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Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

Editeur : Préludes

Traducteur : Paul Benita

La fait que j’ai adoré Dis moi que tu mens de Sabine Durrant, paru aussi chez Préludes, n’est pas étranger dans le choix de ma lecture. Le moins que je puisse dire est que ce roman est surprenant.

Le hasard ne fait pas forcément bien les choses. Jugez en plutôt : Louise, mère célibataire du petit Adam, a bien du mal à faire face. Alors, parfois, elle s’accorde des sorties le soir. Ce soir là, elle rencontre un beau jeune homme qui lui aussi a beaucoup bu. S’ils n’ont pas de relations sexuelles ce soir là, ils échangent tout de même des baisers appuyés.

Et c’est là que le hasard intervient : Louise étant secrétaire médicale, elle est impatiente de rencontrer son nouveau patron du cabinet de psychiatrie. Quelle n’est pas sa surprise quand elle voit le beau jeune homme qu’elle a embrassé ! Il s’appelle David, et porte une alliance. Rouge de honte, elle se réfugie dans les toilettes mais ne peut pas se cacher indéfiniment. Quand ils se rencontrent, ils se mettent d’accord pour ne plus en parler.

Tout pourrait s’arrêter là si le hasard ne mettait pas sur le chemin de Louise la femme de David, Adèle. Les deux femmes se rentrent dedans et finissent par prendre un verre dans un bar. Elles se trouvent mutuellement sympathiques, et envisagent même de devenir amies. L’affaire se complique quand David se rend chez Louise et qu’ils font l’amour chez elle.

Une fois le trio mis en place, il ne reste plus qu’à jouer au jeu du chat et de la souris. Mais qui est le chat ? Et qui est la souris ?

Le mari, la femme et l’amante, voilà un trio bien connu des marivaudages, sauf que nous sommes ici dans un pur roman psychologique … du moins au début. Par conséquent, la psychologie des personnages est importante :

Louise, mal dans sa peau, débordée par son quotidien de mère célibataire, se retrouve en contact avec le couple idéal … en apparence. Adèle et David sont en effet un couple riche, beau, à l’aise. Forcément, ce couple la fascine, et elle l’envie, elle veut entrer dans leur cercle, les connaitre plus avant.

David est un psychiatre qui vient d’atterrir dans le cabinet. Il connait forcément du succès, puisque tout lui réussit en apparence. Sauf que Louise s’aperçoit qu’il boit trop,, ce qui explique leur rencontre dans un bar. Il semble détaché, désabusé, alors que sa vie parait si idéale.

Adèle est belle, mais elle semble fragile, changeant d’humeur. Sa relation avec son mari parait bizarre, sorte de relation maître-esclave où les rôles ne sont pas clairement définis. Elle est décidée à devenir l’amie de Louise, à la changer, à la modeler à sa convenance. Mais dans quel but ?

De l’importance des apparences …

Le roman est construit comme un aller retour entre les deux femmes, chacune ayant son chapitre, narré à la première personne du singulier. Psychologiquement c’est parfait, allié à cette façon qu’a l’auteure de trouver les mots justes pour raconter les pensées de chacune des deux jeunes femmes. Elle évite de raconter deux fois la même scène mais je dois dire qu’on se laisse prendre dans la toile de cette histoire, même si certains chapitres peuvent sembler longuets. Et même dans ces cas-là, une seule phrase suffit à semer le doute et à relancer l’intérêt.

Je me suis demandé pourquoi Stephen King apparaissait en quatrième de couverture par le simple mot : « Bravo ». Sans vouloir déflorer l’intrigue et sa fin, il va y avoir un aspect fantastique, qui va  apparaître dans la deuxième partie du livre et qui va aboutir à une fin inattendue et renversante. Ce qui rend cette lecture plus qu’intéressante. Laissez vous tenter et n’oubliez pas mon conseil : Arrêtez de rêver !

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Greenland de Heinrich Steinfest

Editeur : Carnets Nord

Traducteur : Corinna Gepner

Quand on lit un roman de Heinrich Steinfest, il faut s’attendre à entrer dans un monde parallèle, à lire un roman décalé, à regarder le monde autrement, pour mieux y voir ses défauts et travers. Greenland nous propose un conte, comme une invitation à retrouver notre âme d’enfant … mais pas seulement … comme d’habitude.

Quatrième de couverture :

« Comment s’appelle ce lac ?

– Tu ne le sais pas ?!

– Je n’ai pas dit que j’étais d’ici.

– Et d’où viens-tu ?

– Vous ne le croiriez pas.

– Probable. »

Telle fut la surprenante réponse du chauffeur. Il m’expliqua alors que ce lac portait le nom de Mohsee. Mais que les gens l’appelaient aussi La Mer des petits péchés.

« Et pourquoi ?

– Eh bien, parce que pour les grands péchés il existe déjà une mer. Une vraie. L’océan là-bas. Tu devrais le savoir. »

Tout a changé pour Theo la nuit où est apparu devant la fenêtre de sa chambre d’enfant un store vert. À sa surface, un paysage sous-marin et des hommes aux jumelles qui semblent l’épier. Passé le premier effroi, il ne peut résister à l’envie d’aller observer l’étrange objet de plus près. Et se retrouve happé dans le monde de Greenland.

Mon avis :

Theo est un enfant des années 2000. Heureux dans une famille de 3 enfants mais solitaire, il s’est habitué à ne pas avoir de rideau sur la fenêtre de sa chambre. Son monde va basculer le jour où on lui installe un store de couleur verte. En regardant de plus près, il s’aperçoit qu’il y a un monde vert derrière le store. Il y voit une jeune fille, attachée à une grosse corde. Une nuit, il décide de plonger dans ce monde vert pour la sauver. Il se trouve un compagnon, en la personne de Lucian, un grand couteau et va réussir à couper la corde. Mais l’aventure ne fait que commencer …

Effectivement, ce roman n’est pas comme les autres. Heinrich Steinfest écrivant des romans faisant appel à l’imaginaire, il était logique qu’il nous offre un conte. Et quelle merveille que ce roman ! L’auteur pousse même le vice jusqu’à écrire les passages avec de l’encre verte quand le lecteur aborde des passages dans Greenland. C’est amusant, et c’est surtout pas commun.

Dans la première partie, Théo März va donc tout faire pour sauver la jeune fille. Il croit qu’elle s’appelle Hélène, mais il s’avèrera qu’elle s’appelle Anna, Hélène étant le nom de son chien ! De cette première partie, l’auteur fait appel à notre âme d’enfant, aux mondes imaginaires que l’on se créé au fond de notre lit, tout en gardant les pieds sur Terre quand il décrit le monde des adultes et leurs travers.

Dans la deuxième partie, nous sommes en 2046. Théo a 46 ans et est deux fois divorcé. Il est devenu divorcé et est en voyage vers Mars. Ceci dit, avec un nom pareil, il ne pouvait pas faire un autre métier. Il apprend, là haut, que Anna a disparu. C’est alors qu’il décide de retourner à Greenland pour la trouver. Et c’est une nouvelle aventure qui démarre. Et Heinrich Steinfest en profite pour nous montrer l’évolution du monde vers plus de machines et plus d’ordinateurs, plaçant l’homme au deuxième plan.

Et c’est l’occasion pour l’auteur de défendre la puissance de l’imagination, l’importance de l’humanité à travers ce conte qui, personnellement m’a fait fondre. Outre sa forme originale, c’est une ode à l’Homme et à cette capacité à créer des choses plus grandes que lui. Si c’est une lecture qui me change de mes habitudes, ce voyage vers un autre monde m’a définitivement conquis. Un livre culte.