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Petiote de Benoit Philippon

Editeur : Les Arènes – Equinox

Aussi étrange que cela puisse paraitre, j’ai acheté tous les romans de benoit Philippon en grand format et n’en ait lu qu’un (Cabossé) … et je n’ai aucune excuse. Il aura fallu l’insistance de mon ami du Sud pour me plonger dans cette prise d’otage formidable.

A le voir dans la rue, on sent bien que Gustave Sanson dit Gus porte la poisse comme un sac à dos. Sa ressemblance avec Droopy lui a permis de draguer Charlotte, devenue sa femme. Mais de mauvaises décisions aux simples conneries, Gus s’enfonce irrémédiablement en se trouvant toujours des excuses. Sa seule réussite se nomme Emilie, sa fille, l’étoile de sa vie pour qui il voue un amour sans borne.

Quand Charlotte demande le divorce sans droit de garde, Gus décide de se lancer pour défendre sa cause et exprimer l’amour pour sa fille à la Juge des Affaires Familiales. La larme à l’œil de la juge lui fait croire qu’il a enfin gagné une partie … mais il ne s’agit que d’une allergie au pollen et la sanction est immédiate : faute d’un logement décent, Gus perd la garde d’Emilie.

Gus loge dans un hôtel miteux, le « Love Hôtel », dont le V de l’enseigne au néon est en panne et pourrait être remplacé par un S. Gus n’accepte pas cette décision et décide de faire une prise d’otage pour que l’état lui fournisse 500 000 euros et un avion à destination du Venezuela pour sa fille et lui. Il profite d’ailleurs qu’elle vienne récupérer la pension alimentaire à l’hôtel pour mettre en branle son plan foireux.

Après avoir volé des armes à Sergueï, qui loge au 3ème étage, et l’avoir menotté, Gus se retrouve avec Cerise une jeune prostituée, Gwen et Dany deux amants de passage, George le patron de l’hôtel, Boudu un SDF qui fait me ménage, Fatou une immigrée clandestine enceinte. A cette petite troupe va s’ajouter Hubert, livreur de pizza Über (ça ne s’invente pas !). Le grand bordel peut commencer.

Il faut de sacrées couilles (excusez moi l’expression !) pour se lancer dans une histoire pareille, choisir de tels personnages et de tenir le rythme pendant 376 pages. Et pourtant, Benoit Philippon a ce talent rare de nous faire croire à ces êtres cassés et de nous faire rire en trouvant la petite remarque acide ou juste cynique qui va nous les faire adopter. De cette intrigue irréaliste, il va en tirer une grande fresque humoristique mais pas que …

Comme tout huis-clos, tout tient dans les personnages. Benoit Philippon va prendre consciencieusement son temps pour nous expliquer leur passé, et leur itinéraire jusqu’à cet hôtel miteux. Il va nous les peindre tous misérables dans leur vie, toujours burlesque dans leurs déconvenues mais toujours attachants sans jamais se montrer larmoyant, ce qui est un vrai tour de force.

Bons ou méchants, ils ont tous une bonne raison de se retrouver au Lose Hôtel (pardon, au Love Hôtel) ou dehors comme la capitaine Mia Balcerzak, chargée de la négociation ; celle-ci va d’ailleurs s’avérer remarquablement psychologue et se retrouver débordée devant la bordel qui va aller en s’amplifiant. Car ce roman déborde d’événements, de rebondissement et nous montre même une évolution des personnages qui fait penser à un roman réaliste tout en gardant ce coté décalé.

A la fois roman délirant et roman humoristique, Petiote s’ancre dans une réalité qui elle est inéluctable. Pour ridicules qu’ils soient, chacun de ces personnages a subi des événements qui l’ont amené là. Benoit Philippon, derrière ses atours de clown en chef, a construit une fresque sociale, qui charrie une énorme vague d’émotions quand à la fin, on verse sa petite (grosse en ce qui me concerne) larme. Vous croyez que ce roman n’est qu’une gigantesque et excellente blague ? Pas sûr …

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Mauvais daron de Philippe Hauret

Editeur Jigal

Philippe Hauret m’enchante de plus en plus au fur et à mesure de ses romans. Avec celui-ci, il construit une intrigue remarquable avec un don rare, celui de mettre en valeur les petites gens. Lecture jouissive garantie.

Malgré leur retraite de misère, Daniel et René ont décidé de ne pas se laisser abattre. Vivant ensemble dans la même petite maison, ils réalisent de petits larcins, dont l’objectif avoué est de se payer un camping car, à la place de leur 404 pourrie, pour partir à l’aventure et oublier leur quotidien morne et gris. Ils investissent une maison que les propriétaires ont abandonnée pour une virée dans les Pyrénées et font main basse sur des bijoux. Daniel a tout prévu pour écouler les joyaux, un jeune nommé Eusèbe.

Eusèbe finit d’écluser les bouteilles d’alcool dans la chambre de Leni, ce qui est préférable à aller se casser les reins au boulot. Philomène, la mère de Leni préfère fermer les yeux sur son fainéant de fils, elle qui ne connaitra pas la retraite à force d’heures de ménage payées au noir. Philomène doit y aller justement, mais elle est surprise quand son bourge de patron lui annonce son licenciement, elle qui n’a jamais vu un contrat.

Daniel va à contrecœur déjeuner chez son fils Vincent, juge sans pitié. Sa belle-fille Dalida lui ouvre la porte, le sourire toujours aussi charmeur, son visage toujours aussi enchanteur. Vincent refuse de donner à son père l’argent qu’il réclame pour son camping-car et les informe que leur voisin vient de se faire cambrioler. Des amateurs sûrement, puisqu’ils n’ont pris que les bijoux et pas les toiles de maître exposées au mur. Comme une remarque sans intérêt, Vincent annonce avoir viré sa femme de ménage.

Et je pourrais continuer longtemps comme ça et arriver à la fin du livre sans m’en rendre compte. Car tous les événements s’enchainent, les uns après les autres, comme des pièces de puzzle parfaitement agencées. Tous les personnages vont se croiser sans se connaitre dans ce petit microcosme parfaitement représentatif de la société, entre riches et pauvres, en toujours gagnants et toujours perdants.

Si la plume peut paraitre simple, elle s’avère ici remarquable de précision, acérée et visuelle. On sent que Philippe Hauret a acquis de l’assurance dans son écriture et qu’il a pris beaucoup de plaisir à peindre cette histoires, je devrais dire ces histoires, qui vont petit à petit faire monter la mayonnaise jusqu’à un final à propos duquel on peut dire qu’il fera grincer des dents mais surtout qui remplira d’aise le lecteur.

Car finalement, quelque soit la classe sociale, on se trouve face à des « darons », de mauvais darons qui se révèlent tous plus détestables, ou plutôt méprisables les uns que les autres. Et en guise de victimes, on trouve les pauvres trimards et les jeunes, mais personne ne se remet jamais en cause, chacun est capable de justifier sa vie et ses actes. Je l’ai déjà dit, et je le répète, Philippe Hauret se pose en digne héritier de Thierry Jonquet … et c’est bien pour ça que je l’adore, surtout quand la lecture est jouissive comme ici.

C’est ton nom de Laurent Rivière

Editeur : Toucan

J’avais découvert Laurent Rivière et son personnage récurrent Franck Bostik avec Le dernier Sycomore, et j’avais été agréablement surpris par sa plume simple mais évocatrice qui fournissait un réel plaisir à suivre la vie de cet ex-flic.

Dans ce nouveau roman, après la précédente et douloureuse affaire où Bostik devait enquêter sur la mort de Mathieu Groseiller (Le couz’), il a décidé de prendre le large, pour se ressourcer. Il laisse derrière lui sa femme adorée Lyly et prend la direction du Morvan, ses terres natales où l’attendent une vieille maison familiale. La proximité des bois lui permettra de devenir bucheron amateur, de faire des efforts physiques et se vider l’esprit.

En arrivant, une ancienne petite amie lui apprend qu’il est en réalité le père d’un adolescent. En apprenant qu’elle était enceinte, elle avait décidé de garder l’enfant sans en informer Bostik. Mais aujourd’hui, le bébé est devenu un adolescent difficile, qui sèche les cours, qui cache de l’argent dans sa chambre. Elle a peur qu’il soit impliqué dans des rackets ou pire, dans un trafic de drogue et pense qu’il a besoin d’être recadré par son père.

Bostik hésite, n’a pas encore pris sa décision mais la rencontre avec Livia, une amie archéologue va changer ses priorités. Lors de fouilles dans une cave des maisons noyées par le lac artificiel de Pannecière, elle a trouvé des ossements humains. Il semblerait qu’il s’agisse du squelette d’un enfant et les os attestent qu’il a été maltraité, ou du moins qu’il a reçu de nombreux coups. Bostik retrouve sa passion des enquêtes dans une affaire qui va lui en apprendre beaucoup sur sa région et sur lui-même.

Laurent Rivière va donc prendre comme argument la mise au vert de son personnage Franck Bostik pour nous parler de la dureté de la vie campagnarde mais aussi de la maltraitance des enfants. Il va aborder aussi la politique de repeuplement des campagnes dans les années 80 où l’on plaçait des orphelins dans des familles du Morvan (et probablement ailleurs) sans qu’aucun contrôle sérieux ne soit réalisé.

L’auteur aborde cet aspect en parallèle de la psychologie de Bostik, que l’on découvre hésitant, presque timide, en tous cas face à un problème qu’il ne sait pas gérer : comment prendre contact avec un adolescent de 12 ans alors que l’on est son père naturel ? Il fait cela sans esbroufe, de façon tout à fait naturel et je retrouve cette qualité que je cherche dans un roman : ce talent de dérouler une intrigue sans que l’on s’aperçoive de petits artifices.

Laurent Rivière confirme tout le bien que je pensais de sa plume et de sa faculté à dérouler une intrigue en mettant au premier plan la psychologie de son personnage. Il arrive à créer une intimité avec Bostik ce qui le rend attachant. Il ajoute dans ce roman un petit je-ne-sais-quoi qui rend son livre passionnant, intéressant, et on prend un grand plaisir à suivre Bostik dans ses problèmes personnels (qui vont se compliquer à la fin du roman et peut donner une idée pour la suite) et dans son enquête. Bostik devient un personnage que l’on a plaisir de fréquenter, de suivre ; en un mot, comme en cent, vivement le prochain !

La maison de la pieuvre de Serge Brussolo

Editeur : H&O

De cet auteur protéiforme et prolifique que j’aurais découvert sur le tard, je me délecte de ces romans faciles à lire et toujours surprenants. Et ce dernier roman a de quoi vous surprendre. En moins de 250 pages, il nous fait passer par toutes les émotions.

Et cela commence dès le prologue, où nous nous retrouvons avec Norman en voiture. Il ramène son fils Johan à son père, l’histoire de quelques jours, le temps qu’il l’éloigne de sa femme néfaste, le temps de son divorce. Sauf que Grand’Pa Lester dirige une secte qui honnit toute modernité et lui a fait subir une éducation sévère voire violente. Quant à Grand’Ma, elle est faite du même bois. Mais Norman pense que pour quelques jours, Johan peut les supporter.

Logiquement, on s’attend à ce que Serge Brussolo revienne sur cette éducation « à la dure ». Eh bien non, nous revenons certes en arrière, mais au moment où Norman décide de fuir son père et sa mère à l’adolescence, à la suite d’une blessure qui menaçait de s’infecter mortellement. Il sera accompagné de Branton, un boxeur mal vu de la secte. Débarquant à L.A., ils ont survécu de petits boulots avant qu’il ne rencontre Wilma, une actrice manquée qu’il épousera. Wilma créant une société de films pornos, Norman n’a pas d’autre choix que d’envisager le divorce.

Et là encore, on s’attend à la bataille entre Norman et Wilma … Eh bien non ! je ne vais pas vous raconter la suite, mais on se retrouve ici avec un auteur qui joue avec nos nerfs, et qui choisit des itinéraires qui ne sont pas ceux que l’on attend. On est toujours surpris par la direction de l’intrigue et on assiste même à la fin à de beaux rebondissements même quand on croit la situation établie.

Serge Brussolo ne s’attarde pas sur les descriptions, ni sur les psychologies. Toutes les situations, tous les actes permet de décrire bien plus efficacement leur psychologie. Et en moins de 250 pages, on va visiter une sombre secte perdue au fond des bois et les bas-fonds du cinéma de Los Angeles, dans une style fluide et toujours agréable, ce qui en fait un divertissement fort agréable.

On était des loups de Sandrine Collette

Editeur : Jean-Claude Lattès

Depuis Des nœuds d’acier, son premier roman, Sandrine Collette fait partie des auteures dont je lis tous les romans. Même si les histoires sont différentes les unes des autres, on retrouve des thématiques communes, ici la famille et l’errance, dans un roman fortement émotionnel.

Depuis qu’il est parti de chez ses parents, Liam habite aux abords d’une forêt, loin de toute civilisation. Il vit de sa chasse, de sa culture et se fait ravitailler une fois par mois par Mike, un ami qui a un hydravion. Il a rencontré Ava à la ville lors d’un de ses voyages et elle a accepté de le suivre. Puis Ava a voulu un enfant et Aru est né dans cette nature sauvage, peuplée d’ours et de loups.

Alors qu’il revient de la chasse, il sent que l’atmosphère a changé. Même s’il ne ressent pas de sentiments particuliers pour Aru, ce dernier ne court pas le rejoindre comme d’habitude. En faisant le tour de la maison, il voit Ava allongée. Il se rend vite compte qu’elle a été attaquée par un ours et rend son dernier soupir dans ses bras, dès que Liam a trouvé Aru caché sous sa femme.

Liam ne peut se résoudre de vivre dans ces conditions extrêmes avec un enfant de cinq ans. Il décide donc de se rendre à dos de chevaux chez son oncle et sa tante pour leur confier l’enfant. Le père et le fils vont entamer un long voyage dans un nature hostile, lui donnant l’occasion de se pencher sur les liens qui les unissent.

On peut avoir l’impression d’avoir lu ce genre d’histoire, et on peut penser chez Sandrine Collette à Juste après la vague ou chez Cormac McCarthy avec La Route (D’ailleurs, où est-ce que j’ai bien pu le ranger, celui-là ?). Elle choisit donc de s’approprier un thème connu, voire rabâché et y applique sa patte, de façon impressionnante tant l’immersion et l émotion transpirent de chaque page.

Que l’on soit homme ou femme, père ou mère, on se retrouve immergé dans l’esprit de Liam. Narrateur de cette histoire, il nous partage, avec ses propres mots, ses actes, ses pensées et ses décisions même si elles vont nous surprendre, nous choquer, et heurter la morale qu’on nous a inculquée. Sauf que cette histoire se situe dans un monde dur, brutal, celui de la nature sauvage où la moindre faiblesse se termine bien souvent par la mort.

On ne trouvera donc pas de dialogue, ou très peu, Liam étant un taiseux et Aru un tout jeune enfant qui suit son père comme un poids mort. Attendez vous à être surpris, tant par ce que fait Liam que par les scènes d’une dureté impitoyable. Et si je réagis comme cela, cela prouve que j’ai totalement adhéré à cette histoire, et qu’à la fin, j’ai mouillé mes yeux, non pas parce que j’ai accepté cet homme, mais parce que je me suis retrouvé à sa place.

En tout juste deux cents pages, Sandrine Collette nous fait voyager dans un monde inconnu, dans une nature sans pitié, peuplée d’êtres perdus, isolés, survivants. Il n’en faut pas plus pour qu’une auteure au talent immense nous fasse croire à une histoire incroyable, à deux personnages incroyables. Et le fait d’avoir sorti ce roman au moment de la rentrée littéraire d’automne laisse augurer une pluie de récompenses à venir, ce qui ne serait que justice.

L’Ombre des Autres de CJ. Tudor

Editeur : Pygmalion

Traducteur : Thibaud Eliroff

J’avais découvert CJ.Tudor avec L’Homme-Craie, son premier roman, que j’avais adoré, au point de lui décerner un Coup de Cœur. Ces lectures de fin d’année 2021 m’ont permis de renouer avec cette auteure douée.

Bloqué dans les embouteillages en rentrant chez lui, Gabe Forman remarque tout d’abord les autocollants affichés sur la vitre arrière de la voiture qui le précède. Pour une fois qu’il était sorti tôt du boulot, il se retrouve coincé dans les travaux de l’autoroute M1. Alors qu’il s’apprête à changer de file, le visage de sa fille apparait derrière le pare-brise arrière de la voiture précédente. Elle semble prononcer « Papa ».

Impossible ! Elle devait être avec sa mère ! Alors que la circulation se fluidifie, la voiture accélère. Il essaie de la suivre mais la perd rapidement. Mettant cet événement sur le compte de la fatigue, il s’arrête dans une station-service déprimante. Il reçoit alors un coup de téléphone du capitaine Maddock, qui lui annonçant que sa femme Jenny et sa fille Izzy ont été tuées.

Trois ans plus tard, un homme maigre et désespéré est assis à une table de la station-service de Newton Green, buvant son café. Katie, la serveuse, le connait bien, il passe de temps en temps avec son affiche montrant le portrait d’une jeune fille et l’inscription « M’avez-vous vue ? ». Le rumeur disait qu’il arpentait la M1 à la recherche de sa fille disparue. Il reçoit un SMS d’un numéro inconnu : « G trouvé la voiture ».

A la station-service de Tibshelf, Fran fait une pause avec sa petite fille Alice. Elle observe les clients, car elle sait qu’ils ne lui laisseront aucun moment de répit. Alice demande à aller aux toilettes, et elle lui autorise d’y aller seule. Alice entre et évite les miroirs. Elle sait qu’ils peuvent lui faire du mal. Alors qu’elle se lave les mains, elle ne peut s’empêcher de lever le regard. Et elle aperçoit le visage d’une petite fille avec les yeux blancs. Alice s’évanouit.

Construit comme un puzzle, avec trois personnages principaux, l’histoire va petit à petit prendre forme et remonter dans le passé pour nous expliquer tout ce qu’il s’est passé. Grâce à des chapitres courts et l’art de nous surprendre par une simple phrase, on ne peut qu’être attiré par la suite, et ressentir une envie irrépressible de connaitre la fin. Voilà la définition même d’un page-turner.

Et cela marche. Le style de l’auteure s’avérant très agréable et fluide, nous allons suivre Gabe dans sa quête de réponses, Katie dans sa vie compliquée de serveuse, et Fran dans sa fuite éperdue face à une menace que l’on ressent sans réellement savoir de quoi elle est faite. La psychologie des personnages étant réellement attachante, il devient difficile de poser le bouquin.

Je dois dire que cette façon de dérouler le scénario est originale, que ce dernier est très travaillé pour ne nous en dévoiler qu’une petite partie à chaque fois, jusqu’à nous expliquer ce que sont les Autres. Etant fan de Stephen King, elle ajoute à son histoire une pincée de Fantastique qui, je dois le dire, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble, sauf pour la scène de fin, ce que j’ai trouvé dommage. L’Ombre des Autres est donc un excellent divertissement.

Oldies : Joe de Larry Brown

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Lili Sztajn

Attention, Coup de Cœur !

Afin de fêter ses 15 années d’existence, les chroniques Oldies de cette année seront consacrées aux éditions Gallmeister, spécialisées dans la littérature anglo-saxonne. Je vous propose de découvrir, si vous ne le connaissez pas, l’un des meilleurs auteurs américains, injustement considéré et méconnu chez nous, Larry Brown.

L’auteur :

Larry Brown, né le 19 juillet 1951 à Oxford dans le Mississippi aux États-Unis et décédé le 24 novembre 2004 à Oxford dans le Mississippi aux États-Unis d’une crise cardiaque, est un écrivain américain.

Il fréquenta brièvement l’université du Mississipi sans en être diplômé. Après avoir servi dans l’US Marine et exercé de multiples petits boulots : bûcheron, charpentier, peintre, nettoyeur de moquette, tailleur de haies, il fut pompier pendant seize ans. Un éditeur remarque un jour une de ses nouvelles dans un magazine et, enthousiasmé par son écriture forte, décide de prendre contact avec lui : il lui demande s’il aurait d’autres nouvelles à publier.

L’écrivain lui répond qu’il en a des centaines. En quelques années, Larry Brown est reconnu comme un grand romancier, par la critique qui lui décerne de nombreux prix tel le Southern Book Critics Circle Award for Fiction, comme par les lecteurs.

Il décède d’une crise cardiaque en 2004 à l’âge de cinquante-trois ans, laissant une œuvre forte et inachevée de six romans, deux recueils de nouvelles, une autobiographie et un essai. Deux nouvelles et le roman Joe ont été adaptés au cinéma. Il fait un caméo dans le film Big Bad Love d’Arliss Howard en 2001.

Quatrième de couverture :

C’est dans les forêts du nord du Mississippi que Joe Ramson, quadragénaire alcoolique et désabusé, va rencontrer Gary Jones, un gamin de quinze ans, illettré, ne connaissant ni sa date ni son lieu de naissance. Une fleur poussée sur le fumier ou l’absolue misère croisant le chemin d’un homme marginal et violent mais profondément humain. Joe dirige une équipe de journaliers noirs chargée d’empoisonner les arbres inutiles et de les remplacer par des pins qui seront utilisés comme bois d’abattage par les grosses compagnies forestières.

Gary est venu à pied depuis la Californie avec ses parents et ses deux sœurs. Ils se nourrissent en fouillant les poubelles et se sont installés au fond des bois dans une vieille cabane en rondins inhabitée depuis longtemps. Wade, le père, est un ivrogne, fainéant, mauvais et puant jusqu’au bout des ongles, exploitant et volant son fils pour quelques canettes de bière. Ce dernier réussit à se faire embaucher par Joe et il devient son ami. Du fond de son ignorance, Gary sent que son salut viendra de cet homme à l’avenir incertain.

Larry Brown offre aux lecteurs une histoire dans la grande tradition du roman américain. Histoire de Blancs pauvres et de Noirs indigents avec l’alcool et les coups pour unique langage. Une histoire tragique où le dénuement et le désespoir entraînent pour ces hommes la perte de leur humanité. Un récit terrifiant et émouvant. Claude Mesplède

Mon avis :

Relire ce roman permet de relativiser sur le niveau littéraire de beaucoup de romans actuels et je me demande si on ne devrait pas parler plus souvent des œuvres essentielles. Joe de Larry Brown est à classer comme un classique de la littérature américaine et le fait qu’il soit si peu connu chez nous est juste incompréhensible. Les mots me manquent pour qualifier ce livre, et un seul mot me vient à l’esprit : Monument. Au même titre que Père et Fils, d’ailleurs, autre roman de cet auteur.

S’appuyant sur trois personnages forts, Larry Brown ne se contente pas d’analyser l’illusion du rêve américain, mais situe son roman au niveau de l’Homme et de son envie ou besoin de liberté. Construit comme une rencontre entre Gary, un jeune adolescent illettré mais travailleur vivant dans une famille extrêmement pauvre et Joe, un bucheron alcoolique et foncièrement indépendant, libre et indépendant, le roman fait partie de ces témoignages sur la vie de ceux qui sont oubliés par le rêve Américain.

Le personnage qui marque le lecteur est bien entendu Wade Jones, le père de Gary, un fainéant alcoolique, violent, qui martyrise sa famille pour justifier sa position de Chef. Les Jones n’ont pas de maison, et errent à la recherche de travail pour payer l’alcool du père. Gary veut travailler pour gagner de l’argent et partir loin de cet enfer. Il rencontre Joe qui place sa liberté au-dessus de tout et de tous, ayant abandonné sa famille et même ses relations avec les autres, au profit de l’assouvissement de ses envies.

Roman d’émancipation, d’éducation et de rédemption, ce roman présente l’avantage de ne pas opposer des gentils avec des méchants. Tous les personnages ont leurs propres motivations et sont tous blâmables, dans une société « normale ». Larry Brown nous montre la société des libertés qui pousse chacun à ne penser qu’à lui avant tout, et à renier sa responsabilité collective, quitte à payer les conséquences de ses actes.

Avec une plume brutale mais formidablement évocatrice, cette histoire faire d’alcool et de bagarres, de sueur et de haine nous montre que même avec des personnages extrêmes, l’espoir d’une vie en société peut exister ; et qu’avec de l’éducation, on peut aboutir à une société vivable. Joe est un hymne littéraire à l’humanisme, sans concession, et d’une formidable force. On n’est pas prêt d’oublier ni ces personnages, ni ces forêts, ni cette intrigue terrible.

Coup de Cœur !

Ce roman est doté d’une suite, Fay, qui va nous montrer la vie de la jeune sœur de Gary qui a décidé de quitter sa famille. Nous en parlerons en septembre.

Dernier tour lancé d’Antonin Varenne

Editeur : Manufacture de livres.

Antonin Varenne est et restera un auteur spécial pour moi, puisqu’il été mon premier coup de cœur depuis la création de Black Novel. Depuis, il ne m’a jamais déçu, m’emportant à chaque fois dans des contrées, dans des personnages qui, a priori, étaient loin de mes centres d’intérêt. Seulement voilà, le talent du conteur fait toute la différence, la méticulosité de l’écrivain sait faire voir ses décors, ses intrigues, ses messages. Avec Dernier tour lancé, le pari n’était pas gagné d’avance, loin de là. Voir plus que regarder des pilotes, qu’ils soient de Formule 1 ou de moto, tourner en rond pour quelques dixièmes de seconde ne m’a jamais passionné. Avec ce roman, je me suis posé la question : mais qui sont réellement ces fous du volant ? Pour quoi ou pour qui courent-ils ?

A la Clinique des Chênes, François Buczek, interné pour des délires dus à la drogue, se glisse toutes les nuits hors de sa chambre pour en rejoindre une autre, celle de Julien Perrault. Julien connut une carrière fulgurante en Grand Prix GT avant de commettre un accident mortel que personne, du public aux écuries officielles en passant par les sponsors ne lui a pardonné.

Alors qu’il devenait une menace pour le tenant du titre Marco Simonelli, le drame devait se dérouler lors des qualifications du Mans. Alors qu’il entamait son dernier tour lancé, et que tous les autres pilotes avaient fini, Julien arriva dans la ligne à plus de 350 km/h. Mais sur la piste, deux pilotes discutaient tranquillement à vitesse réduite. Le choc effroyable entraina la mort de Franco Simonelli et la condamnation au fauteuil roulant d’Edward Spies.

A peine remis de ses blessures, quelques mois plus tard, Julien rentre chez son père Alain, avec qui il a une relation taiseuse. Julien ne dit rien mais sa décision est prise : il va s’entrainer, retrouver la forme, en commençant par du vélo. Quand un sponsor douteux veut l’embaucher, il forme son équipe personnelle, composée de François Buczek, de son père Alain Perrault et du docteur Emmanuelle Terracher, la psychologue qui l’a suivi à la Clinique des Chênes.

Que ce soient les courses (il n’y en a pas beaucoup) ou bien la psychologie de Julien Perrault, une nouvelle fois, le talent d’Antonin Varenne fait fureur dans ce roman fait de hargne, de bruits et de silences. Bien que j’aie trouvé le début un peu poussif, une fois les personnages installés, on entre dans cette histoire qui ressemble à s’y méprendre à une biographie. Et les thèmes abordés sont accompagnés par un style qui oscille entre phrases hachées et descriptions justes et magnifiques.

Evidemment, nous allons retrouver au premier plan Julien Perrault et son instinct de tueur, de compétiteur, ce qui induit une solitude mais un besoin d’être entouré ; comme si la victoire allait lui permettre d’être aimé. On y trouve un égoïsme, à la limite de l’inhumanité, où on le voit sans âme, sans émotions, à l’instar d’un robot. Autour de lui, Buczek, Alain et Terracher remplissent leur rôle, le soutenir sans jamais lui pardonner. Ces relations sont illustrées de façon très réaliste, montrant leur incompréhension devant ce champion.

Buczek, Alain et Terracher se retrouvent à ce titre au premier plan de ce roman : Buczek le rêveur, mais aussi le soutien sans faille, que Julien traite comme un chien fidèle ; Alain, le père taiseux qui fait tout pour son fils, qui lui donne tout mais qui est incapable de lui dire qu’il l’aime ; Terracher, la psychologue qui ne se satisfait plus du cadre trop étroit de la clinique et qui cherche autre chose du coté obscur, qui veut aussi se prouver qu’elle peut trouver une part d’humanité en Julien.

Et puis, on y trouve un autre sujet, bien plus grave, bien plus important, celui du fric dans le sport et l’hypocrisie que cela entraine. Julien, l’ange maudit, que tout le monde déteste, va signer un pacte avec le Diable pour assouvir sa passion. Et le Circus, organisateur de ces compétitions, va tout faire pour l’empêcher d’entacher sa réputation, au nom du fric, de l’image de pureté que le Circus doit conserver devant les fans. Antonin Varenne nous montre intelligemment les dessous du sport, pourri par le fric. Car derrière les compétiteurs de haut niveau, de sombres magnats brassent et se font beaucoup d’argent sur leur dos. Que vous soyez fans de sport de haut niveau ou pas, il vous faut lire ce roman remarquable, parfait de bout en bout, un grand moment de la part d’un grand auteur.

Sukkwan Island de David Vann

Editeur : Gallmeister

Traductrice : Laura Derajinski

Afin de fêter ses 15 années d’existence, les chroniques Oldies de cette année seront consacrées aux éditions Gallmeister, spécialisée dans la littérature anglo-saxonne. Ce roman est le deuxième roman publié par Gallmeister (après Little Bird de Craig Johnson) à avoir connu à la fois le succès et la reconnaissance en remportant le prix Médicis étranger, le prix des lecteurs de L’Express, le prix de la Maison du livre de Rodez, le prix du Marais 2011 des lecteurs de la médiathèque L’Odyssée de Lomme.

L’auteur :

David Vann naît en 1966 sur l’île Adak, en Alaska, où il passe une partie de son enfance avant de s’installer en Californie avec sa mère et sa sœur. Quand il a treize ans, son père se suicide : ce drame marque très fortement le jeune garçon et le poursuivra toute sa vie.

David Vann travaille à l’écriture d’un premier roman pendant dix ans avant de rédiger en dix-sept jours, lors d’un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succès à se faire publier aux États-Unis : aucun agent n’accepte de soumettre le manuscrit, jugé trop noir, à un éditeur. Ses difficultés à faire publier son livre le conduisent vers la mer : il gagne alors sa vie en naviguant pendant plusieurs années dans les Caraïbes et en Méditerranée.

Après avoir traversé les États-Unis en char à voile et parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il échoue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu’il a dessiné et construit lui-même. En 2005, il publie A mile down, récit de son propre naufrage dans les Caraïbes lors de son voyage de noces quelques années plus tôt. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times.

Ce premier succès lui permet de gagner partiellement sa vie grâce à l’écriture et il commence à enseigner. Il propose alors Sukkwan Island à un concours de nouvelles qu’il remporte et, en guise de prix, voit son livre publié en 2008 aux Presses de l’Université du Massachusetts. L’ouvrage est tiré à 800 exemplaires, puis réimprimé suite à la parution d’une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3 000 exemplaires de cette édition qui sont distribués sur le marché américain.

Publié en France en janvier 2010, Sukkwan Island remporte immédiatement un immense succès. Il est récompensé par prix Médicis étranger et se vend à plus de 300 000 exemplaires. Porté par son succès français, David Vann est aujourd’hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays. Une adaptation cinématographique par une société de production française est en cours.

David Vann est également l’auteur de Désolations, Impurs, Goat Mountain, Dernier jour sur terre, Aquarium, L’Obscure clarté de l’air et Un poisson sur la lune. Il partage aujourd’hui son temps entre la Nouvelle-Zélande où il vit et l’Angleterre où il enseigne, tous les automnes, la littérature.

(Source Gallmeister.fr)

Quatrième de couverture :

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, toute en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. Mais la rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

Après sa parution en France, où il a obtenu le prix Médicis en 2010, Sukkwan Island a connu un succès retentissant. Traduit dans plus de soixante pays, il s’est imposé comme un classique moderne.

Mon avis :

Il m’arrive souvent de laisser reposer un roman dont on a dit beaucoup de bien, afin de me faire un avis à froid. Ce roman m’avait été conseillé par un ami très cher, ma femme l’avait lu et adoré, je l’avais prêté, on ne me l’a pas rendu, je l’ai racheté, je l’ai re-prêté, on ne me l’a pas rendu (à nouveau) et je l’ai acheté une troisième fois. C’est vous dire si je tenais à le lire à tout prix.

Le style froid, sorte de mélange de phrases courtes et de descriptions de la nature, procure un accueil glacé dans cette nature sans pitié de l’Alaska. Les événements vont se suivre, mais l‘auteur va surtout mettre l’accent sur les relations entre le père Jim et le fils Roy. Le père cherche à se racheter aux yeux de son fils, pour sa vie ratée mais aussi à ses propres yeux et le fils veut le suivre dans une sorte de culpabilité pour le divorce de ses parents.

David Vann passe sur les raisons qui ont poussé la mère à accepter que son fils parte un an avec un père instable dans cette contrée sauvage, ce qui me parait bien peu cohérent. Mais l’absence de sentiments montrés dans l’écriture rend la première partie intéressante. Puis arrive le coup de théâtre en plein milieu du livre, que je ne vous raconterai pas pour ne pas dévoiler l’histoire.

La deuxième partie plus centrée sur le personnage du père, montre un homme qui cherche à réparer ses erreurs, sans trop réfléchir, dans l’urgence. On retrouve alors un homme qui fait des erreurs inéluctables, qui voudrait les réparer mais ne sait pas comment faire. Ces passages m’ont semblé plus intéressants par la façon dont l’auteur trouve à ce père ignoble des circonstances atténuantes. En fait, ce roman m’apparait plus comme une auto-analyse de ce que David Vann a vécu qu’une histoire de survie en milieu hostile.

Sauve-la de Sylvain Forge

Editeur : Fayard

Depuis ma découverte des ouvrages de Sylvain Forge, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Depuis, il a été couronné du Prix du Quai des Orfèvres en 2018 et a sorti quelques thrillers penchant sur la haute technologie, domaine qu’il maîtrise parfaitement. C’est aussi le fond de cette histoire, écrite sous forme de roman à suspense flirtant avec la forme d’un thriller.

Alexis Lepage a tout pour être heureux : amoureux de la fille du patron d’une société d’investigations contre les fraudes aux assurances, il doit bientôt épouser Clémence et enfin envisager d’avoir un enfant par la PMA. Un cauchemar va le réveiller en pleine nuit : Clara, son amour de jeunesse, qu’il n’a pas revu depuis 26 ans, lui crie : « Alexis, je t’en supplie. Sauve-la ! ».

Le lendemain, un SMS lui annonce avoir reçu un message de Clara Vasilescu. Pour cela, il doit cliquer sur une application jointe par Anael Technologies, et l’installer. Poussé par son désir de la retrouver, il l’installe et se retrouve en contact avec Clara. Elle lui annonce être atteinte d’un cancer, en phase terminale, et veut qu’il retrouve sa fille Olivia, disparue dans un accident de car en Ariège.

Alexis contacte Anael Technologies qui lui annonce que Clara est morte et qu’il est en contact avec une intelligence artificielle que Clara a conçue. Il recontacte alors Clara et celle-ci lui annonce qu’Olivia est sa fille. Alors que Clémence et Alexis ont prévu de prendre une semaine de vacances à Vichy, elle découvre Clara et Alexis lui explique qu’il se doit de retrouver sa fille. Clémence part, fâchée, et Alexis se lance dans l’aventure.

Ah que les massifs montagneux et boisés d’Ariège sont beaux ! Mais qu’ils sont inquiétants sous la plume de Sylvain Forge. Alexis va se retrouver dans un petit village, Sainte Albane, peuplé de personnages hostiles aux étrangers et au milieu d’une végétation dangereuse. Poussé par sa passion, il va se jeter dans le gueule du loup, ce qui peut être pris au premier degré quand on pense au chien qui garde l’auberge de jeunesse.

Avec tous les ingrédients inhérents au thriller, Sylvain Forge utilise un style coupé à la serpe, et des chapitres ultra-courts pour donner du rythme à son histoire. Cela va vite, il y a beaucoup de suspense, et malgré quelques incohérences, on avale ce roman très rapidement, tant on veut connaitre la fin, qui ne sera pas toute rose. On a entre les mains un vrai roman populaire, idéal pour passer un bon moment estival.

Il n’en reste pas moins que Sylvain Forge nous montre les capacités des intelligences artificielles, que nous connaissons déjà au travers de Siri ou Cortina. Ces machines, capables d’apprendre, répondent à nos besoins quotidiens, et plus inquiétants, finissent par ne plus nous faire réfléchir, prenant notre place. Plus inquiétant encore, leur utilisation en devient une drogue tant leur facilité d’utilisation est accrue.

Et donc j’ai avalé ce roman en un peu plus de deux jours, parce que j’ai trouvé le roman facile à lire, l’histoire bien construite et le message intelligent pour y adhérer. Cela prouve que l’on peut dire des choses, alerter les gens grâce à une intrigue de bon aloi. Je ne peux que vous encourager à lire ce livre, distrayant avec une projection sur notre futur qui est loin d’être rose.