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La baleine scandaleuse de John Trinian

Editeur : Gallimard Série Noire

Traducteur : Philippe Marnhac

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède.

Claude Mesplède écrivait des rubriques dans une revue consacrée au polar qui s’appelait Alibi, dans laquelle il proposait des polars édités par la Série Noire qui sortait de l’ordinaire. C’est comme cela que je me suis procuré ce roman décidément pas comme les autres, dont il disait dans son Encyclopédie des littératures policières qu’il était le meilleur de son auteur.

L’auteur :

John Trinian, nom de plume de Zekial Marko, né en 1933 aux États-Unis et mort le 9 mai 2008 à Centralia (Washington), est un écrivain, scénariste et acteur américain.

Sous son nom il n’écrit qu’un seul roman, Scratch of Thief en 1961. Pour les autres, il utilise le pseudonyme de John Trinian, nom sous lequel sera traduit Scratch of Thief en français.

En 1960, il écrit The Big Grab qui sera traduit en français l’année suivante mais ne sera édité aux États-Unis qu’en 1963 avec pour titre Any Number Can Win. De même, The Whale Story sera publié aux États-Unis avec pour titre Scandal on the Sand. C’est un roman atypique, une étude des comportements d’individus ordinaires confrontés à des événements perturbants.

Il écrit également des scénarios pour des séries télévisées comme 200 dollars plus les frais ou Dossiers brûlants. Il joue quelques rôles dans trois films et séries télévisées dont celui de Luke dans Les Tueurs de San Francisco.

Quatrième de couverture :

«Y’a jamais un chat», lui avait assuré Willie. Joe s’était donc imaginé que ce bout de plage allait être complètement désert et il avait accepté le rendez-vous. Mais qu’est-ce qu’il voit ? Une putain de baleine grise échouée sur le sable, une bande de tordus en train d’admirer le phénomène et par-dessus le marché un flic ! Et à cheval, encore !

Si ça se trouve, il va demander du renfort, cette ordure. Ça va grouiller de poulets. Pour un tueur en cavale, c’est pas joice.

Mon avis :

Une baleine se baladait dans les ténèbres glacées des profondeurs marines quand elle se laissa surprendre par un courant qui la projeta sur une plage d’une petite ville des Etats-Unis.

Karen se réveille dans une chambre d’hôtel, ne se rappelant rien de la veille. Elle avait bu, avait dansé avec Hobart et apparemment, a fini la nuit avec lui. De méchante humeur, elle décide d’aller faire un tour sur la plage.

Joe Bonniano est un tueur à gages qui vient d’éliminer un caïd de la mafia, Herbert Betseka. Recherché par toutes les polices, il appelle un pote nommé Willie pour qu’il lui fournisse une planque. Ce dernier lui donne rendez vous sur la plage.

Karen demande à Hobart d’aller chercher un flic. Pas motivé plus que ça, il traine jusqu’à tomber sur un membre de la police montée, l’agent Mulford, connu pour sa violence inconsidérée et inutile.

A partir d’un fait divers insolite, John Trinian va décrire une journée à la plage et la réaction des estivants, autour des trois personnages principaux. Du comique d’une situation décalée, il va montrer ceux qui sont concernés, ceux qui n’en ont rien à faire et ceux qui veulent en profiter. Si les dialogues sont parfaits et enchaînement des situations d’une logique implacable, on avale ce roman avec un plaisir énorme en se délectant du déroulement de la situation, jusqu’au dénouement final finalement très noir et très moral. Ce roman pas comme les autres, subtile analyse psychologique, mériterait bien une réédition en format de poche, chez Folio par exemple, mais je dis ça, je ne dis rien.

Il est à noter que l’on retrouve une baleine échouée dans Le Mondologue d’Heinrich Steinfest (Carnets Nord) qui est une comédie délirante et qu’un sujet analogue a été traité dans Si belle mais si morte de Rosa Mogliaso (Points) mais avec le corps d’une femme abandonné.