisodes 3 et 4 se nomment Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur et Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot. Si ce ne sont pas, à mon gout, les meilleurs de la série, ils ont le mérite de continuer la série et d’offrir des romans divertissants. J’aurais aussi chroniqué la fin de la série de Mémé Cornemuse qui clôt le cycle en forme de fanfare, avec de la bonne humeur au programme et de l’émotion aussi. Tout cela est à découvrir dans Maboul Kitchen de Nadine Monfils (Belfond).

Vous connaissez mon intérêt, voire ma passion pour les premiers romans. Ce mois-ci, deux nouveaux auteurs sont à ajouter à ma liste personnelle. Les Belges reconnaissants de Martine Nougué (Editions du Caïman) est un roman policier dans la plus pure tradition, qui se démarque par son acuité dans l’observation de la vie d’un village. Même pas morte ! de Anouk Langaney (Albiana) quant à lui est un fantastique roman noir humoristique sur une mémé flingueuse à qui on annonce qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ces deux auteures sont à suivre de près, foi de Black Novel.

Au niveau des découvertes, deux romans m’auront emballé. Le premier, Qui veut la peau d’Andreï Mladin ? de George Arion (Genèse éditions), est un pur polar, le genre de roman pour lequel on lit ce genre de littérature, drôle du début à la fin, mais pas seulement : écrit sous Ceaucescu, c’est, avec du recul, un brulot passé entre les mailles de la censure que nous avons la chance de découvrir. L’autre roman, c’est une sacrée surprise : il s’agit de L’homme de la montagne de Joyce Maynard (Philippe Rey). Et là, il s’agit d’un roman écrit comme une autobiographie qui raconte l’adolescence de la fille d’un flic. C’est bouleversant tellement c’est beau, tellement c’est triste.

Enfin, il y a les auteurs que j’aime et que je suis à chacune de leurs publications : il y eut Les neuf cercles de RJ.Ellory (Sonatine)  où j’ai enfin retrouvé ce style hypnotique que j’aime tant, qui pourrait m’emmener n’importe où. Il y eut Première station avant l’abattoir de Romain Slocombe (Points) où Romain Slocombe nous montre à nouveau son savoir faire dans la construction d’intrigues solides avec un contexte historique fort. Enfin il y eut L’archange du chaos de Dominique Sylvain (Viviane Hamy), où Dominique Sylvain nous introduit un nouveau couple d’enquêteurs dans une traque de serial killer, à la fin de laquelle on ne souhaite qu’une chose : lire la suite.

Le titre du chouchou du mois, même s’il fut bien difficile à choisir, revient donc à Le chemin s’arrêtera là de Pascal Dessaint (Rivages) pour ce portrait désenchanté et foncièrement pessimiste. Mais il y a une beauté dans ce désespoir, celui du style de l’auteur et de la bassesse de ses personnages.

Après ce mois plein de lectures réjouissantes, je vous donne rendez vous le mois prochain. D’ici là, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chemin s’arrêtera là de Pascal Dessaint (Rivages Thriller)

Je n’avais pas trouvé le temps d’ouvrir son précédent roman, Maintenant le mal est fait, alors je ne pouvais pas rater celui-là. Pascal Dessaint nous donne un roman noir, social, comme il a l’habitude de le faire, dans la veine de Les derniers jours d’un homme, en donnant la parole à différents personnages.

Ce roman est composé de cinq tableaux, eux-mêmes divisés en chapitres, chaque chapitre donnant la parole à un personnage. C’est donc un roman choral qui nous plonge dans une région imaginaire, en bord de mer, où les chantiers navals ont été fermés pour des raisons économiques. De ces paysages désertés, ne restent que des fantômes, des âmes errantes en quête de survie, des gens laissés sur le bas-côté.

Il y a Louis, 16 ans. Il vit dans une écluse où il n’y a plus rien à faire. Les portes sont commandées automatiquement. Mais lui et son oncle Michel peuvent bénéficier de la maison du gardien de l’écluse. Sylvie, qui fut la femme de Michel, repasse par l’écluse il y a 10 ans. Louis ne s’en rappelle pas, si ce n’est que son départ est arrivé quand sa mère est morte, écrasée par un camion. Sylvie est venue leur annoncer qu’elle est malade, qu’elle a de plus en plus de mal à supporter la chimiothérapie.

Il y a Jérôme. Il vit sur les bords des dunes, ou plutôt tente de survivre avec rien. Le paysage est de plus en plus noyé par le sable. Il était soudeur. De son rêve de travailler sur des plateformes pétrolières, entouré d’eau, il se retrouve entouré de sable, avec une maison qui part en décrépitude … comme sa vie.

Il y a Cyril. Il est arrivé là par hasard, et campe pas loin de la petite écluse. Il habite une petite caravane avec Mona, sa fille, qui travaille au village, dans une parfumerie. Son passe temps, c’est de regarder les pingouins au loin et les oiseaux. Le soir, son petit plaisir, c’est de regarder sa fille se déshabiller. Mona, c’est son ile déserte à lui, même s’il préférerait être plus gentil avec elle.

Il y a Gilles. Lui, son envie, c’est de tuer un phoque, pour se venger des coups reçus de son père. Sa mère, elle, fermait les yeux. Alors il regarde inlassablement la mer, avec l’espoir d’apercevoir un phoque. Parfois, avec Gilles, ils entrent dans des blockhaus, se font des pique-niques.

Il y a Wilfried. Il passe ses journées à la pêche, à faire du surfcasting. Mais il ne pêche pas pour manger. Quand il ramène des poissons, il les laisse sur le bord, à mourir. Sa femme est fan de sport. Alors elle a donné à leurs trois garçons les prénoms de Tony, Carl et Lance. Mieux vaut aller à la pêche que supporter ses gosses. Il se rappelle une jeune femme qui était venue le voir. Elle s’appelait Laurence. Pris d’une soudaine envie, il l’avait violée. Mais elle n’avait pas intérêt à porter plainte …

D’un personnage à l’autre, la vie passe, les petits événements se déroulent. Alors qu’il n’y a rien à faire, chacun déroule sa petite pelote de laine, dans un langage simple, avec ses petites réflexions. Ils n’ont pas conscience de toutes les décisions politiques, juste des conséquences sur leur vie à eux : Ils ont été lâchement abandonnés, comme on laisse des chiens sur les parkings d’autoroute l’été.

Il vaut mieux avoir le moral pour lire ce roman d’une noirceur extrême, d’une justesse incroyable. Ces différents portraits montrent une société qui avance mais qui laisse sur le coté des hommes et des femmes qui n’ont rien demandé et qui ne comprennent pas. Alors, l’homme n’a plus de notion de bien ou de mal et redevient animal, luttant pour la défense des siens, pour sa survie.

Il a une image très belle dans ces différents tableaux aux tons noirs et gris, que j’ai un peu adaptée à ma façon. Dans le chenal, les cargos arrivent, les machines viennent vider les marchandises. Les machines ont remplacé les hommes. Il n’y a plus d’accident du travail, il ne reste que des blessés de la vie.

Pascal Dessaint nous offre un livre noir, qui oscille entre poésie et noirceur, entre le bleu et le gris. Un roman d’une beauté foudroyante, d’une simplicité impressionnante. Mais il ne reste aucun espoir ici bas, quand l’homme devient une bête, il détruit ce qui l’entoure. C’est un livre noir, hanté de spectres qui vous hanteront longtemps la nuit. Et ces spectres, ce sont des hommes …

Le bal des frelons de Pascal Dessaint (Rivages Thriller)

L’année dernière, Pascal Dessaint nous avait ébloui avec Les derniers jours d’un homme, l’une de mes meilleures lectures de 2010. Voici son dernier en date, qui nous narre la vie d’un petit village.

Dans un petit village d’Ariège, on pourrait penser que la vie peut s’écouler paisiblement. On y rencontre Maxime, qui s’occupe de ses abeilles et qui retrouve le fils de sa compagne qu’il a quitté. On y trouve Rémi, voyageur solitaire, qui a vécu avec Mariel, jusqu’à sa mort accidentelle, et qui l’a déterrée pour avoir une compagnie. Il y a Antonin, gardien de prison, marié avec Martine, passe une retraite tranquille jusqu’à ce que sa femme Martine lui annonce avoir retiré toutes leurs économies et avoir caché l’argent en liquide.

Martine, pour sa part, a été amante du maire Michel, lequel bénéficie de sa position pour en tirer des avantages substantiels. Martine fait du chantage auprès de Michel pour qu’il assassine son mari. Coralie, la secrétaire de mairie, entend la conversation et pense que sa chance est enfin arrivée d’épouser le maire et de perdre son pucelage. Il serait temps à 46 ans !

Il y a aussi Loïk, ancien taulard, qui a souffert de Antonin quand il était en prison. Il vit avec Baptiste, ancien taulard aussi et fan de Status Quo, s’occupe de son hérisson Caroline et se veut se venger de Antonin. Au milieu de ce petit microcosme, Charles le gendarme connaît bien ses administrés. Il va être confronté à une vague de violence inédite dans ce village si calme en apparence, si idyllique sur le papier.

Au milieu de cette nature tranquille, dans un village aux abords sympathiques, que pourrait-il se passer d’extraordinaire ? En suivant les petites histoires de ses habitants, on s’aperçoit vite qu’ils sont tous un dérangés, plein de rancunes, emplis de haine et désireux de vengeance envers leur prochain. Plutôt que de suivre le cours tranquille rythmé par les saisons, la violence va faire son apparition, démontrant que, comme la nature, l’homme n’est rien d’autre qu’un animal, tuant pour des raisons autres que pour se nourrir.

Car, comme partout ailleurs, les habitants de ce village suivent leurs motivations primales, pour l’argent, le sexe et le pouvoir. L’intrigue va avancer grâce aux narrations de tous les protagonistes, chacun présentant une portion de l’histoire. Et si c’est redoutablement efficace pour fouiller leur psychologie, si c’est très bien construit pour éviter toute redite, je regrette juste que le style ne se soit pas adapté à certains d’entre eux. Par contre, les personnages sont tellement bien dessinés que l’on n’a aucun mal à suivre l’histoire.

Enfin, il y a l’humour. Selon les personnages, c’est du premier degré, placé dans les reflexions ou les dialogues, parfois c’est du deuxième degré, mais plus généralement, c’est du cynisme noir pur et dur, du style : « Qu’est-ce que c’est que la prison, j’y disais, sinon une usine à à fabriquer des récidivistes ? ». On en arrive, avec cette galerie de doux dingues en tous genres, d’êtres «d’une nature bizarre, azimuté du bulbe, dérangé sous le capot », que les seuls êtres sensés de cette histoire sont finalement les animaux qui traversent le roman.

Clairement, le ton est drôle, légèrement décalé, pour mieux démontrer l’absurdité de la psychologie humaine. Dans ce petit village, les gens sont les mêmes qu’ailleurs, ni plus dingues, ni plus intelligents qu’ailleurs. C’est un roman parfaitement construit avec lequel on passe un excellent moment de lecture noire.

Les derniers jours d’un homme de Pascal Dessaint (Rivages)

Pascal Dessaint, je le connais bien, ou du moins son oeuvre. Car elle est publiée chez Rivages Noir, et comme j’en fais la collection … Ce qui m’a décidé à lire celui-ci, c’est l’article de Jean-Marc intitulé Le grand roman noir de Pascal Dessaint, qui est dithyrambique. Et comme il est édité chez Rivages (donc en littérature), je serais passé au travers.

Cela se passe dans le Nord, dans une cité industrielle qui ne vit que grâce à l’usine Europa de zinc et de plomb. Tout le monde y travaille ou connaît quelqu’un qui y travaille. Deux personnages vont raconter leur histoire à quelques années d’intervalle : Clément et sa fille Judith.

Clément vient de perdre sa femme Sabine à la suite d’une opération bénigne, pour enlever un kyste. Elle ne se réveille pas de l’anesthésie, et Clément doit continuer à vivre pour sa fille Judith, alors agée de cinq ans. Clément a quitté l’usine où il travaillait à la sécurité, et est devenu élagueur. Mais le travail vient à manquer car les arbres meurent à cause la pollution de l’usine.

Judith a dix huit ans maintenant. Elle a été élevée par son oncle Etienne et raconte la vie du village, alors que l’usine s’apprêt à disparaître. Elle cherche des réponses à ses questions, cherche les racines qui lui manquent, au travers des discussions avec son oncle, mais aussi à l’aide des habitants du village qui ont connu son père.  Et de chapitre en chapitre, placés en alternance père / fille, l’intrigue se noue, le drame se construit, et la vie continue, comme elle peut.

Le livre est un drame constant. Le contexte est dramatique, les personnages sont dramatiques, les situations sont dramatiques. C’est un voyage dans le Nord auquel Pascal Dessaint nous convie, mais pas dans une grande ville parée de ses lumières. Non, ici, on est dans un petit village, qui ne vit que par et pour son unique usine. Pascal Dessaint décrit sans pathos ce que c’est que de vivre avec rien, au jour le jour, en ayant sans arrêt conscience de dépenser moins.

Ce n’est pas un roman noir, mais un roman gris. Tout dans le style est gris, peint par petites touches, le ciel, l’eau, les maisons, même les visages de ses habitants. Petit à petit, les indices (il n’y a plus de papillons, plus d’oiseaux, les arbres meurent …) s’amoncellent pour arriver à la conclusion que tout le monde connaît : L’usine les tue à petit feu. Mais c’est aussi elle qui les fait vivre. Difficile dilemne qui ne peut qu’aboutir à un drame. Comme le dit Jean Marc, tous sont des victimes, mais tous sont coupables à leur niveau.

Ce roman est un roman sur le monde ouvrier, qui ne peut faire autrement que travailler, que l’on a élevé dans le fierté du travail bien fait. Mais que vaut aujourd’hui le travail ? (Note à ceux qui vont me faire des commentaires assassins : ceci n’est qu’une question et pas mon opinion personnelle.) Comment être fier de soi quand on n’a même plus l’occasion de travailler ? Ce livre écrit comment les ouvriers seront toujours des victimes jusqu’à être des victimes consentantes, jusqu’à devenir des coupables … à leur niveau.

C’est un superbe roman et je regrette qu’il soit sorti en littérature plutôt qu’en roman noir. J’ai l’impression qu’il aura plus de mal à trouver son public. C’est un superbe roman sur les sentiments, sur la famille, sur les gens … normaux (pas ceux que l’on voit à la télévision), sur un scandale non explicitement nommé (Metaleurop), sur notre monde tel que nous l’avons construit, tel que nous sommes en train de le bâtir. Nous sommes tous coupables, à notre niveau. Lisez ce livre, et vous comprendrez pourquoi.