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Le doulos de Pierre Lesou (Plon – Noir Rétro)

Depuis le mois de juin de cette année, les éditions Plon ont créé une nouvelle collection qui s’appelle Noir Rétro, dans laquelle els réédite les romans noirs français des années 50-60. Voici donc le Doulos de Pierre Lesou.

Dans les années 50, Maurice Faugel, dit Maur sort de prison après avoir purgé une peine de 5 années de prison. Maur est tombé suite à un cambriolage qui a mal tourné mais il n’a jamais balancé ses complices. Pendant sa détention, Maur apprend que sa femme Arlette a été assassinée. Depuis sa sortie de prison, il loge chez Gilbert, un receleur. Obnubilé par la vengeance, il tue Gilbert et lui dérobe des bijoux et de l’argent, sur qu’il est d’avoir supprimé l’assassin de sa femme.

Après avoir enterré son butin, il rentre chez Thérèse chez qui il habite provisoirement, pendant qu’il prépare son prochain coup. Maur reçoit la visite de Silien, son meilleur ami. Silien est soupçonné d’être un indic de l’inspecteur Salignari, mais Maur n’en croit rien. C’est son meilleur ami. Silien ne veut pas participer à ce nouveau coup et fait comme s’il n’était pas intéressé, alors qu’il ramène les outils pour percer le coffre fort d’une villa situé proche du bois de Boulogne.

Maur remercie Silien puis attend Remy, qui doit arriver juste après le départ de Silien. Silien, une fois dehors, se précipité dans une cabine téléphonique d’un petit bar pour appeler l’inspecteur Salignari. Puis, plus tard, Silien revient chez Thérèse, l’agresse puis obtient l’adresse du cambriolage. Lors de ce cambriolage, les flics débarquent. Maur et Remy s’enfuient à pied, pris en chasse par la police. Remy est atteint par une balle, et va mourir, Maur va descendre Salignari pendant sa fuite. Maur va-t-il pouvoir s’en sortir ? Quel est le rôle de Silien ? Qui est ou sont les traîtres ?

Si vous avez vu le film de Jean-Pierre Melville (1962) avec Serge Reggiani (Maur) et Jean-Paul Belmondo (Silien), vous devez lire ce livre. Si vous ne l’avez pas vu, lisez le avant d’aller acheter le film. Car c’est un roman avec un scénario implacable avec des personnages forts et une ambiance du tonnerre. Evidemment, des passages du film me sont revenus en tête pendant la lecture, et cela grâce à la force d’évocation du texte, qui joue beaucoup sur les contrastes : J’avais un souvenir d’un film aux couleurs sombres (c’est un film en noir et blanc) avec des éclairages peu nombreux mais violents. Et c’est ce qu’on retrouve dans ce roman. Il y a peu de descriptions, mais chacune d’entre elles met en place cette ambiance noire.

Outre le scénario, plus retors que ce que l’on peut croire, la galerie de personnages est parfaitement réussie. Vous ne trouverez pas de longues descriptions psychologies, juste quelques phrases par ci par là des pensées des protagonistes. Mais majoritairement, ce sont leurs actes qui décrivent le mieux les traits de caractère des personnages. Avec un Maur obnubilé par sa loyauté envers ses amis, avec un Silien trouble dont on ne sait jamais ce qu’il fait, l’intrigue se déroule avec une froideur tranquille. Ne cherchez ni bon, ni mauvais chez les truands ou chez les flics, il faut juste se laisser emmener par cette histoire.

Une nouvelle fois, les éditions Plon, via leur collection Noir rétro ont bien fait de ressortir ce roman noir, qui sent bon les années 50 à Paris, dans le milieu des petits truands d’après guerre. Avec des personnages forts et une intrigue solide, une ambiance sombre voire glauque, ce roman confirme que l’on peut acheter cette collection les yeux fermés. Celui ci est une très bonne histoire d’amitiés viriles avec son lot inévitable de loyautés et de trahisons. C’est du polar costaud, poisseux, presque un témoignage de cette époque.

En ce qui me concerne, il m’en retse deux à lire (Rictus et Rififi chez les femmes) et un à acheter (Le demi-sel). A bientôt donc.

Attention les fauves de Brice Pelman (Noir Retro – Plon)

De temps en temps, il fait bon lire des classiques. Bon, je ne parle pas de Zola ou Stendhal (que j’adore par ailleurs) mais des classiques du roman noir. Or Plon vient de créer une collection qui s’appelle Noir Rétro qui permet de lire ou relire ces romans qui ont été trop négligés à leur sortie, à tort.

Doria Deslandes est une jeune veuve qui vit dans une maison aux alentours de Nice. Elle a perdu son mari Remy dans un accident de voiture. Elle travaille comme traductrice chez elle et élève ses deux jumeaux Patrick et Marieke âgés de onze ans. Cela lui permet de gérer le quotidien sans trop de problèmes mais sans toutefois de contacts avec les gens. Un soir, Jourdain, un voisin débarque chez eux. Sous un prétexte fallacieux (l’élargissement de la route départementale), il rentre chez eux et trouve Doria désirable. Alors il n’écoute que son instinct et ses envies : il la viole et l’étouffe. Se rendant compte qu’il a fait une énorme erreur, il empoche le slip de Doria et s’enfuit bien vite.

Les enfants, qui dorment à l’étage, n’ont rien entendu. Le lendemain matin, ils découvrent le corps de leur mère et se rendent compte que leur mère est morte. Patrick est sous le choc alors que Marieke prend les choses en main. Le risque est trop grand qu’ils soient envoyés en pension et séparés. Elle lui propose de ne rien dire à personne. Ils savent où trouver de l’argent dans le tiroir de la commode et ont huit cent francs, de quoi tenir trois mois. Petit à petit, les proches vont poser des questions et chercher à voir cette mère absente.

Jourdain est marié depuis huit ans avec Marie-Louise. Alors que la période avant mariage laissait augurer une vie heureuse, il en fut autrement après que les deux eurent passé la bague au doigt. En effet, Marie Louise fut prise de migraines à répétition et Jourdain devint un homme sexuellement frustré. Le lendemain matin, il s’étonne de ne pas voir une voiture de police devant chez Doria mais s’inquiète de ne pas retrouver le slip, qu’il avait mis dans sa poche. Il n’a pas d’autre solution que d’approcher les enfants pour comprendre ce qui se passe. La situation devient de plus en plus difficile quand une voisine Mme Josepha vient voir Doria, puis quand leur tante Françoise débarque pour une visite de courtoisie.

Quand j’étais jeune (enfin plus jeune que maintenant, mais je vous rassure je ne suis pas vieux), j’arpentais les gares situées à côté de l’appartement de mes parents. Déjà, à cette époque, je lisais beaucoup, que ce soient des classiques (les vrais, ceux là) ou des romans d’aventure. Je regardais les devantures des marchands de journaux et je voyais les SAS, San Antonio et Fleuve Noir. Avec dédain et envie : dédain car la réputation de ces romans était d’être des romans sans envergure, de la sous littérature pour s’occuper pendant un voyage, envie car les couvertures montraient des femmes dénudées (Désolé mesdames, j’ai aussi été un adolescent !).

Après avoir dévoré ce livre, je me dois de rendre justice à Brice Pelman. Ce roman, qui part d’une idée simple, est tout simplement fantastique. Car au-delà de l’intrigue qui est fort bien racontée, au-delà du style fluide et limpide qui se lit bien et vite, la psychologie des personnages est vraiment impeccable. Entre Jourdain qui est d’abord pris de remords avant de chercher à comprendre puis à s’en sortir, et les voisins qui font circuler les bruits de couloir, l’intrigue avance essentiellement grâce à ses personnages vrais, à ses réactions réalistes, aux coups du sort qui compliquent la vie, aux bonnes mœurs qu’il ne faut pas transiger. Même les réactions des enfants sont impressionnantes de justesse. Cela en fait un récit incroyablement vrai et passionnant dont on ne sait jamais comment cela peut se terminer. Par moments, on atteint même des retournements à la Feydeau.

Quelle bonne idée d’avoir ressorti ces romans qui seraient aujourd’hui mis en lumière plus qu’ils ne le furent à l’époque (il faut dire aussi qu’il y a plus de media qu’avant), car il doit y avoir de vrais petits bijoux et qu’il est grand temps de leur rendre justice. A cet égard, je vous conseille de lire l’interview de Brice Pelman publiée chez Paul Maugendre ici pour avoir une idée du travail de titan que ces auteurs abattaient afin de garnir les rayonnages des gares d’antan.

Usurpé de Laurent Terry (Plon-Nuit blanche)

Quoi de mieux qu’un bon thriller à lire pendant l’été. On s’installe tranquillement dans un fauteuil ou sur un banc, on se laisse porter par les aventures du livre, oubliant ce qui se passe autour, et on tourne les pages une par une en oubliant le temps qui passe. Et bien voilà un très bon candidat pour vous accompagner cet été.

Thomas Eckelton se réveille un matin en plein milieu d’un bidonville qui lui est totalement inconnu. Il s’aperçoit qu’il est en fait à Bogotà et il n’a aucune idée de comment il est arrivé là. Tout ce dont il se souvient, c’est que samedi, il était sur son yacht à siroter un cocktail et que mardi il se retrouve dans la ville la plus dangereuse au monde.

Thomas Eckelton est le PDG d’une des start-up qui est vouée à un grand succès, Purple Incorporation. Il est l’inventeur d’un des meilleurs moteurs de recherche sur internet. Au fond d’une poche, il trouve un billet de 20 dollars. Cela lui permet de rejoindre l’ambassade des Etats-Unis. N’ayant que sa bonne foi pour lui, Thomas n’est pas cru par le responsable des ressortissants, Edward Tender. Mais celui-ci promet de se renseigner.

Thomas rejoint donc un hôtel miteux pour y passer la nuit. Thomas s’aperçoit en se regardant dans la glace, que ce n’est pas son visage. Pendant ce temps là, Tender récupère une photographie du Times et les empreintes digitales du disparu. Evidemment, rien ne correspond. Le lendemain, Tender refuse à Thomas toute aide.

Aux Etats-Unis, la police puis le FBI ont tous conclu à une mort accidentelle. Mais Hannah, la compagne de Thomas reçoit une demande de rançon de 10 millions de dollars. Le FBI enquête donc grâce à ses deux inspecteurs Frank Anderson et Sonny Raynes. Frank est passionné par son métier depuis que sa femme a disparu et qu’elle a été retrouvée morte. Sonny est un transfuge de la brigade des stupéfiants et plus brutal, plus speedé.

Lors de l’enquête, ils s’aperçoivent que la vie et l’avenir de Thomas Eckelton est moins rose que prévue. Certes, son entreprise marche très bien, mais elle est sur le point soit d’entrer en bourse, soit d’être rachetée par Techsystème. Sa femme Carole est toujours amoureuse de lui mais ne lui pardonne pas de l’avoir (dé) laissée pour son travail, Hannah joue la comédie et semble surtout intéressée par l’argent. Thomas et le FBI, chacun de leur coté, vont essayer de démêler cette pelote de laine.

La première chose que je me suis dite en ouvrant ce bouquin, c’est que Laurent Terry s’était bien compliqué les choses. Partir d’un héros que l’on défigure, dont on change les empreintes digitales et que l’on place en Colombie, quel défi ! Et c’est un défi fort bien relevé.

Car j’ai trouvé toutes les qualités d’un très bon thriller : Des chapitres courts avec un style fluide, un héros (en fait il y en a plusieurs) et des personnages réalistes, une intrigue bien menée et avec logique, un suspense bien entretenu avec des dénouements et des nouveautés savamment parsemées. Clairement, ce livre comporte toutes les qualités d’un très bon page-turner comme ils disent de l’autre coté de l’Atlantique.

Je peux même ajouter que, arrivé vers la page 200, j’ai préféré lire ce livre que de dormir. Ce qui fait que les nuits sont courtes, car le réveil, lui, est impitoyable. Car si le rythme est plutôt lent au début, tout d’un coup, dès que Thomas rentre aux Etats-Unis, le rythme s’accélère et c’est réellement difficile de le lâcher. Et tout le talent de Laurent Terry tient dans sa façon de mener et diriger son intrigue que dans sa construction qui elle est assez classique, passant un chapitre pour chaque protagoniste principal.

Je me rappelle avoir lu dans un blog sur une critique de thriller français que le blogueur en question préférait définitivement les romans américains et que l’on ne savait pas faire ce genre de roman en France. Eh bien, détrompez vous ! Usurpé démontre que, en France, on est capable de faire de très bon thrillers et celui est un excellent divertissement pour l’été qui s’annonce.

Le fils des brulés de Laurent Brard (Plon)

Alors, voilà donc le deuxième volume de la série Nuit Blanche de Plon. Celui là, je le guettais pour le sujet qui me plaisait bien. Et puis c’est l’occasion de découvrir un nouvel auteur français.

Oscar Bellem n’a pas eu une enfance facile. Mais il s’est acharné à travailler pour nourrir sa sœur, et lui permettre de faire des études. Et, par miracle, il est reçu au concours de l’administration pour entrer dans la police. Comme tous les jeunes, il a un rêve : celui de devenir scénariste pour le cinéma. C’est ce rêve qui va le perdre.

Un week-end, alors qu’il est de permanence au commissariat de Talernes, une jeune fille de 14 ans disparait. Ses parents ne croient pas à la fugue, mais lui les éconduit poliment pour avancer sur son scénario. Le lendemain, la petite Cecilia est retrouvée éventrée, avec une croix gravée sur le front. C’est la fin de Bellem. Il est montré du doigt par tout le monde, de sa hiérarchie aux média. Alors, on le met dans un placard. Un placard qui va durer douze ans. Le coupable ne sera jamais découvert.

Douze ans après, il obtient sa mutation à Sarole, une petite bourgade située à 100 km de Talernes. Il envisage de donner sa démission, pour se rapprocher de sa sœur et pour monter un camp de vacances pour pêcheurs, avec des pédalos, des jeux. C’est alors qu’il reçoit un mail au commissariat citant des anecdotes privées, lui parlant à demi-mot du dramatique assassinat de Cecilia et lui demandant : « Que feriez vous si l’histoire recommençait ? »

Ce que Bellem a toujours essayé de nier, ce qu’il a toujours essayé d’oublier, lui revient directement dans la figure. Alors que la police croit à un canular, Bellem se demande ce que tout cela veut dire. Une allusion du mail dit que tout a commencé ici, à Sarole. Bellem apprend alors qu’une famille a été massacrée à la même date que la mort de Cecilia. C’est ce que tout le monde appelle l’affaire du Fils des brûlés. Bellem se doit de comprendre.

Ce résumé rend bien peu hommage à la façon dont Laurent Brard a mené son intrigue. J’en ai fait un résumé chronologique, alors qu’en réalité, au milieu de l’histoire de Bellem viennent s’insérer des chapitres concernant Antoine, le fils des brûlés. Le procédé est classique, mais permet d’une part d’ajouter au mystère de l’ensemble, et d’autre part de manipuler le lecteur sur de nombreuses pistes, forcément fausses.

Je m’attendais à un bouquin avec un superbe personnage de flic en plein naufrage. C’est vrai et faux à la fois. Certes, il est marqué par le meurtre inexpliqué de Cecilia dont il se sent coupable, mais il a avant tout pour objectif de quitter cette vie de flic où il se sent inutile. Douze ans passés dans un placard, c’est long !

L’autre aspect de ce personnage est qu’il est incompétent. Il n’a pas eu l’occasion de faire ses preuves en tant que policier qu’on le mettait déjà au placard. Le résultat est qu’il n’a aucune idée sur la méthodologie à employer pour mener son enquête, qu’il ne sait pas comment agir avec les gens, qu’il ne sait pas quelles questions poser. C’est un paumé sympathique, qu’on aime bien, qu’on imagine bien en grand dadais, et on sent bien l’amour de l’auteur pour son personnage.Mais il n’y a pas que le personnage qui est intéressant dans ce roman.

Il y a cette ambiance village ou petite ville. Sarole, un endroit où il ne se passe jamais rien, un endroit où les gens savent tout sur tout, un endroit où les gens ne disent rien sur rien. Remarquablement traité car non seriné à toutes les pages, Laurent Brard arrive à nous faire ressentir cette ambiance de surveillance perpétuelle. On a l’impression que les gens sont cachés derrière leurs rideaux à épier ce qui se passe dans la rue, pour mieux répéter au bar du coin ce qu’ils ont vu. D’ailleurs, je me demande si Sarole existe ou si il l’a inventé de toutes pièces.

Alors, bien sur, ce livre n’est pas un chef d’œuvre. Il y a parfois des redites et à mon goût trop peu de dialogues Mais il y a une vraie qualité pour la description des ambiances et des gens ruraux, de ces habitudes que j’appellerais ancestrales d’avoir de bonnes relations envers ses voisins tout en essayant de savoir un maximum de choses sur eux, de cette curiosité qui peut s’avérer malsaine. De quoi aiguiser ma curiosité pour le prochain livre de Laurent Brard.

La chronique de Suzie : Surhumain de Thierry brun (Nuit Blanche-Plon)

Voici le premier d’une toute nouvelle collection Nuit Blanche de chez Plon. Et comme je l’ai vu dans un autre blog, j’ai décidé de donner la parole à une invitée, une folle des livres à qui j’ai prêté le livre pour qu’elle me dise ce qu’elle en a pensé. Elle dévore énormément de romans de la fantasy au fantastique en passant par les thrillers. C’est une collègue de travail, avec une voix chantante qui a une grande qualité : elle a toujours le sourire, et c’est bigrement important. Voici donc la prose de Suzie :

 Le parrain de la région nancéienne a décidé de se retirer en beauté. Pour éviter la mise en place d’un second empire, Béatrice Rapaic est envoyée dans le but de faire tomber le Parrain avant son départ et démanteler le réseau local. Mais, pas facile d’être infiltrée dans ce milieu surtout lorsqu’on est une femme flic, un peu paumée et  qu’on se sent en contradiction avec ses convictions.

Dans ce contexte assez changeant, malsain arrive celui qu’on n’attendait plus : Thomas Asano, un enfant du pays, venu enterrer sa mère et qui en veut au parrain et à certains des membres de son entourage, en quête de revanche …

Au début, on ne sait pas trop où on tombe. On se retrouve projeté dans une histoire assez glauque, sans avertissement préalable. Et au fur et à mesure, on est comme happé par cette atmosphère décrite, par ces personnages et leur personnalité qui se dessinent par touches successives. C’est comme si on se retrouvait dans un tunnel et qu’on puisse voir une lumière tout au fond qui approche au fur et à mesure que l’on avance, que l’on court vers elle.

Ce livre se lit quasiment d’une seule traite tellement on veut savoir, sortir en pleine lumière. Le personnage de Béatrice est tout en contrastes. On a l’impression de voir un papillon essayer désespérément de sortir de sa chrysalide mais en rester prisonnier. Et le personnage d’Asano fait écho dans une certaine mesure à celui de Béatrice.

Personnages torturés et torturant, ce roman alliant flash-back et les événements en cours, vous hantera tant et si bien que vous ne le lâcherez pas avant la fin . Et là, vous vous direz : « déjà ? ».

Je n’ai pas grand’chose à rajouter aux propos de Suzie, je l’ai lu aussi, j’ai eu aussi un peu de mal à rentrer dans l’histoire. Mais on se retrouve vite emporté grâce à de nombreux personnages fort bien décrits et pas aussi lisses qu’il n’y paraît. Thierry Brun a construit son roman comme une toile d’araignée, tissant un à un les fils pour mieux les détruire. C’est aussi l’histoire de deux écorchés, qui sont destinés à tomber. Plus qu’un polar d’ambiance, c’est un polar de personnages. Le seul reproche que je ferai, c’est qu’il m’a manqué un peu de sentiment dans le style. Un roman à découvrir, et un auteur à suivre, assurément.

Merci à Emmanuelle Allibert pour la découverte de cet auteur. Merci à Thierry Brun pour son message lors de l’articleQuelques infos pour les mordus du noir et du thriller  

Un petit message à Suzie, pour finir : voilà, il ne te reste plus qu’à ouvrir ton blog.