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L’empreinte des amants de John Connoly

Editeur : Presses de la cité (Grand format) ; Pocket (Format Poche)

Traducteur : Jacques MARTINACHE

Je continue mon exploration de l’univers de Charlie Parker avec sa neuvième enquête. Après un épisode dédié à Louis et Angel, voici un roman qui explore la jeunesse de Charlie Parker et le suicide de son père. La liste des billets sur Charlie Parker est à la fin.

Quatrième de couverture :

L’enquête la plus personnelle de Charlie « Bird » Parker, au cœur de ses origines.

Charlie Parker n’a que quinze ans lorsque son père, policier, se donne la mort après avoir abattu un couple d’adolescents dans une voiture. Cette tragédie, jamais expliquée, n’a cessé de hanter « Bird ». Après avoir perdu sa licence de détective privé, il décide d’employer son temps libre à faire la lumière sur son histoire familiale, et se rend à New York, sur les lieux de son adolescence, afin d’interroger les anciens collègues de son père.

En fouillant dans son passé, Charlie va réveiller certains fantômes qui sont tout sauf bien intentionnés…

Mon avis :

Après un épisode en demi-teinte, où on se rend compte qu’on a bien du mal à se passer de Charlie Parker, John Connoly décide de nous surprendre à nouveau. Ce roman n’est pas un thriller, il y a moins d’actions et une petite pincée de mystère. Par contre, Avec un sujet centré sur la mort du père de Charlie, Connoly nous surprend dans ces scènes intimistes entre Charlie et l’ami de son père. Il en ressort beaucoup d’émotions, et beaucoup de tension face à deux amants pas comme les autres.

Si John Connoly laisse planer une aura de mystère, c’est à mon avis parce qu’il a voulu rajouter une cerise sur le gâteau. Car l’intrigue n’en avait pas besoin. Et puis, comme d’habitude, on a l’impression que l’auteur improvise au fur et à mesure que le livre avance, qu’il mélange les intrigues et les points de vue, qu’il passe d’un personnage à l’autre en nous faisant croire qu’ils n’ont aucun rapport les uns avec les autres … c’est du grand art, du grand John Connoly, tout simplement.

A propos de l’intrigue, il faut que vous sachiez que Charlie Parker a perdu sa licence de détective privé, qu’il est devenu barman, et que cela va être l’occasion de faire le jour sur le suicide de son père. En parallèle, il va être ennuyé par un journaliste qui veut écrire sa biographie sans son accord. Enfin, un jeune adolescent Bobby Faraday disparait. Plusieurs jours plus tard, on découvre son corps pendu au bord d’un étang.

Bref, voilà de nombreuses histoires qui vont s’emmêler dans une histoire à la fois poignante et passionnante. Un des meilleurs épisodes de la série …

Liste des épisodes précédents :

Le nu au coussin bleu de Massimo Nava

Editeur : Editions des falaises

Traducteur : Camille Paul

Voilà un roman qui m’a beaucoup plu. Massimo Nava est un journaliste en poste à Paris, et a écrit plusieurs biographies. Ce roman est son premier roman policier. Et c’est un roman bien particulier, car il s’affranchit de certains codes pour nous parler peinture, passion des collectionneurs et dizaines de millions.

Nous sommes à la veille du Grand Prix de Monaco de Formule 1. C’est l’effervescence, chacun cherchant à obtenir une place pour voir passer les bolides. Les balcons sont loués, les bateaux positionnés sur le port, les places dans les tribunes vendues à prix d’or.

Bernard Bastiani, commissaire à la brigade criminelle, vient juste d’arriver quand on lui annonce un événement terrible au Port de Fontvieille. En poste depuis deux mois, après avoir été commissaire à Paris, Montpellier et Marseille, il s’est résigné à venir à Monaco pour attendre sa retraite. D’origine italienne, né à Nice, il a choisi d’habiter avec sa femme Adriana et son fils Andreas dans sa ville natale et fait le trajet tous les jours.

Le spectacle qui attend Bastiani est à la hauteur de l’adjectif « Terrible ». L’homme a été égorgé, on a gravé sur son front une croix et on lui a coupé les testicules. Heureusement que le corps git à un endroit peu fréquenté ! De toutes évidences, le meurtre a été commis ailleurs, et on a transporté le corps. Le portable Bastiani sonne : Jean-Pierre Vallaud, directeur général des services judiciaires de la principauté lui demande de la discrétion, beaucoup de discrétion, au moins jusqu’à la fin du week-end.

Après le week-end, l’identité du corps est découverte grâce aux analyses ADN. Il s’agit de xxx, célèbre collectionneur d’œuvres d’art. Ayant commencé galeriste, il s’est vite intégré dans les hautes sphères de la finance et a arrangé des achats entre milliardaires d’œuvres d’art qui pour la plupart dorment dans des coffres bancaires.

Comme je le disais en introduction, ce roman n’étant pas écrit par un auteur de polar, il y a une sorte de liberté dans le déroulement de l’intrigue qui fait que c’est une lecture qui change par rapport à ce que je lis d’habitude. Il n’y a donc pas de multiplication de pistes, de complications inutiles visant à jeter un brouillard dans la tête du lecteur afin qu’il ne trouve pas la solution trop vite. Ici, nous allons suivre des événements comme s’ils arrivaient dans la vraie vie. De même, le style est plutôt très littéraire et assez simple. Il n’y aucune volonté d’en mettre plein les yeux, par des effets stylistiques.

Le roman se déroule donc à un rythme plutôt lent, débonnaire, comme l’est notre personnage de commissaire, âgé d’une cinquantaine d’années, aspirant à une fin de carrière sans vague. C’est tout de même un personnage buté, tenace, qui sait se montrer brutal ou calme en fonction de ses interrogatoires, et toujours à l’écoute de ceux qu’il rencontre. Doté d’un sens moral (à l’ancienne), il a du mal à placer sa vie privée au premier plan. Par contre, son budget n’est pas étriqué comme les flics de la métropole, puisqu’il loge dans des hôtels luxueux … Ah, la chance de travailler pour Monaco ! Avec toutes ces caractéristiques, Bastiani m’a fait penser à Maigret.

Le principal attrait de ce roman, c’est clairement le monde des arts, celui des collectionneurs, qui préfère mettre leur argent dans des œuvres plutôt que dans des placements peu surs. Il est incroyable de voir comment la propriété d’un tableau peut se faire en sous-main, pour éviter de payer des frais de douane très chers. Par moment, le tableau ne quitte même pas le coffre de banque dans lequel il repose, et les acheteurs s’échangent simplement quelques dizaines de millions de dollars et le code du coffre ! J’ai aussi épaté par la rencontre de Bastiani avec un professeur de la Sorbonne, qui va nous parler de la vie de Modigliani avec passion … et c’est passionnant.

Car l’un des sujets de ce roman, c’est bien la disparition d’un tableau de Modigliani suite à l’achat par un milliardaire russe. Ce personnage russe Souslov va occuper une bonne partie du roman en alternance avec Bastiani et nous allons nous demander longtemps s’il est ou non coupable du meurtre … mais je ne vous en dis pas plus. Pour le reste, il ne vous reste plus qu’à lire ce roman très intéressant.

Nuit de Bernard Minier

Editeur : XO Editions

Comme beaucoup, je suis fan de Bernard Minier. Le fait que Glacé ait été adapté en série télévisée a relancé l’intérêt de ces romans mettant en scène le duel entre Martin Servaz, commandant à la Police Judiciaire de Toulouse et Julian Hirtmann, tueur en série manipulateur sans limites. Et je ne peux que vous conseiller de lire les précédents romans mettant en scène Servaz, à savoir Le cercle et N’éteins pas la lumière.

Bergen, Norvège. L’inspectrice Kirsten Nigaard est appelée à la cathédrale, car le corps d’une femme vient d’être découvert, mis en scène sur l’autel, tendu comme si le corps avait reçu une décharge électrique. Si le policier, Kasper Strand, a fait appel à elle, c’est parce qu’il a trouvé sur le corps de la morte un morceau de papier avec le nom de Kirsten. Le corps est vite identifié ; il s’agit de Inger Paulsen. Celle-ci travaille sur une plate-forme pétrolière.

Toulouse, France. Martin Servaz est en intervention avec son collègue et ami, Vincent Esperandieu. Ils vont interroger Florian Jensen pour une affaire de viols, sachant que ce dernier a déjà été condamné pour ces crimes. Apparemment, il a un alibi. Mais en voyant un chat sous le buffet, Servaz se rappelle d’une affaire de meurtre un peu plus ancienne. Quand il évoque le chat, l’homme s’enfuit. La course poursuite les conduit dans une gare de triage où l’homme tire sur Servaz avant de se faire électrisé sur un wagon.

Kirsten Nigaard et Kasper Strand débarquent sur la plateforme pétrolière en pleine tempête. Le responsable de la plateforme leur indique que la morte était en permission. Ils vont visiter sa chambre mais ne trouvent rien. Quand ils demandent à voir les chambres de ceux qui sont en permission, ils tombent sur des photos montrant le commandant Servaz, ainsi qu’une photo d’un enfant, avec inscrit au dos : Gustav.

La balle de l’homme a transpercé le cœur de Servaz. Il se retrouve entre la vie et la mort. Après avoir passé plusieurs jours dans le coma, Servaz retourne au travail, ne pouvant se résoudre à rester sans rien faire. Kirsten Nigaard débarque et lui fait part de ce qu’elle a trouvé sur la plateforme pétrolière. Elle lui montre aussi des videos prises sur la plateforme où apparait sans aucun doute possible Julian Hirtmann. Ceci explique pourquoi Hirtmann avait réussi à disparaitre des radars pendant cinq ans.

Bernard Minier est trop fort. En situant son intrigue à deux endroits différents, il s’empare de l’attention du lecteur pour ne plus la lâcher jusqu’à la fin. C’est dans ce début du roman que l’on voit l’étendue du talent de cet auteur, finalement tout jeune puisqu’il ne s’agit que de son cinquième roman, mais dont je savoure chaque production. Ceux qui ont découvert la série sur M6 devront à mon avis lire les précédents romans, les autres étant en terrain connu. Car oui, je vous le dis, ce roman est grand par ses scènes mais aussi par son intrigue retorse.

Bernard Minier n’est pas un adepte du thriller qui va à 100 à l’heure. Et ce n’est pas avec ce roman là qu’il va changer. Mais il nous offre une intrigue comme un labyrinthe, avec plusieurs entrées et une seule sortie … quoiqu’au fur et à mesure de la lecture on peut imaginer plusieurs fins. Et la fluidité du style, l’évidence de la narration, la justesse des mots font que ce roman est du pur plaisir de lecture. Ce roman, ce sont aussi des scènes incroyablement visuelles, de celles que l’on n’oublie pas : je citerai évidemment la plateforme pétrolière, mais aussi la scène du chalet de montagne, la poursuite de Jensen par Servaz sous des trombes d’eau, jusqu’à la scène finale en forme de duel à la John Woo.

Et il ne faut pas oublier Servaz, qui au sortir de son coma, se retrouve changé, en plein doute sur les émotions qu’il ressent. Il se trouve troublé dans les relations avec Margot, qui revient du Canada pour le soutenir. Servaz a aussi affaire à une beauté scandinave, froide comme la glace mais redoutablement efficace, malgré le fait qu’elle ne parle pas français. Et puis, il y a ce duel en plusieurs actes avec Hirtmann, que j’ai trouvé plus effrayant au début du roman, quand il fait peser une menace sans être présent.

Car on passe par tous les sentiments dans ce roman, mais c’est surtout l’angoisse que j’ai ressenti, attendant comme un gamin la confrontation entre Servaz et Hirtmann. Et cette attente est remarquablement orchestrée, laissant planer une menace constante, même pendant la recherche du petit Gustav. Vous l’aurez compris, ce roman est une excellente suite aux enquêtes de Servaz et j’en redemande !

Ne ratez pas l’avis de l’ami Yvan

Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes

Editeur : Baker Street

Traducteurs : Isabelle D. Philippe, Laure Joanin, Martine Leroy-Battistelli, Jean-Luc Piningre, Julie Maillard-Pujos et Yves Sarda.

Le personnage de Sherlock Holmes est tout de même inédit dans la littérature. Créé par Sir Arthur Conan Doyle, il est devenu si connu que beaucoup de gens croient qu’il a existé. Rien que pour ça, il est passé à la postérité ! Evidemment, cela peut irriter ou amuser certains auteurs. Par conséquent, de nombreuses nouvelles prenant pour personnage principal Sherlock Holmes sont sorties de tout temps. Ce recueil de nouvelles en regroupe un certain nombre, balayant une période allant de 1892 à 2012. Elles sont toutes écrites par des auteurs reconnus et optent pour une parodie du grand détective, chaque auteur y amenant son style humoristique propre. Plus qu’une curiosité, c’est un drôle de divertissement drôle que les éditions Baker Street nous offrent.

Le grand mystère de Pegram de Robert Barr :

Sherlaw Kombs s’ennuie chez lui et reçoit la visite de son ami Whatson. Un journaliste débarque et lui demande son aide pour résoudre le mystère de Pegram : Un homme a été retrouvé assassiné dans un train et on lui a dérobé tout son argent. Alors que le début de l’histoire montre toute la logique du grand maitre, la fin se termine par un grand éclat de rire cynique et cruel. Comme quoi, l’humilité, ça peut servir !

L’aventure des deux collaborateurs de James M.Barrie :

Sherlock Holmes devine qui sont les deux hommes qui viennent le voir sans les connaitre. Heureusement qu’il y a un paragraphe avant la nouvelle proprement dite, pour nous expliquer le contexte. Cette nouvelle est en fait une Private Joke que Sir Arthur Conan Doyle adorait.

La kermesse du terrain de cricket de Sir Arthur Conan Doyle :

C’est une nouvelle ne mettant en scène Sherlock Holmes et le Docteur Watson où l’auteur se moque de son héros. Sherlock arrive à deviner la teneur d’une lettre que Watson vient de recevoir.

Le cambriolage d’Umbrosa de R.C.Lehmann :

Invités dans la demeure du gouverneur John Silver, Picklock Holes et le docteur Potsonvont déjouer un cambriolage avant qu’il ait lieu. Fort bien écrite (et traduite), cette nouvelle flirte avec l’absurde. Je me suis beaucoup amusé.

Le vol du coffret à cigares de Bret Harte :

Le grand Hemlock Jones a été victime d’un vol : on lui a dérobé son coffret à cigares, que l’ambassadeur de Turquie lui avait offert. C’est une nouvelle hilarante où l’auteur se moque ouvertement de Sherlock Holmes … même si la chute est triste.

Scotland Yard de R.C.Lehmann :

Picklock Holes s’amuse à piéger l’inspecteur Lumpkin de Scotland Yard avec la complicité de son compares Potson. C’est une nouvelle qui flirte avec le burlesque, une sorte d’illustration de l’arroseur arrosé.

La beauté secourue de William B.Kahn :

Une nouvelle fois, l’humour absurde fait mouche dans cette nouvelle où Combs se transforme en bureau des renseignements.

Herlock Sholmes arrive trop tard de Maurice Leblanc :

Le créateur d’Arsène Lupin a parfois utilisé Herlock Sholmès dans le but de créer un duel entre les deux fantastiques personnages. Ici, en une trentaine de pages, nous allons visiter le château de Thibermesnil, faire la rencontre d’illustres personnages, assister à un vol audacieux, tomber amoureux de miss Nelly, et voir Sholmès résoudre le mystère du passage secret. Une grande nouvelle.

D’un cheveu de Jean Giraudoux :

« Je sortais des bras de Madame Sherlock Holmes, quand je tombais, voilà ma veine, sur son époux. ». Le docteur Watson va assister à l’esprit infaillible de logique de son ami, dans cette nouvelle qui m’a tiré un bel éclat de rire.

Arthur Conan Dyle de Jack London :

Jack London, dans un extrait de sa biographie, écrit sa fascination pour l’auteur de Sherlock Holmes et sa volonté de le rencontrer. Passionnant.

L’aventure de l’éditeur de livres d’art assassiné de Frederic Dorr Steele :

Le célèbre illustrateur des enquêtes de Sherlock Holmes écrit, dans cette nouvelle, une charge contre les éditeurs malhonnêtes. S’il n’y a pas de déduction logique, cette nouvelle permet à l’auteur de vider son sac.

Le meurtre de la cathédrale de Canterbury de Frederic Arnold Kummer :

Vous y croyez, vous, à Holmes et Watson en version féminine ? C’est bien ce que nous propose cette nouvelle, en mettant en scène la fille du grand Sherlock. Apparemment, la fille a les mêmes qualités que son père, sans les défauts. Cette nouvelle est tout simplement excellente, et probablement une des meilleures de ce recueil (à mon humble avis).

La plus grande machination du siècle de René Reouven :

Nous allons enfin découvrir la vérité sur la mort de Sherlock Holmes, à travers un éditorial écrit par le colonel Moriarty, le soi-disant frère du Professeur qui a poussé le détective dans le vide. Une autre façon de détourner le mythe.

Epinglé au mur de Peter G.Ashman :

L’auteur nous propose un recueil de lettres restées sans réponse et adressées à Sherlock Holmes après sa mort. Très drôle.

L’aventure de l’héboniste chronique de Ely M.Liebow :

Un Sherlock Holmes mâtiné à la sauce Humour juif.

L’autre défenestration de Pargue de Jacques Fortier :

Les deux dernières nouvelles (celle-ci et la suivante) sont plus récentes. Pour autant, cette défenestration, si elle est moins ironique, est remarquable par la logique déployée par le génial détective.

L’aventure du banquier pervers de Bernard Oudin :

Même si cette nouvelle n’a rien à voir avec l’affaire du Sofitel de New York de DSK, c’est avec à la fois beaucoup d’humour et de sérieux que l’auteur reprend une affaire similaire pour démontrer tout le génie de Sherlock Holmes. De quoi le regretter !

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul

Retours amers de Fabrice Pichon

Editeur : Editions Lajouanie

Cela fait bien longtemps que je suis les publications de Fabrice Pichon, depuis ses tous premiers polars sortis aux éditions du Citron Bleu. C’est pour cela que j’attendais avec impatience le roman qui verrait le retour de la commissaire Marianne Bracq.

Besançon. Le tueur suit sa victime de puis longtemps, notant ses habitudes du matin au soir, ses connaissances, ses horaires, ses occupations du week-end. Cette fois-ci est la bonne, il va pouvoir passer à l’action. Il suit la future victime, qui part faire un footing tôt ce matin là. En haut de la côte, sur les bords du Doubs, il l’accoste puis le poignarde. Puis, il le balance par-dessus le parapet pour finir sa funeste œuvre. Quand la police débarque quelques heures plus tard, elle découvre le massacre : l’homme a été tué, ses parties génitales ont été découpées et ses mains sectionnées. Vraisemblablement, celui ou celle qui a fait cela n’est pas une personne de la profession, mais la méthodologie laisse à penser à une vengeance.

Concarneau. La commissaire Marianne Bracq s’est mise en disponibilité suite à une précédente affaire, mettant en jeu des enfants enlevés. En fait, elle cherche son frère qu’elle n’a jamais connu. Elle a rendez-vous avec le capitaine Atzori, originaire du sud de la France, et qui a enquêté sur une secte qui a enlevé des enfants.

Rencontrée dans Le complexe du prisme, quel bonheur ce fut de revoir enfin la commissaire Marianne Bracq dans une enquête à part entière ! Enfin, pas totalement, puisque l’on va avoir droit à deux enquêtes se déroulant en parallèle à deux endroits différents. Marianne Bracq n’a pas changé : elle est toujours aussi déçue par sa vie privée, et toujours aussi impliquée dans ses enquêtes. Il faut dire qu’elle est à la recherche de ses origines et de son frère en particulier. Du coté de Besançon, les équipes ont bien changé autour de Laurençon. On y dénombre les habituels mais aussi quelques petits nouveaux telle la lieutenante Delzongle (petit trait d’humour, que l’on trouvera aussi du coté de Concarneau avec le gendarme Fauth).

Le déroulement de l’enquête s’il est un peu long, bénéficie de l’alternance entre les deux lieux où se passent les événements. Et c’est à partir d’un rebondissement touchant particulièrement Marianne Bracq que je me suis réellement plongé dans le roman (et ne comptez pas sur moi pour vous dire de quoi il retourne !). A partir de ce moment là, il me fut impossible de lacher le roman jusqu’à la fin, tellement émouvante et dramatique.

Si je devais donner un titre à ce billet, je l’appellerais Le retour de la revanche. On retrouve cette minutie dans le déroulement de l’intrigue, des personnages TOUS vivants, bien dessinés, vivants (et je dis bien tous !), et un art du dialogue qui en dit juste assez. C’est du roman policier costaud, qui me donne l’impression de lire un roman qu’un auteur qui a un grand savoir faire, ce qui est la cas. D’ailleurs, il a même repris au chapitre 22 un parallèle entre les deux histoires que j’avais tant aimé dans Le complexe du prisme.

Je vais juste rajouter un petit mot : La vengeance est un thème connu, la façon de le traiter ne sera jamais unique. Fabrice Pichon a déjà traité ce thème par le passé, et il le fait ici différemment. Cela me donne à penser que c’est un thème classique mais efficace pour accrocher le lecteur. Il n’empêche qu’ici, le (ou la ou les) coupable s’avère (nt) bigrement touchants et cette histoire extrêmement émouvante, de celles qui touchent directement au cœur.

Les précédentes enquêtes du commissariat de Besançon sont :

Vengeance sans visage

Le complexe du prisme

Le mémorial des anges

A quand la réédition  en format poche ?

Ne ratez pas l’avis de Jean le Belge

Espace Jeunesse : Mystère au camping de Martin Widmark

Editeur : PKJ

Traducteur : Frédéric Fourreau

Illustration : Helena Willis

Je vous avais déjà parlé de Léo et Maya lors de leurs 3 premières enquêtes au cinéma, au terrain de foot et au centre hippique. Eh bien, voici leur quatrième enquête :

Quatrième de couverture :

Le soleil brille sur le camping de Valleby quand Léo et Maya plantent leur tente.

L’étang est tout proche : les vacances vont être belles ! Mais bientôt, des objets disparaissent dans les caravanes et certains campeurs se comportent bizarrement… Le directeur du camping lui-même découvre que son piège à écrevisses s’est volatilisé ! Et avec lui, son précieux contenu.

Fin du repos pour Léo et Maya : le moment est venu d’enquêter…

Mon avis :

Léo et Maya vont faire du camping avec leur copine Miranda et son singe Sylvester. Bien vite, on déplore un vol de girolles, mais surtout plusieurs kilos d’écrevisses que le propriétaire du camping Gunnarsson élève dans le lac tout proche. Les deux apprentis détectives vont devoir mettre tout leur esprit logique pour résoudre cette affaire.

Comme pour les précédents tomes, l’écriture va se révéler simple et agréable à suivre. Par contre, l’intrigue est savamment dosée et va forcément plaire à vos enfants avec ses chapitres courts. Tout d’abord, il y a une présentation en quelques chapitres du camping et des vacanciers qui y séjournent. Puis, vient le mystère. Enfin, Léo et Maya vont récolter des indices, et en les mettant bout à bout découvrir la solution.

Si je trouve que c’est un bon moyen d’initier vos bambins aux romans policiers, je dois dire que la logique de cette affaire et la façon dont c’est écrit fait que tout le monde y prend plaisir. Et puis, cette affaire ne manque pas d’humour, humour destiné aux plus petits bien sur, mais qui vous fera tout de même sourire. En tous cas, voilà un quatrième tome qui ne copie pas les précédents et qui s’avère un bon divertissement pour les petits comme pour les grands.

Les précédentes enquêtes de Léo et Maya sont :

Mystère au cinéma

Mystère au club de foot

Mystère au club hippique

Elles sont toutes chroniquées ici

Le vrai du faux et même pire de Martine Nougué

Editeur : Editions du Caïman

Nous avions laissé la lieutenante Pénélope Cissé en pleine affaire politicienne lors des Belges reconnaissants, et j’étais très curieux de lire son deuxième roman, ayant pour personnage principal la même Pénélope. Ce deuxième roman confirme tout le bien que j’ai pu ressentir à la lecture de son premier roman.

Armand Rouquette et Jocelyn Cabrol se réveillent enchainés dans une cave. Ils sont là depuis au moins vingt quatre heures, et leurs chaines les empêchent d’aller ne serait-ce qu’au fond de cet endroit sombre. Entre Armand et son bistrot qui fait aussi maison close, et Jocelyn qui possède la plus grosse exploitation d’ostréiculture à force de harceler ses concurrents, on ne peut pas dire que ces deux oiseaux-là soient innocents comme l’agneau qui vient de naitre. Ce que les deux gus ne comprennent pas, c’est pourquoi Jojo, le benêt du village, les a drogués puis enfermés là. Il y a forcément quelqu’un derrière ses actes ! Puis, le soir venu, c’est un troisième homme que Jojo amène, le fameux Louis Guidoni, le petit caïd local.

Pénélope Cissé débarque de Dakar avec sa fille, Lisa-Fatouh, 11 ans. Elles débarquent chez Luigi, un homme débonnaire et bouquiniste qui a une librairie dans le centre de Sète. Luigi a accepté de s’occupé de la petite fille pendant que Pénélope retourne au travail. Elle a la « joie » d’y trouver un couple de consultants, experts en management, qui doit améliorer l’efficacité du commissariat. Pour commencer cette affaire des trois disparus, Pénélope décide d’aller voir la mamie du coin, Marceline Dangelo, 80 ans bien tapés.

Même si Pénélope tient un peu plus le devant de la scène que dans le premier, Martine Nougué nous sert la même méthode que pour son premier roman, à savoir mettre les gens au centre de l’intrigue. Je peux donc dire sans trop me tromper que c’est là sa marque de fabrique. Et je peux vous dire que c’est avec un énorme plaisir que l’on parcourt les alentours de l’étang de Thau, et en particulier le quartier de la Pointe, que l’on s’installe à la terrasse d’un café pour écouter les gens du cru deviser des événements. L’immersion en est impressionnante et la façon de faire impeccable. Pour vous en rendre compte, j’ai lu ce roman en une journée (240 pages tout de même !).

Concernant Pénélope, que tout lecteur va très vite adorer, on en sait guère plus sur son passé, et on peut penser que ce mystère se lèvera tout doucement en temps voulu. Reste que le couple (façon de parler) formé par Luigi et Lisa-Fatouh a tout pour faire craquer même les plus durs et que l’intrigue, même si elle est simple, s’avère tout de même à la fois fort bien pensée et fort bien amenée.

Voilà donc un deuxième roman, en forme de confirmation d’un nouveau talent pour le roman policier français. Car tout tient dans les personnages, et pour entendre de belles histoires, il suffit d’écouter les gens. C’est ce que propose Martine Nougué, et de bien belle façon. Et comme cela se passe en été, on a hâte que les températures remontent pour aller visiter ce coin si chaleureux.

Ne ratez pas les avis des amis Claude et Genevieve