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Du sang sur la glace de Jo Nesbo

Editeur : Gallimard ; Série Noire (Grand format), Folio (Format poche)

Traducteur : Céline Romand-Monnier

Jo Nesbo, l’illustre créateur de Harry Hole, inspecteur autodestructeur, nous avait déjà surpris avec un roman orphelin Chasseurs de têtes ; il nous refait le coup avec ce Du sang sur la glace, au style minimaliste appréciable.

Olav, le narrateur de cette histoire est tueur à gages pour Hoffmann, un caïd de la pègre. Il est expéditeur. Parce qu’il ne sait rien faire d’autre, à cause des tares dont il est affublé. Il le dit lui-même à la fin du premier chapitre :

« Donc. En résumé, nous pouvons formuler les choses ainsi : je n’arrive pas à rouler lentement, je suis soft comme du beurre, je tombe bien trop facilement amoureux, je perds la tête quand je suis furieux, et je suis mauvais en maths. J’ai lu un ou deux trucs, mais j’en sais bien peu et en tous cas pas le genre de choses qui peuvent être utiles. Et j’écris plus lentement que ne se forme une stalactite. »

Alors qu’il vient d’expédier un homme, dont le sang se répand sur la neige blanche, son patron lui demande un nouveau contrat. Olav devra tuer la femme d’Hoffmann. Ne se posant pas de questions, il commence sa surveillance, et s’aperçoit qu’elle reçoit la visite de son amant tous les jours et que ce dernier est violent envers elle. Pour Olav, émotif comme une éponge, il va devoir se débarrasser de l’amant avant tout.

Ce qu’il fait. Malheureusement pour lui, l’homme qu’il vient de tuer est le propre fils d’Hoffmann. Cela va lui compliquer la tâche …

C’est un roman surprenant par bien des égards. Nous sommes en réalité bien loin de l’univers de Harry Hole, puisque le personnage d’Olav est propre sur lui, en dehors de sa profession. Il peut apparaître simplet alors qu’il est doué pour son travail et qu’il doit faire avec ses tares, qui vont le mener dans des événements pour le moins inattendus.

Plus que l’histoire elle-même, ce sont ces rebondissements qui vont surprendre le lecteur, ce qui en fait au bout du compte un roman drôlement cynique et amusant à lire. On s’attend presque à avoir un retournement de situation à chaque fin de chapitre. Cela devient un vrai plaisir même si le roman est court.

Et la taille du roman est justement lié au fait que le style ne se veut pas descriptif, que l’on n’entre pas ou peu dans la psychologie humaine mais que Jo Nesbo a voulu privilégier le scénario, lequel met l’accent sur le fait qu’Olav ne peut se fier à personne. C’est aussi pour cela qu’on reste un peu sur notre faim, même à la fin, qui m’a semblé vite expédiée. Ce roman ne restera donc pas une lecture inoubliable mais un bon passe-temps, presque à réserver aux aficionados de l’auteur.

Hommage : La tête dans le sable de G.-J. Arnaud

Editeur : Fleuve Noir

Collection : Spécial Police N°1313

Le 26 avril 2020, l’un des auteurs populaires français les plus prolifiques nous a quittés. Outre le fait que je suis en train de lire La compagnie des glaces, je tenais à évoquer une autre facette de son talent, à travers un polar, bien noir et bien social.

Photo récupérée grâce à mes amis de l’Association 813 (Black Jack)

Hélène Chapelle vient de perdre son mari, chauffeur routier, dans un accident de la route et n’a qu’une hâte : retourner au travail pour oublier son quotidien dans son appartement de quatre pièces trop grand pour elle seule. Elle vient d’être promue chef de service chez Transit-Flore qui gère le transport de fleurs à l’international et a avec elle quatre personnes.

Ce matin-là, elle apprend qu’une de ses collaboratrices, Mme Campéoni a eu un accident la veille au soir, renversée par un chauffard qui a pris la fuite. Elle est bouleversée et se rend compte que cela fait deux personnes malades dans son service avec l’absence de Régine Douaire, victime de dépression et qui ne veut pas quitter son appartement. Bientôt, c’est une troisième absence qu’elle va devoir affronter en la personne de Mme Simon, victime d’une grave crise d’asthme.

Heureusement, Transit-Flore a souscrit des contrats avec des prestataires qui lui permettent de ne pas perdre ni en rendement ni en efficacité. Il y a tout d’abord Efficax qui diligente des médecins privés pour s’assurer que les absents sont bien malades. Il y a ensuite Travail-Service, sorte de boite d’intérim, capable de trouver en moins de 24 heures la personne adéquate.

Hélène, en voulant soutenir ses collaboratrices malades va se rendre compte qu’Efficax fait du harcèlement auprès des malades pour qu’ils reprennent le travail au plus vite, en la personne du docteur Jocour. Et plus elle va creuser le sujet, plus elle va s’enfoncer dans une machination infernale.

Si le roman est très implanté dans les années 70, le sujet de ce roman est toujours d’actualité. Il suffit de lire certains polars récents (Les visages écrasés de Marin Ledun ou Elle le gibier d’Elisa Vix) ou bien d’écouter les informations. Le harcèlement professionnel, la pression, le chantage, voilà des termes qui reviennent souvent et qui constituent la base de ce roman.

A partir de ce thème, Georges-Jean Arnaud créé un petit bijou de polar, une intrigue incroyablement tordue et retorse dont le final est très réussi. Au centre, nous avons Hélène Chapelle, qui comme le titre le suggère, s’est contentée de se laisser vivre comme une autruche, impassible par rapport à ce qui l’entoure. Et quand elle doit se prendre en main toute seule, elle découvre un monde horrible, inhumain. Et plus le roman avance, plus on la plaint, et plus on doute de sa santé mentale. N’est-elle pas en train d’imaginer tout cela et de devenir paranoïaque ?

Les événements sont nombreux et démontrent, s’il en était besoin, tout le génie créatif de l’auteur. Georges-Jean Arnaud accumule les scènes, nous donne des pièces d’un puzzle qu’on ne sait pas situer sur le jeu. Quand certaines pièces s’emboitent, on commence à apercevoir une machination incroyable. Ecrit avec un style fluide, nous sommes là en présence d’un polar populaire de haute volée. La seule chose qui m’a gêné, ce sont les quelques fautes de frappe qui jalonnent le livre.

Si vous avez l’occasion de trouver ce roman, lisez le. J’en profite pour ajouter que la revue Rocambole de fin 2019 a édité un numéro spécial consacré à ce gigantesque auteur. L’oncle Paul en parle ici. Pour l’avoir commencé, ce numéro est indispensable. Pour le commander, c’est ici

Le dossier Anténora de LFJ Muracciole

Editeur : Toucan

Le nom de l’auteur (en fait il s’agit d’auteurs au pluriel) est mystérieux. La quatrième de couverture est bien tentante. Et la présentation de l’éditeur (que je vous recopie ci-après) dans le dossier de presse édifiant. Ce cocktail donne un polar fantastique.

La présentation de l’éditeur cite un personnage :

« Ce récit relate une série d’événements demeurés trop longtemps ignorés. Pendant le mois de mai fut réalisé à Paris le plus grand casse de l’histoire. Au même moment, le programme lunaire américain faillit capoter par la défection d’un astronaute, tandis qu’un réseau soviétique parvint à s’emparer des plans français de la bombe H.

Les protagonistes de ces affaires n’auraient jamais dû se rencontrer. Ils furent pourtant réunis et, sans aucune violence, ils réussirent à déstabiliser le système monétaire international.

Le temps a fait son œuvre et je suis aujourd’hui le dernier survivant de l’aventure. Il m’a paru qu’il était temps de témoigner. Si la trame est romancée, les faits sont bien réels, y compris pour les histoires d’amour qui ont parcouru l’intrigue. »

Le mercredi 24 avril 1968, un homme est retrouvé mort à l’aéroport d’Orly, vraisemblablement victime d’une crise cardiaque. Il s’agit du professeur Jacques Lacroix, éminent expert nucléaire du centre d’études de Saclay.

Le jeudi 25 avril 1968, le commandant Jim Clyde et son copilote Pete Young réalisent l’un des derniers essais sur le module lunaire Appolo. Plus tard dans la journée, Jim Clyde est convoqué. On lui annonce que ses résultats sanguins font état de prise d’alcool et de drogues. La NASA l’envoie à Paris avec sa femme, tous frais payés pour se reposer.

Le jeudi 25 avril 1968, à Vincennes, une Citroën DS se gare devant une agence de la BNP. Deux hommes en sortent et réalisent un casse sans blesser personne, emportant plus de 100 000 francs. Le gang des DS a encore frappé.

Le vendredi 26 avril 1968, Etienne Lemonnier, patron de la DST reçoit une information primordiale : Le Borgne, bien connu comme étant le plus grand espion soviétique actif en France, vient de sortir de l’ambassade russe. Lemonnier le fait suivre.

Il ne reste que quelques mois au commissaire Pujaud avant de profiter d’une retraite bien méritée. Âgé de 65 ans, il apprend qu’il va bientôt être grand-père. Il apprend aussi que plusieurs affaires vont avoir besoin de ses talents.

Ce roman, c’est du pur plaisir. A la frontière du roman policier, du roman d’espionnage et du roman d’aventures, il comprend toutes les qualités que l’on peut demander à un vrai bon polar populaire. A tel point que l’on a du mal à déterminer où se finit la réalité et où commence la fiction. A tel point que l’on se demande si ce roman est réellement une uchronie ou s’il se propose d’illustrer des moments peu connus de notre histoire. C’en est vraiment saisissant.

La construction, comme tout le roman, est d’une ambition folle : faire revivre la France au mois de mai 1968, non pas du coté des manifestations, mais sur les enquêtes que doit suivre en parallèle le commissaire Pujaud. Ce ne sont pas moins d’une douzaine de personnages qui vont animer cette intrigue, dans plusieurs lieux situés dans trois pays principaux, la France, Les Etats-Unis et la Russie.

L’une des principales énigmes du roman se situe autour de La divine comédie de Dante Alighieri, dont une nouvelle traduction doit voir le jour. Le roman est donc construit autour de trois grandes parties, L’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, et va dérouler cette histoire avec une passion peu commune. Avec ses chapitres ne dépassant que rarement les quatre pages, il se lit vite, très vite, malgré ses 574 pages, parce que nous sommes pris dans ce Paris du siècle dernier, par cette intrigue et le devenir de ses personnages.

Car les personnages sont brossés, et on n’y trouvera aucune description détaillée. On imagine bien de grands acteurs derrière ces figures et chaque scène ferait une fantastique trame pour un film ou une série. Malgré le grand nombre de personnages, on s’y retrouve facilement, pris par les nombreux soubresauts et meurtres qui vont émailler cette histoire. C’en est juste bluffant.

On y retrouve des énigmes policières, des courses poursuites, des espions, des barbouzes, des dirigeants, des banquiers, des jeunes gens innocents, des scientifiques, et tous vont se retrouver emportés par la furie de cette époque. D’ailleurs, les manifestations apparaissent rarement, de temps en temps, pour nous rappeler le contexte d’un monde sous haute tension. Et on y trouvera de-ci de-là quelques allusions à des habitudes d’alors, ainsi que quelques coups d’œil envers notre époque d’aujourd’hui.

Au final, c’est un régal, le genre de roman qui rappelle qu’avec une bonne histoire, d’excellents personnages et un excellent sens du rythme, on arrive avec beaucoup de talent à passionner le lecteur et surtout à semer le doute. Car, tout ce qui est raconté ici est-il vrai ou faux ? Tout est fait pour semer le doute et cela marche à fond.

On ne sait que peu de choses des auteurs, qui sont (a-priori) un couple Lucie et Jean-François Muracciole, mais je peux vous dire qu’on ne sent jamais qu’il s’agit d’une écriture à quatre mains et que l’ambition de ce roman est formidablement réussie. Sans aucun doute, je serai au rendez-vous de leur prochain roman. Que du plaisir, du vrai bon plaisir, que de lire un excellent polar populaire !

Des poches pleines de poches

Voici le retour de cette rubrique consacrée aux livres au format poche.

Détour de Marc Falvo

Editeur : Faute de frappe

Stan Kurtz est de retour pour une affaire qui aurait pu ne pas en être une. En panne d’affaires, il reçoit un faire part, destiné à Stanislas Gérald Kurtz, son vrai nom, pour lui annoncer la mort d’un copain qu’il n’a pas vu depuis plus de vingt ans. Franck Drexel était garagiste et écrivaillon de polars à ses heures perdues.

Direction Carmona, petit village de 3000 âmes perdu dans la cambrousse française. Quand il débarque après un voyage en train interminable, Stan fonce au bar Le Terminus et est accueilli par un costard trois pièces et deux armoires sans glace. Il n’est pas le bienvenu, c’est le moins que l’on puisse dire. La sœur du défunt ne croit pas au suicide et le charge de découvrir le coupable du potentiel meurtre.

Après un début en demi-teinte, où je me suis dit que le style était forcé et poussif, l’action prend le pas sur l’histoire en même temps que les mystères, entre incendies et journaliste blogueur. On se laisse mener par les répliques pleines d’autodérision de Marc Falvo et la dédicace à Frédéric Dard n’est pas usurpée. D’ailleurs, j’y ai trouvé beaucoup de filiation avec les jeunes auteurs humoristiques contemporains comme Stanislas Petrosk ou Nadine Monfils. C’est une lecture agréable, distrayante, pour passer le temps.

Arrowood de Mick Finlay

Editeur : Harper & Collins

Traductrice : Marta de Tena

En 1895, à Londres, tout le monde ne jure que par Sherlock Holmes. Pourtant, un autre couple de détectives tout aussi doué œuvre pour le bien du peuple : William Arrowood et Norman Barnett. Ne roulant pas sur l’or, ils sont obligés de se cantonner aux infidélités conjugales. Ce matin-là, une demoiselle, Mlle Cousture, leur demande de retrouver son frère Thierry qui a disparu. Il était employé par M.Cream, l’un des chefs de gang les plus cruels et les malfaisants de la ville.

Comme c’est le premier tome des enquêtes d’Arrowwod, Mick Finlay marque les différences avec le concurrent, Sherlock Holmes. On ne s’attache pas aux détails ou à la déduction mais plus aux réactions qui trahissent les émotions. D’ailleurs, l’auteur a tendance à en faire des tonnes quand il parle de l’animosité qui bout en Arrowood dès que l’on prononce le nom de Holmes.

D’une enquête a priori simple, l’auteur en tire plusieurs branches, ce qui va donner de nombreux rebondissements et les rencontres avec plusieurs personnages, que l’on suit avec plaisir parce que c’est écrit avec beaucoup de vivacité. Si les intrigues sont emboitées comme des poupées russes, c’est du coté des Irlandais qu’il faudra chercher la solution, encore qu’elle soit bien difficile à deviner de prime abord.

J’ai trouvé cette première enquête très divertissante, et les personnages suffisamment bien marqués et sympathiques pour que j’y revienne à l’avenir. Le Londres du 19ème siècle est décrit sans trop de détails, laissant la place à des dialogues bien faits. Bref, c’est un bon divertissement et comme le cycle comporte 3 enquêtes à ce jour, dont 2 sorties en France, il se peut bien que j’en reparle un de ces jours. A suivre …

Du sang sur l’asphalte de Sara Gran

Editeur : Editions du Masque

Traducteur : Claire Breton

Après La ville des morts et La ville des brumes, voici donc le troisième tome des enquêtes de la meilleure enquêtrice de tous les temps, Claire DeWitt. Si vous me connaissez, vous savez que c’est avec une grande fébrilité que j’attendais ces aventures.

Oakland, 2011. Claire DeWitt se réveille dans une Ford Ka. Elle vient d’être victime d’un accident de la circulation. Enfin, accident si on veut. Elle revoit une grosse Lincoln lui foncer dessus volontairement. Cela ressemble plus à une tentative de meurtre. Mais on ne tue pas aussi facilement la meilleure détective du monde. Quand une policière s’approche, elle lui subtilise son arme, récupère le nom d’un témoin et arrive à prendre la poudre d’escampette. Qui donc veut lui faire la peau ? C’est l’affaire de l’Autoroute infinie.

Los Angeles, 1999. Claire DeWitt est détective et a rencontré la plus grande détective d’alors, Constance Darling. Adepte du grand Jacques Silette, qui a écrit le livre immortel Détection, sorte de recueil de citations philosophique à destination des détectives, elle a aidé Claire. Mais pour obtenir sa licence, Claire se rend compte qu’elle doit faire 5000 heures d’enquêtes et qu’il lui en manque 400. Adam Dubinsky accepte de lui confier une affaire d’accident de la route : le célèbre Merritt Underwood, artiste peintre, s’est tué dans un accident de la route et elle doit démontrer que c’est un meurtre. C’est l’affaire de la CBSIS.

Brooklyn, 1986. Claire DeWitt est une étudiante de 15 ans. Avec ses amies de toujours, Kelly et Tracy, elles rêvent de monter la plus célèbre agence de détectives. Alors qu’elles résolvent nombre d’affaires, Tracy disparait. Kelly et Claire n’ont pas été capables de la retrouver. Comme Jacques Silette qui n’a jamais été capable de retrouver sa petite fille. C’est l’indice du charnier.

Ceux qui ont déjà rencontré, littérairement parlant, Claire DeWitt vont comprendre ce que je dis. Les autres devraient se jeter sur le premier tome de cette série La ville des morts, puis enchaîner par le deuxième La ville des brumes. Car Claire DeWitt est un personnage attachant, speedé et complexe, aveuglée par cette volonté de devenir la meilleure détective du monde, sans écraser ses concurrents.

On reste ici dans la même veine, et l’intrigue va alterner trois lieux différents et trois enquêtes avec toujours la même volonté de placer au centre du roman ce personnage féminin hors-norme. Alors que j’avais été impressionné par La ville des brumes, par sa façon de montrer Claire au bord de l’autodestruction, on se retrouve ici face à un polar de détective plus classique, construit comme un jeu de piste linéaire.

Le style de Sara Gran est toujours aussi rapide, aussi vif et bien agréable à suivre. Et comme je suis déjà amoureux de ce personnage, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Mais je ne peux que vous conseiller de lire les précédents, sinon vous allez être perdus, car l’intrigue est complexe. Enfin, j’ai trouvé que ce roman n’apporte pas grand-chose au personnage de Claire DeWitt. On a déjà lu son obsession pour Jacques Silette, son impuissance face à la disparition de sa meilleure amie. Cela donne donc un bon polar divertissant et j’attendrai le prochain pour être surpris et complètement emballé. Mais je suis toujours amoureux de Claire DeWitt.

Ne ratez pas l’avis de Yan

De but en noir de Gilles Vidal

Editeur : La Déviation éditeur

Une fois n’est pas coutume, je vous propose un recueil de nouvelles. Edité par un petit éditeur, ce recueil est écrit par un spécialiste du genre, Gilles Vidal, et vous ouvre les facettes du noir domestique, en balayant tous les genres de littérature.

Maty :

Bob Richard est compositeur et doit écrire une chansonnette qu’on lui a commandée trois semaines auparavant. Vivant avec Mathilde, 22 ans plus jeune que lui, ils se sont engueulés et sa main est partie. Depuis, elle a disparu, jusqu’à ce que le téléphone sonne.

Écrite avec un style simple, Gilles Vidal fouille les relations d’amour et les petits événements qui engendrent les étincelles de l’Art. Avec subtilité, avec justesse, avec douceur, il nous raconte cette histoire avec beaucoup de retenue mais avec émotion.

Plus mort tu meurs :

Dans la famille, on est tueur de père en fils. C’est à ses 18 ans que son père lui a appris à tuer. Depuis, il est devenu le meilleur. Romain Vanel, du moins est-ce le nom qu’il utilise en ce moment, va devoir réaliser un contrat bien particulier.

On en viendrait presque à éprouver de la sympathie pour ce tueur à gages tant la description qui en est faite est limpide et empreinte de sentiments. Et finalement, cette nouvelle s’avère plus noire, plus féroce, plus cynique que prévu.

A la gorge :

Fred Boland rentre chez lui retrouver sa fille Liz enceinte. Elle lui annonce qu’un paquet l’attend, déposé devant leur porte dans la journée. Quand il l’ouvre, il y a une autre boite dedans, comme des poupées russes. Puis il trouve une clé …

A partir d’une idée simple, Gilles Vidal nous enfonce dans un mystère, faisant monter le suspense et la tension, au fur et à mesure que l’on découvre Fred Boland par ses actes. Puis, Gilles Vidal oblique vers une intrigue polar plus classique.

Bas Zarb :

Dans un monde futuriste où on ne se dit pas Bonjour mais Enculé, où on ne se dit pas Au revoir mais Enculé, Zarb s’abrutit de sitcoms télévisées quand il reçoit un coup de fil d’un de ses clients.

On imagine bien un monde futuriste à la Mad Max et ce personnage crade au possible. Je suis un peu sceptique quant à cette nouvelle et son humour gras.

Un coup d’essai bien arrosé :

Séverine Bourdin est flic et elle sort tout juste d’une enquête sur un vol d’un magasin de spiritueux. Alors qu’elle rend visite à ses parents, une macabre découverte l’attend …

Tout en faux-semblants, cette nouvelle semble nous plonger dans l’horreur juste avant de nous fournir une chute surprenante et excellentissime.

On part ?

Le narrateur s’est laissé entraîner à une fête organisée dans un appartement bourgeois. Dans les brumes alcoolisées, il aperçoit une beauté à tomber. Elle s’appelle Dinah et lui propose : « On part ? ». Et c’est le début de son cauchemar.

Entre nouvelle érotique et nouvelle noire, Gilles Vidal nous concocte une histoire classique.

De l’autre coté :

Rencontre entre un survivant et une rescapée dans un paysage imaginaire ou futuriste … ou bien est-ce un songe ?

Revival :

Magnifique texte d’un homme méticuleux qui laisse vagabonder son imagination, et qui attrape au vol des souvenirs, certains joyeux, son grand-père, son cerf-volant, et d’autres beaucoup plus douloureux. C’est la nouvelle que je préfère dans ce recueil.

Come in terme :

Bienvenue dans la mafia russe. Léon et Raymond sont une équipe de tueurs à gages. L éon surveille et Raymond fait le sale travail. Sauf que Raymond n’a aucun sentiment, ni aucune attache sentimentale ; il est attardé et se laisse manipuler sans s’en rendre compte.

Cette nouvelle est une petite histoire bien noire.

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul

 

Blanc comme neige de George P.Pelecanos

Editeur : Editions de l’Olivier (Grand Format) ; Points (Format Poche)

Traducteur : François Lasquin et Lise Dufaux

En cette année 2020, nous allons fêter les 50 années d’existence de la collection Points, et les 40 ans de Points Policier. Et quoi de mieux que de se lancer dans le premier roman mettant en scène Derek Strange et Terry Quinn.

L’auteur :

La biographie de l’auteur est incluse dans un de mes précédents billets, Le chien qui vendait des chaussures.

https://blacknovel1.wordpress.com/2014/11/22/oldies-le-chien-qui-vendait-des-chaussures-de-george-p-pelecanos-gallimard-serie-noire/

Quatrième de couverture :

Washington (D.C.). Leona Wilson veut laver la réputation de son fils, policier noir tué à la suite d’une bavure, et faire graver son nom sur le mur du mémorial de la police de la ville. Elle fait appel à Derek Strange, un ancien flic noir d’une cinquantaine d’années, aujourd’hui détective privé, pour connaître la vérité.

L’affaire, qui a fait l’objet d’une enquête pointilleuse, s’est déroulée une nuit durant laquelle Wilson, qui n’était pas en uniforme, a été surpris par deux collègues alors qu’il braquait son arme sur un homme. Jugeant cette attitude menaçante, l’un des policiers, Terry Quinn, un Blanc, a abattu Wilson. Depuis, il a démissionné de la police pour devenir vendeur de livres et de disques d’occasion.

Pour mener sa contre-enquête, Derek Strange décide de le rencontrer et, convaincu de sa bonne foi, lui propose de l’assister dans ses recherches au cours desquelles les deux hommes vont visiter une partie des bas-fonds de la ville, côtoyer flics ripoux, junkies et exclus du système.

« Derek Strange est un nouveau personnage tout aussi attachant que le privé Nick Stefanos, qui, comme lui, officie à Washington. Ses origines ethniques et sa fine connaissance du terrain en font l’homme idéal pour témoigner à propos du racisme car, au-delà du fait-divers, cette question constitue le sujet central de ce roman noir plein de suspense. » – Claude Mesplède

Mon avis :

Ce roman narre la rencontre entre les deux personnages principaux de cette série, à savoir Derek Strange, la cinquantaine, détective privé noir ayant officié 30 ans auparavant dans la police et Terry Quinn, jeune policier blanc qui a tué Wilson, un collègue noir lors d’une rixe et a été innocenté lors de l’enquête. Depuis, Terry Quinn travaille dans une librairie. A priori, tout oppose ces deux hommes mais la mère de Wilson demande à Strange d’enquêter et ces deux compères vont se trouver, malgré leurs différences. Lors de leur enquête, ils vont croiser la route des Boone, Père et Fils, trafiquants de drogue et meurtriers.

Car, que ce soit par leur couleur de peau, par leur culture, leur âge ou leur psychologie, on ne peut être plus différent. Pourtant, il y a ce même détachement, cette même façon nonchalante de prendre les événements et de trouver le bon mot humoristique pour relâcher la pression. Alors que des auteurs insistent sur le côté impossible de leur rencontre, George P.Pelecanos en fait des scènes justes, simples et logiques.

Le style de George P.Pelecanos est très détaillé, nous décrivant jusqu’au bibelot ornant une étagère dans un bar des bas-fonds de Washington. Cela nous permet d’avoir immédiatement la scène devant les yeux. C’est un style très cinématographique que personnellement j’adore, surtout que les dialogues sont parfaits, savoureux, ce qui donne un bon équilibre à une scène. Un exemple du genre.

Pelecanos nous présente donc le Washington des années 90, multiraciale, avec une criminalité en augmentation. C’est un témoignage de cette époque pas si éloignée, seulement 30 ans, et pourtant, la criminalité a tellement progressé que l’on a l’impression de lire un roman historique ou un reportage sur la vie des flics et la façon dont ils sont perçus dans la société, cible d’actions de plus en plus violente, où il n’y a plus aucun respect de l’autorité sensée faire régner l’ordre et respecter la loi.

Ce roman est malheureusement épuisé. Il va donc être bien difficile de le trouver. Je ne peux que vous conseiller de fouiller vos greniers afin d’en retrouver un exemplaire, ou d’aller voir du coté des sites d’occasion. J’en profite pour lancer un appel aux éditions Points : Il serait grand temps d’envisager une réédition des enquêtes de Strange et Quinn, qui sont au nombre de quatre :

  • Blanc comme neige
  • Tout se paye
  • Soul Circus
  • Hard Revolution (Le meilleur de la série selon Polars Pourpres)

A noter que Red Fury est un prequel mettant en scène Derek Strange et qu’il est disponible au Livre de Poche

Les deux pieds dedans ! de François Legay

Editeur : Lajouanie

Parmi les dernières sorties chez Lajouanie en ce début 2020, il y a un premier roman écrit par un collaborateur de K-libre. Me voilà donc plongé dans les aventures d’Augustin Kerr, détective privé bigrement attachant.

Augustin Kerr a pour mission de faire un échange contre 5000 euros. Mais un échange de quoi ? En tant que détective privé, il ne peut fermer les yeux sur une telle somme, surtout en France. Quand il arrive, il trouve comme prévu la clé sous le paillasson. Il y trouve un homme plongé dans son assiette, la tête la première. Et dans les toilettes, un autre, visiblement mort, semble avoir marché les deux pieds dans la merde … Sur la table de la salle à manger, à côté du gratin dauphinois, il trouve une enveloppe remettant à plus tard l’échange, mais il y a bien l’argent. Et c’est signé Anthony Wecker.

C’est à ce moment qu’un colosse qui a la carrure de David Douillet, la taille de David Douillet, la coupe de cheveux de David Douillet mais qui n’est pas David Douillet entre. Il fait le ménage, entendez qu’il assomme Augustin et s’enfuit. De retour dans l’appartement, l’estourbi au gratin revient à lui et lui dit qu’il avait rendez-vous à 10 heures, comme Augustin, pour une partie fine. C’est à ce moment-là que débarque la commissaire Béatrice Boton, le fantasme sexuel incarné d’Augustin, malheureusement mariée.

Augustin est convoqué au commissariat, pour s’expliquer sur sa présence sur les lieux du crime. Il semblerait que le mort de la salle de bains ait avalé un puissant laxatif dans son gratin dauphinois et qu’il ait glissé dans sa propre merde. Ce qui est bizarre, c’est la présence d’un serpent vénéneux dans la salle de bain. Et puis, qui est le mystérieux personnage qui a donné rendez-vous à Augustin dans cet appartement ? Et que veut-il échanger ?

Augustin, déçu de ne pas avoir décroché un rendez-vous galant avec la commissaire Boton, retourne dans la maison familiale où y habite toute la famille Kerr. La cuisinière Albertine y fait des plats à tomber par terre et son grand-père, Félicien obsédé sexuel notoire, est occupé à mater la voisine qui se bronze dans son jardin. Augustin récupère son chien Grabuge et va chercher à comprendre quelque chose dans cette affaire.

Il faut un peu de temps pour entrer dans le roman, par l’aspect bavard de l’écriture (qui est voulue puisque Augustin est volubile, c’est le moins que l’on puisse dire) et par les dialogues longs (surtout dans le deuxième chapitre). Cela m’aura pris une journée. Puis j’ai persévéré … et j’ai fini les 200 dernières pages en une journée. Parce que, finalement, on finit par se laisser bercer par les malheurs et les mauvaises décisions de ce détective privé bigrement sympathique.

Car on va y trouver une intrigue solide et débridée, amusante et facile à suivre, grâce à une belle construction et surtout avec des personnages hauts en couleurs. A partir du moment où Augustin nous introduit (façon de parler) sa famille, cela devient gentiment déjanté, avec un humour en dessous de la ceinture, ce qui est normal quand on fait partie d’une famille d’obsédés sexuels.

Alors on va y retrouver des gentils, des méchants, mais ce qui va retenir l’attention du lecteur, c’est bien les nombreuses questions que pose cette histoire. Car on ne sait pas qui est le client de notre détective, on ne sait pas en quoi consiste le mystérieux échange. Et pendant qu’on se pose des questions, les cadavres pleuvent. Et puis, petit à petit, les relations entre les divers protagonistes se créent … sans que l’on ne comprenne où veut en venir l’auteur.

Il faudra attendre la toute fin, les cinquante dernières pages, pour avoir enfin le fin mot de l’histoire avec une implication d’hommes politiques que l’on n’aurait jamais pu voir venir. Mais on s’amuse et c’est le principal. Le style étant débridé, primesautier, ce roman s’avère un excellent page-turner que l’on finit à regret. Il ne reste plus qu’à espérer que l’on retrouve Augustin Kerr dans de futures aventures.

Déstockage : Neva de Patrick K.Dewdney

Editeurs : Les contrebandiers

Cette lecture entre complètement dans le cadre de ma chronique Déstockage, puisque j’ai choisi ce roman totalement par hasard. Si l’auteur ne m’est pas inconnu, puisque j’ai Écume dans mes bibliothèques, je n’ai jamais lu un de ses romans.

Saint Petersbourg. Le gros Gorbavitch est un magouilleur qui exporte des produits volés. Dimitri et Piotr travaillent pour lui, et ce jour-là, ils se font engueuler parce qu’ils ont ramené une cargaison de fours micro-ondes Bosch au lieu de Moulinex. Résultat, ils touchent moins d’argent que prévu, ce qui ne les arrange pas.

Car entre le loyer de leur minable appartement, le fait qu’Anya (la petite amie de Dimitri) vienne loger avec eux et la drogue de Dimitri, il faut dire que l’argent leur file entre les doigts. Quand Gorbavitch leur propose de réaliser d’autres activités mieux rémunérées pour lui, les deux amis hésitent, car ce ne sont pas des va-t’en guerre mais ils finissent par accepter.

Leur première mission consiste à se débarrasser des frères Ramirez. Pour cela, ils vont se faire aider par Petra, une tueuse à gages professionnelle.

Bienvenue dans les bas-fonds de Saint-Petersbourg, ses rues crades, ses petits trafics, ses grosses magouilles et ses assassinats. A travers la vie de deux malfrats de faible envergure, nous avons droit à une visite guidée du côté sombre de cette ville russe, où par besoin d’argent, nos deux personnages vont plonger dans une violence à laquelle ils ne s’attendaient pas.

Avec un style franc et direct, l’auteur ne rentre pas dans les détails géographiques et préfère se placer en retrait, comme s’il avait une caméra à l’épaule et nous montrait un reportage. On a l’habitude, en France, de supporter les faibles, alors on a de la sympathie pour Piotr, qui est le narrateur de cette histoire. Et cela même si ce ne sont que des voleurs à la petite semaine, comme on dit.

Si la Neva n’est qu’un élément de décor silencieux, elle est l’image de la beauté que Piotr n’atteindra pas. Malgré l’absence de dialogues, la Neva donne lieu à des passages teintés d’une poésie, noire, mélancolique et désenchantée. Ce qui nous montre aussi que derrière le masque des tueurs, il y a une once d’humanité. Voilà un bel exercice de style à découvrir, de la part d’un auteur peu connu.

Du rififi à Bucarest de Sylvain Audet-Gainar

Editeur : Ex-Aequo éditions

On connaissait Sylvain Audet-Gainar pour ses traductions des polars de George Arion, publiés chez genèse éditions. Il a décidé de sauter le pas, et de nous proposer son premier roman, qui a des liens de parenté avec ceux de l’auteur roumain.

Arthur Weber débarque à Bucarest pour régler la succession de son oncle, Mircea Dumitrache, qu’il a très peu connu et dont il ne garde aucun souvenir. Il a en effet grandi à Strasbourg. En arrivant dans l’immeuble de son oncle, il tombe sur la voisine, vieille, bavarde mais aussi curieuse, que sa mère lui a déconseillé de fréquenter. On ne sait jamais ! Quand il entre dans l’appartement, quelqu’un déjà sur place l’assomme avec une poêle à frire. On a vu mieux comme accueil !

Voyons les choses du bon côté, cela permet à Arthur de faire la rencontre de Iulia Gregorescu, le docteur qui va lui diagnostiquer son nez cassé. Puis, c’est le passage obligé chez Maître Gruia, le notaire pour la lecture du testament qui finit par cette phrase énigmatique : « Je te souhaite donc de connaitre toi aussi un jour la vertigineuse question des sources de la vie ». Doutant d’être le seul descendant, Arthur fait appel à un généalogiste successoral.

De retour à l’appartement, il prend une douche et entend du bruit. Le temps de sortir, il voit une silhouette s’enfuir. Il lui court après, en cassant un vase au passage, mais il est trop tard. Par contre se rendant compte qu’il est nu, il rentre et tombe sur sa charmante voisine, qui le regarde d’un air douteux. En enfonçant sa porte, qui s’est malencontreusement fermée, il trébuche et s’enfonce les débris du vase dans le postérieur. Ce sera sa deuxième rencontre chez le docteur Iulia Gregorescu.

Définitivement, il va falloir qu’il comprenne pourquoi on visite l’appartement de son oncle.

Vous n’allez pas y croire : le résumé que je viens de faire ne couvre que les 6 premiers chapitres de ce roman. C’est dire si le rythme est soutenu, et si l’on s’amuse beaucoup des malheurs de notre cher Arthur Weber. D’ailleurs, j’ai été époustouflé par la maîtrise que montre Sylvain Audet-Gainar dans le déroulement de son intrigue. En effet, il a décidé d’y mettre du rythme, de l’action, et une bonne humeur, autant dans les scènes que dans les dialogues, ce qui fait que l’on s’amuse beaucoup à la lecture de ce roman et qu’on ne voit pas le temps passer.

Le ton y est donc volontairement léger et simple, ce qui en fait un excellent divertissement. Cela me rapproche et me rappelle des polars que j’aimais tant il y a quelques dizaines d’années, quand je cherchais une lecture où un personnage était mis dans des situations extraordinaires, sans qu’il n’ait rien demandé. Et le fait de prendre un personnage immédiatement sympathique, nous contant son histoire à la première personne du singulier, c’est un moyen simple mais éminemment efficace.

On retrouve dans ce roman une filiation avec George Arion. Il y a cette volonté d’être proche des gens, de ne pas s’encombrer de descriptions des décors, mais de pointer la psychologie des Roumains ayant subi plusieurs dizaines d’années de dictature. Et puis, l’auteur va aborder tout le mécanisme politique mis en place pour surveiller la population, ainsi que les recherches médicales, concernant entre autres l’interruption volontaire de grossesse, mise en place et soutenue par le pouvoir pour des raisons que vous découvrirez.

Enfin, il y a tous ces personnages secondaires si réels, si présents, arrivant toujours quand on ne s’y attend pas, et donnant lieu à des scènes d’un comique certain voire irrésistible. Alors, certes, c’est un roman de divertissement, mais cela m’a permis de voyager en restant dans mon canapé, car, l’air de rien, l’auteur a réussi à nous emmener dans un pays à la fois si proche et si lointain. Une bien belle découverte que ce premier roman. A suivre …