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Presqu’Îles de Yan Lespoux

Editeur : Agullo

Aux commandes du blog Encoredunoir, Yan Lespoux, pour son entrée en littérature, a choisi le format des nouvelles. Nous allons retrouver dans Presqu’îles 37 morceaux, 37 scènes de vie, 37 polaroïds comme autant de personnages soit se promenant en bord de mer, soit arpentant les bois pour une chasse, soit levant le verre de l’amitié. Yan nous propose une visite des Landes, peuplées de personnages hauts en couleurs.

Habitué à ses chroniques, le niveau littéraire ne m’a pas étonné ; par contre, la facilité à installer un décor, instiller une ambiance m’a passionné. Avant de se lancer dans une grande aventure, un grand roman, Yan a choisi des petits bouts de chemins comme des étapes avec des arrêts obligés, comme pour se rassurer. Et comme le dit Hervé Le Corre dans la préface, des 37 ballades nous font rencontrer un écrivain.

Ces histoires ont toutes un point commun, le sud-ouest ; pas celui des villes, mais celui compris entre les forêts de pin et la mer, souvent un petit village avec un bar. Là, on y discute des nouvelles (Carnet du jour), parce que c’est bien plus fiable que ce qu’ils nous montrent à la télévision ; on y devise sur Le premier noyé de la saison. On se moque aussi des gars de la ville (Le Bordelais), thème comique qui reviendra souvent comme une concentration du ressentiment que l’on peut avoir envers les autres, les étrangers. Mais il y a pire que le Bordelais, il y a Le Parisien ; et pire encore, L’écolo, excellente nouvelle comique. Le Charentais, en particulier, est une nouvelle digne d’un sketch comique, excellent.

Ce régionalisme, qui tend ici à se transformer au localisme, donne lieu à de beaux moments tendres et cyniques, comme dans Intégration où un jeune qui vient s’installer dans la maison de son grand-père pour monter une boutique de réparation de vélos, croit avoir gagné la reconnaissance voire l’amitié de ses copains d’enfance. Le thème devient encore plus fort dans Une vie, plus amer comme dans Une histoire d’amour, plus nostalgique dans Le couteau, ou plus drôle quand il aborde les conversations idiotes des piliers (L’Arabe).

Les bois, souvent noyés dans la brume, nous font admirer leur flore (Un secret), et parfois leur faune (Le cerf). Ils servent de décor, et donnent lieu à une des principales occupations du coin, les Parties de chasse, qu’elle soit aux canards (La loi de l’Ouest) ou au plus gros gibier (Dépeçage ou Le Cerf). Pour la cueillette des champignons, Le mirage donne lieu à un personnage très émouvant.

La mer, véritable joyau de la nature, permet un ressourcement qui vaut toutes les séances de yoga (Un jour parfait). Le flux et le reflux, les odeurs, les sons chatoyants permettent de prendre le recul nécessaire. La mer concentre l’autre activité de ces villages côtiers, la pêche, avec ou sans permis. La mer donne lieu à de vrais moments de nostalgie, lors des réunions entre copains (L’enjambeur)

Yan Lespoux n’oublie pas sa culture de base, et nous offre aussi des superbes scenarii noirs, de vrais petits polars comme Rencontre où un pêcheur va faire une mauvaise rencontre ; ou Cambriolage où 2 jeunes ratent celui d’une quincaillerie, sans oublier Incendie ou Moisson qui aborde la culture du cannabis ; à chaque fois, la chute est mémorable. Le voyage de Jésus est terrible de ce point de vue. Et quand il aborde la musique, ce sont de vrais moments de nostalgie qui nous émeut (Le chanteur) ou nous tire un sourire (Le concert fantôme).

Les personnages, tous attachants, sont formidablement vivants. Ils nous partagent leur vie simple, leurs bons moments, leurs conneries (Le Terre-Neuve), même si elles sont parfois fatales (En apnée). Ils se trouvent des Surnoms qui se veulent affectifs, mais peuvent être blessants. Si le ton se veut respectueux, on trouve de beaux moments de pure comédie, teintés d’humour noir. Sécurité routière où deux malfrats sont suivis par des gendarmes. On y trouve aussi de pauvres bougres, au bout du rouleau (Rien ne va plus) dont le destin se retrouve bien sombre.

Enterrement, qui clôt ce recueil, montre tout le talent de Yan quand il aborde avec sensibilité et émotion retenue l’enterrement d’un père. Là encore, la nostalgie des souvenirs passés alliée à la simplicité du style font de cette évocation un pur moment de tendresse.

Quelque soit le genre abordé, l’écriture vous prend par la main, pour vous présenter ces villages visités uniquement l’été par des hordes de touristes, ces villages, abandonnés par les autoroutes, où on passe le temps, simplement, en se laissant bercer par le doux flux des vagues. Chaque nouvelle montrera des personnages attachants que Yan Lespoux ne juge jamais, les rendant plus vrais que nature (Jamais mieux que chez soi). Et à chaque fois, la chute vous laissera coi, tant Yan montre la maitrise de cet art difficile, qu’est la nouvelle.

Sacré temps de chien de James Holin (Ravet-Anceau)

Décidément, le mois de septembre aura été l’occasion de lire des premiers romans. Celui-ci nous vient du Nord, bien que l’auteur habite en Ile de France, et nous parle de la Picardie. Je vous recommande de lire ce roman car il se pourrait bien que l’on entende prochainement parler de cet auteur.

Ce roman s’articule autour de deux personnages principaux :

Mireille Panckoucke est une journaliste d’une cinquantaine d’années qui habite à Saint Valery, en Picardie. Elle y a débuté sa carrière, puis a passé une vingtaine d’années comme grand reporter pour des journaux parisiens. A la suite d’un problème de santé, elle a du revenir à Saint Valery et se contenter d’un simple poste de journaliste local pour Le Courrier Picard. Elle a une fille adolescente, Julie, qu’elle a eu d’un précédent mariage et vit actuellement avec un célèbre critique de cinéma, Alexandre, qui vient de temps en temps passer un week-end dans sa maison.

Albert Emery est un petit truand qui a fait partie du gang des pêcheurs. Il a été condamné à cinq ans de prison, a bénéficié de remises de peine qui vont lui permettre de bientôt sortir de Fleury-Mérogis. Son rêve, c’est de récupérer son voilier, gardé par son oncle Marcel, et de partir pour les iles, au soleil. Mais avant, il doit retrouver François le Boulanger qui faisait partie du gang, qui s’en est sorti et qui se cache avec son argent.

Au courrier Picard, le journaliste qui s’occupe des tribunes politiques est malade. Le rédacteur en chef Jérôme Coucy demande à Mireille de pallier à cette défection et d’assurer quelques reportages concernant les élections législatives. D’autant plus que se présentent à ces élections Leleu, un propriétaire de bateaux de pêche local à moitié véreux et Mirlitouze un parachuté de la capitale. Dans ce contexte, il n’y a pas que les bateaux de pêche qui vont remuer la vase …

Surprenant, ce roman est surprenant. Car c’est un premier roman et je l’ai trouvé remarquablement maitrisé … et surtout remarquablement bien écrit. Car malgré le nombre de personnages, on s’y retrouve aisément puisqu’ils sont bien dessinés et vivants, et l’intérêt de la lecture est sans cesse relancé par des rebondissements multiples sans vouloir en mettre plein la vue.

En fait, je trouve que James Holin a écrit un polar honnête, plongeant dans cette région dont tout le monde a entendu parler mais que peu de gens connaissent ou apprécient vraiment. Il y a des passages d’une simplicité appréciable, qui montrent le paysage, et cette ambiance si particulière de cette Picardie si belle. Lauteur aime cette région, il le fait simplement, et le partage avec beaucoup d’honnêteté et de générosité. Pour autant, les scènes de vie sont très réalistes, et on a vraiment l’impression de passer en touriste, mais en touriste qui s’attarde chez les gens et apprend à les connaitre.

Il y a bien un aspect politique (local, je précise) qui sert de contexte à ce roman, mais cela n’étouffe pas le reste du roman. En tous cas, l’auteur évite l’écueil de clamer que tous les politiques sont des pourris. Il ne prend pas partie, il montre des petites gens profitant du système pour leur propre profit. On a maintes fois vu et lu cela, mais ici, c’est bien fait, légèrement, subtilement.

Et puis, on y trouve aussi des scènes impressionnantes telle celle de la pêche en pleine tempête qui est formidable. Certaines autres fonctionnent moins bien et j’ai aussi trouvé que la fin était un peu brutale bien qu’elle soit noire à souhait. On y trouve quelques petits défauts comme la présentation des personnages au début qui m’a paru inutilement bavarde et qui aurait pu être insérée dans l’histoire plus simplement. Mais sinon, j’ai été très surpris par ce roman, qui m’a procuré beaucoup de plaisir. Et je vous le dis, vous devriez inscrire ce nom dans vos tablettes, car il se pourrait bien qu’on en reparle très bientôt, tant ce roman est prometteur.

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul et l’interview du Concierge Masqué

Terminus Belz de Emmanuel Grand (Liana Levi)

Premier roman d’Emmanuel Grand, Terminus Belz nous propose de faire un tour sur une île bretonne, dans le monde difficile et apre des pêcheurs, sous fond de polar. Outre que c’est un roman remarquablement écrit, plusieurs des thèmes abordés font de ce roman une curiosité à coté de laquelle il serait dommage de passer.

Ils sont quatre Ukrainiens, trois hommes et une femme. Si Marko Voronine est le personnage central de ce roman, ses trois compagnons d’infortune que sont Anatoli Litovchenko, Vasili Buryak et Iryna Belanov vont assouvir leur rêve, passer en France de façon illégale. Ils s’adressent à des Roumains dont l’une des activités est l’immigration clandestine. En plein voyage, Iryna se fait violer par les passeurs et les Ukrainiens arrivent à tuer leurs agresseurs sur une aire d’autoroute. Ils récupèrent leur argent (25 000 euros) dans la boite à gants et décident de rejoindre la France en se séparant.

Marko décide d’aller le plus loin possible et se dirige donc vers la Bretagne, à Lorient puis sur l’île de Belz où il trouve dans un journal local un offre d’emploi de pêcheur. Après un coup de fil, il est embauché et atterrit dans le seul bar de l’île, où l’accueil est froid pour un étranger qui débarque dans un endroit miné par le chômage. Après une altercation avec les clients du bar, c’est Caradec qui le sort de cette mauvaise passe, ce qui tombe bien puisque c’est lui qui l’a embauché.

Mais Marko va être tenaillé entre l’agressivité des gens du cru, la peur d’être pris en situation irrégulière par la police, la mafia roumaine en la personne de Dragos qui fait la chasse aux Ukrainiens, et sa sœur et sa mère avec qui il arrive à communiquer par mail et qui veulent aussi rejoindre la France. Quand un corps est retrouvé décapité, la situation déjà peu brillante devient pour Marko carrément inextricable.

La première chose que je retiendrai de ce roman, c’est son style, que je qualifierai de littéraire. C’est extrêmement bien écrit, sans être bavard, l’auteur trouvant toujours les bonnes expressions pour nous faire ressentir l’ambiance de cette ile, balayée par le vent, qui rend la vie de ses habitants aussi difficile. Emmanuel Grand en profite aussi pour rendre un hommage prononcé aux pêcheurs, dont le labeur est réellement synonyme de pénibilité, avec au bout du compte, l’obligation de vendre le résultat de leur pêche au supermarché du coin.

Si le roman ne veut pas ouvertement dénoncer cette situation, il se veut en tous cas, un excellent documentaire sur la vie quotidienne de ces gens-là. De même, le fait qu’un étranger débarque et trouve rapidement un travail dans un endroit miné par le chômage va déclencher des bagarres, des engueulades et des remarques qui sont bien l’image de ce que l’on peut entendre dans certains bars. Tout cela est extrêmement bien fait. Et comme c’est très bien écrit, c’est un roman très vivant, où tous les gens se connaissent et se parlent, savent tout sur tout.

Et l’intrigue me direz vous ? Si le début m’a vraiment emballé, parce qu’il m’a semblé très maitrisé, petit à petit l’intrigue passe au second plan. Le meurtre mystérieux va aussi déclencher chez les habitants le retour de leurs peurs ancestrales, et le monstre mystérieux que l’on appelle là-bas l’Ankou, et le roman oscille entre roman social, roman policier avec l’intervention d’un commissaire qui vient d’être muté de la région parisienne, et roman fantastique avec les légendes diaboliques qui assombrissent le moral des gens. Et j’ai eu l’impression que l’auteur oubliait un peu le stress constant que devait ressentir Marko.

Ceci dit, c’est un premier roman très bien écrit, de ceux que je classe dans les polars littéraires, qui prend le temps de regarder les gens, de leur parler, de montrer le quotidien de leur vie, car elle est si éloignée de tout ce que l’on peut imaginer. Tout au long de ces 360 pages, on ne s’ennuie pas, suivant le rythme lancinant et incessant des vagues venant s’abimer sur les falaises, et on passe un sacré moment en compagnie de ces pêcheurs. C’est un roman à découvrir, à savourer, pour le plaisir du beau verbe.

La plage des noyés de Domingo Villar (Livre de Poche)

Je l’avais raté quand il est sorti en grand format aux éditions Liana Levi, le voici donc lors de sa sortie en format poche, chez Le Livre de Poche. Un roman policier classique mais avec une atmosphère et une description d’un microcosme qui en font un livre charmant.

Le roman commence par une visite à l’hôpital. Leo Caldas, inspecteur de police de Vigo en Galicie, rend visite à son oncle en compagnie de son père. Son oncle a bien peu de chances de s’en sortir, et le chagrin est lourd à porter. Mais cette scène nous permet de comprendre que les Galiciens sont des gens bourrus qui ne se livrent que rarement. Leo Caldas anime aussi une émission de radio qui fait intervenir des auditeurs qui ont des questions à propos de la police et de son travail.

A la sortie de l’hôpital, Leo Caldas reçoit un coup de téléphone de son adjoint Rafael Estevez qui l’informe qu’on vient de retrouver un cadavre rejeté par la mer. Rapidement, ils mettent un nom sur la dépouille, malgré son piteux état : il s’agit de Justo Castello, l’un des trois derniers pêcheurs de ce petit village de Galicie. On aurait pu croire à un suicide, si ce n’est que le cadavre a les mains liées derrière le dos.

Leo Caldas va donc mener son enquête auprès des habitants qui ne veulent pas en dire beaucoup, qui ne parlent pas aux étrangers, et qui vivent chichement de leur travail dur et éprouvant qu’est la pêche. Il semblerait tout de même que le meurtre, si c’en est un, soit lié de près ou de loin au naufrage du bateau qui a couté la vie au capitaine Sousa.

Si nous allons trouver tous les ingrédients d’un roman policier, avec deux inspecteurs que tout oppose, avec une énigme, avec de fausses pistes et une fin fort bien trouvée et surprenante, l’attrait de ce livre est assurément à chercher ailleurs, et tout d’abord dans ce formidable personnage de policier, qui ne s’avoue jamais vaincu, qui mène son enquête avec une grande logique, et qui conduit les interrogatoires avec beaucoup d’intelligence.

Ce roman est avant tout très bien écrit, découpé en petits chapitres de 10 pages maximum comme autant de petites scènes. A croire qu’il a été prévu pour être adapté au cinéma ou en série télé. Les dialogues sont très bien faits, juste ce qu’il faut, avec de petits détails ajoutés pour y insérer la psychologie des personnages.

Dans les qualités de ce roman, il y a aussi la description du monde des pêcheurs, qui travaillent sans s’arrêter six jours sur sept, et qui vendent bien difficilement le produit de leur pêche. Il y a beaucoup de respect dans cette peinture d’un monde que nous connaissons mal et qui est loin des gros chalutiers qui ramènent des tonnes de poissons.

Dans le style aussi qui s’adapte à ce monde, j’y ai trouvé beaucoup de nostalgie, de nonchalance, de lenteur qui s’adapte bien au rythme de vie de cette petite station de pêche. Et je ne peux m’empêcher de comparer Domingo Villar à Arnaldur Indridason dans sa façon de décrire les gens, les ambiances, les petites vies des petites gens. Il est clair que les amateurs de thrillers speedés doivent passer leur chemin, sauf s’ils veulent découvrir une autre facette du polar : celle de prendre son temps pour regarder les autres et s’assoir pour comprendre ce qu’est leur vie.

Pour moi, cet auteur est une excellente découverte, et comme cette enquête est le deuxième de la série, j’espère de tout cœur que les prochaines seront publiées. Et dans ce cas, je ne raterai pas sa prochaine énigme, ça c’est sûr !

Chimère noire de Pierre Rabardel (Breizh noir-Astoure)

L’auteur m’a contacté pour que je donne mon avis sur son premier polar, et je dois dire que j’aime bien découvrir de nouvelles plumes. Dans celui-ci, on y trouve un roman policier classique dont l’intrigue n’est pas menée de façon classique. Cela en fait un roman très attachant.

De nos jours à Saint Cast le Guildo. Tonio, un mafieux en provenance de Toulon, mais d’origine corse a une mission à accomplir. Il est venu pour détruire l’élevage des vers que l’on utilise pour la pêche en mer de José. Il a tout prévu, tout repéré, s’est fait passer pour un touriste, et a trouvé les bacs bien cachés dans les roseaux qui bordent la cote.

Marie est une jeune fille qui profite de la vie. Elle a un petit ami, Jehan, mais elle se permettrait bien de passer un bon moment avec Tonio, probablement à cause de l’attrait de la nouveauté. D’ailleurs, il lui propose de faire un tour en jet ski, et elle décide d’accepter. Malheureusement, après les premières embrassades, la grossièreté de Tonio la rebute et cela se termine en viol.

Quelques jours plus tard, Tonio est retrouvé mort au pied d’une falaise rocheuse. Léon, le gendarme, a tous les éléments pour conclure à un accident, d’autant plus que Salvadore, le frère de Tonio leur confirme que l’escalade était sa passion. Sauf que Salvadore va faire son enquête de son coté, ainsi que l’instituteur à la retraite Mariange et Yvon l’ornithologue.

Sur une trame relativement simple, voilà un roman dont l’intrigue est singulière. L’enquête est menée par plusieurs personnes à la fois, et on oscille entre roman policier classique et pur polar. Les personnages sont très agréables, et je me suis vite attaché à Mariange, par sa volonté d’arranger tout le monde.

Une autre chose m’a beaucoup plu, c’est l’ambiance de petit village. Tout le monde se connaît, tout se sait, tout se raconte car tout le monde a l’oreille bien pendue pour en savoir un peu plus. Et puis, Pierre Rabardel est amoureux de la nature. Certaines pages où il nous donne à voir la faune et la flore de la Bretagne du nord sont d’une beauté que l’on rencontre chez de grands auteurs. Enfin, s’il n’y a pas beaucoup d’actions, la scène sur le voilier La Chimère noire vaut son pesant de cacahuètes, car j’ai retenu mon souffle pendant une quinzaine de pages.

Pour un premier roman, c’est une réussite. Les personnages se suivent aisément, l’incertitude est bien maîtrisée, et malgré quelques indices qui tombent du ciel (la boucle d’oreille, les traces sur le bateau), il y a peu de digressions et c’est un roman divertissant qui mérite une suite. Dites, M.Rabardel, vous pourriez faire une autre histoire avec Mariange ?