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Du sang sur l’asphalte de Sara Gran

Editeur : Editions du Masque

Traducteur : Claire Breton

Après La ville des morts et La ville des brumes, voici donc le troisième tome des enquêtes de la meilleure enquêtrice de tous les temps, Claire DeWitt. Si vous me connaissez, vous savez que c’est avec une grande fébrilité que j’attendais ces aventures.

Oakland, 2011. Claire DeWitt se réveille dans une Ford Ka. Elle vient d’être victime d’un accident de la circulation. Enfin, accident si on veut. Elle revoit une grosse Lincoln lui foncer dessus volontairement. Cela ressemble plus à une tentative de meurtre. Mais on ne tue pas aussi facilement la meilleure détective du monde. Quand une policière s’approche, elle lui subtilise son arme, récupère le nom d’un témoin et arrive à prendre la poudre d’escampette. Qui donc veut lui faire la peau ? C’est l’affaire de l’Autoroute infinie.

Los Angeles, 1999. Claire DeWitt est détective et a rencontré la plus grande détective d’alors, Constance Darling. Adepte du grand Jacques Silette, qui a écrit le livre immortel Détection, sorte de recueil de citations philosophique à destination des détectives, elle a aidé Claire. Mais pour obtenir sa licence, Claire se rend compte qu’elle doit faire 5000 heures d’enquêtes et qu’il lui en manque 400. Adam Dubinsky accepte de lui confier une affaire d’accident de la route : le célèbre Merritt Underwood, artiste peintre, s’est tué dans un accident de la route et elle doit démontrer que c’est un meurtre. C’est l’affaire de la CBSIS.

Brooklyn, 1986. Claire DeWitt est une étudiante de 15 ans. Avec ses amies de toujours, Kelly et Tracy, elles rêvent de monter la plus célèbre agence de détectives. Alors qu’elles résolvent nombre d’affaires, Tracy disparait. Kelly et Claire n’ont pas été capables de la retrouver. Comme Jacques Silette qui n’a jamais été capable de retrouver sa petite fille. C’est l’indice du charnier.

Ceux qui ont déjà rencontré, littérairement parlant, Claire DeWitt vont comprendre ce que je dis. Les autres devraient se jeter sur le premier tome de cette série La ville des morts, puis enchaîner par le deuxième La ville des brumes. Car Claire DeWitt est un personnage attachant, speedé et complexe, aveuglée par cette volonté de devenir la meilleure détective du monde, sans écraser ses concurrents.

On reste ici dans la même veine, et l’intrigue va alterner trois lieux différents et trois enquêtes avec toujours la même volonté de placer au centre du roman ce personnage féminin hors-norme. Alors que j’avais été impressionné par La ville des brumes, par sa façon de montrer Claire au bord de l’autodestruction, on se retrouve ici face à un polar de détective plus classique, construit comme un jeu de piste linéaire.

Le style de Sara Gran est toujours aussi rapide, aussi vif et bien agréable à suivre. Et comme je suis déjà amoureux de ce personnage, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Mais je ne peux que vous conseiller de lire les précédents, sinon vous allez être perdus, car l’intrigue est complexe. Enfin, j’ai trouvé que ce roman n’apporte pas grand-chose au personnage de Claire DeWitt. On a déjà lu son obsession pour Jacques Silette, son impuissance face à la disparition de sa meilleure amie. Cela donne donc un bon polar divertissant et j’attendrai le prochain pour être surpris et complètement emballé. Mais je suis toujours amoureux de Claire DeWitt.

Ne ratez pas l’avis de Yan