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Promenade du crime de Peter Guttridge (Rouergue Noir)

Ce roman m’a été fortement recommandé par Le Concierge Masqué, et je vous conseille d’aller jeter un œil attentif sur l’interview de l’auteur Peter Guttridge, car cela vous permettra d’avoir une idée de son ambition. C’est ici : http://www.concierge-masque.com/2012/12/27/peter-guttridge-promenade-du-crime/

Le début est assez classique, nous assistons à une descente de police, dont une des équipes armées est dirigée par l’inspecteur Sarah Gilchrist. Au rez-de-chaussée, il n’y a rien à signaler. Les équipes montent au premier étage, et là, les coups de feu partent dans tous les sens. Sarah, qui est restée en bas, n’a rien vu. Quand elle monte, un corps est sur les toilettes, deux autres sont dans le lit. Quand elle descend, un homme entre. Elle n’a pas le temps de dégainer qu’il se fait descendre, probablement par un tireur d’élite. Elle a l’impression qu’il laisse tomber quelque chose sous le buffet.

Robert Watts, le narrateur, est le chef de la police, il est très jeune pour occuper ce poste et a de grandes ambitions pour redorer le blason des forces de l’ordre, mis à bas à cause des attentats de Londres du 7 juillet 2005. Macklin, son adjoint l’appelle pour le mettre au courant du carnage. Le truand visé ne semble pas être parmi les victimes. Watts va tenir une position difficile, celle de défendre ses hommes, alors qu’il semblerait que l’assaut ait été donné dans la mauvaise maison. Quand des émeutes se déclenchent, il va être poussé à la démission, d’autant plus que la presse publie le scoop comme quoi Watts et Gilchrist ont été amants.

Watts va alors annoncer la nouvelle à son père, Donald, écrivain de polars. Robert va être contacté par une journaliste Kate Simpson, qui enquête sur l’affaire de la malle, et qui date de 1934. En effet, un corps découpé fut retrouvé dans la gare de Brighton et l’affaire jamais résolue. Mais Robert n’a pas renoncé à découvrir qui cherche à le faire tomber.

En fait, dès la page 25, ce roman m’a pris à la gorge : Alors que Macklin appelle Watts, il lui décrit la situation, sans lui dévoiler le plus grave. Puis, d’une phrase, alors que Watts pense que la situation ne peut pas être pire que ce qu’il lui a annoncé, il dit juste cette phrase : « Il semblerait que nous ayons donné l’assaut à la mauvaise maison ». Je trouve que ce passage donne magnifiquement le ton à ce polar : un style simple, dépouillé et des dialogues percutants et efficaces.

Car, si l’affaire de la malle sanglante va être l’intrigue principale, la ville de Brighton et ses flics corrompus, les mystères des manigances politiques sont le véritable sujet de ce livre. Derrière les frasques de cette station balnéaire, de nombreux gangs profitent de l’argent qui court dans les rues. Derrière les lumières des richesses, se cache la noirceur des mafias locales, gérant les trafics de drogue et la prostitution.

D’ailleurs, ce premier roman est le premier d’une trilogie, et en ce sens, les personnages sont bien positionnés, les intrigues foisonnantes, et l’envie de continuer l’aventure est bien là. Le deuxième tome de la trilogie s’appelle Le dernier roi de Brighton et sort en ce début 2013. Une lecture obligatoire étant donné que Promenade du crime m’a mis l’eau à la bouche. Décidément, j’adore la façon qu’ont les grands bretons d’analyser leur société, avec tant de froideur, mais aussi tant de courage et de si beaux personnages.

L’avis de Claude est là : http://action-suspense.over-blog.com/article-peter-guttridge-promenade-du-crime-rouergue-noir-2012-102981427.html

La chronique de Suzie : L’île du serment de Peter May (Rouergue)

Suzie est de retour sur Blacknovel1 pour nous parler du dernier roman en date de Peter May. Je lui laisse la parole :

Bonjour amis lecteurs. Me revoici de retour avec un livre différent de mes lectures habituelles : l’île du serment de Peter May. C’est son dernier livre paru aux éditions du Rouergue au mois de septembre 2014.

Peter May est un auteur et un scénariste écossais. Et comme toute personne qui se respecte, il aime son pays et aime écrire à son sujet. Du coup, cette histoire se passe entre l’Ecosse et le Canada. Bien qu’ayant écrit plusieurs livres, c’est le premier que je lis et, en outre, j’aime l’Ecosse (phénomène de mode ???). Donc, il semble y avoir la plupart des éléments pour me plaire (excepté un serial killer mais on ne peut pas tout avoir).

Contrairement à ce que l’on peut penser, on est face à un polar. Un polar, oui, mais pas seulement.

On va se retrouver face à un meurtre dans une petite île, près du Canada. L’équipe envoyée pour enquêter arrive du continent. Particularité de cette île, les insulaires parlent uniquement anglais et non pas français comme les îles voisines. Et, là, l’intrigue va se mettre en place. Le meurtrier est tout de suite trouvé. Trouvé, pas si sur. Enfin, l’équipe d’investigation le pense et aimerait bien. L’unique inspecteur anglophone de l’équipe, lui, en doute. Le mécanisme de l’histoire va pouvoir se mettre en route.

Pourquoi la suspecte lui est familière alors qu’il la voit pour la première fois? Quelle est cette histoire de médaillon et de chevalière ayant le même motif?

Sur fond de meurtre, le héros va revivre les souvenirs de son ancêtre avant son arrivée au Canada à travers les lectures que lui avait faites sa grand-mère. Peut-être que la clef de ce meurtre se trouve dans ces souvenirs enfouis.

Peter May va combiner, dans ce livre, un polar classique mâtiné d’une remontée dans le temps pour son héros. On va se retrouver face à une histoire à deux voix : celle du héros et de son enquête sur le meurtre et son ancêtre qui raconte des brides de sa vie, plus spécifiquement les causes de son départ d’Ecosse et les quelques années de vie dans sa nouvelle patrie. Les deux voix sont distinctes : une à la troisième personne et on se trouve dans le présent, l’autre à la première personne et on se trouve dans le passé.

Le héros est torturé, brisé, déprimé, insomniaque. Il ne sait plus où il en est. Cette histoire va le forcer à ouvrir les yeux sur des choses qu’il aurait préféré ne pas connaitre.

Au tout début, j’ai été déconcerté par un ensemble de choses. Tout d’abord, le prologue qui ouvre l’histoire est obscur mais cela est voulu par l’auteur. Ensuite, le jeu des histoires entre le jeune héros et l’ancêtre déconcerte car la question que je me suis posée c’est : qu’est ce que cela vient faire dans l’histoire du meurtre. Ensuite, subtilement, cela va s’imbriquer dans l’histoire actuelle. Et, j’ai eu envie de continuer pour comprendre. Car, n’oubliez pas, qu’au début et pendant un certain temps, je me suis trouvée dans le brouillard, essayant de concilier les deux.

L’histoire de l’ancêtre s’articule autour d’un des plus grands événements de l’histoire des îles britanniques. Cela rajoute un brin d’Histoire qui intrigue et intéresse. De plus, on va retrouver une partie des lieux dans le passé et dans le présent et faire une comparaison sur leurs différences, l’évolution de ces lieux.

En revanche, la description des héros sonne très juste. On y croit. Ils sont vraiment ancrés dans leur temps. Leurs réactions sont très probables. Ce ne sont pas des archétypes. On pourrait les croiser dans la vie réelle et, peut-être, qu’on l’a déjà fait.

Tout ce qu’on peut dire, c’est que la vérité est toujours tronquée que ce soit à travers un journal, des situations ou des relations. Finalement, c’est autour de ce précepte que, pour moi, l’histoire va s’enrouler

En conclusion, si vous aimez le polar pour le polar, passez votre chemin. Si vous aimez les choses inattendues, tentez l’expérience. Cette histoire vous plaira peut-être. Je vous laisse être seul juge de cette chronique et de l’intérêt sur cette histoire.

En lisant ce livre, vous comprendrez que le titre est bien choisi et correspond bien à quelque chose, à un rappel. A vous de voir si vous avez envie de lire cette histoire et de mieux comprendre le pourquoi du comment. Je vous souhaite une bonne lecture.