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Ubac de Elisa Vix (Rouergue)

Depuis La nuit de l’accident et L’hexamètre du Quintilien, je dois dire que j’adore les petits polars de Elisa Vix, par sa façon de créer des intrigues simples, et pour autant stressantes au possible. Ubac est un excellent cru !

Estelle n’aime pas trop parler de son passé. C’est un peu pour cela qu’elle est venue se perdre dans une petite station des Alpes, Val Plaisir, située au pied du mont Ubac. Il faut dire qu’elle ne tient pas trop à évoquer sa jeunesse à la DDASS, abandonnée qu’elle fût par des parents alcooliques. Préparatrice de pharmacie, elle aurait pu passer inaperçue, jusqu’à ce que Jérémy, un jeune lyonnais, ne débarque pour reprendre le bowling du village.

Jérémy est le genre à plaire à tout le monde, toujours souriant, charmeur. Estelle qui n’a rien d’extraordinaire, va pourtant le séduire par sa retenue. Ils vont se plaire, s’aimer, se marier et avoir un enfant, une petite Lilas. Jérémy non plus ne parle pas de son passé, et Estelle, tout à son amour, ne lui pose pas de questions. Jusqu’à ce qu’il lui apprenne qu’il a une sœur jumelle nommée Nadia, et qu’elle va venir les voir après quatre années d’exil aux Etats Unis.

Nadia s’avère une jeune femme méfiante, timide, très proche de son frère. Au début, Estelle va faire des efforts, mais petit à petit, des faits étranges vont l’amener à se méfier de la nouvelle venue. Tout d’abord, alors qu’elle laisse Nadia donner le bain à Lilas, Estelle entend sa fille pleurer ; elle se précipite et trouve sa fille avec les cheveux mouillés et Nadia nie tout problème. Puis, ce sont tous les moments que Jérémy passe avec sa sœur plutôt qu’avec sa femme, allant même lui offrir une améthyste superbe. L’angoisse est à son summum quand lors du repas de Noel, Estelle voit sa fille jouer avec un coureau alors qu’elle était sure de l’avoir éloigné de sa main.

Quelle réussite que ce roman où Elisa Vix s’approprie le trio amoureux, en y mettant sa propre patte, celle d’une tension, d’une angoisse croissante. Et quoi de plus efficace que de prendre pour victime une petite fille de quelques mois, innocente, entre les mains d’une femme qui vient d’arriver et que l’on ne connait finalement pas si bien que cela ? Racontée à la première personne du singulier par Estelle elle-même, Elisa Vix se permet de faire monter le suspense doucement mais surement.

Malgré le fait que la scène soit occupée par les trois personnes du couple, les personnages secondaires, Claudine la pharmacienne et Fabien, l’ami et voisin, sont là pour à la fois faire relâcher un peu la pression mais aussi pour rajouter une pincée de suspense. Car une fois planté le décor, Elisa Vix passe à une guerre ouverte entre les deux femmes, Estelle et Nadia, mais elle insuffle aussi une once d’incertitude. Car à chaque chapitre, on se demande ce que cette auteure de grand talent va bien pouvoir nous inventer. Et on finit par douter de tout le monde. Car tout est moins simple qu’il n’y parait !

Avec son format court, 180 pages, le style est évidemment très efficace, mais pour autant il n’est pas dénué de sensibilité, d’émotion. On finit par vibrer avec Estelle, serrer les dents, sursauter lors des tempêtes, puis devenir froide comme la glace. Car, évidemment, cela se passe en hiver, dans un décor de neige immaculé, où seules se trouvent des traces de pas de loups. Car c’est bien une histoire de loups, de louves que nous offre Elisa Vix, acérées comme des canines.

Tout cela peut paraitre simple, facile à faire, mais c’est bien là tout le talent de cette auteure : savoir s’effacer derrière la force de son histoire, la véracité de ses personnages, la puissance des émotions véhiculées. Elisa Vix a écrit avec ce roman un roman fort, très fort, dont certaines scènes sont inoubliables, un excellent suspense.

Ne ratez pas les avis de l’ami Claude, de Smallthings, et Quatresansquatre

Sauve toi ! de Kelly Braffet (Rouergue noir)

S’il n’y avait pas eu le billet de l’ami Claude, je n’aurais probablement pas ouvert ce roman. Il y avait quelque chose dans la quatrième de couverture qui me laissait entrevoir un énième roman psychologique américain sans grand intérêt. Et j’ai bien fait de suivre le conseil de l’ami Claude. Car Sauve toi ! n’est pas un bon livre, ce n’est pas un très bon roman, c’est un excellent polar psychologique, qui flirte avec le roman noir, ou du moins l’analyse sociétale de l’Amérique profonde.

Dit comme ça, ça ne fait pas trop envie. Et pourtant, rien que le titre, qui est meilleur en français qu’en Anglais, le doute est jeté. Car on peut donner plusieurs sens à ce titre, on peut penser que les personnages veulent sauver leur peau de leur vie de tous les jours. Mais on peut aussi l’interpréter comme une volonté de sortir de ce quotidien miséreux, fait de routines. En Anglais, Save yourself manque de deuxième sens, du moins c’est mon avis.

Si je devais classer Sauve toi ! dans une catégorie, je le mettrai dans les romans noirs psychologiques. L’histoire tourne en effet autour de deux familles qui habitent Ratchetsburgh, une petite ville proche de Pittsburgh. Cette histoire ne comporte pas de super-héros, ni d’antihéros. Il met en valeur la vie quotidienne de gens normaux, qui doivent supporter leur routine.

La première famille est composée de Patrick et Mike Cusimano. Ces deux trentenaires vivent ensemble dans la maison familiale depuis que leur père John a été arrêté. En effet, après une soirée arrosée, John a écrasé un enfant en voiture, dans un état d’ébriété avancé. C’est Patrick qui a appelé la police à la suite de cet accident et il en porte toute la culpabilité dans son sang. Patrick n’aime pas la compagnie des gens ; c’est pourquoi il a accepté de travailler de nuit dans une station essence. Quant à Mike, depuis qu’il a amené Caro à la maison et qu’il vit avec elle, cela a calmé les ressentiments qu’il nourrit à l’égard de son frère.

La deuxième famille est celle du pasteur Jeff Elshere, qui prêche la bonne parole pour que les gens trouvent par eux-mêmes la voie du Bien. La fille ainée Layla est une adolescente en pleine rébellion contre cette bonne parole unilatérale et s’habille en gothique, en soulignant ses yeux de mascara noir. La cadette Verna est l’inverse de sa sœur ; elle ne veut pas se montrer outre mesure et est exemplaire dans son travail au lycée qu’elle vient d’intégrer. C’est la petite fille idéale et, comme un contre-coup, elle subit les harcèlements de ses camarades de classe.

Cette histoire commence avec la rencontre de Patrick et Layla. Tout le roman se base sur les oppositions, le Bien et le Mal, le Blanc et le Noir. Les deux familles sont chacune dos à dos, la famille maudite et la famille idéale. Mais à l’intérieur de ces familles, un élément fait tache d’huile. Patrick est l’homme bon et Layla le petit mouton noir. Et chacun, à leur façon sont tentés d’aller voir de l’autre coté de la ligne jaune. Patrick va succomber à la tentation et coucher avec Caro. Layla est irrésistiblement attirée par Patrick, si attachant, et est tentée de s’éloigner de son groupe gothique, qui prône la douleur comme préparation à la vie adulte qui les attend.

Il vaut mieux savoir qu’il n’y a aucune action dans ce roman, l’auteure basant tout sur l’analyse scrupuleuse de la vie quotidienne. Mais son style incroyablement précis et passionnant, hypnotique et subtil fait qu’elle arrive à rendre son roman irrésistible et surtout d’une tension incroyable. Car le stress va monter au fur et à mesure dans une scène finale d’anthologie. J’ai rarement lu un roman qui était aussi proche de ses personnages, comme si, avec une caméra sur l’épaule, l’auteure observait chaque grimace, chaque expression d’un visage, chaque respiration, chaque rire, chaque pleur.

Je pourrais vous dire de vous jeter sur ce livre et de vous laisser emporter par ces moments de vie incroyablement vivant. Et Dennis Lehane le dit bien mieux que moi sur le bandeau du livre : « Avec kelly Braffet, on est dans la vraie vie. Dévastateur comme un missile longue portée, Sauve toi ! est un thriller qui tire sa force de l’authenticité de ses personnage. Un électrochoc ». D’ailleurs, l’ami Claude lui a mis un coup de cœur ici. N’hésitez plus !

La nuit de l’accident de Elisa Vix (Rouergue noir)

Changement de décor dans l’œuvre de Elisa Vix, que j’avais découvert avec Rosa Mortalis, et son formidable personnage de flic Thierry Sauvage. Dans ce roman, l’auteure va fouiller les psychologies de personnages ruraux, du coté d’Aurillac. Epatant !

Dans un petit village du Cantal, Pierre est un agriculteur éleveur de vaches et autres animaux de basse cour. Son caractère taciturne et renfermé va tout de même plaire à Nat, une jeune stagiaire vétérinaire qui va l’aider à faire naitre un jeune veau. Le coté force tranquille et gentleman taiseux fait qu’ils vont rapidement faire l’amour et Nat va s’installer dans la ferme d’élevage de Pierre.

Quelque temps auparavant, un accident de voiture a bousculé la tranquillité de Pierre. La voiture s’est encastrée en bas, dans la Cèle une petite rivière qui basse en bas. Mais c’est une nuit dont il ne parle jamais. Pourtant des événements vont chambouler le rythme routinier de ce couple. Un étrange motard fonce sur les passants, le vétérinaire fait un chantage auprès de Nat pour obtenir ses faveurs en échange d’un contrat à durée indéterminée, et un mystérieux campeur fait son irruption dans un champ proche.

Alors que leur couple part à vau l’eau, Nat désirant un peu plus d’attention et Pierre étant obligé de suivre le rythme de ses vaches tout en restant toujours aussi mutique, la vie de la ferme va subir de nombreuses pressions en lien avec cet accident de voiture.

Ce roman est épatant, tant la forme et le fond s’allient parfaitement pour créer un roman noir qui est passionnant et qu’il est impossible de lâcher. Le scenario est indubitablement fort bien pensé et avance au rythme des pensées et des réactions des deux protagonistes principaux que sont Pierre et Nat. En effet, la narration avance au rythme des chapitres alternant la vision de Pierre puis celle de Nat. Cela permet de faire avancer doucement l’intrigue, de semer des pistes au long de l’histoire et surtout de cacher au lecteur le principal, c’est-à-dire le dénouement.

On a donc le droit à un chapitre de Pierre puis un chapitre de Nat en alternance comme si ils vivaient l’un à coté de l’autre sans vivre ensemble. Si le style est simple, c’est aussi parce que ces gens parlent peu et sont plutôt dans l’action, et c’est donc un bon point encore pour l’auteure. Et puis, il y a toute cette analyse psychologique, fouillée mais présentée de façon tellement subtile que l’on accroche et l’on a envie de savoir comment cela va se terminer.

Indéniablement Elisa Vix s’est fait plaisir à écrire cette histoire, mettant bout à bout ses petites briques, lentement, patiemment pour arriver à un résultat épatant, passionnant. On s’attachera forcément aux personnages, aux habitants de ce petits village, aux petites fêtes avec le bal du samedi soir, aux petits déjeuners taiseux, aux diners dans la petite cuisine alors que les yeux se ferment après une journée difficile à la ferme. Sans donner de détails sur les décors, c’est fou ce que Elisa Vix arrive à nous faire voir cette petite ferme.

Je vous le dis, un roman noir épatant, avec un sujet original, un décor original et de formidables personnages, ça ne se rate pas ! En prime, je vous donne quelques avis glanés sur la toile :

http://www.un-polar.com/article-la-nuit-de-l-accident-d-elisa-vix-104989212.html

http://www.polardeuse.com/article-la-nuit-de-l-accident-113199572.html

L’hexamètre de Quintilien de Elisa Vix (Rouergue Noir)

De Elisa Vix, j’ai lu La nuit de l’accident, un roman que j’ai bien aimé (et que je devrais chroniquer un de ces jours), et Rosa Mortalis qui m’a permis de faire connaissance avec son policier récurrent Thierry Sauvage. Ce roman est, comme La nuit de l’accident, un roman orphelin, un roman qui fait passer de fortes émotions. Le lieu unique de ce roman est un immeuble, et nous allons suivre l’intrigue à travers les témoignages des différents habitants. C’est donc un roman choral FORMIDABLE !

Dans un petit immeuble haut de quatre étages …

Lucie est journaliste free-lance, parce que free-lance, ça fait mieux que pigiste …

Pierre est médecin de nuit. Depuis la perte de sa femme, morte d’un cancer, il a des problèmes de conflits avec son fils adolescent Kevin …

Marco est gérant d’un Apple Store, c’est le playboy du coin …

Leila est une jeune mère qui doit élever ses deux enfants en bas âge, qu’elle a eu de deux pères différents …

Yanis, c’est le nom de l’enfant de Leila que les éboueurs retrouvent dans un sac poubelle, un sale matin. Il a reçu de violents coups à la tête.

Le commissaire Beethoven va enquêter sur ce meurtre.

Elisa Vix va tenter de répondre à cette question en utilisant l’hexamètre de Quintilien, qui est une série de questions qui doivent permettre à tout journaliste (et donc à nous même) de comprendre ce qui s’est passé. Les questions, au nombre de six sont : Qui ? Où ? Quoi ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?

Ce roman est très fort, émotionnellement parlant. Parce qu’il touche une corde des plus sensibles (la mort d’un nourrisson), parce que le fait divers dont il est question est sordide (le corps est emballé dans un sac poubelle), parce que les personnages sont comme vous et moi. De Lucie qui cherche un sujet de reportage pour boucler ses fins de mois, de Pierre qui a du mal à concilier sa vie professionnelle et personnelle, de Kevin un adolescent qui a du mal à faire face à ses drames personnels, de Marco le dragueur sans vergogne, tous sonnent juste. Et même si Elisa Vix ne fait pas varier son style d’une personne à l’autre, elle écrit avec la simplicité des gens simples, communs. Et les faits qu’elle relate sont d’autant plus frappants.

Car le roman est fait de trois parties. La première relate à travers les yeux de chacun des protagonistes l’enquête relative à la découverte du petit corps. La commissaire Beethoven intervient peu, ponctuellement, mais malgré cela, cette partie se termine par une conclusion aberrante. La deuxième est plus calme, je dirai même que c’est le calme avant la tempête, puisque l’on y voit la vie des habitants de ce petit immeuble, les uns interagissant avec les autres, et on ne voit pas bien où l’auteure veut en venir. Mais c’était sans compter sur la conclusion et cette troisième partie terrible (et je pèse mes mots) qui vont en émouvoir et en horrifier plus d’un.

Vous l’avez compris, ce roman, bien qu’il possède une trame policière, un contexte de roman noir, s’avère un formidable roman choral dramatique, qui nous fait nous poser bien des questions après avoir tourné la dernière page dont celle-ci : Et nous, à leur place, qu’aurions nous fait ?

Ce qui reste en forêt de Colin Niel (Rouergue noir)

J’avais beaucoup apprécié le premier roman de Colin Niel, Les hamacs de carton, qui malgré une intrigue simple, nous faisait découvrir un nouveau personnage attachant, en la personne du capitaine Anato. Voici donc sa deuxième enquête.

En Guyane, à la station scientifique de Japigny, tout le monde est en émoi : le célèbre chercheur et responsable de la station Serge Heuerstein a disparu. Il est parti dans la jungle, probablement à la recherche d’une espèce animale ou végétale rare et n’est pas revenu. Or, dans ce milieu hostile, la survie d’un être humain ne dépasse pas la journée. Tous les scientifiques sont réquisitionnés, et la gendarmerie est prévenue.

Bizarrement, des coups contre un tronc d’arbre mettent les sauveteurs sur la piste du corps de l’éminent scientifique. Il est mort, retrouvé au fond d’une grotte. Le corps porte de nombreuses traces, et les questions fusent : est-il tombé ? A-t-il été torturé ? Peut-être s’est-il trop approché d’un camp d’orpailleurs ? En effet, dans les forêts guyanaises vivent plusieurs milliers de personnes, en situation clandestines, recherchant l’or jaune, des pépites d’or.

Le capitaine Anato va mener l’enquête, aidé en cela par les lieutenants Vacaresse et Girbal. Et la situation ne va pas être facile pour le capitaine car bien vite, de nombreuses pistes s’offrent à lui : Les orpailleurs, jalousie scientifique ou juste drame conjugal. La résolution de l’enquête va être bien difficile et totalement inattendue.

Nous retrouvons avec grand plaisir le capitaine Anato, que nous avions rencontré lors d’une première enquête et qui constituait le premier roman de Colin Niel. Ce personnage, fort prometteur, droit et honnête, est en fait quelqu’un qui a été élevé en métropole et qui est revenu dans sa contrée natale à la suite de la mort de ses parents dans un accident de voiture. S’il est rare de voir un homme de couleur à la tête de la gendarmerie, s’était porté sur lui aussi bien pour ses compétences que pour des raisons politiques. Dans cette enquête, le voile sur le passé de ses parents ne se lève pas, il semble même s’épaissir alors qu’il apprend (par oui dire) qu’il aurait peut-être un demi-frère. Voilà donc de quoi perturber notre capitaine si professionnel et distant vis-à-vis de ses hommes.

Dans ce roman, on retrouve tout ce qui faisait le charme du premier tome, à savoir cette Guyane, et alors que nous avions découvert la ville, nous voici en partie plongé dans la forêt amazonienne, en partie seulement puisque c’est le lieutenant Vacaresse qui est envoyé sur place. Et ceux qui regrettaient que l’intrigue soit légère dans Les hamacs de carton vont en avoir pour leur grade. Colin Niel a soigné son intrigue, ses fausses pistes, ses tiroirs vides, ses pistes potentielles. Sans pour autant perdre son lecteur, car Colin Niel est bigrement doué pour raconter une histoire, il écrit avec Ce qui reste en forêt un très bon roman policier.

Excellent quand il s’agit de parler des terres vierges, excellent quand il s’agit de décrire au plus prêt ses personnages, excellent aussi dans ses dialogues, ce roman policier est un excellent cru à propos duquel on se dit qu’il va encore mieux faire dans le prochain. Bref, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman et je serai au rendez vous du prochain. Et n’oubliez pas : Ce qui se passe dans la forêt, reste en forêt.

Deux romans policiers pour voyager intelligent

Voici deux romans policiers dont l’intrigue se situe dans des pays étrangers, et que l’on peut lire pour s’imprégner d’un pays étrangers. J’ai bien aimé ces deux romans pour plusieurs raisons que je détaillerai par la suite. Pour les sujets, je vous donne la quatrième de couverture :
A Mathematician (?)
Le premier s’appelle Dernier refrain à Ispahan de Naïri Nahapétian et est publié aux éditions Liana Levi :

Interdit de montrer ses cheveux. Interdit de s’habiller sans respecter l’uniforme islamique. Et interdit de chanter en public. Les ayatollahs ne manquent pas d’idées quand il s’agit d’entraver la liberté des femmes. Pourtant, lorsque la grande chanteuse Roxana revient dans la ville de son enfance, après un long exil aux États-Unis, certains de ses airs résonnent encore dans les taxis d’Ispahan. Son projet? Donner un concert dans lequel se produiront d’autres femmes. Un projet qui ne verra jamais le jour car Roxana sera définitivement réduite au silence. Et elle ne sera pas la seule à subir ce sort… C’est justement à ce moment-là que Narek, un jeune journaliste franco-iranien venu prendre le pouls de la révolte de 2009, rejoint la ville. Cette enquête lui permettra encore une fois de découvrir une facette insoupçonnée de la réalité iranienne.

Hamacs de carton

Le deuxième s’appelle Les hamacs de carton de Colin Niel et est publié aux éditions Rouergue noir :

Sur la rive française du Maroni, en Guyane, une femme et ses deux enfants sont retrouvés sans vie. Comme endormis dans leurs hamacs. Inexplicablement. En charge de l’affaire, le capitaine Anato débarque dans un village où les coutumes des Noirs-Marrons comptent autant que les lois de la République. Et bien qu’il soit un « originaire », un Guyanais de naissance, le prisme de la métropole où il a grandi retient les secrets du fleuve et ses traditions. Tandis que l’on ordonne les rites funéraires et que le chef coutumier s’apprête à faire parler les défunts, l’enquête officielle entraîne le capitaine à la confluence des communautés guyanaises, loin, très loin du fleuve, là où les parias rêvent d’un meilleur destin. De Cayenne aux rives du Suriname, elle le conduira à un orpailleur en deuil, un repris de justice amoureux, une fonctionnaire intransigeante. Mais le ramènera aussi, dans un troublant ressac, aux questions lancinantes qui le hantent depuis le décès accidentel de ses parents et à la compréhension de ses propres frontières.

Mon avis :

Dans les deux cas, nous avons droit à une enquête policière plongée dans un environnement étranger, en Iran pour Dernier refrain à Ispahan et en Guyane pour Les hamacs de carton. Dans les deux cas, l’intrigue est classique et plutôt linéaire mais ce n’est pas pour cette raison que ces romans sont intéressants à lire, car les auteurs font preuve d’amour pour leur personnage et on lit ces romans avec plaisir.

Ce qui m’a attiré dans ces romans, c’est bien cette vision d’un pays vue de l’intérieur. Dans Dernier refrain à Ispahan, Naïri Néhapatian va nous montrer l’oppression subie par les femmes en Iran, en les obligeant à se couvrir, en les empêchant de chanter. Cette description est tout simplement révoltante et la fin du roman ne nous laisse pas beaucoup d’espoir d’évolution, même s’il nous reste un espoir au travers de deux personnages fort courageux qui apparaissent ici comme des témoins voulant montrer un état de fait pour que cela change un jour. Comme son précédent roman Qui a tué l’ayatollah Kanumi ? vient de sortir chez Points, il y a de fortes chances que je relise très bientôt un roman de Naïri Néhapatian.

Dans le cas des Hamacs en carton, c’est la vie des petites gens de la Guyane qu’il nous montre au travers d’une enquête policière où le corps d’une femme et de ses deux enfants sont retrouvés sans vie, allongés sur leur lit. Le personnage du capitaine Anato est bien trouvé, au sens où il est originaire de cette ile, mais il a été élevé en métropole. Il va donc découvrir les mœurs et coutumes des gens, en même temps qu’il va être accepté par eux car il a encore de la famille là bas. C’est un premier roman fort réussi, et l’auteur a laissé suffisamment de mystères en plan pour que je sois d’hors et déjà impatient de lire les deuxièmes aventures du capitaine Anato quand elles sortiront.

Rosa Mortalis de Elisa Vix (Rouergue noir)

Après deux lectures décevantes, il me fallait choisir un roman distrayant, qui me permettrait de me relancer dans l’envie de lire sans se prendre la tête. Je ne sais pourquoi, le nom de Elisa Vix me faisait de l’œil. De Elisa Vix, j’avais le choix entre deux de ses romans, qui trônaient dans une de mes bibliothèques : La nuit de l’accident ou Rosa Mortalis. Le premier avait été choisi dans la sélection Polar SNCF, le deuxième est une enquête d’un personnage récurrent. Et c’est la couverture en noir et blanc d’une rose qui m’a fait choisir Rosa Mortalis.

Soissons, de nos jours. Le lieutenant Thierry Sauvage n’est pas le genre tête brulée, à courir après les meurtriers. Il s’occupe de la réception des plaintes, remplissant les mains courantes et se complait dans un travail de bureau monotone mais qui ne lui occasionne aucun stress. Car son stress est plutôt à chercher dans sa vie privée où sa première femme Maryse va lui laisser la garde de son premier enfant Victor, et où sa deuxième compagne Valérie vient d’avoir des jumelles sans son accord.

Malheureusement pour lui, le capitaine Lamotte, collègue de Sauvage vient d’avoir une appendicite aigue, ce qui l’oblige à le remplacer au pied levé. Et cela arrive juste au moment où l’on découvre le corps de la jeune Bernie Sainte-Croix chez elle, étranglée, gisant au milieu de pétales de roses bleues. Les Sainte-Croix sont les dirigeants de la célèbre entreprise Royal Soup, qui fabrique et vend de la soupe lyophilisée. Bernie est la sœur jumelle de Thérèse et sont bien différentes : alors que Bernie est expansive et tient une rubrique sur une radio FM, Thérèse est plus secrète et dirige l’entreprise.

Voilà un roman policier qui, outre son intrigue bien menée et bien touffue, va brasser plusieurs thèmes et plusieurs trames qui font de ce livre une lecture fort agréable. Tout d’abord les personnages dont la psychologie est bien maitrisée au travers des dialogues parfois très succulents, sont un régal. Et en particulier Thierry Sauvage qui est un jeune homme qui veut rester jeune et inconscient, refusant la paternité car il considère que cela lui enlève l’affection de ses compagnes. Et puis il y a Joanna, marquée par le viol de sa mère, dont elle est la descendance puisque son père, le violeur, n’a jamais été arrêté.

Il y a aussi le contexte, très politique, puisque Soissons est secouée par des manifestations altermondialistes où des groupuscules se battent contre la société de consommation à outrance en brulant les prospectus sur la place publique. Et Sauvage est d’autant plus impliqué que son ex-femme fait partie de ce groupe. Cela donne aussi droit à quelques remarques acerbes bien trouvées.

L’ensemble donne un roman qui aurait pu partir dans tous les sens mais qui au final est parfaitement maitrisé. Et comme les scènes alternent entre un fil de l’intrigue et l’autre, le lecteur que je suis n’a pas eu le temps de s’ennuyer. Et donc cette lecture a parfaitement rempli son rôle : celui de me distraire. En tous cas, ce fut une belle découverte d’une auteure qui maitrise parfaitement son sujet.

L’avis de Claude est ici

Abandonnés de Dieu de Peter Guttridge (Rourgue)

Coup de cœur ! Peter Guttridge termine sa trilogie de Brighton d’une façon éclatante, formidable, parfaite. Et si vous vous demandez s’il vous faut lire les deux autres volets de cette série, cela n’est pas obligatoire, même si je vous le recommande. Car vous y verrez l’évolution de cette épopée jusqu’à l’apothéose qu’est ce roman. Sans vouloir résumer les trois volumes, je vous propose un bref rappel des affaires qui vont se rejoindre dans Abandonnés de Dieu :

  1. une malle comportant un corps de femme découpé est découvert. La victime ne sera jamais identifiée. Une deuxième malle sera retrouvée et la police pensera avoir à faire avec un tueur en série, vite appelé le tueur aux malles.

Dans Promenade du crime, une descente de police ratée dans une maison de la banlieue de Brighton en vue d’arrêter Bernie Grimes est un vrai massacre. Une famille est décimée alors qu’il s’agit de la mauvaise maison. L’inspecteur Sarah Gilchrist qui dirigeait l’opération et le chef de la police Robert Watts vont en faire les frais : elle sera rétrogradée et Watts démissionnera.

Robert Watts n’est autre que le fils de Donald Watts, ancien policier et auteur de romans policiers sous le pseudonyme de Victor Tempest. Donald avait enquêté sur l’affaire de la malle de Brighton et il considéra cela comme un échec personnel à moins que …

C’est avec Le dernier roi de Brighton que Peter Guttridge lance le véritable sujet de sa trilogie, même s’il fut abordé dans le premier tome, à savoir le développement de la pègre dans cette petite ville balnéaire. Il nous montre comment John Hathaway va passer de jeune délinquant vendeur de drogue à la tête du principal réseau de drogue de son père. Dans ce deuxième tome, Peter Guttridge affirme son style et son sujet : un style tout en efficacité pour un sujet passionnant porté par des personnages qui ne le sont pas moins.

Abandonnés de Dieu commence en 1914. Le narrateur est britannique et va partir en guerre en France. Il va voir des horreurs qu’il n’aurait même pas imaginé. Toutes les personnes qu’il côtoie vont mourir, et il va revenir avec les messages des morts avec lui, qu’il doit rapporter aux familles des disparues. Vingt ans plus tard, c’est son beau frère qui va lui demander un service : découper une femme qu’il vient de tuer pour la mettre dans une malle.

De nos jours, Sarah Gilchrist vient au secours d’une jeune fille qui a failli se faire lapider par ses jeunes camarades. Son supérieur et ancien partenaire Reg Williamson lui demande d’aller l’interroger à l’hôpital. Celle-ci, fortement amochée, ne veut rien dévoiler. Alors que Sarah poursuit ses recherches, elle s’aperçoit que Sarah Jessica Cassidy, 13 ans, est en fait la fille de Bernie Grimes.

Et c’est là où Peter Guttridge fait fort. Ce roman qui semblait partir dans tous les sens, retrouve une formidable unité à travers ce simple fait divers. Sarah et Reg vont donc être confrontés à la résolution de cette enquête mais aussi être animés d’un sentiment de vengeance envers celui qui a détruit leurs espoirs de promotion. Sarah va faire appel à Robert, qui se demande bien si son père n’était pas impliqué dans l’affaire de la malle et découvre de sombres secrets sur son père.

Ce roman est l’apothéose des deux romans précédents, c’est une leçon pour tous ceux qui envisageraient de faire une intrigue complexe et terriblement forte. Et là où Peter Guttridge est incroyable, c’est dans sa façon de placer les personnages, de décrire les psychologies, sans en avoir l’air, de brosser un décor avec une simple phrase. Et qu’il construise son roman à la première personne du singulier, qu’il nous montre Sarah aux prises avec une enquête lourde de conséquences, qu’il nous décrive les sentiments qu’elle a pu avoir avec Robert Watts, ou même qu’il insère un extrait des mémoires de Victor Tempest, il est d’une force incroyable pour que nous y croyions … et nous y croyons !

C’est simple ! Ce roman est parfaitement maitrisé, ce roman est d’une force incroyable, ce roman est un pur joyau, comme seuls les auteurs anglo-saxons savent le faire avec leur retenue légendaire. En cela, il rejoint les grands noms du roman policier tels John Harvey par exemple. C’est bien simple, j’ai bien l’impression que Peter Guttridge a écrit un roman parfait, auquel il m’a été impossible de trouver le moindre défaut. Un coup de cœur, quoi !

Le dernier roi de Brighton de Peter Guttridge (Rouergue noir)

Après Promenade du crime, voici le deuxième tome de la trilogie consacrée à Brighton, station balnéaire de Grande Bretagne. Ce roman s’avère plus grand, plus fort, plus imposant, exemplaire.

Ce roman est composé de deux parties. La première est consacrée aux années 60, la deuxième se déroule de nos jours. En 1963, John Hathaway est un jeune adolescent dont la passion est la musique. Avec ses copains Charlie, Dan et Bill il forme le groupe des Avalons, et fait la tournée des petits clubs en reprenant des chansons à succès. Il se débrouille tout seul, ses parents étant en Espagne pour une durée indéterminée. Et c’est Reilly, l’homme de confiance de son père qui l’aide dans sa vie de tous les jours.

La ville de Brighton est plongée dans des affaires criminelles retentissantes : on y parle encore du tueur à la malle qui date des années 30, mais aussi de l’attaque du fourgon postal qui est une affaire plus récente. John va s’apercevoir que ses concerts sont organisés dans des clubs grâce à la réputation de son père, que la police lui fait les yeux doux parce qu’il est le fils de Dennis. Entre sa petite vie et Barbara, une trentenaire devenue son amante, il mène une vie facile et nocturne, jusqu’à ce que son père rentre avec sa mère, prise de délires et que son père attribue à la ménopause.

Son père va chasser Barbara, qui est une de ses employées et lui demander de travailler dans son organisation ; tout d’abord, il lui demande de transporter de l’argent, puis de la drogue, puis de vendre de la drogue pendant ses concerts. Petit à petit, il va comprendre l’étendue de l’organisation de son père. Cette formation et ce passé douteux va avoir des conséquences sur sa vie actuelle, quand quarante années plus tard, un homme se fait atrocement empaler.

Le portrait que fait Peter Guttridge de la superbe et riche ville de Brighton est bien peu ragoûtant. En effet, il prend son temps pour montrer comment dans les années 60, le principal gang de Brighton détenait le commerce illicite, des paris au trafic de drogue qui commence (les petites pillules que les jeunes avalent pendant les concerts pour mieux s’amuser !), de la prostitution à la pédophilie. A cela, on ajoute la police qui profite de cet argent, mais qui le dirige aussi tant la hiérarchie est impliquée.

Peter Guttridge a choisi une narration très classique, mettant en opposition deux époques, qui sont les années 60 et les années 2000. Il donne l’impression qu’avant la criminalité était moins violente, moins barbare. Il montre une époque ivre d’amusements, de musique, de joie de vivre, qu’il oppose à notre monde contemporain plus froid, plus brutal. D’ailleurs, dans la première partie, les titres des chapitres reprennent des titres de morceaux populaires, qui disparaissent dans la deuxième partie. Cette première partie, sur les années 60 est exemplaire à tous points de vue, tant elle est parfaitement écrite.

C’est aussi un roman de formation, d’initiation, au travers le personnage de John. Ce jeune homme va petit à petit perdre son innocence, jusqu’à devenir le nouveau parrain de Brighton, suivant en cela les pas de son père. Et le jeune homme de la première partie va se révéler un maitre du crime, que l’on va retrouver au travers d’enquêtes menées par Robert Watts dans une deuxième partie d’une narration plus classique.

Indéniablement, ce Dernier roi de Brighton s’avère un polar costaud, que j’ai eu bien du mal à lâcher, tant la façon qu’a Peter Guttridge de mener son histoire me convient bien : elle est centrée sur les personnages, avance surement grâce à des dialogues remarquablement bien faits, et ne s’appesantit jamais sur des futilités. Ce deuxième tome de la trilogie de Brighton est brillant, étincelant comme les joyaux de cette station balnéaire.

Ne ratez pas l’article de l’ami Claude ici

Promenade du crime de Peter Guttridge (Rouergue Noir)

Ce roman m’a été fortement recommandé par Le Concierge Masqué, et je vous conseille d’aller jeter un œil attentif sur l’interview de l’auteur Peter Guttridge, car cela vous permettra d’avoir une idée de son ambition. C’est ici : http://www.concierge-masque.com/2012/12/27/peter-guttridge-promenade-du-crime/

Le début est assez classique, nous assistons à une descente de police, dont une des équipes armées est dirigée par l’inspecteur Sarah Gilchrist. Au rez-de-chaussée, il n’y a rien à signaler. Les équipes montent au premier étage, et là, les coups de feu partent dans tous les sens. Sarah, qui est restée en bas, n’a rien vu. Quand elle monte, un corps est sur les toilettes, deux autres sont dans le lit. Quand elle descend, un homme entre. Elle n’a pas le temps de dégainer qu’il se fait descendre, probablement par un tireur d’élite. Elle a l’impression qu’il laisse tomber quelque chose sous le buffet.

Robert Watts, le narrateur, est le chef de la police, il est très jeune pour occuper ce poste et a de grandes ambitions pour redorer le blason des forces de l’ordre, mis à bas à cause des attentats de Londres du 7 juillet 2005. Macklin, son adjoint l’appelle pour le mettre au courant du carnage. Le truand visé ne semble pas être parmi les victimes. Watts va tenir une position difficile, celle de défendre ses hommes, alors qu’il semblerait que l’assaut ait été donné dans la mauvaise maison. Quand des émeutes se déclenchent, il va être poussé à la démission, d’autant plus que la presse publie le scoop comme quoi Watts et Gilchrist ont été amants.

Watts va alors annoncer la nouvelle à son père, Donald, écrivain de polars. Robert va être contacté par une journaliste Kate Simpson, qui enquête sur l’affaire de la malle, et qui date de 1934. En effet, un corps découpé fut retrouvé dans la gare de Brighton et l’affaire jamais résolue. Mais Robert n’a pas renoncé à découvrir qui cherche à le faire tomber.

En fait, dès la page 25, ce roman m’a pris à la gorge : Alors que Macklin appelle Watts, il lui décrit la situation, sans lui dévoiler le plus grave. Puis, d’une phrase, alors que Watts pense que la situation ne peut pas être pire que ce qu’il lui a annoncé, il dit juste cette phrase : « Il semblerait que nous ayons donné l’assaut à la mauvaise maison ». Je trouve que ce passage donne magnifiquement le ton à ce polar : un style simple, dépouillé et des dialogues percutants et efficaces.

Car, si l’affaire de la malle sanglante va être l’intrigue principale, la ville de Brighton et ses flics corrompus, les mystères des manigances politiques sont le véritable sujet de ce livre. Derrière les frasques de cette station balnéaire, de nombreux gangs profitent de l’argent qui court dans les rues. Derrière les lumières des richesses, se cache la noirceur des mafias locales, gérant les trafics de drogue et la prostitution.

D’ailleurs, ce premier roman est le premier d’une trilogie, et en ce sens, les personnages sont bien positionnés, les intrigues foisonnantes, et l’envie de continuer l’aventure est bien là. Le deuxième tome de la trilogie s’appelle Le dernier roi de Brighton et sort en ce début 2013. Une lecture obligatoire étant donné que Promenade du crime m’a mis l’eau à la bouche. Décidément, j’adore la façon qu’ont les grands bretons d’analyser leur société, avec tant de froideur, mais aussi tant de courage et de si beaux personnages.

L’avis de Claude est là : http://action-suspense.over-blog.com/article-peter-guttridge-promenade-du-crime-rouergue-noir-2012-102981427.html