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Le vase rose d’Eric Oliva

Editeur : Taurnada

Parfois, je me demande pourquoi les éditeurs inscrivent Thriller sur leur couverture, sauf à attirer le regard du futur lecteur. Joël des éditions Taurnada m’a contacté et ma première réaction a été dubitative justement à cause de ce terme qui ma fait penser à une énième histoire de tueur en série avec des litres d’hémoglobine à la clé … enfin, à chaque page tournée. J’ai fait confiance à Joël … et j’ai eu raison. Le vase rose est un excellent polar.

Je ne connaissais pas Eric Oliva, ni sa plume, mais je ne peux dire qu’une chose : merci d’avoir écrit ce livre. Ce roman a pour lui une vraie recherche d’efficacité, comme le démontre le premier chapitre qui nous met directement dans le sujet. Et c’est bien ce premier chapitre, qui est dur, mais qui nous plonge dans cette histoire horrible. On tourne donc cette couverture mystérieuse, ce titre enchanteur de conte de fée et …

Frédéric Caussois a tout pour être heureux. Son travail de chef d’entreprise marche bien, sa femme Luan a une bonne place dans la communication. Leur fils Tao est un ange. Ce soir-là, Luan est retenue en réunion et Frédéric arrive au dernier moment à la garderie pour récupérer Tao. Il est aussi obligé de passer par la pharmacie récupérer des médicaments pour Tao, qui est sujet à des allergies rares et peut enfin démarrer sa fin de journée.

Frédéric prépare donc le repas du soir, ils mangent puis Tao rejoint sa chambre. Puis, Frédéric donne son médicament à son fils. Il tient absolument à lire une histoire à Tao tous les soirs, et ce soir, c’est Le vase rose. Soudain, Tao est pris de convulsions, il étouffe. Frédéric appelle à l’aide Luan, qui ne l’entend pas car elle est dans le garage. Après quelques minutes, il ne lui reste que le petit corps sans vie entre ses bras.

Sa vie s’effondre, à tel point qu’il devient un mort-vivant. Les gendarmes font leur travail, mais l’interrogatoire ne donne rien, évidemment. Frédéric va délaisser son entreprise, et Luan va prendre du recul et quitter le domicile conjugal. En lui, il ne restera qu’une seule question : Pourquoi ? Alors qu’il est accoudé dans un bar, il rencontre par hasard la préparatrice de la pharmacie.

Ce premier chapitre est terrible, en ce qu’il évite les aspects larmoyants de l’histoire pour adopter une attitude factuelle, presque froide. Et c’est d’autant plus marquant. En tous cas, on plonge directement la tête dans l’eau froide. Ensuite on entre dans l’enquête proprement dire, à la croisée du polar, du roman policier et du roman psychologique. Et dans ces cas-là, je suis exigent, très exigent.

Concernant l’intrigue, et même la fin, je dois dire que j’ai été surpris par la maîtrise. Et quand je vois que c’est le cinquième roman de l’auteur, je dois reconnaître qu’il y a une vraie volonté de coller à une certaine réalité. Frédéric n’est pas une copie de Bruce Willis, c’est un homme comme tout le monde qui veut aller au bout des choses qu’il entreprend. Et c’est une des grandes réussites de ce roman.

Mais il en est une autre que je voulais aborder, c’est l’aspect psychologique du personnage. Des auteurs auraient créé un personnage enquêteur amoncelant les indices et trouvant le dénouement grâce à son esprit de déduction. Ici, Frédéric va avancer grâce à des personnes rencontrées par hasard et avancer dans le noir, la plupart du temps. De même, l’aspect psychologique est très bien fait : on y voit un homme brisé qui se relève, qui a des moments de volonté incroyables mais aussi des moments de doute, des faiblesses qui le poussent presque à tout abandonner. C’est un personnage avec le moral en dents de scie, et c’est écrit d’une façon à la fois très réaliste et c’est remarquablement bien réussie.

C’est réellement une excellente surprise à propos de laquelle j’espère vous avoir donné envie de le lire. Car c’est un très bon polar, qui mérite d’être plus connu. Et sous ce titre enchanteur, il y a un polar avec un personnage que vous n’oublierez pas.

Ne ratez pas les avis de Fanny chez Geneviève et de Pauline

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Le meurtre d’O’Doul Bridge de Florent Marotta

Editeur : Taurnada

Je n’avais plus lu de romans de Florent Marotta depuis L’échiquier d’Howard Gray, surtout parce que je n’avais pas vu, ou fait attention à ses parutions. C’est donc avec grand plaisir que je me suis plongé dans l’univers de ce faiseur d’histoires.

San Francisco, de nos jours. Calvin sort dans la rue, fermant la porte sur le brouhaha ambiant. Il prit sa voiture de location et se lacha dans les rues désertes, pestant contre sa lacheté. Soudain une voiture déboule derrière lui, le forçant à accélérer. Coincé au pont amovible Lefty O’Doul, il sort de sa voiture mais des gros balèzes armés arrivent. Courant à perdre haleine, il arrive à un parking, sort son portable et compose un numéro au hasard. L’un des hommes tire une balle dans le portable, broyant sa main par la même occasion, avant de lui tirer une balle dans la tête.

Michael Ballanger est français et s’est installé ici pour fuir la France où il a vécu un drame familial. Il est devenu coach, et ce qui est différent d’un psychologue, puisqu’il écoute ses patients et leur prodigue des conseils pour les remonter psychologiquement, que ce soit dans leur vie professionnelle ou personnelle. Ce matin-là, il termine une consultation avant d’apprendre qu’un de ses clients a annulé sa séance et qu’il est donc en week-end.

Après un rendez vous dans un bar avec son vieil ami, le professeur Neal Brown, il a l’idée d’inviter son amie Kimberly dans un chalet perdu au fond des bois. Kim fut une ancienne escort-girl pour payer ses études de psychologie, et ces deux là sont devenus des amis, Kim jouant le rôle de psychologue de Michael. Ils vont s’isoler dans un chalet perdu en pleine montagne. Le lendemain, ils sont brutalement réveillés par la police de San Francisco : Ballanger est leur suspect dans le meurtre de Calvin, le mari de Teagan Robbins-Tennesson, qui est à la tête de la célèbre entreprise pharmaceutique.

Accrochez vous ! Pour vous imager le rythme de ce livre, sachez que ce résumé ne représente en fait que les 30 premières pages. Si on pourrait le classer dans les polars classiques, avec tout ce qu’il faut de gentils, de méchants, de belles femmes, je dois avouer qu’il regorge de qualités, pour être un très bon divertissement.

Le héros se trouve plongé dans une affaire qu’il ne comprend pas, et c’est le genre de sujet qui me plait, quand l’aspect psychologique est bien fait : voir comment il réagit. Eh bien, justement, outre que l’auteur dirige de main de maitre son intrigue, il se permet de construire un personnage complexe, à la fois marqué par son passé (il a laissé sa famille en France suite à un drame que vous découvrirez vers la fin), mais il a une relation avec les gens particulière au sens où il les analyse et comprend leurs motivations. Il se permet même de penser à leur donner des conseils en tant que coach (penser seulement, car il vend ses conseils à ses clients ! Il faut bien vivre !), conseils d’ailleurs qu’il a du mal à s’appliquer à lui-même dans les situations de stress.

Du rythme, de l’action, il y en a donc à foison, des visites dans des bars louches ou stylés, des rencontres avec des balèzes qui parlent avec leurs poings ou des femmes intraitables, avec par moments, quand Michael cauchemarde, des retours vers son passé et ses regrets. Si ce roman ne révolutionnera pas le genre, et ce n’est pas son ambition, il vous fera passer un très bon moment de lecture car l’auteur a bien appliqué les règles du genre et a su créer un personnage … que l’on devrait retrouver dans une prochaine aventure si j’en crois le dernier chapitre. Et je peux vous dire que je serai au rendez-vous.

Ne ratez pas l’avis de l’Oncle Paul