Archives du mot-clé Peter Leonard

Ne tremble pas ! de Peter Leonard (L’Archipel)

Après le très bon N’ayez crainte ! paru l’année dernière, voici la dernière traduction en date des romans de Peter Leonard. Leonard, Leonard, vous avez dit Leonard ? Eh bien oui, Peter Leonard est le fils du grand et prolifique Elmore. Une nouvelle fois, nous avons droit à un bon polar qui s’avère une lecture distrayante.

Ce sont six personnages qui vont s’entremêler dans cette histoire. Kate McCall vit heureuse depuis qu’elle est mariée à Owen. Cela fait 16 ans qu’ils sont ensemble et ont un fils, Luke. Malheureusement, lors d’une partie de chasse à l’arc, Luke va tuer son premier cerf, et en même temps embrocher son père.

Jack Curran est un truand, qui sort de trois ans de prison après une remise de peine pour avoir participer au cambriolage d’une épicerie de luxe. Il n’a jamais donné ses partenaires mais a caché le butin, tant et si bien qu’il leur est redevable. Ses partenaires, Teddy et DeJuan, affublés de Celeste une jeune femme très belle qui a laissé son cerveau au vestiaire, n’ont pas oublié et espèrent bien récupérer leur part.

Et comme tous ces personnages se sont rencontrés dans le passé, les fils vont se tisser dans une intrigue, certes d’une simplicité extrême, mais menée de telle façon que la lecture est fort agréable. Plusieurs points font que j’ai bien aimé cette lecture. Tout d’abord, la psychologie n’est pas balourde, elle est montrée par les actions et les dialogues des personnages. Ensuite, l’intrigue est simple mais logique et donc se suit sans difficulté. Enfin, tout se suit avec une certaine tension, on ressent et on imagine une fin apocalyptique. Et … c’est un peu une déception.

Car la fin est comme le reste, simple. Là où j’aurais imaginé une fin grandiose, une scène épique avec un retournement ou des images inoubliables, je me suis retrouvé avec un presque happy end, qui fait que ce livre est une bonne lecture, un bon polar écrit par un auteur doué qui aurait pu faire mieux. Donc si vous cherchez un polar avec une bonne histoire pour ne pas vous prendre la tête, agréable à suivre, ce livre est fait pour vous.

N’ayez crainte de Peter Leonard (L’archipel)

De Elmore Leonard, cultissime romancier noir, je n’aime pas tout mais c’est une valeur sure avec une bonne intrigue et de formidables personnages. Son fils Peter Leonard débarque sur la planète avec un roman speedé.

A Détroit, Karen Delaney est un mannequin d’une trentaine d’années qui vit avec Lou Starr, le riche propriétaire de plusieurs restaurants. Un matin, ils se font braquer chez eux par deux minables Bobby et Lloyd. Cette incursion donne une idée à Karen : utiliser ces deux ratés pour cambrioler Samir fakir, son ancien mari, un prêteur sur gages qui lui a emprunté 299 560 dollars et ne lui a jamais rendu. Et Karen n’a aucun document pour prouver qu’elle lui a donné l’argent.

Pour réussir le vol du coffre fort de Samir, il faut juste trouver un troisième comparse en plus de Bobby et Lloyd. Le troisième larron s’appelle Wade, un énergumène que Karen rencontre et qu’elle embobine facilement. Ces trois truands sont tous à la recherche d’argent facile, et Bobby plus que d’autres puisqu’il est un malade du jeu et a de grosses dettes à rembourser. Quant à Lloyd, il sort tout juste de prison.

Samir est plutôt bien organisé. Et comme tout prêteur sur gages, il a des problèmes de remboursement. Alors il fait appel Ricky son neveu, Johnny un obsédé sexuel, et O’Clair un ancien policier qui a connu la prison avant de se reconvertir dans ce « métier musclé » avec succès. Ce soir là, trois hommes déguisés en policiers débarquent chez Samir, volent son coffre fort et tue un homme en le laissant pour mort. Nos trois comparses s’aperçoivent que le coffre est vide et Karen prend la fuite, poursuivie par Bobby et Lloyd.

Il est bien difficile de ne pas faire de comparatif entre le père et le fils. Elmore Leonard est réputé pour être un auteur capable de bâtir des intrigues solides avec des personnages solidement décrits. Cela donne dans la majeure partie des cas des romans noirs bons voire très bons, n’ayant pas lu ses romans westerns. Ce qu’on peut dire c’est qu’Elmore Leonard prend le temps d’installer et la psychologie de ses personnages et son intrigue.

Peter Leonard, lui, n’a pas le temps. C’est un homme pressé. Il décrit une scène par un paragraphe, un personnage par une phrase, un dialogue par une ligne. Si on ajoute à cela que les chapitres sont courts, cela donne une impression de vitesse vertigineuse. Et comme le scenario est en béton et qu’il se passe quelque chose à chaque page, quand on ouvre ce livre, on ne le referme que bien tard dans la nuit.

Et des beaux personnages, on en a à la pelle dans ce roman : ils sont tous cinglés, désaxés, obsédés, tarés, avec plusieurs cases en moins. A la naissance, ils ont dû oublier de connecter deux neurones. Cela peut par moments impacter la crédibilité de certaines scènes mais la lecture en devient d’autant jubilatoire voire hilarante. Seule Karen, qui est parfois malmenée, arrive à manipuler, avancer ses pions, et s’en sortir.

Alors ce roman est à classer dans la catégorie des bons romans noirs, à la différence près que l’auteur a dû prendre des substances illicites pour écrire une histoire qui va aussi vite. La galerie des personnages tous aussi loufoques les uns que les autres en fait une lecture très agréable. Peter Leonard vient de se faire un prénom.