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Secrets en sourdine de Muriel Mourgue

Editeur : Ex-Aequo éditions

Parmi les romans de Muriel Mourgue, on y trouve deux cycles différents. Angie Werther qui est une agent secret française dans un monde futuriste proche et Thelma Vermont qui est une détective privée new-yorkaise dans les années 60. Ce roman nous propose de revenir en automne 1960 avec Thelma Vermont.

En cette fin d’année 1960, tout le monde est en effervescence avec les élections présidentielles à venir, et le duel entre John Fitzgerald Kennedy et Richard Nixon. Surtout, JFK apporte avec lui un espoir que la société change dans le bon sens. Thelma Vermont inaugure ses nouveaux bureaux de Sullivan Street, dans Manhattan et les affaires sont florissantes, essentiellement pour démontrer qu’un homme ou une femme trompe sa femme ou son mari.

Thelma traine ses souvenirs, ne retenant que les drames qui ont parsemé son passé. De la guerre où elle fut secrétaire d’un gradé militaire, elle peine à surmonter la mort de ses parents et la perte de James, un pilote anglais qui fut l’amour de sa vie, et la mort de Leroy un pianiste de jazz abattu lors d’un règlement de comptes. Alors, elle se console en écoutant les chansons de Dana Raise.

Rien de tel que le travail pour oublier ses malheurs ! Barbara Ceder débarque dans son bureau pour engager Thelma. Son mari Curtis a disparu depuis plusieurs jours et la police ne prend pas au sérieux cette affaire. Ils supposent une affaire de couple en perdition. Barbara est infirmière à temps partiel, alors que Curtis travaille dans une entreprise de publicité, avec grand succès. Son engagement dans la campagne électorale de JFK lui laisse peu de temps, mais leur couple est solide. Thelma va donc commencer par l’environnement professionnel, puis familial avant que le FBI ne débarque et ne rebatte les cartes.

Si vous n’avez pas lu les autres enquêtes de Thelma Vermont, cela n’a aucune importance. Vous pouvez parfaitement commencer par celle-ci sans vous sentir perdu. Des deux personnages récurrents que Muriel Mourgue fait vivre sous sa plume, Thelma a mes faveurs tant le rythme jazzy de l’écriture, toute en douceur et l’ambiance années 60 sont subtilement rendus par petites touches.

L’œuvre de Muriel Mourgue comporte plus d’une dizaine de romans et nouvelles, et à chaque fois, j’apprécie son écriture fluide et sans esbroufe et sa façon de construire ses intrigues en respectant les codes du roman policier. Elle nous offre une trame pleine de fausses pistes tout en décrivant des sujets de société qui, malheureusement, n’ont pas changé. Cette enquête est une nouvelle fois une belle réussite et s’adresse à tous ceux qui sont à la recherche d’intrigues rigoureuses.

Qui a suicidé Pamela Janis Patersen ? de Muriel Mourgue (Editions ex-aequo)

On avait découvert Muriel Mourgue au travers de deux nouvelles Association de malfaiteuses et Green Gardenia. Son dernier roman reprend son personnage de Thelma Vermont, détective privée new-yorkaise dans les années 50.

Quatrième de couverture :

Pamela Patersen était promise à un bel avenir, mais son destin ne l’entendait pas de cette oreille. Lors du tournage de son dernier film Pamela met fin à ses jours dans une chambre de l’hôtel Plazza à New-York.

Carl Storms, le producteur du film, avait tout misé sur cette starlette montante et refuse de croire à la thèse du suicide, d’autant plus que le contrat d’assurance ne couvre pas un tel cas.

C’est donc à Thelma Vermont que revient l’insigne honneur de marcher sur les traces de Pam à Hollywood, afin d’éclaircir cette délicate affaire. Elle va apercevoir quelques-unes des célébrités de cette année 1958, et très vite comprendre que la solitude n’est pas plus légère au soleil.

Même si la chaleur californienne parvient à lui faire changer ses habitudes en l’incitant à mettre des glaçons dans son verre, Thelma, fidèle à elle-même, n’acceptera jamais de mettre de l’eau dans son bourbon !

Mon avis :

On retrouve avec un grand plaisir Thelma Vermont, cette détective privée toujours embringuée dans des histoires incroyables. Cette fois-ci, elle doit enquêter sur la mort suspecte d’une jeune star du cinéma en devenir, alors que la police a conclu un peu rapidement à un suicide. Et donc, voilà notre détective favorite en voyage à Los Angeles, dans le monde des strass et des faux semblants, des acteurs qui, quand on les interroge, mentent comme ils respirent, puisqu’ils vivent leur vie comme ils jouent devant la caméra.

Muriel Mourgue nous concocte avec ce roman un hommage aux auteurs de roman noir des années 50, de ces polars qui nous faisaient passer un excellent moment. L’intrigue est menée au cordeau, au fur et à mesure des rendez vous que Thelma provoque, pour essayer de démêler le vrai des fausses apparences. Et force est de constater que tout est mené avec beaucoup de maitrise, un excellent équilibre entre les dialogues et les descriptions des Etats-Unis de 1958.

Et quand je parle de descriptions, qu’il est bon de se retrouver plongé dans le Los Angeles brulant au soleil agressif, ce qui fait souffrir Thelma. Elle qui est une New Yorkaise pur jus, habituée aux températures tempérées, elle se retrouve en pleine chaleur et est obligée de boire. Forcément, elle carbure plus à la bière et au bourbon qu’à l’eau ! Et quelle crise de rire quand on imagine Thelma au volant de sa Voiture Rose bonbon ! Bref, vous l’aurez compris, si vous ne connaissez pas Thelma, il va falloir rattraper cette injustice et ce manque dans votre culture polardesque.